Au supermarché de Dieu, pas cher
Les vendeurs de tout acabit profitent de la manne papale
Toronto — Sept dollars. Pas cher, quand même, pour se faire photographier avec le représentant de Dieu sur Terre.
À Exhibition Place, le site principal de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), le pape Jean-Paul II attend. Sourire aux lèvres, lunettes noires, il semble n'avoir jamais franchi le cap de la vingtaine. Pas une fois il ne montre de signe d'impatience alors que les jeunes s'installent à ses côtés, posent le temps d'une photo et repartent en riant sans même dire merci.
Mais le souverain pontife ne leur en veut pas pour si peu. De un, il a le pardon facile. De deux, il a la fâcheuse habitude de faire faire ce genre de travail par un de ses sosies... en carton.
L'idée de reproduire grandeur nature une très vieille photo du Saint-Père et de placer celle-ci sur un support en bois vient de Mark Nelson, propriétaire de Nelson Woodcraft et de Catholicposters.com. Cet Américain natif de l'Ohio vend habituellement des reproductions peintes des grandes oeuvres catholiques. Mais pour Toronto, il a opté pour l'originalité. Et ça marche. Les jeunes attendent parfois en ligne pour obtenir un cliché d'eux-mêmes avec la superstar pontificale.
«La photo qu'on a choisie est celle de Karol Wojtila à 26 ans, tout juste après qu'il eut été ordonné prêtre, précise-t-il. C'est excitant pour les jeunes de voir le pape alors qu'il avait leur âge, et ça les fait sourire de le voir habillé en Blues Brothers!»
Près de ce stand, toujours sur Exhibition Place, genre d'immense supermarché de Dieu, Steve Wisniewski tente lui aussi d'attirer les jeunes avec quelques produits dérivés, sans cependant obtenir le même succès. Son Audio Prayer Card (que l'on pourrait traduire par «carte de prière musicale») n'attire pas les foules malgré ce qu'il affirme. C'est que son produit est pour le moins curieux. Il s'agit d'un appareil ayant la forme d'un agenda électronique et dans lequel est insérée une carte de plastique où est inscrit le Notre Père en latin. Un bouton sur le côté permet d'actionner le système, qui fait alors entendre un chant très «cacane», presque inaudible. «C'est le pape qui chante le Pater Noster en latin, dit-il avec enthousiasme. C'est le Vatican qui a choisi cette prière et qui nous a fourni l'enregistrement. Regardez le logo sur le côté de la boîte: ça veut dire que c'est autorisé par le Vatican.» Malgré l'engouement réservé des jeunes pour son produit, Steve Wisniewski espère en vendre 8000 exemplaires d'ici dimanche.
Un peu plus loin vers l'est, au coeur d'un chapelet de sept ou huit stands, une autre entreprise tente de vendre ses bébelles. Cependant, celles-ci ne sont pas catholiques; ce sont des «patentes de bécique». Il s'agit d'une annexe de la boutique Harley Davidson de Toronto. Ici, nulle croix, nulle icône, nulle Bible. Que des t-shirts noirs arborant le logo du célèbre constructeur de motos. «Ça n'a pas été difficile d'avoir un stand ici», explique malgré tout Mark Belisle, un vendeur au look de motard. «Vous savez, notre logo est connu à travers le monde, il est universel. Et il plaît aux jeunes.»
Mais même si le logo plaît aux jeunes, les catholiques ne semblent pas être des clients assidus de cette boutique. Tant hier que mardi, les pèlerins étaient très peu nombreux à se présenter à ce stand, surtout si on compare son affluence à celle du voisin, la boutique de l'Ordre du Coeur-Immaculé et de Saint-Louis-de-Monfort, une nouvelle communauté qui s'est installée en 1998 à L'Avenir, non loin de Drummondville. «On vend énormément d'images de Kateri Tekakwitha [un des saints patrons de la JMJ 2002]», indique Diane Caouette entre deux ventes d'articles religieux. «Les pèlerins aiment beaucoup les chapelets et tous les objets arborant l'image du pape.»
Même son de cloche à la boutique officielle de l'événement, rue Yonge, au sud de College. Ici, la pièce, grande comme la cuisine d'un 4 1/2 du Plateau Mont-Royal, est à toute heure du jour pleine à craquer. Les jeunes attendent dehors pour dépenser leur fric.
Parmi les produits dérivés officiels, on compte des chapelets de toutes les couleurs, des casquettes, des t-shirts, des livres et des cassettes vidéo sur le pape et sur mère Teresa, des bibles pour les jeunes, des cuillères en argent, de minuscules bibles porte-clés, des aimants pour le réfrigérateur, des cierges, des stylos, alouette.
De quelques dollars à quelques centaines de dollars, les prix affichés sont assez élevés. Ce qui ne semble pas rebuter beaucoup de pèlerins. Même que dans un des stands d'Exhibition Place, des crèmes pour la peau à fort prix se vendent comme de petits pains. «C'est qu'elles sont faites à partir de minéraux tirés de la mer Morte, en Israël», explique Eddy Moussairi, un vendeur.
À Exhibition Place, le site principal de la Journée mondiale de la jeunesse (JMJ), le pape Jean-Paul II attend. Sourire aux lèvres, lunettes noires, il semble n'avoir jamais franchi le cap de la vingtaine. Pas une fois il ne montre de signe d'impatience alors que les jeunes s'installent à ses côtés, posent le temps d'une photo et repartent en riant sans même dire merci.
Mais le souverain pontife ne leur en veut pas pour si peu. De un, il a le pardon facile. De deux, il a la fâcheuse habitude de faire faire ce genre de travail par un de ses sosies... en carton.
L'idée de reproduire grandeur nature une très vieille photo du Saint-Père et de placer celle-ci sur un support en bois vient de Mark Nelson, propriétaire de Nelson Woodcraft et de Catholicposters.com. Cet Américain natif de l'Ohio vend habituellement des reproductions peintes des grandes oeuvres catholiques. Mais pour Toronto, il a opté pour l'originalité. Et ça marche. Les jeunes attendent parfois en ligne pour obtenir un cliché d'eux-mêmes avec la superstar pontificale.
«La photo qu'on a choisie est celle de Karol Wojtila à 26 ans, tout juste après qu'il eut été ordonné prêtre, précise-t-il. C'est excitant pour les jeunes de voir le pape alors qu'il avait leur âge, et ça les fait sourire de le voir habillé en Blues Brothers!»
Près de ce stand, toujours sur Exhibition Place, genre d'immense supermarché de Dieu, Steve Wisniewski tente lui aussi d'attirer les jeunes avec quelques produits dérivés, sans cependant obtenir le même succès. Son Audio Prayer Card (que l'on pourrait traduire par «carte de prière musicale») n'attire pas les foules malgré ce qu'il affirme. C'est que son produit est pour le moins curieux. Il s'agit d'un appareil ayant la forme d'un agenda électronique et dans lequel est insérée une carte de plastique où est inscrit le Notre Père en latin. Un bouton sur le côté permet d'actionner le système, qui fait alors entendre un chant très «cacane», presque inaudible. «C'est le pape qui chante le Pater Noster en latin, dit-il avec enthousiasme. C'est le Vatican qui a choisi cette prière et qui nous a fourni l'enregistrement. Regardez le logo sur le côté de la boîte: ça veut dire que c'est autorisé par le Vatican.» Malgré l'engouement réservé des jeunes pour son produit, Steve Wisniewski espère en vendre 8000 exemplaires d'ici dimanche.
Un peu plus loin vers l'est, au coeur d'un chapelet de sept ou huit stands, une autre entreprise tente de vendre ses bébelles. Cependant, celles-ci ne sont pas catholiques; ce sont des «patentes de bécique». Il s'agit d'une annexe de la boutique Harley Davidson de Toronto. Ici, nulle croix, nulle icône, nulle Bible. Que des t-shirts noirs arborant le logo du célèbre constructeur de motos. «Ça n'a pas été difficile d'avoir un stand ici», explique malgré tout Mark Belisle, un vendeur au look de motard. «Vous savez, notre logo est connu à travers le monde, il est universel. Et il plaît aux jeunes.»
Mais même si le logo plaît aux jeunes, les catholiques ne semblent pas être des clients assidus de cette boutique. Tant hier que mardi, les pèlerins étaient très peu nombreux à se présenter à ce stand, surtout si on compare son affluence à celle du voisin, la boutique de l'Ordre du Coeur-Immaculé et de Saint-Louis-de-Monfort, une nouvelle communauté qui s'est installée en 1998 à L'Avenir, non loin de Drummondville. «On vend énormément d'images de Kateri Tekakwitha [un des saints patrons de la JMJ 2002]», indique Diane Caouette entre deux ventes d'articles religieux. «Les pèlerins aiment beaucoup les chapelets et tous les objets arborant l'image du pape.»
Même son de cloche à la boutique officielle de l'événement, rue Yonge, au sud de College. Ici, la pièce, grande comme la cuisine d'un 4 1/2 du Plateau Mont-Royal, est à toute heure du jour pleine à craquer. Les jeunes attendent dehors pour dépenser leur fric.
Parmi les produits dérivés officiels, on compte des chapelets de toutes les couleurs, des casquettes, des t-shirts, des livres et des cassettes vidéo sur le pape et sur mère Teresa, des bibles pour les jeunes, des cuillères en argent, de minuscules bibles porte-clés, des aimants pour le réfrigérateur, des cierges, des stylos, alouette.
De quelques dollars à quelques centaines de dollars, les prix affichés sont assez élevés. Ce qui ne semble pas rebuter beaucoup de pèlerins. Même que dans un des stands d'Exhibition Place, des crèmes pour la peau à fort prix se vendent comme de petits pains. «C'est qu'elles sont faites à partir de minéraux tirés de la mer Morte, en Israël», explique Eddy Moussairi, un vendeur.
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