Non au kirpan au secondaire
La commission scolaire Marguerite-Bourgeoys veut suspendre l'autorisation accordée à un jeune sikh de porter son poignard
24 juillet 2002
Éthique et religion
La direction de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys ne veut pas que le jeune sikh autorisé à porter le kirpan à l'école primaire Sainte-Catherine-Labouré puisse continuer de le faire en septembre prochain, au moment où il commencera son secondaire dans une autre école.
Aussi, le mercredi 31 juillet, l'avocat de la commission scolaire demandera à la Cour d'appel de suspendre l'autorisation de porter le kirpan accordée en mai dernier par la juge Danielle Grenier, de la Cour supérieure, qui avait pris soin de préciser dans son jugement que celui-ci devait être respecté même s'il y avait appel.
Appel il y a eu, porté par la Commission scolaire d'une part et le Procureur général du Québec d'autre part. «On ne sait pas quand cet appel sera entendu et on arrive en septembre. Il change d'école et va au secondaire, à l'école Cavelier-de-LaSalle», a fait valoir Me François Aquin pour expliquer l'action qu'entreprend la commission scolaire.
«Je présente une requête pour que l'ordonnance de la juge Grenier ne s'applique pas. Elle visait à permettre au jeune sikh, Gurbaj Singh Multani, de finir son année scolaire. Celle-ci est finie», a-t-il ajouté.
Intérêt public
En outre, dans sa requête, la commission scolaire fait valoir qu'il en va non seulement de la sécurité des autres élèves mais de l'intérêt public que le jeune sikh abandonne le port de son kirpan. On avance que les conditions de surveillance prescrites par la juge Grenier ne pourront être respectées au secondaire, où la surveillance est plus limitée qu'au primaire, question de développer l'autonomie des jeunes.
La commission scolaire utilise aussi l'argument voulant qu'il y a lieu, dans les écoles, d'enseigner les valeurs sociales ayant cours ici.
«Ils n'ont plus besoin d'armes pour se défendre, ils ont des droits. Et l'arme est un symbole qui permet de régler ses problèmes soi-même plutôt que de recourir aux lois», a expliqué Me Aquin lors d'un entretien téléphonique.
«Pareille symbolique envoie un message négatif et préjudiciable aux élèves, ressortissants ou nouveaux venus, alors qu'il faut à l'inverse leur inculquer que, vivant dans un État de droit, ils sont ici égaux devant la loi et n'ont pas à recourir à la force pour faire valoir leurs droits.»
Finalement, Me Aquin reproche à la juge Grenier d'avoir cherché à tout prix à trouver un accommodement pour le jeune sikh plutôt que de trancher la question sur le fond.
«Ce faisant, la juge a omis de se poser la question pertinente: les pouvoirs d'une commission scolaire d'assurer la protection et la sécurité des élèves et du personnel confèrent-ils à celle-ci le droit d'interdire le port du kirpan sur les lieux de l'école?», peut-on lire dans la requête.
Aussi, le mercredi 31 juillet, l'avocat de la commission scolaire demandera à la Cour d'appel de suspendre l'autorisation de porter le kirpan accordée en mai dernier par la juge Danielle Grenier, de la Cour supérieure, qui avait pris soin de préciser dans son jugement que celui-ci devait être respecté même s'il y avait appel.
Appel il y a eu, porté par la Commission scolaire d'une part et le Procureur général du Québec d'autre part. «On ne sait pas quand cet appel sera entendu et on arrive en septembre. Il change d'école et va au secondaire, à l'école Cavelier-de-LaSalle», a fait valoir Me François Aquin pour expliquer l'action qu'entreprend la commission scolaire.
«Je présente une requête pour que l'ordonnance de la juge Grenier ne s'applique pas. Elle visait à permettre au jeune sikh, Gurbaj Singh Multani, de finir son année scolaire. Celle-ci est finie», a-t-il ajouté.
Intérêt public
En outre, dans sa requête, la commission scolaire fait valoir qu'il en va non seulement de la sécurité des autres élèves mais de l'intérêt public que le jeune sikh abandonne le port de son kirpan. On avance que les conditions de surveillance prescrites par la juge Grenier ne pourront être respectées au secondaire, où la surveillance est plus limitée qu'au primaire, question de développer l'autonomie des jeunes.
La commission scolaire utilise aussi l'argument voulant qu'il y a lieu, dans les écoles, d'enseigner les valeurs sociales ayant cours ici.
«Ils n'ont plus besoin d'armes pour se défendre, ils ont des droits. Et l'arme est un symbole qui permet de régler ses problèmes soi-même plutôt que de recourir aux lois», a expliqué Me Aquin lors d'un entretien téléphonique.
«Pareille symbolique envoie un message négatif et préjudiciable aux élèves, ressortissants ou nouveaux venus, alors qu'il faut à l'inverse leur inculquer que, vivant dans un État de droit, ils sont ici égaux devant la loi et n'ont pas à recourir à la force pour faire valoir leurs droits.»
Finalement, Me Aquin reproche à la juge Grenier d'avoir cherché à tout prix à trouver un accommodement pour le jeune sikh plutôt que de trancher la question sur le fond.
«Ce faisant, la juge a omis de se poser la question pertinente: les pouvoirs d'une commission scolaire d'assurer la protection et la sécurité des élèves et du personnel confèrent-ils à celle-ci le droit d'interdire le port du kirpan sur les lieux de l'école?», peut-on lire dans la requête.
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