samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Sondage - Un Québec distinct jusque dans ses pratiques religieuses

Fabien Deglise   22 juillet 2002  Éthique et religion
Le Québec est une société distincte jusque dans les pratiques religieuses et spirituelles de ses 16-35 ans. C'est du moins ce qui ressort d'un vaste sondage mené sur le sujet par la firme CROP pour le compte de la télévision de Radio-Canada et dont Le Devoir a obtenu copie.

Les chiffres tombent à point. Alors que des milliers de jeunes des quatre coins du globe convergent aujourd'hui vers Toronto pour communier — pour les uns — et festoyer — pour les autres — au coeur des Journées mondiales de la jeunesse, l'enquête dresse un portrait prévisible, mais aussi paradoxal, des croyances et des pratiques des jeunes Québécois dans le Canada contemporain.

Premier constat: Dieu existe... pour 70 % des répondants qui croient en lui dans la «Belle province» contre 79 % dans le reste du pays. À l'échelle nationale, les jeunes de 26 à 35 ans y croient davantage (plus de 80 %) que les représentants de la génération montante, 16-25 ans (plus de 70 %).

Tout aussi étonnant, près de 63 % d'entre eux croient également en l'existence de Jésus — ils sont 77 % à penser ainsi ailleurs au Canada — qui est perçu encore aujourd'hui par les deux tiers des personnes interrogées au Québec comme «l'unique fils de Dieu» ou encore comme «un modèle».

Mieux: après Dieu et le «p'tit gars de Bethléem», les 16-35 ans d'ici sont, tout comme leurs voisins du ROC, convaincus en majorité de l'existence de miracles (58 %), du ciel — dans ses tonalités bibliques, s'entend — (64 %), d'une forme de vie après la mort (69 %), des anges (56 %), de la réincarnation (42 %), mais se démarquent toutefois en n'étant que 24 % à concevoir l'enfer, 27 % le diable et 19 % la fin du monde imminente. Ailleurs au pays, ces corollaires du bien sont toutefois beaucoup plus populaires puisque près d'un jeune sur deux avoue y croire.

Paradoxe

Réalité pour les jeunes Québécois, Dieu est toutefois loin d'être très présent dans la vie de tous les jours des personnes sondées: 50 % affirment en effet qu'il est peu ou pas présent dans leur quotidien alors que 73 % des Canadiens passent avec lui le plus clair de leur temps, très ou assez souvent. Ce qui explique peut-être que 42 % d'entre eux ne répondent jamais à son appel en se rendant à des offices religieux ou n'y vont qu'à quelques occasions durant l'année (46 %). Même chose pour la prière quotidienne qui ne séduit au Québec que 9 % des jeunes questionnés, contre 28 % hors des frontières de la province.

Au-delà du rapport qu'entretiennent les jeunes avec Dieu et ses «produits dérivés», l'enquête téléphonique de CROP prend également le pouls de la jeunesse sur des sujets délicats du moment inhérents à nos sociétés façonnées par le christianisme. Avec des résultats tout aussi distinctifs lorsque les sondés habitent le Québec. Des exemples? 95 % des 16-35 ans sont pour l'utilisation des moyens contraceptifs, contre 83 % pour les personnes vivant à Toronto, Vancouver, Calgary ou, pourquoi pas, Halifax. Les jeunes Québécois sont aussi partisans en très grande majorité de l'accès des femmes à la prêtrise (88 %), du mariage chez les prêtres catholiques (86 %), des relations sexuelles avant le mariage (89 %), du mariage entre homosexuels (69 %) ou encore du droit à l'avortement (78 %). Bien plus que les autres Canadiens qui sont à peine un sur deux à bien composer avec l'interruption volontaire de grossesse ou encore 68 % à accepter d'avoir des relations intimes avec leurs ami(e)s de coeur avant d'avoir reçu la bénédiction d'un prêtre.

Autre concept épineux: l'impact des religions sur les guerres et tiraillements qui rythment la scène internationale comme locale. Autre clivage entre Québec et reste du Canada. 76 % de la jeunesse d'ici estime en effet que les religions sont plus souvent une source de conflit entre les nations et les peuples, contre 55 % ailleurs au pays. Mais ils s'entendent sur une chose: 50 % estiment qu'aucune religion en particulier n'appelle à la violence et près de 17 % des répondants au Québec et 13 % dans le ROC pensent que l'Islam favorise des rapports conflictuels.

Le sondage de la firme CROP a été mené par téléphone du 4 au 14 juillet dernier auprès de 500 personnes âgées de 16 à 35 ans. La marge d'erreur maximale associée à l'échantillon est de plus ou moins 4,4 %, 19 fois sur 20.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012