Sondage - Un Québec distinct jusque dans ses pratiques religieuses
Le Québec est une société distincte jusque dans les pratiques religieuses et spirituelles de ses 16-35 ans. C'est du moins ce qui ressort d'un vaste sondage mené sur le sujet par la firme CROP pour le compte de la télévision de Radio-Canada et dont Le Devoir a obtenu copie.
Les chiffres tombent à point. Alors que des milliers de jeunes des quatre coins du globe convergent aujourd'hui vers Toronto pour communier — pour les uns — et festoyer — pour les autres — au coeur des Journées mondiales de la jeunesse, l'enquête dresse un portrait prévisible, mais aussi paradoxal, des croyances et des pratiques des jeunes Québécois dans le Canada contemporain.
Premier constat: Dieu existe... pour 70 % des répondants qui croient en lui dans la «Belle province» contre 79 % dans le reste du pays. À l'échelle nationale, les jeunes de 26 à 35 ans y croient davantage (plus de 80 %) que les représentants de la génération montante, 16-25 ans (plus de 70 %).
Tout aussi étonnant, près de 63 % d'entre eux croient également en l'existence de Jésus — ils sont 77 % à penser ainsi ailleurs au Canada — qui est perçu encore aujourd'hui par les deux tiers des personnes interrogées au Québec comme «l'unique fils de Dieu» ou encore comme «un modèle».
Mieux: après Dieu et le «p'tit gars de Bethléem», les 16-35 ans d'ici sont, tout comme leurs voisins du ROC, convaincus en majorité de l'existence de miracles (58 %), du ciel — dans ses tonalités bibliques, s'entend — (64 %), d'une forme de vie après la mort (69 %), des anges (56 %), de la réincarnation (42 %), mais se démarquent toutefois en n'étant que 24 % à concevoir l'enfer, 27 % le diable et 19 % la fin du monde imminente. Ailleurs au pays, ces corollaires du bien sont toutefois beaucoup plus populaires puisque près d'un jeune sur deux avoue y croire.
Paradoxe
Réalité pour les jeunes Québécois, Dieu est toutefois loin d'être très présent dans la vie de tous les jours des personnes sondées: 50 % affirment en effet qu'il est peu ou pas présent dans leur quotidien alors que 73 % des Canadiens passent avec lui le plus clair de leur temps, très ou assez souvent. Ce qui explique peut-être que 42 % d'entre eux ne répondent jamais à son appel en se rendant à des offices religieux ou n'y vont qu'à quelques occasions durant l'année (46 %). Même chose pour la prière quotidienne qui ne séduit au Québec que 9 % des jeunes questionnés, contre 28 % hors des frontières de la province.
Au-delà du rapport qu'entretiennent les jeunes avec Dieu et ses «produits dérivés», l'enquête téléphonique de CROP prend également le pouls de la jeunesse sur des sujets délicats du moment inhérents à nos sociétés façonnées par le christianisme. Avec des résultats tout aussi distinctifs lorsque les sondés habitent le Québec. Des exemples? 95 % des 16-35 ans sont pour l'utilisation des moyens contraceptifs, contre 83 % pour les personnes vivant à Toronto, Vancouver, Calgary ou, pourquoi pas, Halifax. Les jeunes Québécois sont aussi partisans en très grande majorité de l'accès des femmes à la prêtrise (88 %), du mariage chez les prêtres catholiques (86 %), des relations sexuelles avant le mariage (89 %), du mariage entre homosexuels (69 %) ou encore du droit à l'avortement (78 %). Bien plus que les autres Canadiens qui sont à peine un sur deux à bien composer avec l'interruption volontaire de grossesse ou encore 68 % à accepter d'avoir des relations intimes avec leurs ami(e)s de coeur avant d'avoir reçu la bénédiction d'un prêtre.
Autre concept épineux: l'impact des religions sur les guerres et tiraillements qui rythment la scène internationale comme locale. Autre clivage entre Québec et reste du Canada. 76 % de la jeunesse d'ici estime en effet que les religions sont plus souvent une source de conflit entre les nations et les peuples, contre 55 % ailleurs au pays. Mais ils s'entendent sur une chose: 50 % estiment qu'aucune religion en particulier n'appelle à la violence et près de 17 % des répondants au Québec et 13 % dans le ROC pensent que l'Islam favorise des rapports conflictuels.
Le sondage de la firme CROP a été mené par téléphone du 4 au 14 juillet dernier auprès de 500 personnes âgées de 16 à 35 ans. La marge d'erreur maximale associée à l'échantillon est de plus ou moins 4,4 %, 19 fois sur 20.
Les chiffres tombent à point. Alors que des milliers de jeunes des quatre coins du globe convergent aujourd'hui vers Toronto pour communier — pour les uns — et festoyer — pour les autres — au coeur des Journées mondiales de la jeunesse, l'enquête dresse un portrait prévisible, mais aussi paradoxal, des croyances et des pratiques des jeunes Québécois dans le Canada contemporain.
Premier constat: Dieu existe... pour 70 % des répondants qui croient en lui dans la «Belle province» contre 79 % dans le reste du pays. À l'échelle nationale, les jeunes de 26 à 35 ans y croient davantage (plus de 80 %) que les représentants de la génération montante, 16-25 ans (plus de 70 %).
Tout aussi étonnant, près de 63 % d'entre eux croient également en l'existence de Jésus — ils sont 77 % à penser ainsi ailleurs au Canada — qui est perçu encore aujourd'hui par les deux tiers des personnes interrogées au Québec comme «l'unique fils de Dieu» ou encore comme «un modèle».
Mieux: après Dieu et le «p'tit gars de Bethléem», les 16-35 ans d'ici sont, tout comme leurs voisins du ROC, convaincus en majorité de l'existence de miracles (58 %), du ciel — dans ses tonalités bibliques, s'entend — (64 %), d'une forme de vie après la mort (69 %), des anges (56 %), de la réincarnation (42 %), mais se démarquent toutefois en n'étant que 24 % à concevoir l'enfer, 27 % le diable et 19 % la fin du monde imminente. Ailleurs au pays, ces corollaires du bien sont toutefois beaucoup plus populaires puisque près d'un jeune sur deux avoue y croire.
Paradoxe
Réalité pour les jeunes Québécois, Dieu est toutefois loin d'être très présent dans la vie de tous les jours des personnes sondées: 50 % affirment en effet qu'il est peu ou pas présent dans leur quotidien alors que 73 % des Canadiens passent avec lui le plus clair de leur temps, très ou assez souvent. Ce qui explique peut-être que 42 % d'entre eux ne répondent jamais à son appel en se rendant à des offices religieux ou n'y vont qu'à quelques occasions durant l'année (46 %). Même chose pour la prière quotidienne qui ne séduit au Québec que 9 % des jeunes questionnés, contre 28 % hors des frontières de la province.
Au-delà du rapport qu'entretiennent les jeunes avec Dieu et ses «produits dérivés», l'enquête téléphonique de CROP prend également le pouls de la jeunesse sur des sujets délicats du moment inhérents à nos sociétés façonnées par le christianisme. Avec des résultats tout aussi distinctifs lorsque les sondés habitent le Québec. Des exemples? 95 % des 16-35 ans sont pour l'utilisation des moyens contraceptifs, contre 83 % pour les personnes vivant à Toronto, Vancouver, Calgary ou, pourquoi pas, Halifax. Les jeunes Québécois sont aussi partisans en très grande majorité de l'accès des femmes à la prêtrise (88 %), du mariage chez les prêtres catholiques (86 %), des relations sexuelles avant le mariage (89 %), du mariage entre homosexuels (69 %) ou encore du droit à l'avortement (78 %). Bien plus que les autres Canadiens qui sont à peine un sur deux à bien composer avec l'interruption volontaire de grossesse ou encore 68 % à accepter d'avoir des relations intimes avec leurs ami(e)s de coeur avant d'avoir reçu la bénédiction d'un prêtre.
Autre concept épineux: l'impact des religions sur les guerres et tiraillements qui rythment la scène internationale comme locale. Autre clivage entre Québec et reste du Canada. 76 % de la jeunesse d'ici estime en effet que les religions sont plus souvent une source de conflit entre les nations et les peuples, contre 55 % ailleurs au pays. Mais ils s'entendent sur une chose: 50 % estiment qu'aucune religion en particulier n'appelle à la violence et près de 17 % des répondants au Québec et 13 % dans le ROC pensent que l'Islam favorise des rapports conflictuels.
Le sondage de la firme CROP a été mené par téléphone du 4 au 14 juillet dernier auprès de 500 personnes âgées de 16 à 35 ans. La marge d'erreur maximale associée à l'échantillon est de plus ou moins 4,4 %, 19 fois sur 20.
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