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    Rohingyas: manifestation pro-armée au Myanmar

    L’armée du pays est montrée du doigt par la communauté internationale pour l’exil de centaines de milliers de Rohingyas vers le Bangladesh

    Les nombreux manifestants brandissaient, dimanche, de nombreuses banderoles pour soutenir le commandant en chef de l’armée myanmaraise, le général Min Aung Hlaing.
    Photo: Paing Aung Agence France-Presse Les nombreux manifestants brandissaient, dimanche, de nombreuses banderoles pour soutenir le commandant en chef de l’armée myanmaraise, le général Min Aung Hlaing.

    Rangoun — Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche au son de musiques militaires dans le centre de Rangoun pour témoigner leur soutien à l’armée myanmaraise, fortement critiquée à l’étranger pour le drame des Rohingyas.

     

    Après des attaques de la rébellion rohingya, une minorité musulmane, l’armée a lancé une campagne de répression qui a conduit depuis fin août à la fuite de plus 600 000 civils rohingyas au Bangladesh voisin.

     

    L’ONU a assimilé ces violences à une forme d’épuration ethnique. Le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson, a appelé jeudi le chef de l’armée myanmaraise à aider à mettre fin à ces violences et « permettre le retour chez eux en toute sécurité de ceux qui ont été déplacés pendant la crise, tout particulièrement le grand nombre de [membres de] l’ethnie rohingya ».

     

    Mais au Myanmar, l’armée a vu dans cette crise sa popularité augmenter, dans un retournement de situation inattendu puisque cette institution a longtemps été redoutée et haïe pour avoir régné sur le pays d’une main de fer pendant un demi-siècle.


    Pression internationale
     

    Dimanche, les manifestants brandissaient de nombreuses banderoles pour soutenir le commandant en chef, le général Min Aung Hlaing, et dénoncer les efforts présumés de la communauté internationale pour faire pression sur la Tatmadaw (nom donné à l’armée myanmaraise).

     

    « La Tatmadaw est essentielle pour le pays. Elle protège nos groupes ethniques, nos races et notre religion », a déclaré à l’AFP Nan Aye Aye Kyi, 54 ans, dans le cortège qui a serpenté dans Rangoun jusqu’à la Pagode Sule.

     

    Les Rohingyas ne font pas partie des groupes ethniques officiellement reconnus au Myanmar.

     

    Pendant des décennies, les craintes d’une prise de contrôle de l’État Rakhine par la minorité Rohingya ont été attisées par l’armée, qui se pose désormais en sauveur de la Nation.

     

    Kyaw Than, un sergent à la retraite de 64 ans qui en a passé 41 au sein de l’armée, affirme que la Tatmadaw « protège tout le pays », rejetant les accusations de meurtres et viols lancées contre l’armée dans l’État Rakhine comme des mensonges.

     

    La pression internationale, elle, est bien réelle.

     

    Les États-Unis avaient annoncé lundi réduire encore davantage leur aide aux unités myanmaraises et aux officiers impliqués dans les violences contre la minorité musulmane.

     

    Parmi les mesures prises, Washington avait notamment annoncé la suspension de l’examen des dispenses de voyage pour les hauts responsables militaires myanmarais. Les États-Unis avaient aussi annoncé étudier la mise en place de « mesures économiques ciblées » contre des individus liés aux « atrocités ».













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