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    Formation des prêtres dans une Église en évolution

    15 avril 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Éthique et religion
    Il faut sept années d’études pour former un prêtre. Les séminaristes accumulent ainsi l’équivalent de trois formations universitaires: d’abord, ils font une majeure en philosophie de deux ans à étudier les différents courants philosophiques qui animent notre société, puis un baccalauréat en théologie de trois années, et enfin une maîtrise en pastorale professionnelle de deux ans.
    Photo: Yan Doublet Le Devoir Il faut sept années d’études pour former un prêtre. Les séminaristes accumulent ainsi l’équivalent de trois formations universitaires: d’abord, ils font une majeure en philosophie de deux ans à étudier les différents courants philosophiques qui animent notre société, puis un baccalauréat en théologie de trois années, et enfin une maîtrise en pastorale professionnelle de deux ans.
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    « À l’époque où j’ai été formé comme prêtre, entre 1978 et 1984, on insistait beaucoup pour dire que le prêtre était le ministre des sacrements, qu’il était là surtout pour administrer l’eucharistie et le sacrement du pardon. Mais aujourd’hui, ce que les gens recherchent, ce ne sont pas des “faiseux de messes”, mais des maîtres spirituels. On doit donc former des disciples missionnaires. »

     

    Voilà le constat que dresse Guy Guindon, prêtre de Saint-Sulpice et directeur du Département de pastorale à l’Institut de formation théologique de Montréal. L’équipe qu’il dirige forme actuellement 18 séminaristes au Grand Séminaire de Montréal, rue Sherbrooke (entre Guy et Atwater).

     

    « Depuis que je suis prêtre, nous en sommes rendus à la cinquième transformation pastorale, mais les gens ne réalisent pas que l’Église se transforme continuellement, ajoute-t-il avec un brin d’exaspération dans la voix. L’Église est en train de développer un nouveau modèle de dialogue avec une société qui est souvent anticléricale et anticatholique ! »

     

    Pour avoir été curé durant vingt ans, notamment dans le diocèse de Saint-Jérôme et à Terrebonne, Guy Guindon a constaté que les fidèles sont désormais engagés dans une recherche spirituelle qui n’est pas nécessairement centrée sur l’Église. « Comme prêtre, on a donc à entrer en dialogue avec ces gens-là et aussi à défaire tous les préjugés véhiculés contre l’Église », précise-t-il.

     

    De surcroît, les assises mêmes de l’Église changent vite, rapporte-t-il. Ainsi, à l’époque où il était jeune vicaire, M. Guindon a participé à la fondation d’une paroisse. « Mais quelques années plus tard, j’ai dû la fusionner », dit-il. Il a depuis dû procéder à des regroupements de paroisses dans la région de Saint-Jérôme (Saint-Antoine des Laurentides), puis à Sainte-Thérèse de Blainville. Et depuis 2007, il s’occupe de la formation des prêtres au Grand Séminaire de Montréal.

     

    Sept années de formation

     

    Il faut sept années d’études pour former un prêtre, relate le directeur du Département de pastorale. Les séminaristes accumulent ainsi l’équivalent de trois formations universitaires : d’abord, ils font une majeure en philosophie de deux ans à étudier les différents courants philosophiques qui animent notre société, puis un baccalauréat en théologie de trois années et enfin, une maîtrise en pastorale professionnelle de deux ans.

     

    « Durant la formation spirituelle, nous leur apprenons à prier et à méditer, explique Guy Guindon. On appelle cela l’initiation à la méditation par la technique de l’oraison. »

     

    On lit un passage de l’Évangile, explique le prêtre, on invite la personne à s’imaginer la scène, puis à entrer dans la scène, comme si elle y était afin, au bout du compte, de réaliser les qualités de Jésus dans la vie quotidienne.

     

    « Nous formons nos candidats à entrer en contact avec Jésus-Christ et à développer un dialogue avec Dieu afin d’être ensuite capable de le montrer aux autres », résume M. Guindon.

     

    La formation à la prêtrise comporte également un volet « dimension humaine », où les séminaristes discutent de thèmes comme développer la confiance en soi ainsi que comment entrer en relation avec les autres et établir des relations égalitaires « autant avec les hommes qu’avec les femmes, d’indiquer Guy Guindon. On insiste beaucoup sur la dimension de relation égalitaire, dit-il, puisque le prêtre doit être un leader qui travaille en équipe avec tout le monde ».

     

    Un autre volet de la formation des prêtres est la dimension pastorale. « Nos étudiants ne font pas que suivre une formation intellectuelle, ils ont aussi une formation sur le terrain. On les envoie ainsi dans différentes communautés et dans différentes paroisses où ils ont des objectifs précis à atteindre », explique le responsable de la formation des futurs prêtres.

     

    Dans une Église en évolution

     

    La moitié des prêtres qui enseignent au Grand Séminaire de Montréal sont toujours très actifs sur le terrain, relate le responsable de la formation. Ainsi, l’un d’eux travaille aux soins palliatifs alors que d’autres sont des curés de paroisse. « On se retrouve donc avec des enseignants qui sont au fait de la vie actuelle », indique M. Guindon.

     

    « Par conséquent, nous préparons nos futurs prêtres aux défis qui les attendent, poursuit-il. Ainsi, on les prépare à évangéliser dans le monde d’aujourd’hui. Notre défi : annoncer Jésus-Christ dans la société contemporaine ! »

     

    Quant aux 18 séminaristes actuellement en formation, Guy Guindon précise qu’ils sont d’origine très variée. La moyenne d’âge des séminaristes avoisine les 35 ans, dit-il. « On peut avoir autant un garçon de 20 ans qu’un homme de 55 ans, dit-il. Ce sont des célibataires, bien que certains aient déjà eu des enfants. Et 40 % de nos séminaristes sont nés à l’extérieur du pays. »

     

    « On se retrouve donc avec une pluralité de cheminements, poursuit le prêtre formateur. On peut aussi bien avoir un jeune qui vient d’une famille catholique et impliqué dans la vie paroissiale que quelqu’un qui a mené une carrière professionnelle. On a d’ailleurs deux séminaristes qui possèdent des doctorats, l’un en mathématiques et l’autre en pharmacie… »

     

    « Vous voyez bien que nos séminaristes constituent bien un microcosme du Montréal d’aujourd’hui ! » lance joyeusement Guy Guindon.

     

    Ces futurs prêtres n’auront pas pour mission d’administrer des sacrements ni de mener à bien les rituels de l’Église, ajoute M. Guidon, mais bien davantage d’« annoncer le message de Jésus-Christ. Nos prêtres doivent devenir des formateurs de personnes. Ils doivent former les leaders et ça, c’est vraiment le grand changement d’orientation pour l’Église, une Église sans cesse en évolution ».













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