Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Amis du Devoir
    Connectez-vous
    Journée portes ouvertes

    Au-delà du mur des églises

    15 avril 2017 | Alice Mariette - Collaboration spéciale | Éthique et religion
    Journée « Au-delà des murs » chez les Dominicaines missionnaires adoratrices
    Photo: Centre Présence religieuse intercommunautaire Journée « Au-delà des murs » chez les Dominicaines missionnaires adoratrices
    Ce texte fait partie d’un cahier spécial.

    Le Centre Présence religieuse intercommunautaire (PRI) tiendra la troisième édition de son événement « Au-delà des murs », le 30 avril prochain. À cette occasion, une vingtaine de communautés religieuses québécoises ouvriront leurs portes au grand public.

     

    Proposer un échange entre les communautés religieuses de la province et le public, peu importe ses croyances, c’est ce qu’offre depuis trois ans le Centre PRI avec sa journée portes ouvertes, organisée deux semaines après la fin de semaine de Pâques. « L’objectif est d’inviter les gens à venir rencontrer les communautés, pour découvrir ceux qui y vivent, poser des questions et visiter les lieux », explique Chantal Jodoin, directrice du Centre PRI, à l’origine de l’événement.

     

    Lancé en 2015 dans le cadre de l’Année de la vie consacrée décrétée par le pape François, « Au-delà des murs » est avant tout un moment de partage. Cette année, il sera possible de visiter une vingtaine de communautés à Montréal et à Québec, mais aussi Sherbrooke, Ottawa, Gatineau, Laval et Lac-au-Saumon. « La première année, nous pensions simplement proposer un petit pèlerinage entre deux ou trois communautés. Finalement, une douzaine étaient désireuses de participer, alors nous avons décidé d’inviter le grand public à venir nous voir », raconte Mme Jodoin. Elle avoue s’être inspirée du principe des Journées de la culture.

     

    Ouvrir ses portes

     

    « Chaque communauté a sa couleur, précise-t-elle. Chacune est libre d’organiser cette journée comme elle le souhaite. » Le seul dénominateur commun est le rendez-vous fixé à 13 h 30 pour une visite guidée, quel que soit le lieu choisi. Le reste dépend des membres de l’institution. Découverte de la chapelle du Grand Séminaire de Montréal, visite de l’appartement d’un membre de la Compagnie de Sainte-Ursule ou encore exploration du fameux Musée des Soeurs grises… Les possibilités sont multiples. Chaque communauté prévoit aussi un moment pour présenter son histoire, parler de sa fondatrice ou de son fondateur, expliquer le nom donné à son édifice, ainsi qu’une période d’échange. « Pour les questions, cela sera sans aucune restriction, ajoute Mme Jodoin. À ma connaissance, toutes les questions posées ont eu leur réponse ! »

     

    « Au-delà des murs » invite les petits et grands, seuls ou en famille, à venir découvrir un pan de l’histoire, souvent en lien direct avec celle du Québec et du Canada. « On vient visiter, parfois découvrir un lieu patrimonial, poser des questions, par curiosité ou intérêt pour la vie consacrée », croit Mme Jodoin. Elle indique justement que, dans certains cas, cette journée a permis d’établir un premier contact pour les personnes souhaitant cheminer vers la vie consacrée.

     

    Par ailleurs, certaines communautés ont besoin de bénévoles pour leurs différentes missions. Mme Jodoin prend l’exemple des soeurs missionnaires de Notre-Dame d’Afrique. L’année passée, elles ont présenté leurs oeuvres et certains participants ont ensuite décidé de donner de leur temps pour les aider. « Ce qui est intéressant, c’est qu’il ne s’agissait pas uniquement de personnes de religion catholique, mais aussi de confession musulmane, des personnes qui habitent près de la résidence, affirme la directrice. Alors, cela permet un regard intercommunautaire, un rapprochement entre les cultures et les religions. »

     

    Démystifier la vie consacrée

     

    « Venez nous voir, on n’est pas sorteux ! » dit en riant Mme Jodoin, en expliquant que les différentes communautés religieuses du Québec ne sont pas toujours très visibles. Elle raconte qu’une autre des raisons l’ayant poussée à mettre en place cet événement est la méconnaissance et les nombreuses idées préconçues sur la vie consacrée. « Je constate que, malheureusement, on ne connaît plus ; on ne sait plus. Souvent, on pense qu’une soeur ne fait que prier et un prêtre officier la messe du dimanche. »

     

    Elle espère que visiter les lieux et rencontrer les protagonistes permettra de donner une vraie idée de ce qu’est la vie d’une soeur ou d’un prêtre, tout en montrant la façon dont s’impliquent les religieux et religieuses. « C’est en suscitant et provoquant des rencontres que l’on peut, un peu, changer les mentalités et montrer que ce n’est pas tout à fait juste ce qu’on nous a dit », estime la directrice. Elle donne en exemple le Centre lasallien de Saint-Michel, où deux communautés religieuses aident les habitants de Montréal-Nord et de Saint-Michel, en proposant notamment de l’aide au devoir pour les jeunes.

     

    L’idée est aussi de mettre en avant d’autres formes de vie consacrée et les communautés nouvelles, mises sur pied après le concile Vatican II. Parmi elles, les Fraternités monastiques de Jérusalem à Montréal, la Famille Marie-Jeunesse à Québec et à Sherbrooke, la Famille Myriam Beth’léhem à Québec et à Lac-au-Saumon ouvriront leurs portes cette année. De même, alors qu’il en existe plus d’une douzaine au Québec, les instituts séculiers ne sont que très peu connus du grand public. Pour l’occasion, l’Institut Notre-Dame de Vie à Montréal et la Compagnie de Sainte-Ursule à Québec accueilleront des visiteurs.

     

    Mme Jodoin mentionne aussi les communautés contemplatives, qui n’ouvrent habituellement pas leurs portes au grand public, ou très peu. « Pour la première fois, une communauté entièrement contemplative participe à notre journée, alors c’est l’occasion pour les habitants de Sherbrooke d’aller visiter les Servantes du Très-Saint-Sacrement », ajoute-t-elle. Encore une fois, aller rencontrer les religieuses de cette communauté permettra sans doute de battre en brèche un certain nombre d’idées reçues et mieux comprendre leur mode de vie.

     

    Puisque l’heure de la visite guidée est la même pour tous les lieux, il ne sera pas possible d’en découvrir deux cette journée-là. Toutefois, Mme Jodoin affirme être prête à organiser un autre événement dans une communauté en particulier, si plusieurs personnes en faisaient la demande. « Le réseautage est notre mission au centre Présence religieuse intercommunautaire, afin de permettre aux gens de rencontrer des communautés et de mieux les connaître », conclut la directrice.













    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.