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    Liban

    Taymour Joumblatt devient leader de la communauté druze

    Taymour Joumblatt (à droite), fils de Walid Joumblatt
    Photo: Ramzi Haidar Agence France-Presse Taymour Joumblatt (à droite), fils de Walid Joumblatt

    Beyrouth — Taymour Joumblatt, 35 ans, a succédé dimanche à son père, Walid, à la tête de la communauté druze libanaise lors d’une cérémonie dans leur fief de Moukhtara, dans la montagne libanaise.

     

    Le puissant chef féodal Walid Joumblatt, 67 ans, a passé le flambeau à son fils en mettant sur ses épaules le keffieh en damier noir et blanc, lors d’une cérémonie coïncidant avec le 40e anniversaire de l’assassinat près d’un poste de l’armée syrienne de son père, le charismatique Kamal Joumblatt.

     

    « Oh Taymour, préserve l’héritage de ton grand-père, le grand Kamal Joumblatt, et porte haut le keffieh de la Palestine arabe occupée [par Israël], le keffieh du Liban progressiste, des hommes libres et des révolutionnaires, de ceux qui résistent à Israël où qu’ils se trouvent, le keffieh de la réconciliation et du dialogue […] le keffieh de Moukhtara », a-t-il dit devant des milliers de partisans, lors d’une cérémonie à laquelle a participé le premier ministre, Saad Hariri.

     

    À cette occasion, Walid Joumblatt a rappelé les conditions dramatiques dans lesquelles il avait succédé à son père. « Ce fut ma destinée de porter sur mes épaules, il y a quarante ans, l’abaya [cape] tachée de sang de Kamal Joumblatt et de ses compagnons Hafez et Fawzi », a-t-il dit.

     

    Son père avait été assassiné pour avoir osé s’opposer au président syrien Hafez al-Assad, dont les troupes avaient pénétré au Liban pour empêcher la milice druze alliée aux combattants palestiniens de l’emporter sur les milices chrétiennes.

     

    Walid Joumblatt tirera les leçons de ce crime en sachant sentir d’où vient le vent au point que ses adversaires le surnomment le caméléon tandis que lui justifie son attitude par sa survie et celle de sa communauté, qui représente 5 % de la population.

     

    Mais le vrai tournant de sa vie se produit en octobre 1983 avec la « guerre de la montagne » entre Druzes et chrétiens. Après avoir échappé de peu à un attentat à Beyrouth, il a chassé la milice chrétienne des Forces libanaises de Samir Geagea de la montagne druzo-chrétienne du Chouf et d’Aley, à l’est de Beyrouth.

     

    Les Druzes sont une secte ésotérique empruntant des concepts non seulement à l’islam, mais à des éléments issus des religions perse et hindouiste. Il s’agit d’une religion initiatique qui croit en la métempsychose, doctrine selon laquelle l’âme humaine peut se réincarner dans un corps humain, animal ou végétal.

     

    Taymour est né en 1982 durant la guerre libanaise. Il a entamé ses études à l’American University of Beirut (AUB), où il a fait la connaissance de sa femme, Diana Zeaïter, une chiite de la Bekaa, avant de poursuivre son cursus à la Sorbonne à Paris, puis de revenir au pays en 2010. Il est père de deux enfants Sabine (7 ans) et Fouad (4 ans).

     

    Le Liban est dirigé par des familles de notables. Saad Hariri a ainsi succédé à son père Rafic, assassiné en 2005, et dans le Nord, Sleimane Frangié prépare son fils Tony.













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