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    Famille et mariage

    Le pape tend la main aux divorcés remariés

    La situation des homosexuels reste absente du texte

    Le pape François tend la main aux divorcés remariés, et à tous ceux vivant « en situation irrégulière » dans l’Église catholique, mais sans bouger sur les homosexuels, dans ses conclusions publiées vendredi après deux synodes houleux.
    Photo: Andrew Medichini Associated Press Le pape François tend la main aux divorcés remariés, et à tous ceux vivant « en situation irrégulière » dans l’Église catholique, mais sans bouger sur les homosexuels, dans ses conclusions publiées vendredi après deux synodes houleux.

    Dans un énoncé sur la famille revisitant plus le ton et le discours que la doctrine de l’Église, le pape François ouvre la porte aux « personnes vivant en situation irrégulière », notamment en union libre ou dans des couples divorcés remariés, mais sans changer d’un iota la position traditionnelle de Rome par rapport aux couples homosexuels.

     

    L’« exhortation apostolique » sur la famille et le mariage de 260 pages publiée vendredi est le fruit de deux synodes importants qui ont révélé des clivages profonds au sein de l’Église catholique romaine. L’énoncé papal constitue aux yeux de plusieurs observateurs un exercice habile pour tenir compte des nouvelles réalités modernes sans écorcher les éléments les plus conservateurs au sein des épiscopats.

     

    « Les divorcés engagés dans une nouvelle union […] ne doivent pas être catalogués ou enfermés dans des affirmations trop rigides, dixit le texte. Chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans la dignité et accueillie avec respect », affirme le pape argentin, dans cet opus très attendu.

     

    Marqué au sceau de la miséricorde, l’exhortation intitulée « Armoris Laetitia » (la joie par l’Amour) se révèle être un appel à l’ouverture et à l’accompagnement, plutôt qu’un rappel contraignant des dogmes de l’Église en matière familiale et matrimoniale.

     

    « On ne parle plus d’une seule norme qui s’applique à tous. Quelque chose a changé dans le discours de l’Église. Au lieu de partir du dogme, on fait référence à la diversité et au coeur de cette diversité, il faut faire preuve d’accompagnement et de discernement », a commenté vendredi Mgr Noël Simard, porte-parole de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec.

     

    « On ne peut plus dire “c’est blanc ou c’est noir”. La diversité des modèles ne nous permet plus d’arriver avec des réponses uniques », a soutenu Mgr Simard, heureux du ton emprunté par le pape pour livrer aux catholiques le résultat de deux années de consultations menées auprès des évêques du monde entier.

     

    Une nouvelle approche

     

    À l’égard du thème très controversé des « divorcés remariés », le pape François invite prêtres et évêques à les « accompagner », et même, « dans certains cas », à leur permettre l’accès à la communion et de la confession. Un pas qui risque d’écorcher la frange la plus rigoriste de l’Église, frileuse face à la disparité que risque d’entraîner cette nouvelle approche qui donne plus de latitude aux prêtres pour apporter, « selon les cultures locales », une réponse différente de l’Église aux familles « irrégulières ». Cette avancée sur le statut des divorcés, un des points les plus litigieux au sein de l’épiscopat, l’avait emporté par 178 voix contre 177 lors du dernier synode.

     

    « Il faut aborder cette diversité comme une occasion de croissance », affirme le porte-parole de l’assemblée épiscopale canadienne, qui déplore que beaucoup de divorcés se soient sentis abandonnés ou exclus de l’Église.

     

    Si l’union traditionnelle de l’homme et de la femme demeure la valeur suprême et la seule reconnue par l’Église, l’exhortation papale surprend en valorisant « la dimension érotique de l’amour », et critique le discours historique de l’Église trop longtemps axé sur « le devoir de procréation » et « l’idéalisation excessive ».

     

    Cette nouvelle ouverture laissera toutefois sur leur faim les progressistes qui appellent le Vatican à revoir sa position sur le mariage des prêtres et le mariage gai. « L’Église souligne l’importance du respect à l’égard des gais, mais le mariage est une institution ancrée dans l’histoire millénaire. Je ne pense pas que l’Église va changer sur cette question », convient Mgr Simard, qui, à titre de prêtre, a déjà pris en charge une maison de soins pour les hommes atteints du sida. « Ce texte manifeste maintenant de la compassion et de l’ouverture. Au lieu de juger, il faut soigner. On doit être une église qui rejoint les gens dans ce qu’ils sont et ce qu’ils vivent. »













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