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Les Anglicans conservateurs s'opposent au nouvel évêque gay

N/A ZZZN/A   4 novembre 2003  Éthique et religion
Londres — La majorité traditionaliste de l'Église anglicane refusait hier d'accepter la consécration aux États-Unis de Gene Robinson, premier évêque ouvertement homosexuel, jugeant que cette décision provoquait une véritable scission au sein de l'Église.

Réagissant à l'événement, Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et chef spirituel de l'Église anglicane, a exprimé son «profond regret» au sujet de la controverse née de cette consécration. Williams est désormais confronté à la difficile tâche d'essayer de maintenir l'unité au sein d'une Église représentée dans 164 pays.

Le Conseil anglican américain, organe conservateur, a quant à lui condamné une «hérésie, un blasphème et un péché», s'engageant à créer un nouveau courant dominant au sein de la confession.

«Nous déplorons le fait que des évêques aient pris part à cette consécration, qui divise désormais l'Église», a déclaré Peter Akinola, primat de l'Église anglicane du Nigeria, dans un communiqué publié au nombre des Primats du Sud, lesquels affirment représenter plus de 50 des 70 millions d'Anglicans du monde entier.

L'archevêque Greg Venables, primat anglican d'Amérique du Sud, estime pour sa part que «les États-Unis ont déclaré l'indépendance».

«En ce qui me concerne, ce n'est pas un évêque», a dit à Reuters l'archevêque anglican de Sydney, Peter Jensen. «C'est un jour très triste pour l'Église», a-t-il jugé.

Le chef des anglicans kenyans, l'archevêque Benjamin Nzimbi, a de son côté affirmé qu'il allait rompre ses relations avec l'Église épiscopalienne, branche amé-

ricaine de l'Église anglicane. «Nous sommes deux Églises différentes», a-t-il dit.

Les libéraux ont cependant salué cette décision qui, selon eux, met un terme à une forme d'hypocrisie. En Grande-Bretagne, Colin Slee, doyen de la cathédrale de Southwark, a ainsi estimé que les Anglicans devraient se réjouir qu'il y ait «une consécration honnête et publique d'un évêque homosexuel. Il y en a eu beaucoup auparavant, mais elles n'ont pas été honnêtes ou publiques», a-t-il ajouté.

Robinson, qui a 56 ans, est père de deux enfants et vit depuis 13 ans avec un concubin.

Selon lui, l'Église anglicane n'est pas menacée de schisme par sa décision, qu'il tient pour irrévocable: «Il y a de nombreux gays et lesbiennes extraordinairement doués, occupant des positions élevées dans notre Église. Me mettre à l'écart n'empêchera pas cela le moins du monde.»






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