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L'Église épiscopalienne consacre son premier évêque «gay»

3 novembre 2003  Éthique et religion
Durham — L’aile américaine de l’Église anglicane a consacré hier à Durham (nord-est) le premier évêque ouvertement homosexuel, Gene Robinson, menaçant de provoquer une scission parmi les quelque 70 millions de fidèles dans le monde de cette Communion.

L’archevêque de Canterbury, chef spirituel de l’Église anglicane, Rowan Williams, a exprimé son «profond regret» après cette consécration. «Les divisions qui surgissent sont un sujet de profond regret», a déclaré l’archevêque de Canterbury dans un communiqué.
À 56 ans, Gene Robinson, père de deux enfants et divorcé, a décidé de braver des menaces de mort et les avertissements acerbes de la hiérarchie de son Église, pour être consacré évêque dans la ville universitaire de Durham (New Hampshire), où des conservateurs anglicans ont exprimé leur opposition.
Des manifestants ont brandi des pancartes «Dieu hait les homos», tandis que des églises épiscopaliennes conservatives organisaient des offices parallèles.
Quelque 4 000 personnes (dont un choeur de 300 chanteurs) ont assisté à la cérémonie, parmi lesquelles 55 évêques épiscopaliens américains, pour cette consécration controversée. «Je pense que sous peu d’autres nominations vont suivre et que l’on accueillera des personnes ouvertement homosexuelles et lesbiennes dans des postes de responsabilités. C’est ma prière», avait souligné Gene Robinson peu avant la cérémonie placée sous haute surveillance policière.
«Le grand cadeau que nous apportons au monde est que nous sommes capables de maintenir une large diversité d’opinions sur de nombreux sujets tout en faisant de notre foi en Jésus-Christ, le centre et le lien qui nous unissent tout comme le fait le corps du Christ», avait-il ajouté, en précisant qu’il «ne voyait pas de raison à une scission».
Le mois dernier, les primats de 38 provinces de l’Église anglicane, réunis en session extraordinaire, avaient évoqué le risque d’une scission au sein de leur Communion. Dans une déclaration, ils avaient estimé que le ministère de Gene Robinson «ne sera pas reconnu par la plus grande partie du monde anglican». «De nombreuses provinces seront susceptibles de se considérer elles-mêmes hors de communion avec l’Église épiscopalienne des États-Unis», avaient-ils ajouté.
Hier, dans les premières réactions, l’Église anglicane apparaissait plus divisée que jamais. Les divisions «seront bien trop visibles dans la mesure où il ne sera pas possible pour le ministère de Gene Robinson en tant qu’évêque d’être accepté par chaque province de la communion», a souligné le chef de l’Église anglicane.
Une organisation d’évêques et de prêtres homosexuels anglicans, Changing Attitude, s’est au contraire félicitée de la consécration de Gene Robinson qui offre «une nouvelle réalité spectaculaire» à la Communion.






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