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    Et si les religions exemptaient les fidèles?

    20 septembre 2013 |Denis Gaumond - Fonctionnaire et parafonctionnaire à la retraite | Éthique et religion








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    lus le débat sur le projet de charte lancé par le gouvernement avance, plus le point en litige devient clair : un employé ou une employée d’un État laïque doit-il s’abstenir de porter des signes religieux ostensibles ou ostentatoires au travail, visant à démontrer clairement sa foi en une secte ou une religion donnée, afin de servir, dans une neutralité religieuse apparente, les clients de toutes les confessions religieuses qui se présentent à elle ou à lui ? Plusieurs leaders religieux et leurs fidèles s’opposent à cette proposition pour des raisons de pratiques religieuses et de foi.

     

    En vertu des contraintes proposées par le projet de cette charte, chez les chrétiens, le port d’une croix peut être en cause, selon sa dimension. Chez les juifs, une kippa surdimensionnée peut poser problème. De même que le turban sikh. Chez les musulmans, l’habillement dans son ensemble, voile islamiste, hidjab, burqa, abaya, etc., semble bien envahissant. Il est à noter qu’aucune religion ne reconnaît unanimement que ces attributs ostentatoires sont obligatoires et entraînent un péché si non respecté. De nombreux fidèles de ces religions ne portent d’ailleurs pas ces attirails et n’en font aucunement la promotion. Ceci est vrai dans tous les pays de la terre, y compris dans les républiques dites religieuses dans leur identification nationale. D’autres fidèles, par contre, sont convaincus que le non-respect du port de ces signes ou vêtements religieux mène au péché. Alors, que faire ?

     

    Solution toute simple

     

    Voici une solution dont la simplicité vous émerveillera. Ma maman a mis au monde quatorze enfants. Elle a aussi souffert d’une fausse-couche. Elle a donc passé une immense partie de sa vie d’épouse enceinte. Or, si elle « sautait » une année de grossesse, revanche des berceaux oblige, le curé du village n’hésitait pas à la ramener à son devoir. Elle et les autres femmes en pareille situation. Ma mère, à cette époque, était bien maigre et malingre. Son médecin, le bon docteur Déry, l’appelait, bien affectueusement, « pisse-la-graisse ». Et puis, catholique très pratiquante, nous sommes au début des années cinquante à son âge adulte, ma mère respectait les obligations et contraintes que lui imposait sa foi. Ainsi, lors d’une année particulièrement difficile pour sa grossesse, elle eut toute la difficulté du monde à « faire son carême ». Mis au courant, le nouveau curé du village vint la visiter. Devant son état, ce bon curé décréta, par son pouvoir de pasteur, que maman pouvait, certains jours, selon ses besoins, être exemptée ou dispensée de respecter les contraintes sévères du carême. Ce qu’elle fit. Elle donna naissance, quelques mois plus tard, à un bel enfant en santé. Serait-ce donc en Gaspésie que survint le premier accommodement raisonnable de nature religieuse au milieu des années cinquante ?

     

    Les autorités religieuses, de toutes les religions, possèdent ce pouvoir d’exemption libérant des fidèles d’obligations religieuses réelles ou perçues comme telles.

     

    J’en appelle donc aux autorités religieuses du Canada et du Québec, de toutes les confessions, de libérer de l’obligation de porter des signes religieux ostensibles ou ostentatoires, durant les heures de travail, leurs fidèles travaillant dans la fonction publique et parapublique du Québec, afin de libérer leur conscience et de leur permettre d’éviter une auto-exclusion douloureuse et pénalisante, affectant toute leur famille et leur communauté. Ce qui fut accordé par Dieu à ma mère, par la sagesse divine de son représentant sur terre, ne peut-il pas l’être à quiconque désirant gagner honorablement sa vie en servant son prochain dans le respect des contraintes gouvernementales ? Ce Dieu n’est-il pas le même pour toutes et pour tous ? Et Lui-même, dans sa grande miséricorde et sa sagesse infinie, ne nous donne-t-il pas toujours la solution ? Il l’a mis là au fond du coeur de chacun, chacune. Que sa lumière nous éclaire ainsi que nos pasteurs temporels qu’Il a placés sur notre route.

     

    Paix sur la terre aux âmes de bonne volonté.

     
     
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