Mgr Odilo Pedro Scherer : l’émergent de São Paulo
Issu du plus grand pays catholique du monde, l’archevêque de São Paulo pourrait être le choix du conclave pour réformer la Curie. Considéré comme pragmatique et déterminé, il a longtemps occupé le poste actuel de Mgr Ouellet, à la présidence de la Congrégation pour les évêques. On dit que les cardinaux italiens, qui sont les plus nombreux au conclave, poussent pour un pape latino-américain qui permettrait d’ouvrir l’église au tiers-monde, mais aussi de combattre la forte progression des sectes protestantes sur le continent. Le nom de son compatriote Óscar Maradiaga, à la tête de Caritas internationalis, est aussi souvent cité.
Scherer est un Brésilien né de parents allemands, ce qui en fait un cardinal plus européen que Marc Ouellet ou Timothy Dolan. Considéré comme orthodoxe, il a tout de même évité la collision frontale avec les tenants de la théologie de la libération. Scherer est un homme qui croit à l’action sociale, mais qui critique fermement le marxisme. « La messe n’est pas un spectacle », dit-il, même s’il n’a pas directement condamné le courant charismatique de l’Église sud-américaine qui tente de rénover la liturgie afin de concurrencer les groupes évangélistes en pleine expansion.
L’an dernier, Scherer est intervenu dans la presse brésilienne afin de s’opposer à la légalisation par la Cour suprême de l’avortement en cas de malformation cérébrale du foetus. La même année, il avait surpris en nommant une femme à la tête de l’Université pontificale de São Paulo. Homme de consensus mais peu charismatique, il a été élu en 2003 à la tête de la conférence épiscopale du Brésil. Il avait largement contribué à organiser le voyage de Benoît XVI au Brésil en 2007. Celui qui se dit adepte des médias sociaux avait reconnu que l’Église avait des problèmes de communication. S’il était élu, sa première destination serait les Journées mondiales de la jeunesse qui se tiennent en juillet… au Brésil.








