Mgr Christoph Schönborn : le progressiste prudent
Considéré comme un progressiste, le francophile archevêque de Vienne (il a étudié en France) est surtout connu pour avoir mis un terme à la politique du silence à l’égard des scandales sexuels au sein de l’Église autrichienne. Et pour cause, il a succédé au cardinal Hans Hermann, dont la relation avec un séminariste avait été révélée au grand jour. En 2004, il a fait preuve de fermeté et évincé l’évêque local, l’ultraconservateur Kurt Krenn, après que l’on eut découvert 40 000 clichés à caractère pornographique mettant en scène des mineurs au séminaire de Sankt Pölten. En 2010, après avoir mis en place une commission indépendante afin d’entendre des victimes de sévices sexuels, Schönborn a versé huit millions d’euros en compensation à 850 d’entre elles.
Cet ancien élève de Benoît XVI dut aussi faire face à la fronde de plus de 350 prêtres autrichiens qui signèrent un Appel à la désobéissance réclamant des réformes profondes, dont le mariage des prêtres. Sans rompre avec les positions de l’Église, il se dit partisan de l’ouverture sur la question des divorcés remariés. Il n’a pas hésité à confirmer la nomination d’un laïc homosexuel dans un conseil pastoral paroissial tout en rappelant que l’homosexualité demeurait un péché pour l’Église.
Mgr Schönborn s’est montré sensible au rapprochement avec les orthodoxes. En revanche, ses positions lui valent un certain nombre d’inimitiés au sein de la Curie.








