Vatican - Les cardinaux en quête de réponses
Le cardinal Marc Ouellet, considéré comme bien placé pour succéder à Benoît XVI, a déclaré lundi qu’il lui fallait « être prêt » à toute éventualité, tout en estimant qu’« un certain nombre » d’autres cardinaux avaient plus de chances que lui d’être élus. « La position que j’occupe actuellement dans l’Église est la raison principale pour laquelle mon nom circule », a déclaré sur Radio-Canada Mgr Ouellet, qui dirige l’importante congrégation pour les évêques. Mais « je ne peux pas ne pas y penser maintenant », a-t-il poursuivi, interrogé sur la possibilité qu’il succède au pape démissionnaire. « Raisonnablement, je dois entrer au Conclave en me disant “ si jamais..., si jamais… ”. J’avoue que cela me fait réfléchir, cela me fait prier, cela me fait peur un peu. Je suis très conscient de la lourdeur de la tâche », a-t-il dit.
« Nous voulons avoir connaissance de ce qui se vit au Vatican, dans l’ensemble de l’organisation centrale de l’Église, qui a été un peu chahutée ces temps derniers », a déclaré à quelques journalistes le cardinal français Philippe Barbarin, en sortant de la première session lundi matin.
« Si nous voulons prendre les bonnes décisions, je suis certain que nous devons avoir quelques informations à ce sujet », a renchéri le cardinal sud-africain Wilfrid Napier à propos du scandale Vati Leaks qui a révélé des intrigues au sein de la Curie romaine.
Le cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, est allé dans le même sens : « Le nouveau pape aura nécessairement à affronter les problèmes dans la Curie. »
Benoît XVI, très respecté pour son message religieux et sa cohérence, se voit reprocher de ne pas avoir su réformer le gouvernement central de l’Église. Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a indiqué qu’il n’y aurait pas de discussion générale à propos de Vati Leaks, ajoutant toutefois que les cardinaux pouvaient demander à leurs homologues « toutes les informations qu’ils jugent nécessaires ».
Les turbulences au Vatican et, récemment, les conjectures sur un prétendu « lobby gai » sont mal perçues par les cardinaux venus d’ailleurs. Selon eux, ils déforment l’image d’une Église dynamique et courageuse, confrontée à des problèmes de survie.
Pour le cardinal espagnol Carlos Amigo Vallejo, « Vati Leaks, c’est beaucoup de bruit pour rien ». Les chrétiens d’Afrique « ne se préoccupent pas beaucoup des petits problèmes de notre vie interne », a-t-il dit, amer.
Pour Mgr Barbarin, les cardinaux doivent aussi avoir « un regard sur l’Église universelle ». « Nous avons envie et besoin d’avoir un regard sur l’Église en Europe, en Afrique, en Asie, en Amérique. »
Les 207 cardinaux, électeurs (moins de 80 ans) ou non, ont été convoqués pour ces « congrégations » de préparation au conclave. Lundi matin, 142 d’entre eux étaient présents. La date très attendue du conclave ne pourra être connue (à l’issue d’un vote à la majorité absolue) que lorsque tous les électeurs seront présents.








