Le pape appelle l’Église à «se réorienter»
Plus de 50 000 personnes se pressaient sous ses fenêtres, selon le Vatican, plus de 100 000 selon la mairie de Rome, qui avait fermé à la circulation la Via della Conciliazione, la large avenue qui mène au Vatican. Lorsque le pape est apparu, la foule, formée en majorité d’Italiens, a hurlé « Benedetto » en italien. De nombreux fidèles et curieux prenaient des clichés avec leurs téléphones portables pour immortaliser ce moment historique. Les participants, beaucoup de familles, de retraités et de religieuses, agitaient des pancartes disant : « grazie » ou « danke » (merci en italien et en allemand). « Nous t’aimons énormément », avaient écrit des scouts sur leur banderole.
Imperturbable, le pape allemand vêtu et coiffé sobrement de blanc a appelé à ne pas « avoir peur » d’affronter « le combat contre l’esprit du mal », « à repousser les tentations […] et à remettre Dieu au centre de notre vie ». Des mots que certains ont interprétés comme une référence à la crise de l’Église face au monde moderne et aux tensions au sein de la Curie.
Sans revenir sur les raisons qui l’ont poussé à partir, le pape a remercié les fidèles d’être « aussi nombreux » à manifester leur « affection et proximité spirituelle en ces jours ». Sa décision n’a qu’un seul précédent historique : la renonciation de Célestin V en 1294, retourné à sa vie de moine ermite, cinq mois après avoir été élu pape.
À la fin de l’angélus, les cloches de Saint-Pierre se sont mises à sonner à toute volée, pendant que les fidèles s’éloignaient comme à regret de la majestueuse place délimitée par les colonnes du Bernin.








