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    350e du Grand Séminaire de Québec - Devenir prêtre à 55 ans

    Les candidats à la prêtrise de l’est du Canada étaient réunis à la basilique Notre-Dame de Québec à l’occasion du 350e anniversaire de la fondation du Grand Séminaire de Québec.
    Photo: Yan Doublet - Le Devoir Les candidats à la prêtrise de l’est du Canada étaient réunis à la basilique Notre-Dame de Québec à l’occasion du 350e anniversaire de la fondation du Grand Séminaire de Québec.
    On entend souvent parler des difficultés de l’Église à attirer de jeunes prêtres. Or il arrive aussi qu’elle recrute chez des hommes beaucoup plus âgés.

    Mario Desrosiers aura 55 ans quand il sera ordonné au printemps. Pour cet ancien fonctionnaire fédéral père de deux enfants, c’est l’équivalent d’une seconde vie. « J’ai toujours été attiré par les choses de l’Église. Mais, dans les années 1970, […] les prêtres et les religieuses sortaient pour devenir des laïcs. Alors, je me suis dit que je n’embarquerais pas dans ça. Je me suis marié, j’ai eu des enfants. »


    Or rapidement, le mariage ne fonctionne pas et M. Desrosiers se met à donner du temps à l’Église : bénévolat, études en théologie et maintenant le grand saut. « Je travaillais comme informaticien à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, alors c’est un changement à 90 % au niveau professionnel », résume-t-il.


    Ses enfants l’ont traité de « fou » quand il leur a annoncé qu’il quittait son travail, « un bon emploi avec des avantages sociaux et tout ce qui vient avec ». Puis ils ont compris. « Intérieurement, Dieu a toujours été dans ma vie. »


    La prêtrise n’est toutefois pas à la portée de tous les pères de famille. Les divorcés, par exemple, n’y ont pas accès. Pour que ce soit possible, il faut être veuf ou avoir obtenu une annulation de mariage, comme M. Desrosiers.


    Or les vocations tardives sont moins rares qu’on pourrait le croire. « Ce n’est pas courant, mais ce n’est pas non plus exceptionnellement rare », explique le recteur du Grand Séminaire de Québec, l’abbé Mario Côté. « À Longueuil, ça va être le troisième à être ordonné qui a un autre parcours de vie et qui est père de famille », dit-il. « Il y en a un qui a été ordonné il y a trois ans qui travaille dans un pénitencier du nord de Montréal. Il est père de famille et grand-papa. »


    Selon lui, ces prêtres plus âgés apportent quelque chose de particulier à la fonction. « Leur manière d’assumer leur pastorat est marquée par leur paternité. Mario [Desrosiers] a sa fibre de père, ses préoccupations de papa dans ce qu’il fait. Il y a quelque chose de riche là-dedans. »


    « Baveux » comme Monseigneur de Laval


    Ils étaient une quarantaine de novices à se rassembler cette fin de semaine à Québec. Presque tous les futurs prêtres francophones de l’est du Canada étaient présents. Âgés de 20 à 55 ans, ils se destinent tous à la pratique diocésaine (par opposition à la vie en communauté chez les Franciscains ou les Dominicains, par exemple).


    Le prétexte de cette réunion : les célébrations du 350e anniversaire de la Fondation du Grand Séminaire, par François de Laval. En formation samedi, on leur a dit qu’il fallait qu’ils deviennent des prêtres audacieux, « baveux comme François de Laval ».


    Parce que la tâche ne sera pas facile dans leurs futures paroisses. Lors de la cérémonie de 11 h dimanche, à peine une centaine de personnes s’étaient rendues à la basilique Notre-Dame pour la messe spéciale des novices. Mario Desrosiers a souligné que les croyants étaient plus nombreux à la messe de 9 h 30. Tout de même, la tâche s’annonce ardue.


    Dans son prêche, Mgr Gérald Cyprien Lacroix a comparé l’état des choses à la chanson du groupe de Mes Aïeux Dégénération en prenant soin de citer le passage suivant.


    « Ton arrière-arrière-grand-père il a défriché la terre/Ton arrière-grand-père il a labouré la terre […] Et pis toé mon p’tit gars tu sais plus c’que tu vas faire./Dans ton p’tit 3 1/2 bien trop cher frette en hiver […] Et tu rêves la nuit… d’avoir ton petit lopin d’terre… »


    Pour l’archevêque, la chanson décrit « le processus de perte de sens et de qualité de vie qui s’est vécu dans notre pays. » Et d’ajouter « ce que le Seigneur nous offre, c’est le contraire de la dégénération ».


    Reste aux prêtres à convaincre que la régénération passe par la foi catholique. « Les gens cherchent le Christ loin de l’Église », constatait dimanche l’un des jeunes novices, Léandre Zefack. « Toutes les personnes que je côtoie, que je rencontre me disent qu’ils rencontrent Dieu dans la nature, dans l’écologie, la méditation, le yoga, le reiki et tout ça. Dans 95 % des cas, ce sont des gens qui ont été chrétiens et pratiquants, mais qui se sont détachés de l’Église. Ils ont été froissés par la pratique, mais non par la relation », croit-il.

    Les candidats à la prêtrise de l’est du Canada étaient réunis à la basilique Notre-Dame de Québec à l’occasion du 350e anniversaire de la fondation du Grand Séminaire de Québec. Mario Desrosiers












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