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    La BBC confrontée à l’une des pires crises de son existence

    12 novembre 2012 |Agence France-Presse (photo) - Agence France-Presse | Éthique et religion
    La chaîne publique britannique fait face à une succession de dérives éthiques qui ont provoqué samedi la démission de son directeur général, George Entwistle.
    Photo: Agence France-Presse (photo) Justin Tallis La chaîne publique britannique fait face à une succession de dérives éthiques qui ont provoqué samedi la démission de son directeur général, George Entwistle.
    Modèle universel d’excellence éditoriale et institution aussi vénérée que la monarchie au Royaume-Uni, la BBC traverse l’une des pires crises de confiance de son existence après la démission de son directeur général pour la gestion calamiteuse d’un double scandale lié à la pédophilie.

    George Entwistle, 50 ans, a jeté l’éponge samedi soir au terme d’un règne d’une brièveté inédite : 54 jours vécus comme un cauchemar à la tête du premier groupe audiovisuel public au monde.


    Une audition peu convaincante devant une commission parlementaire l’avait fragilisé, fin octobre. Le coup de grâce est venu d’une entrevue musclée face à un journaliste maison de Radio 4 samedi. Sa prestation hésitante a achevé d’ancrer l’image d’un dirigeant sans réelle emprise sur le cours des événements, au point d’être affublé sur sa propre antenne du sobriquet d’« incurious George » (George l’incurieux).


    Deux graves erreurs


    Le directeur général paie pour un double fiasco de Newsnight, émission phare de journalisme d’investigation.


    En octobre, Newsnight est soupçonnée d’autocensure, pour avoir passé à la trappe un sujet incriminant Jimmy Savile, animateur ultrapopulaire de la BBC dans les années 60-80. Depuis, la vérité a éclaté sur l’excentrique chouchou de la Nation anobli par la reine et décoré par le pape Jean-Paul II pour son engagement caritatif. Scotland Yard le considère comme « un prédateur sexuel » ayant abusé de plus de 300 enfants et adolescentes. Et la star décédée fin 2011 à 84 ans suscite la révulsion au point que sa famille a fait détruire sa stèle à l’épitaphe épouvantable : « C’était bon tant que ça a duré. »


    Début novembre, Newsnight se rend coupable de « dénonciation calomnieuse », en incriminant à tort un mandarin conservateur des années 70, sur la foi du témoignage d’une « victime », qui se rétracte. Lord McAlpine n’est pas nommément cité par la BBC, mais Internet s’en charge, conduisant le premier ministre David Cameron à dénoncer un climat de « chasse aux sorcières ».


    George Entwistle a reconnu que « le reportage de Newsnight était éditorialement inacceptable ». Tim Davie, directeur des radios et orchestres de la BBC, chargé de son intérim, devait recevoir dimanche un rapport sur le dérapage qui pourrait conduire à des sanctions disciplinaires.


    Sans attendre, Lord Chris Patten, le patron de l’organisme de contrôle BBC Trust, a engagé dimanche une contre-offensive d’autant plus nécessaire que le groupe vit de l’argent du contribuable, via la redevance. « Notre crédibilité dépend de notre capacité à dire la vérité », a dit M. Patten dans l’émission politique culte d’Andrew Marr sur BBC1. « Si vous me demandez si la BBC a besoin d’une refonte en profondeur de son organisation, alors, oui, elle en a absolument besoin », a ajouté le dernier gouverneur de l’ex-colonie britannique de Hong-Kong, lui-même sur la sellette.


    La tonalité de la presse dominicale a confirmé l’ampleur des dégâts. Le Mail on Sunday évoquait « un bain de sang à la BBC », tandis que Jonathan Dimbleby, l’un des journalistes les plus respectés de la BBC, évoquait dans The Observer « un navire à la dérive se dirigeant vers les récifs ».


    Le scandale n’a pas fini de faire des vagues, d’autant qu’ont été lancées deux enquêtes indépendantes sur l’affaire Newsnight et la gouvernance de la BBC. Elles s’inscrivent dans un contexte difficile pour le groupe audiovisuel blessé dans son honneur éditorial et contraint à des compressions draconiennes au nom de l’austérité.

     
     
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