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L’Église orthodoxe russe réplique aux Pussy Riot

Le patriarche Kirill a estimé dimanche que la collusion de l’Église orthodoxe et de l’État, dénoncée par les Pussy Riot, dont des membres ont été condamnées à deux ans de camp après une « prière » anti-Poutine dans une cathédrale, n’était qu’un « mythe » visant à attaquer l’Église.

« C’est un mythe. Un mythe créé exprès. En effet, il faut attaquer l’Église avec une certaine conception du monde. […] Pourquoi ? Afin de montrer qu’à travers cette collusion l’Église essaye de contrôler votre conscience, votre volonté », a déclaré le patriarche dans une interview à la chaîne russe Rossia.


« Pourquoi est-ce que le fait que le président ou le premier ministre prient avec le Patriarche une ou deux fois par an doit aboutir à la conclusion qu’il existe une collusion ? Et pourquoi devons-nous priver ces personnes, qui sont des croyants, du droit de prier, y compris avec leur patriarche ? », a-t-il ajouté.


Ces déclarations interviennent après la condamnation en août à deux ans de camp pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse » de trois membres du groupe punk rock Pussy Riot.


En février, les trois jeunes femmes avaient chanté une « prière punk » dans une cathédrale de Moscou, demandant à la Sainte Vierge de « chasser Poutine » du pouvoir. À travers cette action, les jeunes femmes ont expliqué avoir voulu dénoncer la collusion de l’Église et de l’État en Russie.


L’affaire a eu un retentissement international et le chef de l’église orthodoxe a été critiqué pour son intransigeance à leur égard.


Le patriarche avait déjà, peu avant, été mis en cause à plusieurs reprises.


Il avait notamment été critiqué pour avoir soutenu publiquement Vladimir Poutine à l’élection présidentielle de mars et condamné le mouvement de contestation qui se développait alors contre le Kremlin, accentuant ainsi pour certains le sentiment d’une trop grande proximité entre l’Église et l’État.


Il avait été aussi la cible de critiques après des révélations de la presse laissant entendre qu’il menait un mode de vie luxueux peu conforme à l’idéal évangélique.

 
 
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