Le Vatican veut améliorer son image
Un ancien journaliste de Fox News embauché comme stratège
Interrogé par l’AFP, Greg Burke, ex-correspondant de la chaîne américaine Fox News, a souligné avoir été embauché « principalement comme stratège » auprès de la Secrétairie d’État, dirigée par le cardinal Tarcisio Bertone. La Secrétairie est l’épicentre du récent scandale Vatileaks déclenché par la fuite de documents confidentiels en provenance du Vatican qui a culminé le 23 mai dans l’arrestation du majordome du pape Paolo Gabriele. Selon certains experts, ces fuites viseraient à pousser vers la sortie le cardinal Bertone.
M. Burke, 52 ans, membre de l’organisation catholique conservatrice Opus Dei, ambitionne de « simplifier le message du Vatican et améliorer la communication ». Selon lui, parfois, le gouvernement du Vatican utilise un langage trop complexe, de spécialiste.
Ce nouveau « conseiller senior en communication » veut aussi « éviter trop de mauvaises surprises », a-t-il confié, en citant l’affaire Williamson, un évêque intégriste britannique dont le pape avait levé l’excommunication début 2009, peu avant une interview où ce dernier niait la Shoah. Il a évoqué également le discours du pape en 2006 à Ratisbonne, interprété comme faisant le lien entre islam et violence et qui fit scandale dans le monde musulman.
À Rome depuis 25 ans
M. Burke suit le Vatican depuis son arrivée en Italie il y a pratiquement 25 ans. Il a d’ailleurs « suivi le scandale des abus pédophiles depuis le début [des milliers de cas furent révélés aux États-Unis au début des années 2000], il y a eu là aussi de gros problèmes de communication, sans aucun doute », a-t-il reconnu. En 2010, quand la tempête sur la pédophilie dans le clergé avait rebondi avec la révélation de centaines de cas en Irlande, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Brésil, le Vatican s’en était pris à certains médias américains accusés d’amplifier le scandale.
Marco Politi, vaticaniste du journal Il Fatto Quotidiano s’est réjoui de la nomination de M. Burke, « un professionnel qui avec sa culture américaine devrait convaincre le Vatican que l’opinion publique a le droit de poser des questions et d’obtenir des réponses ». Mais pour cet expert, ce n’est pas avec un stratège en communication que le Vatican va résoudre ses problèmes : « Les prétendues erreurs de communication sont en fait des problèmes de méthode de gouvernement. »








