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Éthique et culture religieuse - Un bouc émissaire pour questionnements identitaires

Mireille Estivalèzes - Professeure en éducation à l'Université de Montréal  21 février 2012  Éthique et religion
La Cour suprême du Canada vient de rendre son jugement relativement à la demande d'exemption du cours d'éthique et culture religieuse formulée par des parents catholiques, au nom de l'atteinte à leur liberté de conscience et de religion. La Cour a rejeté à l'unanimité la demande au motif que les parents n'ont pas réussi à faire la preuve de cette atteinte à leurs libertés.

La vaste majorité des juges a également tenu à préciser que le fait d'exposer les enfants à une présentation globale de diverses religions, sans les obliger à y adhérer, ne constitue pas un endoctrinement des élèves qui porterait atteinte à leur liberté de religion ou à celle de leurs parents. Elle observe, au contraire, qu'il faut prendre acte du fait que les sociétés québécoise et canadienne sont multireligieuses et que les enfants sont exposés dans leur vie sociale à des réalités différentes de celles qu'ils connaissent dans leur environnement familial immédiat, réalités avec lesquelles l'école doit les familiariser.

En effet, on peut se demander en quoi, concrètement, l'exposition des jeunes à la diversité religieuse et philosophique (de façon bien modeste faut-il le rappeler, le plus souvent une heure par semaine...) est de nature à perturber les enfants dans leur foi, comme le soutiennent certains parents. Il s'agit ici davantage de l'expression d'inquiétudes qui ne reposent pas sur des faits empiriquement démontrés, puisque la thèse selon laquelle la découverte du pluralisme religieux engendrerait des perturbations réelles chez les élèves n'a jamais été prouvée.

Bien au contraire, le fait de sensibiliser les jeunes à la diversité des croyances et des pratiques ne porte nullement atteinte au respect des convictions, mais permet plutôt de mieux situer les spécificités de certaines traditions au regard de celles des autres, ce qui, pour plusieurs, aura pour effet de favoriser la redécouverte de la tradition dont ils sont eux-mêmes issus!

Un programme bouc émissaire

La crainte du relativisme est elle aussi mal fondée, le programme d'éthique et culture religieuse ne cherchant pas à dire que toutes les religions reviennent au même, mais visant plutôt à enrichir les connaissances et les réflexions personnelles des élèves. Il ne s'agit ni d'imposer l'adhésion à un système de convictions, ni de faire l'apologie de certaines traditions, ni de favoriser la critique systématique des religions.

Cependant, l'idée même d'un enseignement d'éthique et culture religieuse suscite diverses critiques qui témoignent de résistances au nouveau paradigme culturel qu'il incarne, encore trop religieux pour certains, pas assez pour d'autres, ou trop multireligieux pour d'autres encore, oblitérant pour ceux-là l'identité québécoise, marquée surtout par le christianisme. Le programme ECR devient alors un bouc émissaire de questionnements identitaires plus profonds. Les procès d'intention sont fort nombreux.

Enseignement culturel de la religion

Quelle place doit-on accorder au christianisme? Le Québec a une histoire et un patrimoine marqués par le christianisme, qu'il faut reconnaître et assumer, le catholicisme continue d'être, avec la défense de la langue française, un référent culturel majeur, en particulier dans le contexte de l'affirmation de l'identité historique canadienne-française et de la nation québécoise. Or, le programme ECR accorde justement, au nom de cet héritage historique et culturel, une place privilégiée au catholicisme de même qu'au protestantisme et insiste, à travers plusieurs thèmes, sur le patrimoine religieux québécois, de fait majoritairement chrétien.

Pour autant, cela n'exclut pas, bien au contraire, la nécessité de connaître d'autres systèmes de convictions, religieuses et non religieuses, du moins ceux présents au Québec. Relativement à la foi, le Québec a fait le choix, depuis 2005, que l'école ne serait plus un lieu de sa transmission. [...]

Par ailleurs, la complète laïcisation de l'école implique-t-elle, comme certains le soutiennent, la suppression de tout enseignement, même culturel, sur la religion? Bien sûr que non, puisque ce sont, au contraire, la laïcisation de l'institution scolaire et plus largement la sécularisation de la société québécoise qui apparaissent comme les conditions ayant rendu possible le programme d'éthique et culture religieuse. En effet, c'est du processus de laïcisation de l'enseignement que résulte le passage d'un enseignement confessionnel des religions (catholique ou protestante), à une didactique culturelle des religions, celles-ci étant dorénavant enseignées comme phénomènes historiques, culturels, comme objets de connaissance.

Malaise des enseignants

Par contre, une conception erronée de la laïcité peut avoir des effets inhibiteurs malheureux, comme on vient de le voir dans le cas de cette enseignante de musique de la Commission scolaire de Sorel-Tracy qui, pour éviter de discuter avec ses élèves d'une phrase de L'Hymne à l'amour d'Édith Piaf, qui parle de Dieu, refuse de la commenter en classe. Ce cas traduit le malaise de certains enseignants à aborder les questions religieuses de même que la très grande confusion qui règne autour de ce qu'on appelle, bien souvent à tort, des accommodements raisonnables, mais qui n'en sont pas.

Ce qui est important ici, c'est de savoir ce que signifie pour Édith Piaf cette phrase, le sens qu'elle lui donne en tant qu'artiste dans le texte de sa chanson, et non pas de se prononcer sur la pertinence ou non d'affirmer l'existence de Dieu ou de l'au-delà. La laïcité doit non seulement permettre la réflexion sur les objets de culture, mais elle doit également en favoriser la libre exploration. Comment peut-on comprendre la littérature, la musique, les arts, l'histoire du Québec de même qu'une très grande partie du patrimoine occidental marqué par les traditions chrétiennes sans avoir la moindre idée de ce qu'est le christianisme?

Aucun de ces domaines de connaissance ne peut être sérieusement étudié si les références au religieux sont censurées, censure qui causerait la perte de sens, voire l'incompréhension de ces oeuvres. La culture religieuse participe de la culture générale, et c'est bien là une des missions principales de l'école que d'élargir les horizons des élèves, de leur faire découvrir des univers qui leur sont encore inconnus.

Nuage dissipé

Enfin, il faut rappeler haut et fort que le programme ECR vise deux grands objectifs, de nature philosophique et politique. Sa première finalité, «la reconnaissance de l'autre», manifeste la volonté politique de prendre acte de la diversification culturelle et religieuse de la société québécoise, et de favoriser le respect mutuel des élèves entre eux. Mais on oublie trop souvent de mentionner la seconde finalité du programme, «la poursuite du bien commun», qui traduit, quant à elle, le projet de construire un espace social et culturel commun, au-delà des différences individuelles et des intérêts particuliers, autour d'une culture publique et de valeurs partagées par tous, dans une perspective d'éducation à la citoyenneté. Nous sommes donc bien loin ici de ce qui serait une apologie du multiculturalisme, qui ferait la promotion des différences pour elles-mêmes, sans se soucier d'un espace commun.

Notre souhait, maintenant que certains nuages ont été dissipés, serait qu'on laisse désormais les formateurs, les enseignants et les élèves travailler ensemble, sereinement, loin des polémiques politiciennes et médiatiques, et des procès d'intention, afin de mettre en oeuvre le programme d'éthique et culture religieuse, programme qui comporte de grandes qualités intellectuelles, culturelles, éthiques et civiques, et fait l'objet d'un vif intérêt dans de nombreux pays, même si, évidemment, il ne cessera de s'améliorer au fil du temps.

***

Mireille Estivalèzes - Professeure en éducation à l'Université de Montréal
 
 
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  • Yves Claudé - Inscrit
    21 février 2012 06 h 33
    Propagande pseudo-pédagogique …
    Madame Mireille Estivalèzes nous sert une propagande pseudo-pédagogique qui, à travers quelques effets discursifs, n’est autre que la promotion d’un multiculturalisme rampant …

    La réalité du cours ECR, au delà des slogans (« l'exposition des jeunes à la diversité religieuse et philosophique », « sensibiliser les jeunes à la diversité des croyances », etc.) est en fait une juxtaposition acritique de faits religieux présentés pêle-mêle sans mise en contexte qui permette une véritable éducation citoyenne.

    Le cours ECR n’est aucunement un « bouc émissaire », il est plutôt victime de ses lacunes fondamentales, et d’un pédagogisme qui prétend faire économie des sciences humaines et qui s’est carrément enlisé dans un relativisme culturel naïf et dans un multiculturalisme qui ne s’assume pas comme tel.

    Yves Claudé
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  • michel lebel - Inscrit
    21 février 2012 06 h 48
    Non à papa-État!
    Chacun a son opinion. Je ne partage pas cette opinion bucolique, consensuelle, toute gentille de la société. Je ne limite pas la religion à un simple "phénomène" culturel et historique et je ne carbure pas à une vision si neutre, si objective, de ce "phénomène". Compte tenu de la grande sécularisation de notre société, allons jusqu'au bout de ce constat et excluons l'État-éducateur des questions religieuses. Que le religion soit traitée exclusivement par les parents et les confesisons religieuses! Ceci correspondrait vraiment à la réalité de notre société.

    Et qu'on laisse aux parents le choix de ne pas inscrire leurs enfants au cours ECR ou plus vieux, ceux-ci pourraient être exemptés de suivre ce cours, si l'État persiste à conserver ce cours. Papa-État, quant à moi, n'a rien à faire dans les questions de religion, du moins dans le Québec contemporain. Ces questions devraient être tout simplement traitées dans les cours d'histoire.
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  • Jacques Beausejour - Inscrit
    21 février 2012 06 h 52
    Le cours ECR et la liberté des parents
    Je participe aux activités de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) comme directeur de la campagne de financement 2011-2012 (http://coalition-cle.org/ ). Je désire que les parents retrouvent soit leur droit de choix concernant le cours d'ECR ou soit l’abrogation de la loi constituant le cours ECR. J'appuie tous les parents qui veulent faire reconnaître leur droit de refus pour leurs enfants à suivre ce cours. Depuis 1976 j’ai travaillé à l’indépendance du Québec maintenant je travaille pour l’indépendance des parents du Québec. Je félicite les parents qui défendent leur droit de liberté concernant leurs enfants. L’État doit-il dominer les parents et être responsable des enfants du Québec? L’État du Québec est-elle devenu une dictature? Vive les parents libres au Québec!

    Premièrement, le cours ECR est un cours qui veut développer le multiculturalisme chez les étudiants je ne comprends pas le Parti Québécois dans son aveuglement. Pourquoi accepterions-nous de renier notre identité en passant les étudiants aux cribles des accommodements? S’ouvrir aux autres c’est bien mais le cours ECR veut obliger les jeunes à renier leur identité sous le couvert des accommodements.

    Deuxièmement, je préfère appuyer un parti politique qui respectera soit le choix des parents pour leurs enfants ou qui abolira simplement le cours ECR pour le remplacer par un autre cours. Que ce soit un cours d’histoire du Québec, ou par le remplacement des heures allouées au cours ECR par des heures pour l’étude du français, des mathématiques, de la musique ou un autre cours.

    Jacques Beauséjour, professeur retraité et premier député du Parti Québécois du comté d’Iberville 1976-1985
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  • Georges Paquet - Abonné
    21 février 2012 07 h 03
    À Yves Claudé, vous visez une mauvaise cible
    La qualité pédagogique et les lacunes fondamentales des cours d'éthique et de culture religieuse ne sont pas le fondement de l'appel de certains parents au jugement de la cour suprême. Ce qui était en question, c'est la prétention de certain parents à l'effet que ces cours les empêchaitent de transmettre à leurs enfants leur propre foi. Or la cour suprême, à 'unanimité à jugé que ce n'était pas le cas.
    Pour le reste, sur la qualkité ou la faiblesse pédagogique de ces cours, il faut en débattre avec le ministère de l'Éducation.
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  • Michele - Inscrite
    21 février 2012 08 h 07
    L'opinion des citoyens et celui des spécialistes
    Il me semble que les experts méritent notre attention et lorsque l'ensemble de ces derniers, ceux qui connaissent vraiment les fondements du programme disent la même chose, il faudrait peut-être en prendre note. Par ailleurs, lorsque une cause a été déboutée à trois reprises et ce par les plus hautes instances juridiques du pays, le message ne peut être plus clair.

    Les programmes scolaires évoluent et sont ancrés dans une approche nouvelle qui n'a rien à voir avec le relativisme mais tout avec le respect de la personne capable de réfléchir et de participer dans une société démocratique.
    Au centre de ce programme, on trouve le concept de citoyenneté.

    Voir du relatvisme ou du multiculturalisme dans ce programme c'est un peu comme si on analysait un IPOD en référant aux caractéristiques d'une table tournante.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    21 février 2012 08 h 27
    Cours de relativisme culturel et religieux
    Les chantres du multiculturalisme et du relativisme culturel au Québec sont les propagandistes de ce cours.

    Gérard Bouchard disait: «La crise des accommodements raisonnables n'aurait jamais éclaté si le cours était donné depuis longtemps dans les écoles québécoises.»

    Le philosophe Georges Leroux est probablement le plus important contributeur à ce cours:

    Voici ce qu'il écrit: «On doit concevoir une éducation où les droits qui légitiment la décision de la Cour suprême [à propos de l'affaire du kirpan], tout autant que la culture religieuse qui en exprime la requête, sont compris de tous et font partie de leur conception de la vie en commun. Car ces droits sont la base de notre démocratie, et l'enjeu actuel est d'en faire le fondement d'une éthique sociale fondée sur la reconnaissance et la mutualité. C'est à cette tâche qu'est appelé le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse.»

    En résumé, les élèves qui auront suivi le cours appuieront vraisemblablement les demandes d'accomodements tel que le port du kirpan à l'école.

    N'est-ce pas la preuve que ce cours est avant tout une façon de façonner la mentalité des futures générations au Québec ?

    Le relativisme culturel est une hérésie, mais il est bel et bien présent dans la pensée intrinsèque des idéologues relativistes de ce cours.

    Par ailleurs, pourquoi ensegne-t-on ce cours au primaire et au secondaire ?

    N'est-ce pas prématuré voire insensé pour des élèves du primaire ?

    Ce cours devrait être remplacé par des cours de français ,d'économie ou d'histoire.
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  • Minona Minona - Inscrite
    21 février 2012 08 h 43
    Contradiction
    Le problème avec ce cours c'est qu'il envoie un message contradictoire aux enfants. On prétend favoriser la connaissance de l'autre et la communication au-delà des différences mais on s'acharne à expliquer à des enfants qui se considèrent spontanément comme pareils en quoi ils devraient se trouver différents. Dans ce cours, les humains cessent d'être des personnes à part entière pour ne plus êtres que des fidèles qu'il ne faut envisager que sous cet angle et classer par catégorie: juifs, musulmans, chrétiens, bouddhistes, etc.

    Le message "Tu dois les aimer même s'ils sont différents" est peut-être plus positif que "Tu dois les détester parce qu'ils sont différents" mais dans les deux cas, on insiste sur la différence et non sur ce qui fait que deux personnes peuvent se ressembler même s'ils sont de religions différentes (ou vice versa). Je me demande si les jeunes seront encore capables de voir ce qui les unis aux autres humains après 11 ans de ce régime.

    Cette contradiction est justement ce qui cloche dans une certaine vision du multiculturalisme, celle qui glorifie à outrance la différence sous prétexte de paraître accueillant et de ne pas brusquer les nouveaux arrivants mais qui ce faisant nuit à leur intégration en créant des attentes différentes envers eux et encourage de fait la ghettoïsation, le replis identitaire, etc.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    21 février 2012 09 h 54
    Mon identité contre la tienne
    Ceux qui s'en prennent au multiculturalisme, tel qu'ils le comprennent, ont la même fixation identitaire que celle qu'ils appréhendent chez d'autres groupes culturels que l'on accommoderait avec trop de laxisme...Ghettoïsation, ect...

    En fait, il est depuis longtemps connu qu'après deux générations, les enfants de souche immigrante s'intègrent à la société dominante. C'était vrai aux États-Unis dans les années trente, ce l'est encore au Canada dans les années présentes. Je dirais même que les enfants de la Loi 101 n'attendent même pas la deuxième génération, tant la culture dominante actuelle est prégnante (tv, réseaux sociaux, mimétisme adolescent).

    Alors cette peur des religions d'autrui est une peur morbide de la perte d'âme, de ses propres valeurs religieuses, qui sont chambranlantes.
    Je suis athée, j'ai mes propres valeurs, qui mettent l'humanisme, le libéralisme, la tolérance en haut de la pyramide. Le cours d'éthique n'en parlera qu'incidemment, je le sais, mais je n'en fais pas un drame. C'est que je sais que nouvelles générations débuteront dans la vie adulte avec un bon bagage de tolérance et de respect et cela me suffit. Le reste leur appartient, puisqu'ils seront libérés (un peu plus) des prisons mentales de leurs parents.
    L'aventure humaine, c'est bien autre chose qu'un catéchisme et la lecture assidue d'un Livre. Si celui-ci réconforte cependant, tant mieux pour le lecteur et j'en suis bien aise. Une personne pieuse à mes côtés ne me dérange pas, qu'elle soit voilée ou pas.
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  • Jacques Adams-Robenhymer - Abonné
    21 février 2012 11 h 02
    Pourquoi le "R" de ECR?
    Merci à Mme Estivalèzes pour cet exposé clair et serein de la question et des objectifs du cours d'ECR.

    Je comprend que dans un environnement, de facto, multiculturel où on fait face à des problèmes d'intégration dès l'école primaire qu'il soit utile de parler aux élèves des différences culturelles et de l'état de droit qui accueille les diverses communautés. Peut-être que si le gens de la DPJ avaient été mieux informés de ces différences culturelles le drame Shafia aurait pu être évité.
    Mais pourquoi ce focus sur les mythes religieux (pendant 11 ans?) quand il y a beaucoup d'autres antécédents culturels qui contribuent à l'isolement et qui peuvent nuire à l'intégration. D'autant plus que tout ce qui touche la religion agite négativement les passions (même celles des non-pratiquants).
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  • Minona Minona - Inscrite
    21 février 2012 11 h 03
    Jugement de valeur
    @Jacques Saint-Cyr

    "Ceux qui s'en prennent au multiculturalisme, tel qu'ils le comprennent, ont la même fixation identitaire que celle qu'ils appréhendent chez d'autres groupes culturels que l'on accommoderait avec trop de laxisme...Ghettoïsation, ect..."

    Pour ma part, je ne m'en prends pas au principe du multiculturalisme en soi, soit à la cohabitation de citoyens d'origine, de culture et de religions différentes. Je crois simplement que cette cohabitation serait plus harmonieuse si chaque personne qui compose notre société participait à bâtir des ponts entre eux en misant sur nos ressemblances plutôt que de se contenter de se partager un espace pour lequel tous n'éprouvent pas nécessairement de sentiment d'appartenance puisque le discours multiculturel actuel ne propose pas au nouvel de devenir acteur de notre société mais un simple spectateur.

    "En fait, il est depuis longtemps connu qu'après deux générations, les enfants de souche immigrante s'intègrent à la société dominante."

    Encore faut-il qu'on laisse les enfants se découvrir spontanément au lieu de leur répéter: "Tu vois lui, il est différent, il est de telle religion, ce qui fait qu'il croit ceci, qu'il mange cela et s'habille ainsi, ils sont tous comme ça dans son groupe..."

    "Alors cette peur des religions d'autrui est une peur morbide de la perte d'âme, de ses propres valeurs religieuses, qui sont chambranlantes."

    Vous portez un jugement de valeur sur des personnes que vous ne connaissez pas et vous leur donnez des leçons de tolérance en plus. Personnellement je n'ai plus je n'ai pas plus de croyances religieuses que vous et mes valeurs sont humanistes.
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  • Fr. Delplanque - Inscrit
    21 février 2012 11 h 35
    Texte partisan
    Cette dame a fait partie des concepteurs du cours qu'attendre de plus de sa part que ce texte partisan ?

    Je suis sûr que d'autres personnes ont envoyé au Devoir des textes plus intéressant que les deux textes publiés récemment sur ce jugement.

    Est-ce qu'on pourrait maintenant laisser la parole aux gens opposés à ce jugement afin qu'il y ait un vrai débat sur le sujet ?
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  • Minona Minona - Inscrite
    21 février 2012 12 h 00
    Hiérarchiser les discriminations
    Je trouve étrange que ce qu'on n'a jamais fait pour lutter contre le racisme, le sexisme, l'homophobie ou l'intimidation à l'école on le fait sans hésiter pour lutter contre les préjugés sur la religion, soit y consacrer un cours qui s'étale sur 11 ans. Hiérarchiser les discriminations, c'est hiérarchiser leurs victimes. On aurait pu faire un cours d'éducation citoyenne destiné à la lutte contre toutes les discriminations.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    21 février 2012 12 h 13
    Lavage de cerveaux
    On accorde beaucoup trop d'importance aux phénomènes religieux ; l’homme est pourtant sorti des cavernes depuis longtemps.

    De tout temps le lavage de cerveaux par les religions fait son oeuvre. Nous en avons eu notre part ici, mais nous nous en sommes sortis, partiellement. Mais le lavage de cerveaux ici s’étend maintenant aux enfants, avec le cours d'éthique et culture religieuse. Imaginez, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec les idiosyncrasies de quelques-unes des 40 000 religions qui sévissent sur la terre! Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues. L’humanité n’est pas sortie du bois.

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes. On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    Le programme d'Éthique et culture religieuse (ECR), autre avatar du multiculturalisme à la Trudeau vise à confirmer les différences de ce qu’on appelle les communautés culturelles. Il faut éliminer ce programme et le remplacer par un vrai cours d’éthique.
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  • plan sud - Inscrit
    21 février 2012 12 h 20
    Charles Dubois
    Merci M.Dubois pour votre commentaire. Il est agréable de voir qu'encore aujourd’hui il existe des gens qui savent comment mettre des pantalons.


    La multiplicité des cultures, qui apporte je le conçois une vitalité appréciée dans un comme le notre, comporte malgré tout des éléments assez négatifs...parfois même troublants.
    Lors d'un même téléjournal, il n'est pas rare de voir des manifestations de groupes ethniques différents, contre des positions de l'un ou l'autre de nos gouvernements, qui vont dans des sens complètements différents. Un refusant la pensée de l'autre. Dans ces tensions entre groupes ethniques, on ne voit pas d'ouverture à l'autre.
    On ne sent pas de propension à la tolérance... comme on nous le demande à nous, ces autres formants la majorité. Chaque parties réclamant le droit à la reconnaissance de ses valeurs, bien que reliées à des sociétés extérieurs à la notre.

    Tiens, un de mes amis syriens qui me dit " Moi les pakis, pas capable".

    Un voisin italien lui n'aime pas les noirs...

    Un arabe déteste les juifs, les juifs se plaignent de la sécurité d'Israel qui, lui refuse de considérer la Palestine...

    Encore et encore... nous arrivent de ces chicanes lointaines que nous devons subir....

    2e point. Je dis oui à l'enseignement de diverses religion, en autant que cet enseignement parle aussi de l'athéisme et de la critique envers les religions (pensons à Marx, entre autre).
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  • Fr. Delplanque - Inscrit
    21 février 2012 12 h 25
    Tous les experts ?
    « Il me semble que les experts méritent notre attention et lorsque l'ensemble de ces derniers, ceux qui connaissent vraiment les fondements du programme disent la même chose, il faudrait peut-être en prendre note»

    D'Abord vous confondez les experts dont ce cours est le gagne-pain et qui dépendent du bon vouloir gouvernemental et les experts tout court.

    Ensuite, il est simplement FAUX de dire que tous les universitaires sont pour ce cours : Doug Farrow, Gérar Lévesque, Guy Durand, etc. on témoigné en cour contre ce cours. Maintenant, il est vrai que l'on ne leur ouvre pas facilement les colonnes dans certains médias.
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  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit
    21 février 2012 14 h 02
    @minona: jugement de valeur
    Ce que vous appelez une glorification des différences dans le multiculturalisme n'est que l'acceptation, le plus placide le plus neutre possible, des différences. À lire le commentaire que vous m'adressez, je ne vois pas beaucoup de différence entre mon propos et le vôtre. Que je sois tolérant, toutefois, ne m'empêche pas de juger les religions obscurantistes et dommageables. C'est un jugement de valeur en effet, et cela fait partie de la liberté de penser.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    21 février 2012 15 h 11
    Bouchard-Taylor = ECR
    Joseph Facal commentait l'étude de Joëlle Quérin sur le cours ECR:

    « Les promoteurs de ce cours disent qu'il vise à former de bons citoyens, ouverts aux autres cultures et respectueux des différences. Qui pourrait bien être contre ça ? C'est ici qu'il y a fausse représentation. Pour eux, le «bon» citoyen n'est pas celui qui connaît, respecte... et décide ensuite si cela lui convient ou pas. Non, le bon citoyen est celui qui accepte.


    Autrement dit, savoir ce que sont et d'où viennent le voile islamique ou le poignard sikh pour ensuite décider qu'on n'en veut pas chez nous n'est même pas envisagé. Ce serait être contre «l'ouverture», contre le «respect», contre la «démocratie».

    Acceptation rime désormais avec soumission. Le Québec est conçu comme une terre vierge ou presque, où le nouvel arrivant peut, avec des contraintes minimales, reproduire des modes de vie qui reposent souvent sur des valeurs dont l'Occident a choisi de s'extraire depuis des centaines d'années. ».




    http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/josephfacal/ar


    L'étude de la sociologue Joëlle Quérin:

    http://irq.qc.ca/storage/etudes/IRQ_Etude_ECR.pdf
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    21 février 2012 16 h 47
    Pression indue.
    Il est malheureux de constater, que des parents catholiques qui possiblement sous l’influence de représentants de l'église catholique, exigent que leurs enfants soient exentés des cours d'éthique et culture religieuse que le ministère de l'éducation offre aux jeunes étudiants du niveau primaire.
    Je suis porté à croire que cette bataille inutile créera dans le future plus d'animosités envers l'église catholique qui déjà est passablement amochée au Québec.Ne serait-il pas venu le temps où l'église comprenne que le monde a changé et refuse de vivre en vase-clôt. Plutôt que de baptiser un jeune à sa naissance sans son consentement pourquoi ne pas d'abord accepter d'informer honnêtement ses jeunes et rendus à l'age adulte personnes pourront choisir leur religion avec connaissance.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    21 février 2012 17 h 01
    1 de 3 @ Minona Minona et commentaires sur le texte
    @ Minona Minona mardi 21 février 2012 08h43

    Vous avez bien cerné la situation et ce, du point de vue qui compte le plus : le point de vue de l’enfant. Écrivez une lettre à être publiée au Devoir.

    J’ajouterais : Le multiculturalisme est une forme contemporaine de racisme. Les cours de multiculturalisme sont des exercices de conditionnement au racisme dont les premières victimes sont les personnes que l’on force à intégrer l’identité particulière qu’on leur accole. Double résultat : la personne est exclue de collectivité parce que perçue comme déférente; la personne elle-même s’exclue de collectivité parce qu’elle se perçoit comme déférente.

    Commentaires sur le texte

    "l'idée même d'un enseignement d'éthique et culture religieuse suscite diverses critiques qui témoignent de résistances au nouveau paradigme culturel qu'il incarne"

    Un paradigme n’est qu’un paradigme, c’est-à-dire un ensemble d’hypothèses admises comme avérées dans une communauté dite "scientifique" circonscrite. La science est l’art des remettre en question les connaissances. Le paradigme est l’absence de remise en question; c’est un consensus. Aussi, toute personne le moindrement formée en sciences sociales sait distinguer ce qui est endogène de ce qui est exogène, et par définition un paradigme que l’on cherche à imposer à une société historique est exogène. Que notre société résiste à ce que l’auteure qualifie de "nouveau paradigme" n’est rien d’autre qu’un signe de santé.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    21 février 2012 17 h 01
    2 de 3 @ Minona Minona et commentaires sur le texte
    "Par ailleurs, la complète laïcisation de l'école implique-t-elle, comme certains le soutiennent, la suppression de tout enseignement, même culturel, sur la religion? Bien sûr que non, puisque ce sont, au contraire, la laïcisation de l'institution scolaire et plus largement la sécularisation de la société québécoise qui apparaissent comme les conditions ayant rendu possible le programme d'éthique et culture religieuse. "

    La laïcisation la société québécoise a permis les conditions de possibilité pour le programme d'éthique et culture religieuse. Oui, mais nous aurions pu éviter de commettre cette erreur. La sagesse enseigne que ce n’est pas parce qu’une chose peut être faite qu’elle doit être faite. Ce n’est pas parce qu’un génocide peut être commis qu’il faut commettre un génocide.

    "Ce qui est important ici, c'est de savoir ce que signifie pour Édith Piaf cette phrase, le sens qu'elle lui donne en tant qu'artiste dans le texte de sa chanson, et non pas de se prononcer sur la pertinence ou non d'affirmer l'existence de Dieu ou de l'au-delà."

    Édith Piaf n’était pas un individu isolé du monde. Si son oeuvre est devenue une oeuvre reconnue, c’est justement que les gens de son époque se sont prononcés sur sa pertinence. La référence à Dieu est pertinente pour comprendre l’oeuvre puisque la référence à Dieu est dans l’oeuvre. Pour comprendre "les conditions ayant rendu possible" l’existence de l’oeuvre de Piaf, il faut tenir compte de Dieu. Ma foi, "savoir ce que signifie pour Édith Piaf cette phrase" n’a de sens que si on cherche à connaître la psychologie du personnage, et à moins que les enfants ne soient tous devenus des génies en l’espace de quelques décennies, je ne crois pas qu’ils en soient capables.
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  • Ixe Treize - Inscrit
    21 février 2012 17 h 01
    3 de 3 @ Minona Minona et commentaires sur le texte
    "Enfin, il faut rappeler haut et fort que le programme ECR vise deux grands objectifs, de nature philosophique et politique. Sa première finalité, «la reconnaissance de l'autre», manifeste la volonté politique de prendre acte de la diversification culturelle et religieuse de la société québécoise, et de favoriser le respect mutuel des élèves entre eux. Mais on oublie trop souvent de mentionner la seconde finalité du programme, «la poursuite du bien commun», qui traduit, quant à elle, le projet de construire un espace social et culturel commun, au-delà des différences individuelles et des intérêts particuliers, autour d'une culture publique et de valeurs partagées par tous, dans une perspective d'éducation à la citoyenneté."

    Vous inversez les choses. L’espace social et culturel commun, il est déjà là, il est donné à l’enfant dès sa naissance. Si l’école a une tâche, c’est celle de montrer à l’enfant la nature de l’espace social et culturel commun qui fait la société dans laquelle il se trouve. L’école n’a pas à servir d’outil d’ingénierie sociale. Elle n’a pas à se servir des enfants. Elle a à servir les enfants. Le programme ECR instrumentalise les enfants pour réaliser "le projet de construire un espace social et culturel commun". Demandons-nous : Le projet est le projet de qui?

    "Notre souhait, maintenant que certains nuages ont été dissipés, serait qu'on laisse désormais les formateurs, les enseignants et les élèves travailler ensemble, sereinement, loin des polémiques politiciennes et médiatiques, et des procès d'intention, afin de mettre en oeuvre le programme d'éthique et culture religieuse"

    Désolé, la socialisation des enfants concerne l’ensemble de la société, c’est une chose publique et donc nécessairement politique. Il serait irresponsable de la réserver aux seuls experts patentés amateurs de modes paradigmatiques...
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  • Minona Minona - Inscrite
    21 février 2012 18 h 37
    Quand la marmite saute.
    @Charles Dubois

    Joseph Facal commentait l'étude de Joëlle Quérin sur le cours ECR:

    "Pour eux, le «bon» citoyen n'est pas celui qui connaît, respecte... et décide ensuite si cela lui convient ou pas. Non, le bon citoyen est celui qui accepte."

    Exactement. Lorsque tout est relativisé et que tout devient "bon", il n'est plus possible de critiquer car dans cet esprit, l'acte de critiquer ne peut se faire que contre ce qui est "mauvais" et comme on a décidé d'apprendre aux enfants que la religion n'a que des bons côtés, la personne qui la critique devient donc forcément une personne mauvaise et intolérante.

    Peut-être que le problème dépasse le cours d'ECR et qu'on ne sait tout simplement pas débattre au Québec. Culturellement, nous avons une telle peur du conflit que nous préférons ne pas nous exprimer que risquer de mécontenter quelqu'un. On veut des discussions et des débats sans émotion et sans aspérité parce que la minute qu'une personne dit quelque chose qui déplaît, plusieurs marmites risquent de sauter en même temps, ce qui fait tout déraper.

    Peut-être que si on apprenait aux enfants à débattre intelligemment sur la religion et les autres sujets au lieu d'étouffer tout ce qui menace le consensus de façade, il serait plus facile de prévenir la discrimination parce que les opinions critiques seraient exprimées spontanément dans un climat sain plutôt que de surgir sur le coup de la colère après une longue censure. Il faudrait d'abord nous autoriser à le faire nous-même.
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  • Roland Berger - Abonné
    21 février 2012 21 h 28
    Sacrilège
    Pour un catholique, le seul fait que sa religion soit expliquée sans autorisation constitue un sacrilège. Il ne peut tolérer qu'une école publique dont il a été jadis le propriétaire puisse se mêler de comparer sa religion à d'autres. Une affaire de foi...
    Roland Berger
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    21 février 2012 21 h 38
    @Charles Dubois. Du relativisme et de l'absolutisme!
    D'emblée, je vous dirai que je suis un «relativiste culturel», en ce sens que bien qu'ayant été élevé à Montréal avec un ensemble de croyances x et de valeurs y à propos d'un certain nombre de choses z. Or, ayant côtoyé depuis ma jeunesse des gens pour qui bien que nous nous entendions sur y et z, n'avons pas les mêmes x pour les évaluer.

    Vous décrétez que «le relativisme culturel est une hérésie». C'est vous qui avez choisi les termes, termes qui nous rappellent une certaine époque du Québec où l'Église décrétait le juste et l'hérétique. À moi de vous demandez, à partir de quel point de vue pouvez faire une telle déclaration. Un point de vue absolu? Une vérité incontestable comme 1 1 = 2? Ainsi donc, partisan de l'absolutisme, vous êtes en guerre contre le relativisme. Normal!

    Après avoir cité Georges Leroux, (cela vous honore en termes d'éthique de la discussion), vous nous dites:

    «En résumé, les élèves qui auront suivi le cours appuieront vraisemblablement les demandes d'accomodements tel que le port du kirpan à l'école.»

    À mon avis, le passage important de votre «conclusion» est le «appuieront vraisemblablement». En effet, il est «vraisemblable» qu'une personne ayant été éduqué à respecter et à comprendre (sans adhérer, ni accepter) les valeurs d'autrui, sera moins porter à pousser les hauts cris de l'hérésie sociale chaque fois que les comportements de cet autrui ne sont pas identiques au sien propre.

    «Façonner les mentalités»? Si, apprendre à raisonner et à peser le pour et le contre avant de crier «haro sur le baudet» pour tout comportement différent de celui de la majorité, alors je pense que c'est tout simplement faire faire à ces enfants l'apprentissage de la «civilité». Et visiblement, ce n'est pas ce que les valeurs absolues nous ont apprises lorsque nous collions de petits anges sur nos cahiers d'étudiants...

    @BGadoua
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  • Minona Minona - Inscrite
    22 février 2012 08 h 34
    Privilèges
    @Bernard Gadoua

    "Si, apprendre à raisonner et à peser le pour et le contre avant de crier «haro sur le baudet» pour tout comportement différent de celui de la majorité, alors je pense que c'est tout simplement faire faire à ces enfants l'apprentissage de la «civilité»."

    Ce n'est pas du tout ce à quoi se limite le fait d'appuyer les demandes d'accommodements religieux. Il s'agit d'appuyer que l'on consente à une personne, sous la foi de sa religion, un privilège qui sera accordé de facto à l'ensemble de sa communauté religieuse mais qui sera toujours inaccessible aux personnes qui n'en font pas partie.

    Permettre le port kirpan aux élèves sikhs n'a pas rendu licite le port du couteau chez les autres élèves, même dans un étui de tissu. Je ne crois même pas qu'on permettrait à un élève occidental né de parents non-sikh le port du kirpan s'il prétextait une récente conversion. De même si tout les employés de la construction arrivaient au travail avec un turban sur la tête, on ne les laisserait pas travailler ainsi.

    Les comportements différent des miens ne me dérangent pas du moment que ceux qui les ont ne bénéficient pas d'un passe-droit leur permettant de se soustraire à des règles auxquelles je suis astreinte. J'ai beau peser le pour et le contre, je ne trouve aucun "pour" qui me permettre d'accepter que tout les citoyens ne soient pas tous traités également.

    Une religion n'est pas un handicap comme la cécité ou la paraplégie, en ce sens qu'elle n'empêche pas une personne de faire ce qu'une personne qui n'est pas de la même religion peut faire. Une entrave qui n'existe que dans l'esprit d'une personne ne peut pas être comparée à une entrave physique.
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  • Democrite101 - Inscrit
    22 février 2012 10 h 37
    Évitons de noyer le poisson


    À Minona Minona:

    Vous écrivez : «Une religion n'est pas un handicap comme la cécité ou la paraplégie». Vous êtes toute proche de la vérité.

    Tout comme la malbouffe n’est pas la famine, la religion ne rend ni aveugle ni paraplégique. Elle rend simplement borgne et boiteux…

    Et ceux qui boitent croient qu’ils marchent correctement par le simple fait qu’ils marchent et ceux qui sont borgnes se croient lucides et perspicaces par le simple fait qu’ils voient. D’où la difficulté de les convaincre de s’instruire. Voilà leur carence fondamentale : leur manque d’instruction.

    Une civilisation infectée par une religion met des générations à s’en débarrasser. Cette tâche, même en Occident, n’est pas terminée, même si elle a débuté fort douloureusement sous les bûchers des hérétiques au Moyen Âge.

    Ils voulaient la démocratie, le mariage des prêtres, l’amour libre, l’égalité homme-femme et, globalement et confusément exprimé, le respect des droits de la personne.

    Seule l’éducation, et pas seulement l’instruction, aux sciences modernes et contemporaines permet cette mue culturelle si nécessaire, et encore inachevée, tant la barbarie résiduelle pèse et menace encore.

    Je vous renvoie aux bonnes lectures historiques pour vous en convaincre et aux philosophies contemporaines non infectées par les religions.

    Jacques Légaré, maître en Histoire et ph.d. en philosophie politique
    Professeur (retraité) d’Histoire, d’Économique et de Philosophie

    Bonne journée
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