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Laïcité - C'est toute une musique!

Louise Mailloux - Professeure de philosophie et auteure de La laïcité, ça s'impose!  25 janvier 2012  Éthique et religion
Juste avant Noël, deux cas d'accommodement ont provoqué le mécontentement dans la population. D'abord une entente à l'amiable qui est intervenue entre le ministère de la Sécurité publique et la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ) autorisant le port du hidjab pour les agentes correctionnelles; et l'autre cas, celui concédé par une direction d'école publique, à des parents musulmans orthodoxes exigeant la privation auditive pour leur fillette en classe de maternelle chaque fois que ses petits amis entonnent des chansons telles Mimi la fourmi ou la très populaire «Danse des canards, couac! couac! couac! couac!».

La chose semble complètement loufoque, mais nous devons néanmoins la considérer avec beaucoup de sérieux en ce qu'elle révèle des avancées indéniables d'un islam fort sympathique..., l'affaiblissement de notre culture, en même temps que l'érosion progressive de notre laïcité.

À la suite de ces événements, nombreux furent les gens qui reprochèrent au gouvernement son laxisme, son incurie et son manque de courage, le blâmant une fois de plus pour son habituelle inaction dans cet épineux dossier. C'est d'ailleurs la perception générale de l'ensemble de la population que de penser que ce gouvernement ne fait absolument rien pour régler la question des accommodements raisonnables et que la commission Bouchard-Taylor fut en définitive une perte de temps et d'argent puisque le gouvernement n'a jamais suivi ses recommandations.

Et si c'était le contraire qui se passe, là sous nos yeux, et que ce que nous percevons comme de la négligence n'est en fait qu'une habile stratégie pour appliquer les recommandations les plus décisives et nous imposer en catimini la laïcité ouverte? A-t-on oublié que le premier ministre et certains de ses ministres ont affirmé à plus d'une reprise avoir choisi la laïcité ouverte? N'était-ce pas aussi ce que recommandaient les commissaires?

La méthode du disque brisé

Protestez tant que vous voulez, présentez des mémoires, écrivez des livres, des articles, signez des pétitions, bloguez, twittez, re-bloguez et re-twittez. Rien n'y fait. On se heurte à un mur de Lamentations. Comme pour la demande d'enquête sur la construction, ce gouvernement fait la sourde oreille et demeure insensible à nos requêtes, n'affichant qu'arrogance et mépris vis-à-vis la population qui l'a élu.

Nous sommes pourtant nombreux au Québec à demander une Charte de la laïcité, nombreux à vouloir un débat sur la laïcité, mais la réponse est invariablement la même. Que ce soit la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, Christine St-Pierre de la Condition féminine, ou encore Line Beauchamp de l'Éducation, c'est toujours le même refrain que l'on nous sert: «Nous n'avons pas le choix, on ne peut aller à l'encontre de la Charte. Nous devons respecter l'article 10 de la Charte québécoise des droits de la personne qui garantit la liberté de religion.» Voilà, tout est dit. Ce n'est pas nous qui décidons, c'est Dieu, la Charte. La nôtre en plus!

Droit au travail

De leur côté, les représentants de la CDPDJ qui donnent leur avis urbi et orbi tiennent exactement le même discours que nos ministres lorsqu'ils affirment que dans une situation de discrimination, l'obligation d'accommodement raisonnable découle du droit à l'égalité reconnu à l'article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne. Ainsi, la gardienne de prison portant un hidjab serait privée de son droit au travail à cause de sa religion, ce qui constitue une discrimination selon l'article 10, d'où l'obligation de l'accommoder si cela ne comporte pas de contrainte excessive.

Cette dernière pose des limites à l'accommodement et constitue la ligne rouge au-delà de laquelle les demandes sont considérées comme déraisonnables. Et pour l'évaluer, nous dit la CDPDJ, on tient compte des coûts, de l'impact de la mesure dans l'organisation, de l'atteinte aux droits d'autrui et du niveau de sécurité à préserver. Si une demande contrevient à l'un de ces critères, alors la CDPJ fera tout son possible pour trouver un accommodement qui la rendra raisonnable.

Dans le cas du hidjab, par exemple, le gouvernement l'interdisait dans les prisons pour des raisons de sécurité. Il aura suffi d'ajouter deux pouces de velcro pour que la «chose» passe de déraisonnable à raisonnable. Deux pouces de velcro garantissant dorénavant la sécurité des agentes et l'affaire est bingo! Fallait y penser! Moins coûteuse que les services des avocats, une couturière aurait pu trouver la solution.

Contrainte excessive


Maintenant, amusez-vous à tester la «contrainte excessive» avec les nombreux cas d'accommodements connus et vous verrez que la plupart d'entre eux réussissent le test du raisonnable, sauf le refus de transfusion sanguine pour l'enfant dont les parents sont témoins de Jéhovah, la lapidation pour adultère et l'amputation des mains pour les voleurs chez les musulmans, de même que la prière dans les conseils municipaux qui sont considérés comme une atteinte aux droits d'autrui.

En 2006, la Cour suprême a même jugé que le kirpan des sikhs placé dans un fourreau cousu dans une bandoulière était... raisonnable. Deux pouces de velcro, et l'affaire est bingo!

Des critères pour évaluer le coût d'une rampe d'accès pour fauteuils roulants dans le cas d'une personne handicapée ou encore l'impact de la grossesse d'une employée dans l'organisation du travail que l'on applique pareillement au foulard islamique. Le summum de la bêtise qui se prend pour le nombril du monde. Une véritable farce qui se drape dans la toge des juges et qui permet au religieux de s'immiscer allègrement dans nos institutions publiques.

Ces critères relatifs à la contrainte excessive serviront également de balises à tous les intervenants en interculturalisme dans le milieu de l'éducation, de la santé et ailleurs, disant appuyer leur réflexion et leur intervention sur le travail de la CDPDJ qui, vous le devinez, nous enjoint de respecter les chartes.

La religion se faufile


Et c'est ainsi que des déclarations de nos ministres jusqu'aux premières lignes d'intervention de ces médiateurs du religieux, tout est orchestré dans la plus grande cohérence pour converger vers la CDPDJ, qui protège avec des critères bons pour les handicapés la liberté de religion. Étonnamment, de tout ce beau monde, personne ne parle de la nécessité de corriger ces aberrations pas plus que d'inscrire dans notre Charte une affirmation officielle de laïcité. Comme c'est curieux, comme c'est étrange, dirait Ionesco.

Le rapport Bouchard-Taylor souhaitait que l'on privilégie la voie citoyenne plutôt que la voie judiciaire qui doit en être une de dernier recours. Mais c'était sans dire qu'il suffit à nos experts en interculturalisme de travailler en amont et de brandir les chartes pour que les gens deviennent très accommodants. Car quel directeur veut emmener son école, son collège ou son hôpital en cour? Et quel chef d'entreprise souhaite une telle publicité pour sa compagnie? Fallait y penser, mon cher Watson!

Et c'est ainsi que la religion se faufile et fait tranquillement son lit dans nos institutions publiques pendant que nous assistons impuissants à ses manifestations les plus délirantes du genre l'amputation... des oreilles par l'usage d'un casque antibruit pour la fillette musulmane. J'espère au moins que les intervenants en interculturalisme ont pris soin de bien vérifier l'étanchéité du casque!

Imposer un choix


Sans nous demander notre avis, ce gouvernement a fait le choix de la laïcité ouverte. Et contrairement à ce que plusieurs pensent, il n'est ni laxiste ni frileux, mais bien déterminé à nous imposer coûte que coûte et d'une manière sournoise une ouverture maximale aux religions; celles des minorités ethniques, qui bien que minoritaires savent tout de même voter majoritairement pour le Parti libéral. Quand un gouvernement fait entrer mille immigrants par semaine au Québec, il serait bien naïf de croire que celui-ci ne songe pas à les courtiser. C'est aussi évident que le nez au milieu du visage.

À la page 21 du rapport Bouchard-Taylor, il est écrit: «Au nom de la finalité du système d'éducation, des élèves ne doivent pas être exemptés de cours obligatoires. Cependant, un élève peut être autorisé à abandonner un cours de musique pour suivre un cours équivalent s'il s'agit d'une activité optionnelle.»

Le temps presse pour qu'un débat se fasse à travers tout le Québec sur la place de la religion dans nos institutions publiques avant que nous ne puissions plus revenir en arrière et que ce que l'on trouve déraisonnable aujourd'hui devienne une norme raisonnable dans le futur. Les petits anges que l'on collait dans nos cahiers d'école peuvent bien continuer à jouer de la harpe, si nous ne mettons pas un frein à ces idioties, bientôt il n'y aura plus personne pour les entendre...

***

Louise Mailloux - Professeure de philosophie et auteure de La laïcité, ça s'impose!
 
 
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    25 janvier 2012 06 h 55
    Nombreux?
    Mme Mailloux affirme que "nous nombreux à vouloir un débat sur la laïcité", Si c'était le cas ce débat aurait lieux. Même à Q S et au P. Q. on tergiverse et une partie importante des citoyens croit que nous sommes déjà un état laïque au Québec, et que cette laïcité, qui n'existe pas tout à fait, doit être respectée.

    Alors on gueule on chiale un peu mais les jeunes s'en fout et... pas si prioritaire, finalement.
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  • Michele - Inscrite
    25 janvier 2012 08 h 26
    La charte québécoise, un choix éclairé
    Suite à un vote unanime, de l'Assemblée nationale en 1975, la charte québécoise a été incorporée dans notre système légal. Il est donc faux de prétendre que la charte nous a été imposée. Les représentants du peuple, ont fait à cette époque, un choix éclairé. La laïcité ouverte, découle de ce choix.

    Par ailleurs, du jour au lendemain, même si nos élus abolissaient la charte, ils resteraient toujours des croyants dans l'espace public, ceux qui ne portent pas d'uniforme. Bref, la laïcité telle que défendue ici, ne veut pas dire grand chose, si ce n'est que d'interdire certains symboles dans l'espace public.

    La religion est belle et bien présente au Québec, sous diverses formes et ce depuis fort longtemps. En outre, dans certains quartiers de Montréal, des nouvelles églises apparaissent. Plusieurs élus sont des croyants.

    Il serait plus que temps que les tenants de la philosophie moderne, appartenant au 18e siècle, actualisent leurs compétences et passent à la pensée post-moderne.
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  • Gravelon - Inscrit
    25 janvier 2012 08 h 31
    charte pour la laicité, ou...
    Il y a une chose qui est sur, il faudra faire quelque chose avec les fonctionnaires qui prennent des décisions stupides, comme pour le cas de la petite fille, ou celui du sapin de Noel. Car en plus de leur caractère stupide, ces décisions viennent introduire une tension indue entre les nationaux et les gens de cultures différentes. Dans la vaste majorité des cas "d'accommodements raisonnables" que l'on peut qualifier d'abusifs, c'est toujours des décisions de fonctionnaires qui en sont la cause. Les demandeurs de traitements particuliers comme pour les parents qui refusent que leur fille écoute de la musique constituent des cas isolés, me semble que le fonctionnaire qui reçoit la demande devrait suivre le bon sens et dire tout simplement NON!
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  • Gilles Delisle - Abonné
    25 janvier 2012 08 h 50
    A quand l'abolition de l'accomodement pour motif religieux
    De même que cette société, si elle veut survivre, doive affirmer sa laicité, elle doit également abolir ce privilège d'accomodement raisonnable pour motif religieux, qui est devenu un sérieux problème dans la société laique québécoise. Si, pour ce faire, on doive modifier des textes de loi ou de chartre, qu'on le fasse, avant que ces religieux venus d'ailleurs nous ramènent au Québec des soutanes et des cornettes, qui ont trop longtemps géré nos vies. N'oublions pas que ces religieux venus d'ailleurs, et qui tentent de nous imposer leurs coutumes, leurs costumes et leurs demandes de plus en plus farfelues, n'ont pas connu le Québec de ces années-là,que les Québécois eux, se rappelleront.
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  • jdelisle - Abonné
    25 janvier 2012 09 h 11
    Inertie
    Bravo pour votre article! J'espère qu'il contribuera à secouer l'apthie et l'inertie de nos élus qui refusent de voir la réalité en face. Tant que nous ne tiendrons pas un vrai débat sur la laïcité, nous assisterons à des demandes de plus en plus loufoques et stupides de la part des croyants de toutes confessions qui réclameront des accommodements plus déraisonnables les uns que les autres "au nom de Dieu", cette entité abstraite dont il est impossible de prouver l'existence et la non-existence. Sortie par la porte, la religion est en train de rentrer par la fenêtre. Si intolérant à l'égard des Juifs et des Protestants dans le passé lorsque la population était massivement catholique, le Québec croit faire preuve d'ouverture et de tolérance aujourd'hui en accédant à des demandes qui ont, tout compte fait, très peu à voir avec la liberté religieuse. Beaucoup de ces demandes farfelues, demandes individuelles et non collectives, faut-il le préciser, relèvent de caprices d'exaltés et de fausses conceptions de la pratique religieuse. Vivement la laïcité!
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  • Mbotemingi - Abonné
    25 janvier 2012 09 h 18
    Bon texte
    Oui, à quand une charte québécoise de la laïcité afin de contrer toutes ces avancées intégristes. Inacceptable le hidjab chez des salariées de l'Administration publique. Une fonctionnaire doit être neutre (sans ostentation de sa foi) puisqu'elle possède des pouvoirs de coercition.

    Nous devrions être vigilentes, car les femmes sont menacées par l'avancé de l'intégrisme religieux islamiste. Voyez ce qui se passe en Tunisie, en Égypte sans parler de la Lybie. Printemps arabe ou enfer islamique? Les femmes sont perdantes.

    Estelle inquiète
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  • Charles F. Labrecque - Abonné
    25 janvier 2012 09 h 31
    Conséquences
    Madame la philosophe, votre analyse relatif à l'insatisfaction que crée les accords d'accommodements raisonnables accordés par nos gouvernants, qui semblent promouvoir la thèse de la laïcité ouverte vous offusquent grandement. Cependant n'allez pas croire que la majorité de la population supporte vos affirmations. Curieusement vous ne faites aucunement mentions des causes qui ont créées cette situations. Depuis des années, nos politiciens nationalistes ont fortement encouragés la venu d'immigrants de langue française et ce choix a pour conséquence que ce choix ouvre la porte aux citoyens provenant des pays du Maghreb dont la majorité est de religion musulmane, or ce constat nous oblige une certaine tolérance qui trop souvent nous offusquent.
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  • Charles Dubois - Inscrit
    25 janvier 2012 09 h 50
    La loi du nombre
    Le gouvernement Charest (PLQ) a fait son lit de la laïcité ouverte selon une logique implacable...le niveau d'immigration!

    Ils ont compris que le niveau d'immigration actuel constitue, sur le moyen terme, un remplacement de population.

    50 000 immigrants par année, lesquels voteront libéral à plus de 80%.

    Le PLQ sait compter et cela représente une circonscription électoral de plus par année

    Pour le PLQ, ce sont les votes avant les principes...
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  • Gravelon - Inscrit
    25 janvier 2012 10 h 05
    Religion
    Entendons-nous bien. Les personnes qui demandent que leurs enfants s'abstiennent d'écouter la musique, celles qui veulent imposer le voile intégral en invoquant des motifs religieux mentent. Ces deux exemples sont issus du sectarisme et non de motifs religieux. Je suis moi-même d'origine musulman. Je me rappelle que mon père, trés pratiquant par ailleurs, ne faisait ses 5 prières que le soir, une fois rentré à la maison, et n'imposait jamais son absence pour aller prier (et celà en pays musulman). J'ai la conviction que les musulmans au Canada peuvent trés bien vivre leur culte à la maison ou à la mosquée sans essayer d'imposer leur vision ou leur façon de faire aux autres et tout en s'intégrant harminieusement au reste de la société. Les parents qui veulent interdire la musique à leurs enfants ne pourraient même le faire en Afghanistan, imaginez au Canada.
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  • Jean de Cuir - Abonné
    25 janvier 2012 10 h 09
    Peser la croyance!
    La laïcité ouverte est un pléonasme! Comme s'il y avait autre chose dans une démocratie que la laïcité. Pourquoi? Brièvement. Abordons par le biais du bien commun. Qui le définit? Des personnes souveraines et donc par là citoyennes. Non pas un groupe, ni une personne, mais l'ensemble. Or, la condition nécessaire est la négociation. Suppose l'ouverture, i.e., la recherche d' un consensus. Toute dogmatique y est étrangère. Or, par essence, toute religion est dogmatique. Question: Par quel truchement, un croyant peut-il négocier en toute sincérité en tant que citoyen? Cela nécessite une séparation radicale entre la croyance et l'état d'être citoyen ( Religion//État= séparés). Or, cela implique une certaine schizoïdie : comment être personne souveraine tout en croyant être essentiellement soumis-définie par un "autre", extrinsèque à soi? Dans notre histoire commune, il y eut mille religions; chacune prétend définir le monde et son destin. Quelle est donc la source de cette prétention sinon la subjectivité pure : l'esprit invente un récit (mythe) et se soumet à "sa" réalité songeant que c'est la réalité! Quelle est donc la nature de cette subjugation? Cela touche toutes les fois. Si on peut poser cette question,c'est qu'une distance critique est possible hors d'une croyance. Or, la source de cette distance, c'est la possibilité chez la personne de s'autoinventer en tant que personne : de devenir totalement responsable d' elle-même! Ni la violence, ni le sang, ni un "extra-monde" ne sont des critères : seule la personne est la source des critères. Seule, elle peut soupeser les "vérités"!
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  • S. Arcand - Inscrit
    25 janvier 2012 10 h 14
    Distinguer le foulard du casque...
    Un bon article mais qui tourne un peu les coins ronds non? Vrai que le religieux est présent dans l'espace public, mais il faudrait faire une différence entre une gardienne de prison qui porte un hijab et l'absurdité de l'accommodement, et de la demande, qui autorise les parents de cette fillette à lui faire porter un casque pour ne pas entendre les chansonnettes à la maternelle. Ce dernier accommodement est complètement ridicule et participe de la difficulté que nous avons tous à tracer une ligne entre le raisonnable et le déraisonnable. Le hijab d'une gardienne de prison ne dérange pas plus que l'énorme croix chrétienne portée par la secrétaire d'un organisme avec lequel j'ai eu affaire dernièrement. Certains(es) voudraient imiter la France et interdire les signes ostentatoires dans les insitutions gouvernementales, pas un bon exemple. Si vous êtes allés là-bas dernièrement, vous vous êtes certainement rendu compte que les tensions sociales sont vives et les relations entre cultures plus tendues que jamais. Et cette idée de laïcité stricte n'aide en rien. Mme Mailloux, la Charte tout comme la CDPJ n'ont pas tout faux. Plusieurs avancées au niveau des droits de la personne ont été rendus possible grâce à cette Charte. Et la CDPJ publie souvent des rapports importants sur des cas de discrimination (voir le profilage racial et social notamment). Parfois ils exagèrent, mais vous aussi...
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    25 janvier 2012 10 h 50
    Qui ramène le sujet sur la table?
    Tiens, on en entendait plus parler depuis quelques semaines. Qui ramène le sujet sur la table? Personne, si ce n'est la minorité laïciste intransigeante. Ni les immigrants, ni la majorité des québécois de souche ne veulent entendre parler d'une charte de la laïcité intolérante et fermée.

    "Nous sommes pourtant nombreux au Québec à demander une Charte de la laïcité, nombreux à vouloir un débat sur la laïcité, mais la réponse est invariablement la même."

    Vous êtes une minorité qui voulez utilisez des cas exceptionnel de manque de courage et de jugement pour en faire des cas d'espèce et imposer, comme dit le titre de votre livre, une laïcité intolérante de toute spiritualité ailleurs que dans la vie privée. Une spiritualité cachée...
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  • Michel Page - Inscrit
    25 janvier 2012 11 h 27
    La transmission des valeurs séculaires et de la culture religieuse chrétienne .. le respect de notre patrimoine culturel
    …. Je trouve malhonnête l’insistance hargneuse de certains de groupes de pression en faveur d’une laïcité intolérante du patrimoine et des valeurs religieuses chrétiennes de la société canadienne-française….

    . Si un bon livre devait être fait sur le sujet de la laïcité, il faudrait qu’il sache s’extirper de certaines idéologies préconçues, qu’il ne porte pas l’intention cachée de « reconstruire ou de redéfinir la société » …… qu’il ne confonde pas des choses biens différentes… qu’il identifie l’incontournable devoir de transmission de valeurs morales séculaires, surtout pour une société minoritaire dont l’identité forte seule est garante de sa viabilité et de sa pérennité, avant de vouloir tout raser, faire table rase, s’abstraire des traditions culturelles, de la culture religieuse de la majorité silencieuse de toutes les générations précédentes… si une Charte de la laïcité devait surgir de ces réflexions, il faudrait bien qu’elle ne taise pas le patrimoine et l’héritage de la culture religieuse sous prétexte de ne pas donner prise à des revendications irraisonnables de nouveaux arrivants plus indicatifs
    que ne l’espérerait une société d’accueil ouverte, mais stable et viable …
    voir aussi: http://www.vigile.net/La-maniere-de-proceder-du-ML

    Je soumets que lee choix devrait être réintroduit d'un cours de religion chrétienne et d'un cours de morale générale dans les écoles, ce dans le plus grand respect de la cultuire religieuse de quelque 93% de la population et du peuple d'acceuil..

    Bien votre
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    25 janvier 2012 12 h 42
    UN PEU D'HISTOIRE RÉCENTE
    Je vais aller brièvement du plus récent au plus relativement ancien.

    Récemment nous étions des centaines de personnes réunies autour du thème de la laïcité. Les organisateurs de ces rencontres étaient pour une laïcité tout court, celle-là même que défendait Mme Mailloux et qu'elle se trouve hélas bien seule à continuer de défendre. Plusieurs tenants d'une laïcité dite ouverte étaient non seulement présents, mais même invités à donner officiellement leur point de vue. Aucune huée ne répondait à leur argumentation, même si la majorité de l'assemblée était ouvertement pour une laïcité pure.

    Je me souviens d'une dame travaillant depuis une trentaine d'années à la fonction publique. Nous échangions à la pause elle et moi quand elle me parla des luttes féministes courageusement menées par elle et par ses devancières. Or voilà qu'elle se trouvait maintenant au travail devant une femme portant hidjab, lui rappelant à quel point toutes ces luttes féministes sont restées vaines. Décourageant tout cela, m'avouait-elle. Sa frustration me parle beaucoup.

    Début 70, le Québec n'avait pas encore sa charte des droits ni cet article 10 sur la liberté de religion. Trudeau et le ROC parlaient de multiculturalisme, alors que chez nous le concept d'interculturalisme gardait tout son sens de respect des minorités, mais à condition qu'elles fassent leur part du chemin en faisant tout pour s'intégrer à notre culture. Bouchard et Taylor ont tout bouleversé en ramenant les deux concepts au même qui revient au fond au multiculturalisme. Et Charest, chasseur de votes, est trop content de mettre progressivement en application les volets multiculturels de la Commission en optant carrément pour une laïcité ouverte.
    (Suite plus tard)
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  • Robert Boucher - Abonné
    25 janvier 2012 13 h 04
    Merci Mme Mailloux...
    ...Vous avez le courage de rappeler la nécessité d'une Charte de la Laicité au Québec. Bien sûr, une telle Charte devrait être le résultat d'une large consultation publique, ouverte à tous. Encore là, faudrait-il qu'il y ait une volonté politique dans tout gouvernement pour décider et mettre en oeuvre un tel projet. De là la nécessité de débattre de ce sujet d'importance stratégique pour notre avenir commun. Car c'est aussi dans l'arène politique que doit se mener ce débat et les partis politiques en présence ont le devoir de se prononcer sur cette question qui est fondamentale ( avant les prochaines élections ) si on veut que le présent et l'avenir du Québec se construise d'une façon prudente et harmonieuse.
    Robert Boucher Saguenay Jonquière
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  • Jean-Pierre Audet - Abonné
    25 janvier 2012 13 h 07
    UN PEU D'HISTOIRE RÉCENTE (2)
    Oui la charte québécoise des droits fut votée librement. Le Québec avait vécu sa Révolution tranquille. Les évêques et Rome ne faisaient plus la loi chez nous. Il était donc normal que la liberté de religion soit inscrite dans la charte. Nous étions au milieu des années 70. Certains musulmans étaient déjà installés chez nous. Ils s’intégraient bien, savourant la liberté que nous leur laissions dans leur vie privée. Nous n’avions pratiquement pas entendu parler de l’Islam, encore moins de ce concept d’islamisme radical. Nous savions qu’ailleurs et même en Europe, des petites filles étaient excisées et même infibulées. Mais on ne nous emmerdait pas chez nous avec l’obligation de quelque charia que ce soit.

    Puis vint «Nine Eleven» et ses morts américains, Ben Laden, les Talibans, l’envahissement de l’Afghanistan puis de l’Irak. En retour de ces erreurs occidentales (forcés sommes-nous de l’admettre présentement, même pour l’Afghanistan qui avait résisté à la puissante armée de l’URSS, et dont l’armée formée par nous est présentement en train de tuer ses alliés de l’OTAN), voilà qu’un islamisme radical et violent se mit à se répandre surtout en Europe, et de plus en plus chez nous. Djemila Benhabib eut beau détailler toutes les horreurs dont sont capables ces extrémistes religieux, nous devenions de plus en plus imperméables à toute mise en garde contre leurs dangers.

    En principe, ces gens avaient quitté des pays où la religion leur imposait des contraintes religieuses, du moins nous semblait-il. Pourquoi alors venir nous les imposer chez nous? Jusqu’au printemps arabe récent, nous n’avions pas bien saisi à quel point l’extrémisme religieux était pourchassé là bas, excepté en Arabie Saoudite et en Iran surtout. D’où pour moi une espérance qu’enfin cessent ces immigrations en Occident des éléments les plus extrémistes. Les voilà en train de prendre le pouvoir chez eux.
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  • Michel Paillé - Abonné
    25 janvier 2012 13 h 57
    Nos «experts» en interculturalisme ?

    Bravo madame. Que voilà un texte fouillé qui dit clairement ce qu’il faut dire.

    Je m’en voudrais de ne pas faire remarquer vos trois allusions aux «intervenants en interculturalisme», que vous qualifiez même d’«experts» en la matière. Ces personnes n’ont d’«experts» que le nom.

    Puisque vous citez souvent le rapport Bouchard-Taylor, je vous rappellerai que les deux commissaires ont bien dit que nous n’avons pas de politique d’interculturalisme. Bien qu’ils aient recommandé au gouvernement d’en créer une, rien ne bouge à cet égard.

    N’oublions pas que le premier ministre du Québec rêvait de diriger le Canada. On peut présumer, qu’outre sa foi dans le fédéralisme, il croit sans doute au multiculturalisme pancanadien. C’est ainsi que le soi-disant interculturalisme québécois n’est un écran de fumée pour cacher le multiculturalisme qui s’implante tout naturellement chaque jour au Québec comme ailleurs dans le Canada.

    Michel Paillé
    Québec

    http://michelpaille.com
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    25 janvier 2012 15 h 05
    Charte de la laïcité
    Il nous faut une Charte de la laïcité pour que cessent les dérives associées aux manifestations de la religion dans l’espace public. Avec la religion à la maison, la vie en société sera plus simple et moins encline aux antagonismes.

    Dans l’exercice de leurs fonctions, tous les employés de l’État, hommes et femmes, doivent s’abstenir de porter des vêtements ou signes qui manifestent leur allégeance à un club quelconque, à un parti politique, à une religion, à une secte, à une idéologie particulière. L’État et ses agents doivent être neutres. Il doit y avoir un Code de comportement et d’habillement qui assurent cette neutralité.

    Des accommodements raisonnables peuvent être accordés pour faciliter la vie en société des personnes ayant des handicaps physiques permanents ou transitoires, des femmes enceintes, des vieillards.

    Il n’y a pas lieu d’accorder quelque accommodement que ce soit pour des motifs religieux dans l’espace public.

    Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas (encore) beaucoup de femmes voilées qu’il ne faut pas voir l’envahissement de ce signe politique bien plus que religieux.
    Dans toute cette affaire, la couleur de la peau et la race n’ont aucun rapport. Ce sont les comportements (vêtements et actions) qui font problème.
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  • Sylvio Le Blanc - Abonné
    25 janvier 2012 19 h 08
    Superbe texte !
    Je dis bravo !
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  • Daniel Guay - Abonné
    25 janvier 2012 19 h 36
    Ou est le problème?
    C'est nous qui portons déjà des oeillières et des écouteurs qui nous font entendre ce que l'on doit ou peut-être ce que l'on veut entendre et dire que l'on veut devenir indépendant du Canada. Ça annonce bien.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    25 janvier 2012 19 h 56
    Merci et continuez svp
    Oui à une Charte sur la laïcité. Laïcité sans autre qualificatif mélangeur. Inquiétant perturbateur.

    Un écrivain français disait dernièrement que notre monde devrait s'éloigner collectivement des grands mythes religieux et se rapprocher des grandes valeurs humanistes. Pleinement d’accord.
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    26 janvier 2012 03 h 27
    "Ad-din Mou'âmalah": La religion est action

    La religion musulmane n'est pas une religion comme les autres, elle est apparente, car dans ses principes même, elle n'est pas seulement une foi, mais elle est aussi action. En arabe on dit : 'Ad-din Mou'aamalah" (la religion est action).

    Le vrai croyant, celui dont la foi est sincère est apparent. Il apparaît dans l'espace privé, par la manière dont il interagit avec ses proches, ainsi que dans la sphère publique, dans la manière sont in interagit avec les gens en général.

    Interdisez le "voile islamique" et vous verrez les musulmanes pratiquantes porter un capuchon, un béret avec un col roulé, ou tout simplement rester chez elles le plus possible et ne sortir qu'en cas de nécessité.

    Ce qui est profondément ancré dans le cœur de ceux qui ont une foi sincère rayonne autour d'eux, tel un arbre centenaire dont les racines cachées supportent un arbre majestueux dont les branches s'étalent dans le ciel !

    Interdire tout signe religieux est carrément impossible. Après le hijab, ce sera quoi? Va-ton empêcher le capuchon? Va-t-on interdire aux jeunes filles de porter des cols roulés et des jupes longues?

    Cette bataille que vous menez contre la religion musulmane est superficielle. Elle focus d'une manière presque hystérique sur un type particulier de couvre chef de la femme, mais elle ne saurait arrêter ce mouvement à l’œuvre depuis plus de 1400 ans, depuis la venue du Prophète Mohammed (que les prières et les salutations d'Allah soient sur lui) et qui fait que des gens de toutes les nations, de toutes les couleurs, de toutes les religions, de toutes les langues embrassent l'islam et ne le quittent jamais. Y compris des Québécois de souche comme moi.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    26 janvier 2012 04 h 03
    Et maintenant: la religion et le vote ethnique!!!
    Heureusement que le ridicule ne tue pas. Vous vilipendez la Charte québécoise des droits de la personne, un des plus hauts produits de notre culture, et les institutions qui la protègent mais réclamez du même souffle une autre Charte. Mais la Charte que vous réclamez, contrairement à la première, vise à réduire les droits et libertés, ce qui va à l'encontre de l'évolution séculaire des sociétés occidentales en matière de droits. En somme vous tenez le même discours que Madame Le Pen en France.
    Vous dites qu'on nous a imposé cette Charte et que nous n'avons pas été consulté quant à l'adoption de la laïcité ouverte. Tout est mensonge dans ces affirmations! La Commission Bouchard-Taylor était précisément une vaste consultation en ce domaine. Que vous ne partagiez pas ces conclusions est votre plein droit mais de dire que de ce fait la consultation n'a pas eu lieu c'est franchement malhonnête.
    La méthode que vous employez qui consiste à «monter en épingle» un cas, pour s'en prendre à toute l'architecture politique et juridique de la société québécoise — votre haine de la Charte se traduit également par une haine des juges, de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, de la politique d'immigration — relève de la démagogie pure et simple. Mais elle révèle à tout le moins que ce n'est pas véritablement la religion qui vous dérange mais l'immigration comme telle, comme en témoignent les derniers paragraphes de votre texte. Vous vous drapez dans la laïcité, en bonnes nationalistes identitaires, tout simplement pour vous en prendre à «l'immigrant», ce «fléau» — «plus de mille par semaines» soulignez-vous.
    Vous appartenez au passé Madame Mailloux, alors retournez donc coller vos petits anges moisis sur vos copies d'étudiants, laissez les autres respirez le grand air de la liberté! Vos histoires de costumes vous font précisément bien davantage couturière que philosophe!

    @BGadoua
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  • Suzanne Chabot - Inscrite
    26 janvier 2012 07 h 09
    La culture Québécoise serait maintenant une loi qu'il faut suivre?

    Ce que je trouve excessif dans ce genre de discours, c'est le contentement de ces "penseurs philosophes' de la Laïcité envers la société telle qu'elle est actuellement, à ce moment de l'Histoire de l'Humanité.

    C'est comme si on faisait une photo et on voudrait qu'elle demeure ainsi éternellement. On veut stopper tout changement. C'est la fin de l'Évolution, la fin de l'Histoire, on est arrivé au Summum de l'évolution humaine avec la culture québécoise, il faut absolument préserver cela pour l'éternité!

    Aujourd'hui, c'est le 'hijab', demain, ce sera quoi? La culture, ce n'est pas uniquement le vêtement. La culture, c'est aussi la nourriture. La culture, ce sont des manières d'être, la manière de parler, de bouger, d’interagir avec autrui, etc.

    On voudrais faire de la culture une loi qu'il faut suivre. Une loi qui doit être imposée à tous dans "l'espace publique". Tout le monde doit s'habiller pareil, tout le monde doit manger pareil, tout le monde doit parler de la même manière, tout le monde doit agir de telle ou telle manière dans l'espace public sous peine de sanction.

    Et ceux qui choisissent autre chose, ne sont-ils plus des Québécois? Moi, qui suis convertie à l'islam, je ne suis plus Québécoise? De quel droit veut-ton s'approprier ainsi ce territoire qu'est le Québec? De quel droit vous pouvez déterminer la manière dont les gens choisissent de vivre?

    Qu'un État fasse des lois, c'est normal, il est important que certaines normes s'appliquent pour assurer un vivre ensemble paisible, mais la culture, c'est autre chose. C'est tellement vaste que tout ce que l'on peut dire est que de vouloir l'imposer en tout point, c'est du totalitarisme carrément.
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  • Gravelon - Inscrit
    26 janvier 2012 09 h 23
    le vivre ensemble
    Que l'on fasse le débat sur la laicité, et que l,on vote même des lois contre le port du foulard et tuti quanti, celà ne réglera pas le problème de l'intégration des immigrants, ni celui du vivre ensemble. Je pense que c'est la présence de personnes de couleur différente et d'attitudes différentes qui dérange le plus. La vaste majorité des immigrants n'ont aucun intérêt à imposer leur religion ou leur culture. Et d'ailleurs, la vaste majorité ne demande que de vivre comme tout le monde. La majorité des demandes en accommodement raisonnable sont le fait d'une infime minorité, maladresse de fonctionnaires ou tout simplement, fabrication de journaliste sensationnalistes. Ainsi, il y a quelques années, lors de la surprenante montée de l'ADQ, je me rappelle que Dumont avait surfé sur la nouvelle que des femmes emburkanées pouvaient aller voter, ce qui a provoqué l'indignation de tout le monde. Or il est apparu quelques jours plus tard qu'aucune femme portant la burka n'a exigé de voter masquée. Il s'agissait tout simplement d'une question d'un journaliste adressée au DG des élections. Et voici comment les médias ont fabriqué une psychose qui a surtout favorisé le populisme de la droite et la montée de l'ADQ.
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  • Lyne Jubinville - Inscrit
    26 janvier 2012 10 h 02
    Aux grands mot, les grands moyens !
    Inventons-nous toutes sortes de croyances et insistons pour les faire respecter comme le brillant australien Niko Alm : http://www.rtl.be/info/monde/europe/809557/photo-d

    Assez, c't'athée, quand même (http://assohum.org/2011/10/assez-ctathee/).
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    27 janvier 2012 02 h 08
    Un article avec du mordant!
    L'ancienne Charte ne fait aucun cas de la liberté des citoyens de ne financer aucun culte, en tant que contribuables. C'est aussi cette liberté que les citoyennes et citoyens, dont je suis, peuvent réclamer. Loin de réduire la liberté, une nouvelle Charte de la laïcité introduirait cette liberté dans la considération de nos droits.

    Puisqu'elle nous appartient, nous tous, citoyens et citoyennes, la sphère de l'autorité publique doit être neutre et ne pas verser dans le prosélytisme religieux.

    Et l'instruction publique doit être un espace où les esprits en développement peuvent prendre une distance d'avec leur conditions particulières pour éventuellement choisir le meilleur de l'environnement et de l'humanité selon eux par les aptitudes qu'ils auront développés en mûrissant.

    La danse des canards n'est pas une atteinte à la neutralité ni ne fait référence à une entité divine à laquelle il faudrait croire. C'est un exercice de motricité et de mémorisation, une introduction à la musique qui fait généralement bien rire les enfants et participe conséquemment à leur éveil. Rien là qui viole l'universalisme de l'instruction publique.

    Ainsi outre la liberté des contribuables, incroyants, athées, chrétiens, etc., une autre liberté me semble bafouée par la présente Charte: celle de l'humain en devenir qu'est l'enfant. Au nom de la liberté de religion des parents, sont par exemple inconsidérées les séquelles psychologiques d'une telle exclusion pour la petite fille subissant la privation auditive face au groupe de ses semblables et l'exacerbation du couple persécution/victimisation. Et c'est se faire complice d'un endoctrinement, puisque l'enfant n'a pas encore les moyens de faire un choix éclairé sur les options spirituelles qui se présentent à lui. Fût-ce un cas isolé, que vaut la liberté d'un enfant au regard récemment ouvert sur le monde?
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  • Marc Lévesque - Inscrit
    27 janvier 2012 14 h 24
    La pensée critique
    Votre article semble plaire à plusieur.

    Moi, je me demande pourquoi il est être écrit avec autant d'artifice et avec si peut de respect pour les tenants de la pensé critique.

    Ça nous donne l'impression que vous exagéré la situation.

    Si un parent refuse que sont enfant va a la maternelle, mais accepte d'y laisser son enfant s'il peut porter un casque lors des chansons, moi j'aime mieux que l'enfant soit là avec son casque plutot qu'a la maison.

    Mais pour la première année d'école c'est autre chose bien sûr car c'est obligatoire alors que la maternalle ne l'est pas.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    27 janvier 2012 19 h 23
    @Marc-Aurèle Lachance
    Il semble bien que vous ne fassiez pas la distinction entre droits des citoyens et contribuables. Moi, en tant que contribuable homosexuel, je dois financer les garderies, les congés parentaux et j'en passe dans cette société en mal d'atteinte de quota de reproduction. Personnellement, je préférerais l'approche immigration voyez-vous? Mais jamais ne me viendrait à l'esprit de restreindre les droits des personnes vivant en famille, même si nombre d'entre elles ont pendant longtemps contester nos droits à l'égalité. Je ne partage aucunement les valeurs islamistes ou religieuses en général, mais je sais que lorsqu'on s'en prend à un groupe en particulier, cette toute la société qui est liberticide. C'est en un enseignement qui remonte à Voltaire qui devrait être un guide aussi pour tous les partisans d'une laïcité exclusive. Les Chartes sont faites pour protéger les droits de façon maximaliste, les lois peuvent à l'occasion favoriser un groupe aux dépends des autres pour certaines considérations politiques ou économiques, mais jamais ces lois ne doivent contrevenir aux Chartes qui sont garantes du maximum de liberté pour tous.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    27 janvier 2012 23 h 46
    @Bernard Gadoua
    La distinction est précisément entre le principe de tolérance et le principe de laïcité. Il faut distinguer l'espace de la société civile où doit régner le principe de tolérance, façon Voltaire, et la sphère de l'autorité publique responsable de l'application des lois, sphère qui doit être neutre et impartiale dans cette application et ne pas seulement «tolérer», «supporter», «endurer». Voltaire était déiste et ce n'est pas un hasard, le principe de tolérance est aisément compatible avec une religion d'État, c'est-à-dire avec un État non neutre dont le «dieu» tolère selon sa bonne volonté et pourrait bien ne plus le faire (On peut ici penser à la Charte canadienne des droits et libertés: «le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu»).

    De son côté, le principe de laïcité garantit la liberté de culte partout dans l'espace de la société civile, mais pour veiller, au nom de tous, à la neutralité de la sphère de l'autorité publique y exclut les manifestations religieuses.

    Pour que l'État doive, par le principe de laïcité, ne plus «financer les garderies, les congés parentaux et j'en passe», il faudrait que la reproduction soit un culte religieux, ce qui n'est pas le cas, à moins de prêter à l'ensemble de l'arbre du vivant cette religion, ce qui est absurde. Et bien sûr le principe de laïcité ne s'oppose pas à l'homosexualité...

    Votre affirmation:

    « [J]e sais que lorsqu'on s'en prend à un groupe en particulier, cette toute la société qui est liberticide. »

    me laisse perplexe. Que faire des pédophiles? Du crime organisé et autres groupes de même acabit?

    Et pour finir, à moins d'être dogmatique et d'en faire le résultat de conciles, les Chartes ne sont éternelles, et force est d'admettre qu'il vaut mieux les critiquer et les améliorer lorsqu'elles ont des lacunes au regard de la liberté universelle.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    29 janvier 2012 12 h 38
    Réplique @Marc-Aurèle Lachance
    « [J]e sais que lorsqu'on s'en prend à un groupe en particulier, cette toute la société qui est liberticide. »
    J'aurais pu préciser, en raison de son origine, de ses croyances, de son sexe, de sa couleur, de son orientation sexuelle, toutes choses qui sont dans la Charte. Si on condamne les pédophiles et le crime organisé, c'est en fonction de ce qu'ils font, non de ce qu'ils sont. Tout tribunal ferait cette distinction qui n'est en rien sibylline. La Charte concerne les droits, les lois pénales concernent les actions criminelles, faut-il le rappeler.
    Quant à vos distinctions entre principes de tolérance et de laïcité, ils ont toujours été concomitants. Je préfère celui d'hospitalité, il est plus généreux dans ses assises philosophiques, et concerne également le droit d'asile.
    Et puis sur le fond, vous n'avez pas répondu à mon objection à l'effet que vous confondez dans votre première intervention le citoyen et le contribuable. Car s'il fallait faire une Charte qui s'adresse non plus aux citoyens mais aux contribuables, vous ouvririez une boîte de Pandore qui rendrait littéralement tout État ingouvernable. Chaque contribuable pouvant réclamer de ne pas participer à un programme auquel il s'oppose ou dont il ne se servira jamais... Un État sur mesure pour chacun, selon ses croyances, valeurs, intérêts? C'est tout simplement impraticable.
    Mais les propos de Madame Mailloux sont plus graves en ce qu'ils réclament la pureté de l'État, sans aucune tache religieuse, c'est-à-dire sans individus qui manifestent la leur en toute bonne foi au sein des institutions de l'État mais aussi publiques comme l'école, ce qui s’étend donc aux usagers de ses institutions et non plus à leurs prétendus représentants. Ce qui revient à demander à l'État de procéder à une épuration «civique»...!

    @BGadoua
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    30 janvier 2012 03 h 01
    Puisque d'ontologie il est question...
    « Si on condamne les pédophiles et le crime organisé, c'est en fonction de ce qu'ils font, non de ce qu'ils sont. »

    Si vous mettez le voile islamique d'une jeune fille dans la catégorie de l'être, demandez-vous comment fait-elle pour se laver, sinon en dépouillant son être de ce faire (i.e. porter un voile)? En fait comme quelques autres, vous posez ici l'identité du génotype et du phénotype - ce qui est une erreur ontologique, voire ontique. Vous n'avez donc pas de leçon à donner point de vue confusion.

    Personne ne naît avec une religion, une kippa, un voile, un crucifix ou autres signes religieux, ce qui n'est pas le cas pour le sexe, la couleur de la peau, ni nécessairement le cas avec l'orientation sexuelle. La religion est un choix individuel ou une prescription familiale. Dans un cas comme dans l'autre, un État, pour conserver sa neutralité face aux cultes, peut demander le retrait de signes religieux au regard de la liberté universelle.

    Sauf exception, les contribuables sont des citoyens, on s'étonne de votre incompréhension. Je répète donc ce que j'ai déjà exprimé mais de façon plus directe. Le principe de laïcité porte sur les cultes religieux - il ne s'agit donc pas de choisir entre Vidéotron et Bell ou d'autres choix semblables. Du coup, votre objection ne tient plus.

    Quant à l'hospitalité, n'allez pas croire que le principe de laïcité y soit antinomique, il suffit pour le bien comprendre de saisir la distinction entre laïcisme et laïcité. L'espace de la société civile est ouvert aux manifestations religieuses. Ce qui n'est pas le cas de la sphère de l'autorité publique qui doit exiger de ces représentants d'être «sans aucune tache religieuse», pour reprendre votre acte de langage. Cela s'applique à ses représentants, mais pas à ses usagers, du moins pas tous, car le cas de l'école est particulier. Les humains qui y sont sont des libertés en voie de constitution, ce qui a déjà été dit plus tôt.
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  • Minona Minona - Inscrite
    30 janvier 2012 08 h 57
    DEs accommodement basés sur une contradiction
    @Gilles Delisle

    "A quand l'abolition de l'accomodement pour motif religieux
    De même que cette société, si elle veut survivre, doive affirmer sa laicité, elle doit également abolir ce privilège d'accomodement raisonnable pour motif religieux, qui est devenu un sérieux problème dans la société laique québécoise."

    D'accord avec vous. Le principe d'accommodement religieux est basé en fait sur une contradiction:

    La personne qui fait une demande d'accommodement religieux justifie sa demande en invoquant son droit de pratiquer son culte mais lorsqu'on lui fait savoir que certaines gestes ou l'usage de certains symboles ne lui sont pas permis dans certains milieux, la religion passe subitement de droit à contrainte et acquiescer à la demande devient tout à tout la seule façon pour que cette personne puisse continuer à travailler, à étudier ou à pratiquer un sport.

    Les demandeurs d'accommodement religieux voudraient qu'on respecte ce qu'il disent être un choix mais ne sont pas prêts à assumer les conséquences de ce dernier. Je peux faire le choix d'embrasser un culte qui interdit à ses membres de parler à voix haute mais ce faisant, je ne peux postuler pour un poste d'enseignante en exigeant qu'on me permette de ne communiquer que par écris avec mes élèves parce que sinon, j'encoure la colère de mon dieu.
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  • Bernard Gadoua - Inscrit
    30 janvier 2012 21 h 02
    Ontologie de l'éducation?
    D'abord l'être pour moi n'est pas une catégorie, je ne suis pas aristotélicien, pour parler philosophie. Mais la Charte des droits est claire à l'effet de ne pas discriminer UN être en fonction de sa religion. Tout le débat que vous soulevez à propos de l'éducation est de savoir si nous accordons aux enfants le statut ontologique d'être ou non. Vous dites «libertés en formation», soit. Les conséquences de cette prise de position sont très importantes, d'abord parce qu'elles minorisent les êtres en question, et conséquemment, confèrent aux autorités tutélaires («autoproclamées» telles) les pouvoirs sur ces «libertés en formation». Alors c'est la famille ou l'État qui doit décider. On a plus affaire à un État neutre mais un État laïciste s'il consiste à exercer ses pouvoirs de façon à priver les parents de leurs droits à transmettre leurs croyances à leur progéniture. On est plus du côté d'Aristote, on est dans le paradigme de l'éducation platonicienne. L'État clairvoyant doit arracher les enfants à leurs parents.
    Là-dessus Madame Mailloux vous rejoindrait allègrement, elle qui combat la société ouverte, pour reprendre les termes du philosophe Popper. Mais paradoxalement, elle serait contre votre usage de la phénoménologie, puisqu'elle exècre cette philosophie qui conduit au relativisme, courant contre lequel tout son acharnement idéologique est dirigé... La seule phénoménologie qui trouve grâce à ses yeux est celle de Hegel et ses déclinaisons marxistes orthodoxes et je vous en passe des meilleurs l'ayant côtoyé il y a plusieurs années. C'est pourquoi elle nous dit: «ce n'est pas nous qui décidons, c'est Dieu, la Charte. La nôtre en plus!» Son seul horizon de combat est hégélien et c'est pourquoi l'autre hégélien, Charles Taylor est son spectre....
    Vous ne semblez pas du même côté, c'est pourquoi il y a place à une véritable discussion entre vous et moi! Avec tous mes respects.

    @BGadoua
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  • Sissidy - Inscrit
    30 janvier 2012 21 h 12
    commentaire
    J,espere qu'ils ne modifieront jamais cette charte car sinon, j'aurai peur de vivre ici. J'étoufferai car la liberté deviendra un mythe. Comme la science est impuissante à déterminer à 100 % s'il existe un Dieu, que nos contrées nous laisse vivre et respirer en paix dans le cheminement de nos vies. Si les incroyants n'aiment pas se faire endoctiner, les croyants non plus n'aiment pas se faire endoctriner...mais c'est leur poids quotidien, de nos jours. Alors de grace, laissez nous le peu de respect auquel on a le droit pour vivre aussi épanouie que ceux que la société favorise en 2012.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    31 janvier 2012 03 h 57
    Devenir et développement (Partie I)

    Il n'est pas tant question de paradigme, que de biologie, et pour cette raison même, quel esprit scientifique pourrait renier tout Aristote? Et quiconque aime la connaissance peut-il renoncer davantage à Platon et à l'allégorie de la caverne?

    Mais vous détournez la question. Bien sûr, il n'est pas question de refuser le statut d'être à l'enfant et évidemment «Tout le débat» n'est pas «de savoir si nous accordons aux enfants le statut ontologique d'être ou non ». Une formulation presque parménidienne...

    Regardons où nous nous entendons. Vous rejetez le relativisme, c'est déjà ça. Il faut cesser un jour de nier à la science toute positivité. En ce sens, Popper est ici insuffisant; utile, mais insuffisant. Or, scientifiquement, l'enfant est. Mais la biologie lui ajoute un prédicat d'importance: l'enfant est en devenir. En refusant l'endoctrinement, l'instruction publique est précisément l'institution ouvrant les portes de l'universel aux enfants - le principal pilier d'une démocratie, d'une démocratie durable. Pour reprendre le mot de Condorcet, les connaissances sont universelles, les croyances particulières.

    Vous dites «l'État clairvoyant doit arracher les enfants à leurs parents»... Vous raisonnez ici encore d'une façon démesurée, mais vous n'avez pas complètement tort. À la limite, la fonction de l'instruction publique n'est pas totalement éloignée de celle du Grand cerf-volant de Gilles Vigneault. Mais bien sûr, malgré que cette transmission n'ait pas sa place dans l'instruction publique, jamais le principe de laïcité n'empêchera les parents de transmettre leur foi particulière en famille ou dans l'espace de la société civile.

    C'est sur l'observation de cette liberté en développement, source solidaire de la liberté universelle, que l'État laïque peut et doit refuser les signes religieux dans l'instruction publique.
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  • Marc-Aurèle Lachance - Inscrit
    31 janvier 2012 04 h 14
    Devenir et développement (Partie II)
    Ensuite, l'être qu'est l'enfant n'est pas discriminé sur la base de sa religion ou de son origine, ce qui est exclu en revanche c'est le signe religieux discriminant en lui-même. Voici la définition de discriminer:

    « DISCRIMINER v.t. (lat. discriminare). Litt. Établir une différence, une distinction entre des individus ou des choses »

    À la limite, la discrimination de l'enfant n'est donc pas tant le fait de l'État laïque, mais de l'esprit religieux qui force à marquer d'un signe discriminant une appartenance religieuse particulière. L'État laïque ne refuse nullement d'offrir une instruction universaliste à l'enfant dont les parents sont pratiquants, et qui souhaitent lui transmettre leur foi; ce que l'État laïque refuse c'est le prosélytisme permanent imposé à tous les enfants qu'engendre la présence de signes religieux ostensibles dans le cadre de l'instruction publique. Si selon vous ce refus est de la discrimination, alors il vous faut également considérer la Commission Bouchard-Taylor comme discriminatoire puisqu'elle ne permet pas aux policiers et au président de l'Assemblée nationale par exemple de porter ostensiblement des signes religieux dans le cadre de leurs fonctions. Dans cette optique, si «Tout le débat», comme vous dites, se résume à la question du statut d'«être», le président doit-il renoncer à ce statut d'«être»?

    Enfin, il semble qu'on s'embourbe. De votre côté, vous tenez mordicus à la charte ancienne, de l'autre sont apportés des arguments pour son dépassement progressiste. Faut-il encore les répéter? Par le biais de l'ancienne charte vous défendez la religion des parents; alors qu'un État laïque s'oppose au prosélytisme dans l'instruction publique en défense de la liberté universelle et de la liberté de l'être humain en développement qu'est l'enfant.

    Respectueusement sans rancune
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    31 janvier 2012 06 h 06
    l'accommodement religieux est un traitement de faveur
    Oui, un traitement de faveur qui s'inscrit dans la continuité d'une conception de la tolérance héritée de John Locke (philosophe respectable, mais dont la vision de la tolérance est inadéquate et dépassée). La tolérance religieuse pour Locke consistait à tolérer les différentes sectes, mais il était précisé qu'on ne devait pas tolérer le athéisme. C'est de cette vision qu'on a hérité et elle est encore vivante aujourd'hui : on accorde aux visions religieuses du monde une priorité sur les visions séculières, ce qui est contraire à la liberté de conscience. En effet, celle-ci devrait inclure le droit de mettre autre chose que la religion au centre de sa vie.

    On parle de liberté de conscience, mais pour que celle-ci donne droit à des accommodements, elle doit s'inscrire dans une foi religieuse. Je suis athée, et ça ne veut pas dire que je n'ai pas de conscience : il y a des choses qui sont pour moi des éléments fondamentaux de mon identité, et il y a des normes auxquelles je considère qu'on ne doit pas déroger. Ces choses sont aussi importantes pour moi que peut l'être le hibjab pour plusieurs musulmanes, par exemple. Et pourtant, moi, je n'y ai pas droit, à l'accommodement pour des motifs de conscience, parce que je ne peux pas me rapporter à une religion. Jamais je n'obtiendrais d'exemption d'un code vestimentaire (parce que j'ai effectivement une façon de m'habiller qui est fondamentale pour moi), de menu conçu pour mes exigences morales (je suis végétarienne parce que je me soucie des animaux, mais si je demandais un accommodement au travail, on me dirait sans doute que j'ai juste à apporter mon lunch).

    L'accommodement pour motif religieux est contraire au droit à l'égalité car il fait en sorte qu'une partie des citoyens (les croyants fervents) jouissent d'une protection dont ne jouissent pas les autres (les non croyants et ceux qui croient mais pratiquent peu et ont d'autres priorités que leur foi).
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    31 janvier 2012 06 h 21
    une conviction implicite et erronnée
    La priorité qu'on accorde (souvent inconsciemment) aux identités religieuses sur les identités morales dissociées de la religion va de pair avec une conviction très répandue (encore là, de façon inconsciente chez beaucoup de gens) que la croyance religieuse est plus profonde, plus fondamentale pour la personne et plus sincère que peuvent l'être des valeurs séculières. C'est faux. D'un côté comme de l'autre, il y a croyants qui appliquent avec sérieux et sincérité leurs obligations religieuses et d'autres pour qui c'est simplement une habitude ou une façon de se démarquer, tout comme il y a des athées ou des non pratiquants qui s'habillent, mangent, vivent en appliquant certaines normes qui peuvent être aussi bien fondamentales que superficielles.
    La minijupe est considérée comme un simple vêtement porté par goût, en particulier pour se faire remarquer. Il suffit de regarder La journée de la jupe pour se rendre compte qu'elle peut prendre une valeur beaucoup plus importante qu'une simple préférence.
    Le hidjab est considéré comme un symbole fondamental pour celles qui le portent, et on admet difficilement qu'il soit porté sans sérieux, et encore moins pour se faire remarquer. Et pourtant, ça existe, des femmes qui le portent de façon tout à fait superficielle. Je n'ai de meilleure preuve que ceci : je vois tous les jours, au collège, des musulmanes avec un hidjab sur la tête, mais des jeans tellement serrés que Britney Spears n'oserait pas les porter. Le hidjab - s'il est porté sérieusement et sincèrement - est censé être porté par pudeur, or quand on est pudique, on cache ses fesses AVANT de cacher ses cheveux.
    Ce n'est qu'un exemple pour illustrer : bien des individus rattachés à une fois font les choses par mimétisme ou par habitude. Il faut se défaire de cette erreur ambiante selon laquelle foi religieuse = sérieux et sincérité.
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    31 janvier 2012 08 h 55
    @Sissidy
    Les incroyants qui critiquent la laïcité fermée ne veulent pas que les croyants n'aient plus le droit de croire, seulement que les religion ne puissent plus lier ceux qui n'ont pas choisi d'y croire, comme par exemple en obligeant à faire des exceptions à des règles applicables à tous (l'obligation du port d'un uniforme, l'interdiction du couvre-chef, du port d'arme, etc.), ou en obligeant une fillette trop jeune pour prendre la décision elle-même à s'exclure en portant un casque anti-son. La religion des autres ne devrait pas régir ma vie à moi, ni celle de Madame Mailloux, ni celle de personne qui n'y croit pas. L'obligation d'accommodement religieux est une porte ouverte pour que les différentes religions puissent imposer des obligations à ceux qui s'en dissocient.

    p.s. La science est également impuissante pour prouver avec une certitude absolue que la fée Clochette n'existe pas.
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  • Minona Minona - Inscrite
    31 janvier 2012 09 h 41
    Agir comme si l'on croyait.
    @Annie-Eve Collin

    "Les incroyants qui critiquent la laïcité fermée ne veulent pas que les croyants n'aient plus le droit de croire, seulement que les religion ne puissent plus lier ceux qui n'ont pas choisi d'y croire, comme par exemple en obligeant à faire des exceptions à des règles applicables à tous..."

    Exactement! Lorsque l'on est contraint d'accorder des privilèges vestimentaires, de modifier un horaire scolaire ou de réaménager les heures d'une piscine pour accommoder certaines personnes au nom de leurs croyances (réelles ou prétextées), nous nous trouvons à suivre contre notre gré les règles de ces mêmes croyances, à agir comme si nous les partagions aussi. Ainsi un professeur qui permet à une élève de venir au gymnase, au laboratoire ou à l'atelier de menuiserie avec un voile et des manches longues (alors que les autres élèves doivent s'assurer qu'aucun de leur vêtement ne gêne leur mouvement ni ne pourrait brûler ou se prendre dans une machine), est contraint de cautionner l'idée qu'il est mal pour une fille de montrer ses cheveux et ses bras.
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  • Sissidy - Inscrit
    31 janvier 2012 22 h 01
    réponse
    je sais que les exemples énumérés dans le présent article sont mis à l'extrême... voire même scandaleuses. Mais la protection dans la charte ne devrait pas être utilisée pour ses exagération comme ça, car elle est essentielle. Pour que justement, la laicité favorise autant le respect des croyants que des incroyants; pour que ce soit juste; elle doit demeurer dans la charte. Pour que les croyants lésés par de l'intimidation athée (parce que oui, ça existe aussi) puisse avoir des recours pour que ça cesse sans se ramasser chez le docteur au bout du compte parce qu'ils ne sont pas respecté.
    Pour que le vivre et le laisser vivre existe aussi bien pour le croyant que le non-croyant dans la dignité et le respect.
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  • Marc Pihiff - Inscrit
    1 février 2012 08 h 28
    Confusion
    Serait-on passé du respect à la faiblesse ? Faire preuve de faiblesse devant les demandes et exigences farfelues de certains, n'est pas synonyme d'ouverture et de tolérance, mais de lâcheté !
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  • Annie-Eve Collin - Inscrite
    1 février 2012 13 h 26
    @Sissidy
    Je suis pour qu'on laisse les croyants vivre selon leur croyance. On ne doit pas interdire les arbre de Noël, les crèches, les croix, dans un endroit privé, et parmi les endroits privés, n'oublions pas qu'on compte la majorité des entreprises, y compris les centres commerciaux, les magasins, etc. (je n'entends pas par "privé" quelque chose qui est caché à la vue des étrangers, mais quelque chose qui n'a rien à voir avec l'État). On ne doit pas non plus interdire les vêtements religieux, mais il ne faut pas oublier qu'on ne doit pas interdire non plus à ceux qui les trouvent dérangeants de réagir et donner leur opinion (donner son opinion est différent d'interdire).

    Par contre, qu'une religion soit représentée par l'État, ça dépasse les limites. L'État est censé représenter tout le monde également. Que moi, athée, je sois obligée de suivre des règles qui proviennent d'une religion, ça dépasse les limites, parce que c'est contraire à ma liberté de conscience. Qu'on fasse une exception pour l'interdiction des couvre-chef sur les photos d'identité pour les sikhs, les Juifs et les musulmanes, c'est contraire à l'égalité : moi non plus je ne sors guère sans couvre-chef, et pourtant on va exiger que j'enlève mon couvre-chef pour une photo d'identité, et la seule différence invoquée est que ce n'est pas religieux. Juste parce que ce n'est pas religieux, ça ne veut pas dire que ce n'est pas fondamental. Bon je me répète alors je m'arrêterai là.
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