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Minorités vulnérables - Le Canada et la liberté de religion dans le monde

Si l'économie est fort susceptible de rester la priorité du cabinet Harper, 2012 sera peut-être aussi à Ottawa une année de la religion. Le Bureau de la liberté de religion promis avant l'élection du 2 mai n'était pas qu'une manœuvre pour se gagner les suffrages de minorités religieuses. Un tel service, apprend-on de la Presse canadienne, doit être officiellement annoncé bientôt. Les préparatifs laissent croire, toutefois, que l'initiative est encore loin d'apporter «la paix», même au Canada, «aux hommes de bonne volonté».

Jason Kenney, ministre fédéral de l'Immigration, a confié au Globe and Mail que l'assassinat de Shahbaz Bhatti, seul membre catholique du cabinet du Pakistan, avait déterminé Stephen Harper à faire du Canada un promoteur de la liberté de religion. Peu de semaines auparavant, lors d'une visite à Ottawa, Bhatti avait décliné une offre d'asile, tout en sachant que ses jours étaient comptés là-bas. L'homme voulait y faire abolir la loi sur le «blasphème».

Le Pakistan n'est pas le seul pays où des minorités religieuses sont persécutées. Selon une étude du Pew Forum on Religion and Public Life, une maison réputée des États-Unis, les chrétiens sont victimes de harcèlement de la part des autorités ou de la société dans 130 pays; c'est le cas des musulmans dans 117 pays; et aussi des juifs dans 75. Ces dernières années, le tiers des habitants de la planète ont vu reculer leur liberté religieuse. La tendance est même à de plus graves restrictions et à une dangereuse polarisation.

Le Canada donne l'image d'un pays pluraliste et respectueux des droits. Pourtant, la consultation que John Baird, ministre des Affaires étrangères, a tenue à Ottawa le 3 octobre aura laissé à l'écart d'importantes minorités et fait fi du droit des citoyens de savoir ce que pensent ces experts et chefs religieux alors invités par le ministère. Que des personnalités religieuses aient accepté une discussion à huis clos excluant, par surcroît, d'autres minorités ne témoignait pas, non plus, d'une grande ouverture.

D'après les quotidiens de la chaîne Postmedia News, non seulement cette rencontre aura été dominée par des représentants de confessions judéo-chrétiennes, mais surtout, si quelques minorités musulmanes étaient présentes, chiites et sunnites ne l'étaient pas ni, non plus, les sikhs, les hindous et les bouddhistes. «Si vous ne tenez pas compte de vos propres minorités chez vous, qu'allez-vous essayer de promouvoir dans le monde?», se demande Wahida Valiante, présidente du Congrès islamique canadien.

Le cabinet Harper aura fort à faire pour dissiper l'impression qu'il favorise les minorités qu'il convoite, mais aussi quelques confessions judéo-chrétiennes. Seul un bureau totalement «transparent», lui ont dit ses propres experts, et, pourrait-on ajouter, plus représentatif, convaincra le public d'ici qu'on ne s'en servira pas à des fins politiques. Et, après la crise à Droits et démocratie, comment ne pas s'inquiéter également du noyautage pratiqué par quelque lobby ethnoculturel?

Pour l'heure, soulignent des critiques, le Canada s'est élevé contre le sort fait aux coptes en Égypte, mais il n'a guère protesté dans le cas des musulmans chiites en Arabie saoudite. Certaines minorités, ajoutent d'autres observateurs, crient à la persécution, mais elles-mêmes tiennent encore un discours qui bafoue les droits d'autres minorités. À quand un bureau contre ces religions qui vouent les gens d'orientation sexuelle — ou même religieuse — différente à l'exclusion sociale, voire à la peine de mort?

Ottawa n'a pas encore précisé si cette promotion de la liberté de religion sera confiée en même temps à un ambassadeur attitré. Quelle que soit la formule retenue, l'expérience des États-Unis en ce domaine confirme qu'il n'est pas facile pour un gouvernement, quel qu'il soit, de se faire le gendarme de la liberté de religion. Ou bien, en effet, une agence qu'il crée en sera indépendante et risque de n'avoir guère de poids. Ou bien elle jouit de l'appui de son gouvernement, mais alors elle n'en est plus indépendante.

Dans le cas du Canada, le gouvernement a déjà fait savoir que le bureau en question pourra compter sur le ministère des Affaires étrangères, dont il sera un service, mais aussi sur le ministère de l'Immigration ainsi que sur l'Agence canadienne du développement international (ACDI). L'un va faciliter l'accueil des gens persécutés à cause de leur religion. L'autre va contribuer à des projets de promotion de la liberté religieuse. Or comment cela pourrait-il se faire sans d'abord un profond nettoyage au ministère de l'Immigration et à l'ACDI?

Au ministère de l'Immigration, bon nombre des demi-juges qui tranchent les cas de refuge ont longtemps fait preuve d'inculture politique. Le ministère a entrepris — officiellement pour s'assurer de leur compétence — de les soumettre à un examen, auquel plusieurs ont échoué. Sont-ils victimes de leur propre nomination partisane? De l'ineptie du ministère? Peu importe. Si ces arbitres peinaient à comprendre une persécution politique, on les voit mal trancher des cas de persécution religieuse.

À l'ACDI, on a longtemps subventionné Haïti, par exemple, avec des résultats souvent lamentables, qu'on déplorait déjà au temps des gouvernements libéraux. Sous les conservateurs, les droits de l'homme — et de la femme — furent davantage à l'honneur. Mieux encore, les entreprises canadiennes ont creusé des puits en Afrique. Ainsi, SNC-Lavalin, ce fleuron du génie humanitaire, a bâti en Libye un pénitencier dernier cri où étaient rééduqués les ennemis du président Kadhafi.

Bref, les religieux canadiens et les politiciens conservateurs qui veulent défendre la liberté de religion dans le monde seraient bien avisés de vérifier aussi quelle liberté ils pratiquent eux-mêmes au Canada.

***

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.
 
 
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  • Marc L
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 06h05
    Liberté de religions, ça veut dire quoi ?
    Au départ, je me demande à quoi peut servir un Bureau de la liberté de religion. Qu'on cherche à promouvoir les droits et libertés des individus, je le comprends, mais j'éprouve quelques réserves face aux droits liés à la religion, car pour moi, un individu peut être catholique, bouddhiste, chiiteou athée, il jouit exactement des mêmes droits et, à mon avis, n'a pas à exiger des droits particuliers à cause de sa croyance. Le copte victime de persécution en Égypte, n'a rien réclamé en particulier et à cause de sa religion, il peut être victime d'une bombe placé dans son église ou faire l'objet de discrimination quand il cherche du travail et c'est là une question de droits et libertés de la personne, en général, en faire spécifiquement une question défendue par un prétendu Bureau de la liberté de religion revient possiblement à donner le dossier à une sorte de « police religieuse », ce qui devient problématique du côté éthique.

    Ce nouveau Bureau de la liberté de religion aura quel mandat exactement, choisir des immigrant en fonction de leur croyance, défendre la christianisme dans le monde ? Le choix d'une religion est un choix individuel ce qui est totalement différent par rapport au fait qu'une personne peut devenir handicapée, suite à un accident. La personne devant se déplacer en fauteuil roulant n'a pas exercé de choix, elle a besoin de son fauteuil pour accéder à des endroits publics et à cet égard ses revendications pour obtenir des rampes d'accès sont justifiables, alors que certains prétendus droits religieux peuvent relever simplement de la plus pure discrimination, par exemple dans les rapports hommes envers les femmes. À cet égard, le projet des conservateurs semble soulever plus de questions qu'il n'amène de réponses. Éthiquement parlant, le gouvernement conservateur n'a pas démontré qu'il était irréprochable, au contraire, nous avons plusieurs raisons de craindre ses initiatives.

  • Socrate
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 07h17
    ministère
    Bientôt un ministre des religions?

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 08h47
    Confusion
    Il ne faut pas confondre droits et croyances. Les croyances – et les religions reposent sur des croyances – relèvent du domaine personnel. Par contre, les droits, et dans ce cas les droits des personnes, sont régis par des dispositions législatives ou légales. L’État est concerné par ces dernières qui s’appliquent à tous, sans distinction de race, de croyance, d’orientation sexuelle ou autres comportements sociaux reconnus, mais l’État n’a rien à voir avec les croyances, qui ne relèvent pas de sa compétence.
    On trouve cette distinction dans un texte déjà ancien : « Il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

  • Nicole Moreau
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 08h58
    pourquoi un bureau des religions?
    À mon point de vue, un État doit être laïque, c'est-à-dire reconnaître à tous les citoyens les mêmes droits, quelle que soit la religion pratiquée. L'État ne doit pas se mêler de religion. Il doit élaborer ses politiques en traitant toutes les personnes sur le même pied.
    Il est vrai que certains peuvent subir de la discrimination, voire de la violence en raison de la religion pratiquée. Cependant, les citoyens du Québec qui vivraient une telle situation disposent de recours - on n'a qu'à penser, par exemple, à la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse ou à des tribunaux.
    Il en est sans doute de même pour les personnes qui vivent dans d'autres provinces.
    Quant à ce qui se passe dans d'autres pays, pour quelle raison ne pas appuyer des organisations reconnues dont le mandat est celui de la défense de droits? Songeons, par exemple, à Amnistie internationale qui a déjà reçu le prix Nobel de la paix pour son action, ou encore à des organisations internationales qui peuvent travailler dans le sens de la protection des droits des individus.
    Mettre sur pied un bureau des religions revient pour moi à dire que la liberté de religion est le droit primordial qui l'emporte sur tous les autres. On ne le fait pas pour d'autres droits, pourquoi le faire pour celui-là?

  • Nimporte quoi
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 09h02
    Pouvoir ostentatoire et inquisiteur, Amen!
    Israël a une mission divine, l’Israël et son peuple sont élus de Dieu. Bien au-dessus de tout, absolument tout. Le reste est accessoire. Le Canada était pro-Israël, comme son voisin étasunien en faite, sans plus. Mais avec Harper, c'est carrément le leader mondial du pro-Israélien!

    Harper ne me surprend jamais, c'est écrit dans le ciel. Catho comme Reagan, mais judaïque, je ne l'avais pas vu venir ...avant 2009! Plusieurs évènements internationaux, plusieurs décisions pro-Israéliennes mon réellement surpris! Mais à ce point et si vite!

    La base du catholicisme est d'aimer son prochain et surtout l'empathie pour les plus démunies (!). D'ailleurs le maire de Saguenay fut le seul à en avoir un peu pour les indigner (ça aussi c'est surprenant)!

    Pensez-vous vraiment que ceux qui font les lois, et les guerres basées sur la poésie d’antan des religions sont vraiment juifs, chrétiens, sikhs, hindous, musulmans ou bouddhistes. Non ce sont des gens de pouvoir, ceux-là mêmes qui ont fait les guerres de religion pendant des siècles et encore aujourd'hui, partout sur la planète.

    Je veux bien protéger les minorités d’aimer son prochain, mais là c'est carrément odieux quand on sait que les états sont les pires agresseurs religieux! Je ne sais pas dans le fin fond de l’Amazonie, mais ici, c'est les judéo-chrétiennes qui font trembler le monde entier et cette mesure va assurément renforcer leur pouvoir!

    Parce que si ces gens se cache derrière des belles paroles de solidarité et des gestes d'altruisme, ils semblent pour la plupart investie d'une mission, convertir les non-croyants, et c'est là qu'on devrait avoir besoin d'une protection, c'est a dire protéger la liberté, pas la religion inquisitrice!

    Personnellement, la religion est une façon encore en 2012 d'isoler les gens, de faire du clivage et de l'exclusion! des gangs de rue en fait! C'est populiste et dangereux. Question, à quoi ça sert la religion publique?

    Merci et paix

  • Jacques Saint-Cyr
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 09h06
    Espèce menacée
    Je suis athée; que fera mon gouvernement pour me protéger du fanatisme des ulta-orthodoxes et de la chasse aux mécréants?

  • Jean Lapointe
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 09h06
    Il faut se méfier des Conservateurs


    C'est à se demander si, sous prétexte de protéger et défendre «la liberté de religion» le gouvernement Harper ne cherche pas plutôt à faire en sorte que les religions deviennent omniprésentes dans la société au point de les laisser s'imposer partout.

    Moi je veux bien qu'on respecte la liberté de religion parce qu'on sait bien que c'est important pour bien des gens, même si c'est souvent complètement ridicule, mais je considère que le devoir d'un gouvernement c'est surtout d'empêcher l'endoctrinement.

    Un gouvernement ne doit pas encourager l'obscurantisme mais bien plutôt l'usage de la raison et la recherche.

    Je soupçonne au contraire les Conservateurs d'intentions néfastes.

    Si on pouvait donc sortir de ce sacré de pays!

  • Michel Mongeau
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 09h14
    Une mascarade?
    Les démarches du gouvernement Harper ne servent dans cette affaire, qu'à octroyer une place au religieux dans le cadre de ses actions et de ses politiques, de réintroduire en politique cette tradition, en somme, un peu comme en Hongrie où la ''nouvelle'' constitution cherche à prioriser les valeurs chrétiennes au sein de la société post-communiste. Et la majorité des persécutions à l'endroits des groupes religieux dans le monde, ne sont-elles pas justement le fruit d'autres groupes religieux et non de la société civile qui s'articule à une Charte des droits humains, sur laquelle peuvent s'appuyer ceux et celles qui se disent victimes d'injustices en lien avec leur religion? Une pure mesure néo-conservatrice qui fait écho à la revitalisation de l'image de la monarchie britannique, de la volonté de relancer le débat autour de l'avortement ou de l'euthanasie. Une manière également de détourner l'attention de politiques régressives en matière d'environnement, d'intervention de l'État ou de développement des mécanismes démocratiques. Comme l'écrivait récemment un journaliste de la Presse, ce Canada moche, réactionnaire, hypocrite et perclus de petites valeurs dont on se croyait débarrassé, ne plait pas aux défenseurs d'une société juste, respectueuse des droits, de l'environnement et tournée vers la création, l'intelligence et l'avenir.

  • Helpaul
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 09h35
    GOD BLESS CANADA!
    Jesus will be back soon... PRAISE THE LORD...
    Amen

  • Pierrot66
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 10h50
    Le Congrès islamique canadien
    " «Si vous ne tenez pas compte de vos propres minorités chez vous, qu'allez-vous essayer de promouvoir dans le monde?», se demande Wahida Valiante, présidente du Congrès islamique canadien. "

    M. Leclerc, vous faites une curieuse mention dans votre article pour appuyer votre chronique.

    N'est-ce pas avec un plus grand discernement que vous devriez dire que cette organisation est en faveur de la charia au Canada ?

    C'est un élément d'information à ne pas négliger pour les lecteurs du Devoir.

    Voir: http://www.cicnow.com/docs/quebec.php

  • michel lebel
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 10h50
    Pourquoi un tel Bureau?
    Le texte est quelque peu confus vers la fin. Je ne vois pas l'utilité de ce Bureau de la liberté de religion. Toutes les formes de violation des libertés et droits de la personne doivent être dénoncées par le gouvernement canadien. La liberté de religion est une liberté fondamentale et elle doit être partout garantie. Ce qui n'est évidement pas le cas en pratique. Mais je répète, pour la défense de cette liberté, je ne vois pas la nécessité d'un Bureau particulier. Ce qui importe, c'est avoir des gouvernements, des institutions, des organisations et des personnes qui croient à la valeur incommensurable des droits et libertés. Qui croient en l'Homme et en sa dignité et qui agissent en conséquence.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

  • Jean de Cuir
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 11h25
    Gendarme!
    "Un gendarme de la liberté de religion"! Qui et comment, en s' appuyant sur quoi? Une conception de la liberté? Laquelle? Celle issue d' un dogmatisme! Allons, tous ont peur de la philosophie!

  • Jeannot Duchesne
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 11h35
    Le résultat dicte la morale
    Pour le fleuron du génie humanitaire SNC-Lavalin, ne devrait-on parler plutôt d'une heureuse convergence d'intérêts comme l'a si bien fait votre confrère Michel David dans le cas de Monsieur Johnson et de son cabinet pour les les négociations sur l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne?

    La Libye le seul pays arabe où l'Otan et particulièrement le Canada ont ouvertement participé au renversement de la dictature. Pétrole et autres intérêts, une heureuse convergence.

  • Lamonta
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 12h05
    Religion de niveau mythique, moderne, postmoderne ou intégrale
    Le débat sur la religion et la société est un des plus complexes mais il est fondamental de distinguer les interprétations mythiques du judaïsme, de l'islam, du christianisme et les interprétations où le croyant ne soumet pas sa logique et son rapport au monde moderne à l'interprétation mythique de sa religion.

    Le discours mythique de la religion interprète les livres sacrés comme des ordres divins, calquant ainsi le régime politique de l'époque où ils sont apparus. Il faut donc comprendre le nouveau contexte social et politique pour pouvoir continuer de faire sens du discours religieux, car celui n'en continue pas mois de poser les questions fondamentales sur le sens de la vie. Malheureusement, nous sommes loin du compte au niveau du discours religieux officiel. Mais il ne serait pas surprenant que les choses se mettent à changer lentement, car le discours religieux ne peut pas être en contradiction et en retard avec la société. Sinon, on voit bien ce qui se passe: n'en voyant plus la pertinence, les gens s'en détournent.

    Je doute que cesser de s'interroger sur le sens de la vie soit un progrès,

  • Jean Rousseau
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 14h07
    L'indispensable vision d'ensemble
    L'astrophysicien Hubert Reeves a dit que les religions avaient toutes un morceau du puzzle qu'il fallait reconstituer en un tout. Cette entreprise se trouve ardue, car la modernité a délaissé la pensée synthétique pour ne retenir que l'analytique, afin que personne ne puisse s'évader des cadres, tels les poussins à qui l'on a coupé les ailes qui permettent l'envol.

    Les populations se trouvent donc confiner à ce minable paraître souvent accompagné de fanatisme, de cruauté, car elles n'ont pas ce qu'il faut pour différencier le bon grain de l'ivraie. Alors la solution idéale serait de faire enseigner la science des sciences à l'université par des experts choisis.

    Partout il y a moyen de travailler professionnellement. Il s'agit que tous parviennent à se mettre d'accord sur le besoin de se synchroniser à l'égard de la réalité et d’agir en conséquence.

  • Jean Tremble
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 17h42
    La Calotte
    Pauvre Émile Combes...

    En tout cas, on est loin de la constitution progressiste mexicaine de 1917 :

    L’article 3 impose la sécularisation de l'éducation, et interdit toute intervention de l'Église à l'école primaire.

    L’article 5 rend hors-la-loi les ordres monastiques

    L’article 24 interdit toute célébration publique du culte en dehors des églises.

    L’article 27 impose des restrictions au droit de propriété des organisations religieuses.

    Etc.

  • Rob
    Abonné
    mercredi 4 janvier 2012 18h45
    Mélange du Politique et du Religieux: DANGER!
    Avant les dernières élections fédérales quand S. Harper a promis la mise sur pied d'un tel Bureau des Libertés Religieuses, j'ai émis un commentaire soulignant mon inquiétude à ce sujet. Nous connaissons l'importance que ce gouvernement accorde à la chose religieuse ainsi que ses tendances à envisager ses projets de lois en conséquence, donc à mélanger facilement les deux genres, Politique et Religion. Étant partisan d'un État Laique avec une Charte en conséquence, je me demande de quoi se mêle ce gouvernement? Pas capable de voir clair dans son propre pays, il veut se mêler des affaires des autres. Au Canada nous avons S.Harper, et ici à Saguenay, nous avons le maire Jean Tremblay qui aime mélanger son pouvoir politique et sa religion en continuant de nous imposer sa prière à l'Hôtel de Ville malgré tous les jugements rendus sur ce sujet. D'ailleurs ces deux politiciens s'entendent comme deux larrons en foire, le maire ayant donné son appuie officiel à S.Harper lors des dernières élections. Que pensent ce genre de politiciens des personnes qui ne croient pas en une religion et/ou qui sont athées? Se croient-ils supérieurs aux personnes non-croyantes? Que va faire ce Bureau des libertés religieuses dans les pays ou une minorité non-croyante serait opprimée par une ou des religions? Quelle attitude adoptera ce bureau face aux personnes non-croyantes qui voudront émigrer ici ou se prévaloir du statut de réfugié politique? Le nom Absurdistan à la mode ces temps-ci pour nommer certains pays va bien au Canada. Robert Boucher Saguenay Jonquière

  • Marcel Lavoie
    Inscrit
    mercredi 4 janvier 2012 19h51
    La religion collective
    Réfléchir individuellement sur le sens de la vie, j'achète!!! Mais dès que nous voulons le faire en groupe ( les religions ); malheureusement le bon sens s'y perd et s'est la folie humaine qui prime ( ex: la charia, le rapport homme-femme, le purgatoire ect. ...........)

  • jeanduc
    Abonné
    jeudi 5 janvier 2012 01h29
    Un "Canadian Melting Pot"
    Le Canada s'américanise. De toute façon, qui dans le ROC croyait aux concepts flous de multiculturalisme ou d'interculturalisme. Le succès des États-Unis a été dans sa capacité d'intégrer des immigrants dont beaucoup étaient réfugiés pour cause de persécution religieuse. Le réfugié pour cause religieuse est un immigrant de choix car il s'intègre très facilement et adhère bien aux valeurs communes fondées sur la liberté religieuse et la possibilité de réussir (American Dream). Les conservateurs ont bien compris qu'un meeting pot se fait dans une société à l'identité claire. Ils refondent ainsi le Canada sur les valeurs WASP (White Anglo Saxon Protestant) dont la monarchie. Pas étonnant que le Québec ne s'y retrouve plus ou encore moins qu'avant. Qu'ont maintenant à nous offrir les fédéralistes qui se sont bercés d'illusions avec l'idée d'un Canada fondé sur deux peuples fondateurs?

  • Michele
    Inscrit
    jeudi 5 janvier 2012 08h23
    Un nouveau mythe de l'État canadien?
    À prime abord, je ne comprenais pas la stratégie des Conservateurs. Maintenant, je comprends que ces derniers sont à réingénérier le mythe de l'État canadien, du moins celui construit par les gouvernements libéraux.

    Dans ce retour vers l'héritage britannique, peuple qui a toujours défendu les droits religieux, on peut deviner ce qui pourrait être la prochaine manoeuvre conservatrice. En effet, contrairement à certains territoires commes les États-Unis, le Canada et le Québec, la Grande-Bretagne quoiqu'elle ait ratifié l'entente internationale, n'a pas inscrit dans sa constitution, les droits de la personne. Pour faire bref, les droits de la personne ne prévalent pas au sommet de la constitution britannique.

    Le gouvernement Harper aurait-il l'intention de revoir le statu quo en matière des droits de la personne?

  • Kris13104
    Inscrit
    jeudi 5 janvier 2012 10h32
    la vraie laïcité..
    La meilleure protection des religions, de leur protection et de leurs pratiques, c'est la laïcité sans accomodements raisonnables des pouvoirs publics.
    La pratique religieuse ne doit en aucun cas interférer avec le fonctionnement de la collectivité qui a ses règles, ses lois, indispensables au fonctionnement de la chose publique. Les particularismes religieux doivent se soumettre à celles-ci et personne n'oblige quiconque à décider de vivre au Canada. Si ces pratiques vont à l'encontre de la laïcité commune, il existe sans doute des pays où ses pratiques particulières sont admises, que leurs pratiquans s'y installent (ou qu'ils y restent).
    En revanche, la laïcité implique le respect et la protection de tous les rites, pourvu que ces derniers ne la contredisent pas, l'égalité de traitement étant la seule règle possible.
    La pratique religieuse, les convictions philosophiques sont affaire privée de conscience individuelle et n'ont rien à voir avec les règles publiques qu'elles ne peuvent contredire. C'est un registre différent qu'il importe de respecter.
    Quand au suivi des problèmes religieux, les gouvernements ne peuvent l'éluder et le mieux est d'en donner la responsabilité aux «affaires intérieures» quelqu,en soit les dénomination-c'est pour cette raison qu'un ministère des affaires religieuses ne semble pas opportun, car celles-ci font partie du fonctionnement ordinaire de l'organisation de la société.

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    jeudi 5 janvier 2012 14h16
    La liberté, oui mais la vraie
    La vraie liberté de religion serait de protéger par une charte des droits, tout individu qui ne souhaite pas partager publiquement ses convictions intimes et sa spiritualité personnelle avec personne d'autre et qui ne veut pas se retrouver dans une situation où on l'oblige à les dévoiler. Je réfère ici à la fameuse prière dans les endroits publics. Le fait d'imposer une prière peut créer un malaise pour celui qui ne veut pas dévoiler sa spiritualité.

    Je réclame donc la liberté de ne plus se faire tarabuster par les religiosaures de tout acabit et donc d'éliminer le critère religieux comme élément de ségrégation.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 5 janvier 2012 18h16
    Un peu de philosophie
    Les croyances ne peuvent pas créer de droits.

  • agitsoleil
    Inscrit
    jeudi 5 janvier 2012 18h25
    Religion et ???
    L'histoire du présent et du passé témoignent le fait qu'il est plus logique de dire et d'écrire *guerre et religion* que *éthique et religion*, ou encore *Barbarerie, tromperie, viol, fraude, vol, meurtre, terrorisme, peur, mensonges et religions*, au lieu d'éthique et religion.

    L'éthique est la <discipline. Elle se donne pour but d'indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure> (définition de Wiki).

  • Sissidy
    Inscrit
    vendredi 6 janvier 2012 22h21
    commentaire
    il est tout naturel que les religieux aient les mêmes droits que les anti-religions. Si les athés ont peurs des fanatiques religieux, nous aussi on a peur des fanatiques athés. Alors nous aussi on a autant le droit d'avoir la dignité d'être ce que nous sommes sans avoir honte. Si quelqu'un a le droit de pester contre les religions sans être détesté, quelqu'un a le droit de dire "j'aime dieu" avec le même respect. S'affirmer sans désaffirmer l'autre.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 8 janvier 2012 10h09
    Une Charte de la laïcité
    i.e. une déclaration sans ambiguïté de la séparation de l'état canadien de la religion.

    Déclarer publiquement que le Canada est un état laïc...
    donc pas de Sharia, pas de tribunal religieux parallèle à nos tribunaux.
    Pas de signes ostentatoires d'une religion: foulard, djihab, niqab, couteau etc...
    Liberté de construire une synagogue, une mosquée, une église....?et de payer pour l'entretenir...

    L'identité ne consiste pas à se vêtir comme au Moyem-Âge...

  • Democrite101
    Inscrit
    dimanche 8 janvier 2012 11h42
    Harper affaiblit la culture politique de notre pays


    Il ne s’agit moins de savoir si Harper va bien ou mal défendre l’exercice de la croyance religieuse ou s’il va promouvoir son judéo-christianisme au détriment d’autres croyances.

    La question la plus cruciale est : va-t-il réaffirmer ou pas les valeurs démocratiques des Lumières qui ont fondé notre démocratie canadienne en 1867 ?

    Si on chicotte et tartuffe avec les iota religieux, on n’en sortira jamais. Rien d’intellectuellement rigoureux dans les textes religieux primitifs. Rien que d’étouffant dans les pays fortement religieux (Arabie saoudite, les pays musulmans en général, le Liban, voire l’ex Yougoslavie), surtout pour les femmes. Ils ne sont jamais sortis de leur communautarisme religieux, une vraie peste pour la bonne vie citoyenne.

    Existent bel et bien pourtant de bons chrétiens libéraux, de bons musulmans modérés. Restez dans vos églises et vos mosquées, là où la liberté religieuse a sa place.

    Même entre Québécois la religion fait problème par leurs privilèges surannés, tout comme elle fait aussi problème dans une société et un pays exclusivement religieux (l’Arabie). Elle fait aussi problème aux USA avec le débat sur l’avortement et autres sujets litigieux.

    En clair, faut-il le dire avec encore plus de force. C’est la religion le problème, et dans sa totalité en tant que malbouffe culturelle. Surtout si les groupes religieux veulent des privilèges médiévaux (écoles religieuses subventionnées, cours ECR, et autres privilèges indignés d’une société post-religieuse.

    Nous aurons la paix quand les religions seront disparues non seulement de l’État, de la société civile mais aussi de la culture humaine. Elles sont intellectuellement pauvres, inadaptées au monde moderne et d’une indigence intellectuelle affligeante.

    Vive les sciences ! Vive les philosophies rationalistes et raisonnables ! Vive l’homme post-religieux, vraiment libéré des obscurantismes religieux indignes de

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 8 janvier 2012 12h41
    La religion et la Charte canadienne
    Certains membres de certaines religions font de leurs coutumes moyenâgeuses des obligations d'origine divine.

    Ceux et celles qui préconisent ces coutumes dans notre pays se référeront peut-être à la Partie I de la Charte canadienne des droits et libertés qui débute par : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu ... » .

    Beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire.
    Ainsi, dans l'Islam, le principal message du Coran est l'absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie de la collectivité. Dans la religion juive traditionnelle, il y a cette volonté de sacraliser jusqu'aux actions quotidiennes les plus banales et souligner sans cesse l'absolue suprématie de Dieu. Et dans le christianisme, on se souvient du « Dieu le veut ! » des Croisades qui autorisait (et même commandait) tout. Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l'Histoire.

    Je me demande qu'est-ce que la suprématie de Dieu vient faire dans la Charte canadienne des droits et libertés. En fait, qu'est-ce que cela signifie au juste la "suprématie de Dieu"? La "suprématie de Dieu" sur qui et sur quoi? L'intégrisme, le dogmatisme et l'obscurantisme ne sont pas loin quand on met en exergue la suprématie de Dieu, et ce, quelles que soient les religions qui s'en réclament. Beaucoup de penseurs prônent plutôt la suprématie de l'Homme (et de la femme !). Personnellement, je préférerais une Charte des droits et libertés qui reconnaîtrait ce dernier type de suprématie, juste pour se protéger un peu des dérapages possibles.

    À quand une révision de la Charte canadienne pour éliminer cet anachronisme de la « suprématie de Dieu »?

  • Sissidy
    Inscrit
    dimanche 8 janvier 2012 21h51
    commentaire
    les êtres humains religieux sont des hommes et des femmes qui ont autant le droit au respect et à la dignité que les philosophes, les athés, les anti-religions. Chacun a le droit a son opinion personnel de la vie et a le droit de le partager, tant que ça ne devienne pas du harcèlement. Et toutes les guerres dans le monde ne viennent non pas des religions, mais du manque de tolérance. La preuve c'est que si des gens ont tué au nom de Dieu (hélas c'est arrivé) d'autre l'ont fait aussi au nom de l'athéisme. Depuis des années il y a des croyants persécutés partout dans le monde. Alors je crois que le monde idéal serait que athés et croyants puissent s'accepter l'un et l'autre sans se pointer l'un et l'autre et se respecter. C'est pas plus compliquer que ça, et pourtant, si compliqué!

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 8 janvier 2012 22h31
    Dieu, Allah, Yahvé
    ont servi d'alibi aux pires crimes contre l'humanité...On s'est servi de la divinité pour justifier, démontrer, expliquer l'obligation, la nécessité de tuer les "barbares infidèles" qui ne croient pas dans NOTRE religion...
    Et ça existe encore aujourd'hui en 2012
    on tue: parce qu'un citoyen refuse l'islam, le chiisme, parce qu'il est chrétien, athée etc...

    On blasphème le nom de Dieu
    Dieu ne peut pas être complice de meurtres, d'assasinats, tortures, chambres à gaz etc... ce ne serait pas le VRAI DIEU.

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