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Le Noël des indignés

Collectif d'auteurs  24 décembre 2011  Éthique et religion
Au cœur du phénomène de l’exclusion, une espérance peut reprendre un nouveau souffle. <br />
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Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Au cœur du phénomène de l’exclusion, une espérance peut reprendre un nouveau souffle.

Cela fait quelques semaines que le mouvement des indignés ne fait plus la une. Pourtant, en cette période des Fêtes, il importe de se rappeler que la célébration de Noël, dans la tradition chrétienne, est l'occasion de se remémorer la naissance d'un homme qui a manifesté une vive indignation face à tout ce qui avilissait l'être humain et excluait de la cité les personnes marginalisées.

Le récit imagé de la Nativité, brossé par l'évangile de Luc, dévoile les conséquences de décisions prises par les élites politiques, économiques, sociales ou religieuses de l'époque. En effet, une famille pauvre d'une province éloignée s'est retrouvée contrainte de quitter les lieux de sa résidence. Parvenue à destination et n'ayant nulle part où se loger, elle fut reléguée à une étable où la mère accoucha de son fils. Cette naissance parmi les pauvres témoignait déjà d'une indignation: le Dieu dont il sera question dans la vie de cet enfant est celui qui se manifeste à l'écart des grands centres de pouvoir et qui renverse les critères de performance, de rentabilité et de compétitivité.

Projet d'espérance


Ainsi, à partir de la marge et de l'exclusion, cette naissance portait déjà un projet d'espérance. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les auteurs de cet évangile posent les bergers comme les premiers témoins de cet événement. Rappelons-nous que ceux-ci étaient aussi peu considérés, dans le contexte de l'époque, que les femmes, les publicains ou les personnes dites impures. Ces sujets privés de dignité devenaient ainsi les premiers bénéficiaires de cette «révélation»: c'est par ceux et celles que le système dominant considère comme des non-personnes que du «neuf» peut surgir dans la cité humaine.

Au coeur du phénomène de l'exclusion, une espérance peut donc reprendre un nouveau souffle. Une vie réellement humaine pour toutes et tous prend alors forme dans un projet alternatif. Le mouvement des indignés n'apparaît-il pas dans la lignée de toutes ces personnes qui, au cours de l'histoire, ont cherché à incarner l'idéal d'une société conviviale, pluraliste, laïque, égalitaire, accueillante et inclusive?

Projet de justice

La naissance pauvre de Jésus de Nazareth, en subvertissant les valeurs dominantes, n'invite-t-elle pas à un renouvellement radical de nos liens sociaux conduisant, comme le soulignait jadis Jacques Grand'Maison, à mettre enfin les tiers au coeur de nos politiques, de nos institutions et de nos préoccupations? Cette transformation, à la fois personnelle et collective, représente probablement un des défis les plus urgents de notre temps. À cet égard, le mouvement des indignés nous rappelle qu'il existe d'autres options que le désabusement, le cynisme et le sentiment d'impuissance.

Garder la mémoire de la naissance de Jésus de Nazareth, de son projet et de sa vie, nous invite à combattre le pessimisme. Et en ce Noël, les indignés nous ont offert un merveilleux cadeau: le rappel que ce projet de justice, de paix, d'égalité, de liberté et de fraternité est toujours vivant au coeur de notre humanité. À nous de le poursuivre!

***

Ont signé ce texte: Nathalie Cholette, Ariane Collin-Ndoumb, Catherine Foisy, Marjolaine Mondon, Patrice Perreault et Marco Veilleux, des jeunes rassemblés par le Centre justice et foi, au sein du groupe Foi et engagement social.
 
 
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  • lejournaldepersonne - Inscrit
    24 décembre 2011 05 h 25
    Pipasols


    Mais j'étais armée au moment de mon arrestation, un petit révolver... que j'ai hérité de mon père, je l'ai toujours eu sur moi, un porte-bonheur... qui m'a porté malheur.
    Disons que J'étais au mauvais endroit, au mauvais moment...Ils étaient persuadés que j'étais là pour tuer le Saint Père.
    Comme si j'avais que ça à faire...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/08/pipasol
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  • Chantal_Mino - Abonnée
    24 décembre 2011 06 h 09
    Merci au Devoir et aux auteurs de cet article !
    Qu'en ce matin de la veille de Noël, mes diverses lectures dans la tribune du Devoir me font du bien ... C'est comme un cadeau de Noël ...

    Je crois que le plus grand espoir que nous avons, c'est d'être de plus en plus d'altruistes à dire haut et fort ce que nous sommes, ce que voulons et ce que nous faisons, ainsi que d'agir ensemble comme pour la rédaction de votre opinion. Ce sera comme un carburant qui fera grandir cet amour dont Jésus est venu nous montrer l'exemple et nous la donner généreusement à qui veut bien s'en rappeler et le prendre paisiblement.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    24 décembre 2011 11 h 12
    «Mon royaume n'est pas de ce monde»
    Le royaume de Jésus n'est pas du monde des Césars, des riches, des dominants, des politiciens. Non ! Le royaume de Jésus est de l'autre monde, du monde alternatif, des pauvres, des victimes, des révoltés, des indignés. Jésus appelle à un monde d'amour, de paix, de fraternité. Malheureusement, même son Église fait aujourd'hui partie du monde des nantis, des riches, des politiciens, des oppresseurs.

    J'aimerais vous laisser un message d'espoir, mais dieu est mort dans ce monde-ci et l'indignation que vous soulignez prend aujourd'hui des airs de massacre en Syrie, de répression en Russie, d'exploitation des 99% de la population aux USA et de corruption au Québec.

    Triste Noël 2011 !
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