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Archives d'une pédophilie - Enquête sur un échec : l'Église des Pays-Bas savait

Jean-Claude Leclerc   19 décembre 2011  Éthique et religion
Bien que les médias en fassent moins état, la crise de la pédophilie au sein de l'Église catholique ne s'estompe pas. La récente enquête instituée aux Pays-Bas par les autorités religieuses en confirme la gravité, ainsi que la pratique du secret et le peu de souci pour les victimes. Or, si l'Église néerlandaise n'est pas la seule à connaître ces viols d'enfants, un facteur «catholique» en expliquerait peut-être l'ampleur et le déni: le recrutement bâclé d'un clergé en perte d'effectifs et le refus d'en exclure les prédateurs.

Cette Église avait fait l'objet de révélations médiatiques à propos de pensionnats, d'écoles et d'orphelinats confiés à son personnel. Vingt ans après l'Église des États-Unis, le réveil fut tardif aux Pays-Bas, mais il fut total. Évêques et supérieurs religieux confièrent l'enquête à Wim Deetman, un protestant et ex-ministre de l'Éducation, qui en a choisi les experts et défini le mandat. Pour la période allant de 1945 à 2010, sondages, archives, témoignages livreront leur vérité.

Le rapport compte 1100 pages en néerlandais. Peu l'auront lu. Mais le résumé qui en a été rendu public en anglais jette une lumière nouvelle sur cette tragédie.

Minoritaire aux Pays-Bas, l'Église catholique en était venue à y prendre une grande place, y dirigeant son propre système d'éducation. Les catholiques y avaient aussi leur presse, un parti politique et même une fédération syndicale. Or, avec les mutations de l'après-guerre, cette Église allait connaître une forte émancipation de ses fidèles en même temps qu'une nette diminution de l'autorité jusqu'alors reconnue aux ecclésiastiques. La sexualité et le célibat du clergé furent au coeur des débats.

Lors du concile Vatican II, les pasteurs conservateurs l'emportèrent et l'Église néerlandaise, l'une des plus ouvertes en Europe, allait être privée des moyens de discuter de ces problèmes et de trouver des solutions, notamment pour la chute de la pratique et pour la crise du clergé. C'est dans ce contexte de désarroi que le scandale de la pédophile, qui n'est pas propre à l'Église mais qu'elle a refoulé, allait éclater.

Un problème d'individus

L'expression d'abus sexuel de mineurs date des années 2000. Mais le problème était connu bien avant. Dès les années 1940, l'Église néerlandaise avait tenté d'y répondre non seulement en édictant des règles de conduite, mais en consultant des experts pour les cas portés à sa connaissance. Chez ces prêtres et religieux «fautifs», elle avait reconnu l'existence de troubles psychiatriques. Elle avait même consulté des médecins sur une possible guérison et sur l'aptitude à faire certaines tâches.

Ces problèmes, toutefois, n'étaient pas considérés comme un obstacle à la prêtrise ou à la vie religieuse. Malgré les directives de Rome à cet égard, des candidats souffrant de «névrose», selon l'expression de l'épo-que, pouvaient être acceptés. Ils ne seront pas davantage exclus le jour où leur désordre va se manifester. L'Église des Pays-Bas tentera de les faire traiter, mais le tabou de l'époque l'empêche d'établir une solution d'ensemble. Quant aux victimes, note le rapport, l'enquête n'a presque rien trouvé aux archives.

Dans les années suivantes, on constate même un désengagement de la part des autorités catholiques du pays. Pourtant, les prêtres quittent alors en grand nombre, et les «vocations» deviennent de plus en plus rares. Or Rome y voyait plutôt des faiblesses individuelles et décourageait le recours aux experts en santé mentale pour jauger les cas difficiles. Résultat: on se contenta d'aider les individus et on discuta de moins en moins de la question.

Au cours des dernières années, la question sera à l'ordre du jour de la Conférence des évêques du pays. Mais, bien que le problème ait été jugé très sérieux, rien de substantiel n'est sorti des discussions. Certes, à la fin des années 1960, Rome offrit aux évêques «l'option» d'exclure d'office les pédophiles (procédure dite de réduction à l'état laïque). Mais ils ne s'en sont pas prévalus.

Un échec d'institution

Le rapport recommande tout un programme de prévention et de réparation, mais il ne tranche pas la question du célibat. La position officielle de l'Église est de refuser d'établir un lien entre le célibat du clergé et le problème de la pédophilie. Néanmoins, dans une entrevue citée dans le Guardian, Wim Deetman, l'auteur du rapport, apporte une nuance. «Nous considérons qu'il est possible que nombre de cas n'auraient pas eu lieu si le célibat était volontaire.»

Le rapport Deetman fait cependant un rappel opportun. L'Église catholique n'a pas eu le monopole de ces agressions, contrairement à l'impression laissée par les médias. Toutefois, si la pédophilie est un problème d'individus, la gestion qu'on en a faite aura été un échec d'institution. À lire la presse, en effet, force est de constater que les institutions qui prétendent à une supériorité morale peinent à reconnaître ces failles et souvent refusent d'adopter des mesures qui épargneraient mensonges et injustices.

Ainsi, aux États-Unis, d'après des statistiques du Pentagone, plus de 3000 rapports d'agression sexuelle ont été enregistrés dans l'armée en 2010, mais seulement 529 ont abouti à un procès. Des militaires ont essuyé récemment un refus de la cour fédérale au motif, dit le juge L. O'Grady, qu'elle n'avait pas à s'immiscer dans la discipline militaire. Or ils se plaignaient d'une culture qui tolère les violeurs et punit les victimes qui osent se plaindre.

Rebekah Havrila, sergente déployée en Afghanistan de 2004 à 2009, avait d'abord cherché conseil auprès de l'aumônier. L'histoire ne dit pas de quelle Église il était. Mais il lui avait répondu, a-t-elle raconté, que ce devait être la volonté de Dieu qu'elle soit violée et qu'elle devrait aller plus souvent à l'église.

***

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.
 
 
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  • Georges Paquet - Abonné
    19 décembre 2011 05 h 10
    Toute l'Église savait...
    Et elle sait sans doute des choses que nous n'apprendrons jamais ou que des hasards ou des "accidents" nous révèleront beaucoup plus tard.
    On peut peut-être parler, comme le fait ici le chroniqueur, de "réveil tardif" dans certains cas, mais on devrait parler de l'origine, sans doute lointaine, et de la prévalence de ces pratiques criminels envers des enfants mais aussi envers les femmes. Et l'Institution romaine n'en ferait la découverte que maintenant...?
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  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    19 décembre 2011 07 h 42
    Interprétation ,,,
    Une autre manière d'interpréter l'évangile: «Laissez venir à moi les petits enfants...» On n'a plus les théologiens qu'on avait.

    Desrosiers
    Val David
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  • michel lebel - Inscrit
    19 décembre 2011 07 h 51
    La mentalité du secret
    La plupart des grandes institutions aiment bien le secret. Elles aiment laver leur linge sale en famille, à leur façon. L'Église ne fait pas exception. Mais c'est une mauvaise façon de faire. Une très grave erreur, quand il s'agit d'agressions sexuelles, en particulier à l'égard d'enfants. Que dire de plus, sinon que ceci ne doit jamais être toléré et réparation(la plus possible) doit être faite. Cete situation est infiniment triste et elle va absolument à l'encontre du message du Christ qui est d'une grande sévérité pour ceux qui abusent des enfants. L'Église doit tout faire pour que ces abus cessent et que toute la lumière soit faite sur les abus passés. Le secret n'a pas ici sa place: aucune place.
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  • Vincent Bussière - Abonné
    19 décembre 2011 08 h 33
    Infaillibilité mon oeil!
    Je ne sais quel concile a décrété que les prêtres ne devaient pas se marier mail là il s'est trompé, la sexualité brimée, la cache aux pédophiles venaient de trouver refuge, surement que le jeune homme, qui entre au clergé est rempli de bonnes et nobles intentions, il espère que Dieu, le pouvoir de la mortification le protègera, il s'est retrouvé en pleine tourmente, la vie est longue lorsque l'on est seul, la solitude pesante, la jeunesse passe, la chair crie, l'occasion faisant le larron, l'homme prêtre, devenu blasé, la chaire faible succombe et voilà le résultat, il est de tous les pays, ne serait-il pas temps qu'on permette aux prêtres d'êtres en couple, gais ou hétérosexuels. Cela ne ferait pas des saints de tous mais déjà ces prêtres n’auraient plus ces tentations de la peau et ils seraient mieux équipés pour comprendre les problèmes des couples et de la société!
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    19 décembre 2011 08 h 46
    L'évangile dit aussi...
    "Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui, de se voir suspendre autour du cou une de ces meules que tournent les ânes et d'être englouti en pleine mer". Matt 18, 6

    Jésus n'est pas tendre pour les pédophiles...
    il ne pardonne pas ce délit...il ne le passe pas sous silence...

    L'Église a failli à ses responsabilités...
    elle a été hypocrite, dissimulatrice...
    elle en paye le prix aujourd'hui dans le monde.
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  • michel lebel - Inscrit
    19 décembre 2011 09 h 38
    Aimer l'Église malgré tout!
    Pour compléter ma première opinion, j'ajouterais ce commentaire qui se situe à un autre niveau, tout en excusant en aucune façcon ces abus. Je veux seulement rappeler que l'Église, le peuple de Dieu, tous les fidèles, religieux et laïcs, est faite de pécheurs, de personnes qui bafouent l'amour de Dieu et des Hommes. C'est ainsi et ce sera ainsi jusqu'à la fin des temps. Le Christ est toujours en agonie à cause de nos manques. Je parle évidemment ici comme chrétien pratiquant.
    Les prêtres devraient donner le bon exemple, mais ils sont aussi des hommes. Le premier "pape", Simon Pierrre, n'a-t-il pas renié le Christ à trois reprises. Ceci n'excusera jamais les abus, mais affirme simplement que l'Église-institution est et sera toujours une institution fautive. Parce que le mal est. Il faut beaucoup d'amour pour continuer à aimer cette institution.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    19 décembre 2011 10 h 18
    Actes honteux
    Complicité honteuse et puante.

    Loin de l'odeur de sainteté ou du respect infini des enfants !

    Tristesse.

    Par AMOUR pour les enfants et pour leurs parents et pour leur Église, n'auraient-ils pas dû terminer leur vie prématurément ? Par amour, simplement.
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    19 décembre 2011 11 h 35
    Une fausse insinuation
    M. Leclerc, ce n'est pas seulement l'église mais aussi des sexologues, tout à fait contestables, mais avec des positions non fondés sur leur foi, comme Soeur Marie-Paul Ross, qui dénoncent le rapprochement indu entre le célibat et la pédophilie:

    "Mais que l'on ne vienne pas nous dire pour autant que le mariage des prêtres mettrait un terme aux abus. Loin de là! Prétendre que la pédophilie serait lié à un problème structurel de l'Église est une aberration et une bien étrange façon de "déculpabiliser" le prédateur. C'est une évidence, un prêtre pédophile fera un mauvais mari et un piètre père de famille. Pour une raison simple: il est un malade dangereux que l'on doit soigner! N'allon s pas non plus imputer la culpabilité des crimes de délinquants en soutane au célibat." (tiré de son livre "Je voudrais vous parler d'amour... et de sexe", p.211)


    Votre citation de Wim Deetman, auteur du rapport, affirmant : «Nous considérons qu'il est possible que nombre de cas n'auraient pas eu lieu si le célibat était volontaire.», ne tient pas la route...
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    19 décembre 2011 12 h 19
    L'origine du célibat des prêtres.
    Je ne sais pas, moi non plus, quel Concile a institué le célibat des prêtres, mais ses origines remontent beaucoup plus loin que l'Église catholique elle-même. En fait, c'est la virginité et la chasteté qui est demandé aux prêtres et prêtresses de l'Antiquité gréco-romaine. De même, les moines boudhistes font voeu de chasteté. L'idée c'est qu'il faut élever l'esprit au-dessus des passions de la chair. Pour beaucoup de religions anciennes, le corps est mortel, mais l'esprit lui est éternel. Il faut donc renoncer aux passions de la chair pour développer, dès cette vie terrestre, une vie de l'esprit pur. Et pour y arriver, on ne parle pas seulement de chasteté, mais dans un sens plus large, d'ascèse, de mortifications, de sacrifices, comme le jeûne, le silice et même le fouet.

    Donc un prêtre pédophile est non seulement un grand pécheur, mais aussi une personne qui trahit ses voeux de chasteté et d'obéissance, et surtout met en péril sa propre vie de l'esprit. Il ira en enfer c'est sûr, s'il ne reconnaît pas son péché capital et ne possède pas le ferme propos de ne plus recommencer.
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  • Roland Berger - Abonné
    19 décembre 2011 12 h 20
    Les principes et le comportement
    Si l'Église, que beaucoup s'obstinent à voir comme une institution qui représente leur dieu sur Terre, était de bonne foi, elle dévoilerait maintenant tous les abus sexuels qu'elle couvre dans tous les pays où elle s'est installée en prêchant la charité, l'amour de ses semblables. Non pas pour envoyer tous les prêtres pédophiles en prison, ce qui serait les punir parce qu'ils sont malades, mais dans des institutions psychiatriques échappant totalement au pouvoir de l'Église. Mais non, elle attendra d'y être forcée, scandale après scandale.
    Roland Berger
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  • Maryam - Inscrite
    19 décembre 2011 12 h 58
    aujourd'hui c'est l'église catho
    Vous ne me fairez pas croire qu'il n'y a que dans l'église catholique que ça se passe. Il y a tellement de personnes qui se font arrêter pour porno juvénile.
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  • Ernest Boudreau - Abonné
    19 décembre 2011 15 h 16
    Le Christ en agonieà cause de nos manques?
    Comment un Dieu, la Perfection même, peut-il souffrir?
    "Et L'Homme créa Dieu à son image".
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  • Marco61 - Abonné
    19 décembre 2011 15 h 35
    @ M. Laffitte
    Vous devriez aller voir du côté de L'Anglicanisme" plus libéral et qui à sus évoluer selon son époque (ordination des femmes, évêque homosexuel vivant en couple, prêtres, diacres, évêques de se marier et d'avoir des enfants). Et pourtant point de scandales de leurs côtés. C'est vrai qu'il peut-être réducteur d'associer "exclusivement" le célibat à la pédophilie. Malheureusement tous ne sont pas fait pour le célibat alors pourquoi les obligés ? Et au nom de quel supériorité spirituelle ? Le problème avec l'Église Catholique c'est que justement elle n'a pas sus évoluer avec son époque et les encycliques n'y ont rien changé. Que l'on ne vienne pas me dire que l'église Catholique à le monopole du "Salut". Par contre elle semble avoir le monopole des scandales sexuels. Le pire c'est qu'elle semble se débattre "Comme un diable dans l'eau bénite" du dénie. Choquant.
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  • Roland Berger - Abonné
    19 décembre 2011 16 h 17
    Très bonne, Monsieur Marco61
    J'adore : l'Église qui se débat « [c]omme un diable dans l'eau bénite ». Dan SON eau bénite, ajouterais-je.
    Roland Berger
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    19 décembre 2011 17 h 42
    Tradition du silence et du conformisme
    Tradition du silence et du conformisme.

    La pédophile ne doit pas être reliée au célibat pas plus qu’à l’homosexualité. Le célibat des religieux n’a pas attiré plus de pédophiles et les favorisait encore moins. La majorité des pédophiles sont hétérosexuels et ont, ou ont eu des vies de couples normaux et plusieurs sont parents. En parlant d’inceste on oublie de parler de pédophilie.

    Il faut aussi différencier pédophilie et hébéphilie. Dans les cas mentionnés il semble que la majeure partie des cas soient des cas d'hébéphilie (attirance pour les jeunes pubères jusqu'à l'âge adulte), la pédophilie étant une déviation pour les enfants pré-pubères, de 0 à la puberté. Ça demeure des agressions. L’hébéphilie et la pédophilie existent dans toutes les couches de la société, des plus pauvres aux plus riches, des moins éduqués aux plus savants et pour tous les statuts civils, célibataire, mariés, dicorcés, séparés.

    Le problème semble plus révoltant pour les agresseurs religieux du fait que les actes fautifs sont ce que la religion avait en horreur, une sexualité. On pourrait ajouter en dehors du mariage mais c’était carrément une perception erronée de la sexualité et aussi de l’être humain. Ils ne sont pas les seuls cas d’abus sexuels dans la société et ils n’en sont que la pointe de l’iceberg. Dans le cas d’agressions commises par les religieux le problème est d’autant plus criant que certaines victimes ont été agressées à répétition et que certains religieux agresseurs ont fait plusieurs victimes.

    suite ...
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    19 décembre 2011 17 h 43
    … suite «Tradition du silence et du conformisme»
    Je crois que c’est un mauvais jugement de dire que le clergé se fermait les yeux et protégeaient les fautifs. Les autorités religieuses ont procédé unilatéralement en dehors de toutes les lois civiles et les actions qu’elles ont prises, ont été dans la plupart des cas inefficaces; c’est ce que révèle l’enquête des Pays-Bas que nous relate Monsieur Leclerc. Les autorités civiles aussi étaient au courant de bien des cas et n’ont absolument rien fait. Dans tous les cas, peu importe les autorités, elles ont fonctionnées avec la mentalité du temps. Éviter tout scandale, c’est ce qui tenait la société dans l’omerta.

    Ce n’est pas le clergé seul qui gardait le silence et le favorisait mais toute la société et à tous les niveaux, politique et judiciaire, éducationnel, familial et social. Ce n’était pas non dans les seuls cas d’agression sexuelle mais aussi dans les cas d’agressions physiques, d’abus d’autorité et dans beaucoup de cas de violence conjugale.

    Pour connaître ce qui vivait à l’époque je ne mentionnerais qu’un livre : « Dans un gant de fer » 1965 de Claire Martin née Montreuil. Une œuvre qui est aussi un document historique pour connaître l’enfer de femmes, d’enfants dont surtout les filles pouvaient vivre, même encore pendant et après la révolution tranquille

    Un père violent et dominateur, il était ingénieur pour les chemins de fers. Famille aisée dont l’auteure, Madame Martin, a étudié chez les Ursulines de Québec. Une scène parmi tant d’autres qui arrache le cœur: sa mère enceinte déboule les escaliers à la suite d’un coup asséné par son mari. Elle le quitte à quelques reprises et toujours le curé la convint de retourner à sa place auprès de son époux.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    19 décembre 2011 17 h 43
    … suite «Tradition du silence et du conformisme»
    «Je ne suis pas éloignée de croire que c'est pour en venir à écrire ce livre que je suis devenue écrivain», a dit Claire Martin à propos de ses mémoires. Premier ouvrage explicitement féministe de la littérature québécoise, Dans un gant de fer rompt avec la tradition du silence et du conformisme qui prévalait encore dans les années 1960. Claire Martin y évoque son enfance dans une famille dominée par un père violent et sadique et elle stigmatise l'éducation qu'elle a reçue de religieuses dont la bêtise n'avait d'égal que la cruauté.

    Une histoire de femmes et d’enfants battus sous le silence des autorités. N’y a-t-il pas une ressemblance avec un cas d’actualité, la famille Shafia?

    Comme la religion primait et que le clergé fonctionnait en vase clos et que les mesures prises quelque fois dans un certain laxisme ont été inefficaces, les autorités religieuses en subissent les conséquences néfastes une très mauvaise perception des religions. Cela ne les excuse pas d’être redevables des actions commises; mais à quel degré?

    Et non, ce n’est pas propre à la seule Église Catholique et aux seuls milieux chrétiens. C’est plus qu’un problème de religion, c’est un problème de société et ce le sera toujours.
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  • Marc L - Abonné
    19 décembre 2011 19 h 04
    Faite ce que je dis, pas ce que je fais !
    L'église catholique s'est mise les pieds dans les plats à de multiples reprises avec ces histoires de pédophilie. Quelle crédibilité a-t-elle lorsqu'elle nous parle aujourd'hui de charité et de pardon ! Depuis des années, elle nous a démontré qu'elle était davantage intéressée par sa réputation et son pouvoir que par la protection des enfants.

    L'église revient de loin et elle devra travailler fort afin de justifier ses idées d'un autre âge. Elle ne doit plus tenter de camoufler les actes de certains ecclésiastiques, sous aucun prétexte, sous peine de se condamner elle-même à disparaître, car elle ne peut plus compter sur un certain potentiel de sympathie, qu'elle a gaspillé par ses années de tergiversation.
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  • Roland Berger - Abonné
    19 décembre 2011 22 h 35
    Pas demain la veille...
    Ce n'est pas demain la veille que disparaîtra l'Église catholique, ainsi que toutes les religions de la planète. Les hommes se sentent fort et pensent qu'ils ont raison quand ils sont en gang.
    Roland Berger
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    19 décembre 2011 23 h 47
    à M. Marco 61: vos informations sont fausses.
    Les informations que vous donnez sont contredites par les études sur la pédophilie:

    "Le professeur Philip Jenkins (en), auteur de Pedophiles and Priests : Anatomy of a Contemporary Crisis déclarait, en 2002 : « Mes recherches sur des cas concernant les 20 dernières années ne donnent pas de preuves que le clergé catholique, ou d'autres clergés ayant pour discipline le célibat, sont plus susceptibles d'être impliqués dans des inconduites ou des abus, que le clergé d'autres Églises, ou même que des personnes n'appartenant pas au clergé »,. Le même constat est fait par Thomas G. Plante (en), professeur de psychologie à l'Université de Santa Clara, et auteur d'ouvrages sur les abus sexuels commis dans l'Église Catholique."

    De plus, les scandales inacceptables dans l'Église catholique sont toujours mis plus en relief par les médias:

    "Aux États-Unis, plusieurs voix se sont fait entendre pour critiquer la focalisation quasi-exclusive des média sur les affaires d'abus commis par des membres du clergé catholique. Ils relèvent que des phénomènes d'ampleur égale, voire supérieure, dans d'autres groupes religieux ou institutions publiques ont été ignorés ou traités avec beaucoup de discrétion dans les medias. Leur silence est ainsi critiqué dans les affaires visant l'institution scolaire. C'est notamment l'avis de Charol Shakeshaft, auteur en 2004 d'un rapport de synthèse pour le département américain d'éducation, sur les abus sexuels commis en milieux éducatif aux États-Unis. Le journaliste Tom Hoopes a noté que, dans le premier semestre 2002, les 61 plus grands journaux californiens avaient consacré près de 2 000 articles aux cas d'abus sexuels commis dans l'Église catholique, la plupart de ceux-ci s'étant produits dans le passé. Dans le même temps, ces journaux ont écrit 4 articles sur les découvertes du gouvernement fédéral de cas pourtant bien plus nombreux, et plus actuels, d'abus sexuels dans les Public schools." (S
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    20 décembre 2011 07 h 52
    Le besoin de croire...
    l'homme a besoin de croire de se rattacher à quelque chose de stable d'essentiel.

    Certains croient à la magie, aux tireuses de cartes, à une option politique. D'autres croient en leurs possibilités illimités.
    Mais tous, un jour ou l'autre, sont confrontés à la "finitude": la mort.

    Certains disent c'est la seule justice: que vous soyez riche, célèbre, pauvre, talentueux, sans talent etc...nous mourrons tous un jour.

    Qu'est-ce qui donne SENS à la vie, pourquoi vit-on?
    Les athées disent pour nous mêmes....
    Dieu n'existe pas...et ils se font une obligation d'affirmer la non existence de Dieu. S'il n'existe pas pourquoi perdre son temps à proclamer sa non existence? Passons à autre chose.

    D'autre croient que Dieu s'est fait proche de nous en la personne du CHRIST.
    Son unique message accessible et compréhensible: "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés"

    Voilà le BUT de l'existence...ce message n'est pas facile à pratiquer...aimer ses amis et ceux qui sont loin de nous (Les chinois, les japonais, les inuits) est assez facile...mais aimer ses ennemis, pardonner, supporter, ceux qui nous irritent, nous "écoeurent" est tout un défi.

    Le taux élevé de suicides au Québec ne serait-il pas lié
    à la perte de SENS...la vie n'a pas de sens, elle est absurde...
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    20 décembre 2011 08 h 05
    Rien à voir avec la pédophilie...
    Même si l'Église permettait le mariage des prêtres cela ne changerait rien. L'homosexualité n'a rien à voir avec la pédophilie.
    La pédophilie est une déviation. C'est une attirance sexuelle pour les enfants. Le mariage n'est pas une protection contre la pédophilie. Certains pères de famille la pratiquent aujourd'hui en 2011. Leurs enfants servent d'objets pour leur déviation.

    La pédophilie est une immaturité psychologique.
    C'est plus facile de contrôler, dominer, d'exploiter un enfant qu'un adulte.
    Le pédophile est incapable d'une relation amoureuse avec un autre adulte.
    Il a besoin d'exercer un pouvoir sur un enfant, il en éprouve du plaisir.
    Certains pédophiles vont jusqu'à affirmer: "qu'ils aiment les enfants"....
    pour eux l'amour se résume à se servir des enfants comme JOUETS....

    J'ai connu un vicaire....
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  • Jean-Guy Nadeau - Abonné
    20 décembre 2011 09 h 56
    @Marco61
    Heureusement que vous êtes prudent en écrivant que l'Église catholique "SEMBLE avoir le monopole des scandales sexuels" car juste un peu de recherche sur internet ou ailleurs prouve qu'il n'en est rien.
    Même pas besoin de Philip Jenkins auquel réfère Jean-Léon Laffitte. Taper Church et Sex Abuse sur internet et vous y trouverez plein de cas dans les églises évangéliques protestantes, etc. Et un certain nombre chez les Juifs, Mormons, etc. Par ailleurs, Jenkins est un évangéliste et on ne saurait le soupçonner de protéger l'Église catholique.

    Les gens sérieux attribuent la chose non au célibat, mais à des facteurs conjoncturels propres à l'Église catholique, dont ses dossiers et archives queu les protestants n'ont pas (sauf les Anglicans), ainsi qu'à sa mentalité concernant la sexualité, le pouvoir, la prêtrise, etc.

    Par contre, l'Église a été pendant des siècles la seule institution à se préoccuper des enfants, par exemple en interdisant, et à répétition, aux parents de vendre leurs enfants pour prostitution.

    Reste que ses clercs se sont fait prendre les culottes baissées. Qu'elle a nié les faits, comme n'importe quelle institution, alors qu'elle est assignée à mieux faire. Trop préoccupée de son image.
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  • arick - Inscrit
    21 décembre 2011 08 h 56
    Les religions, (toutes)...ahan!
    Wow!
    Noël et les boules, ouach!
    Les oreillettes contre la musique...
    Les jupettes et la cagoule...
    Le bacon...non! Non!
    La prière à genoux dans le trafic...
    Le tamponnement sur la tête....
    Le déballement de tes tamponnements chez le curé...
    Etc., etc., etc....allo les ti-zenfants...
    Coudon, on peux-tu réfléchir sur nos excès de dépenses en ce temps-ci!
    La Visa pour le 15 janvier (la liste de vos cochonneries à payer).
    Pôve ti-pitt!
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