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Crise à Développement et Paix - Tutelle des évêques sur l'organisme laïque d'aide internationale

Bidonville dans la banlieue de Mexico<br />
Photo : Agence Reuters Daniel Aguilar
Bidonville dans la banlieue de Mexico
Les jésuites du Canada et du Mexique se portent à la défense d'un centre de protection des droits humains à Mexico auquel Développement et Paix (D&P), l'organisme officiel de l'Église canadienne, a coupé les fonds. Leurs supérieurs provinciaux se déclarent aussi solidaires du jésuite Luis Arriaga, fondateur du centre, que l'archevêque d'Ottawa, Mgr Terrence Prendergast, avait interdit dans son diocèse, en avril dernier, lors de la campagne «Carême de partage».

Dans un communiqué diffusé le 25 mai, les supérieurs du Canada français, Jean-Marc Biron, du Canada anglais, Jim Webb, et du Mexique, Carlos Morfin Otero, appuient «l'intégrité du travail» du Centre Miguel Pro pour les droits humains de Mexico (PRODH) et de son directeur, «un engagement porteur de l'enseignement social de l'Église catholique». Ils prennent ainsi leurs distances de groupes qui accusent ce centre de contribuer à la «promotion de l'avortement au Mexique».

Le centre PRODH représente devant les tribunaux des victimes d'abus de pouvoir, de répression et d'injustice. D&P reconnaît que cette mission n'est en rien liée à l'avortement ou même à la contraception. Mais des évêques mexicains avaient soulevé des questions à ce sujet. Et c'est en considération de ces préoccupations au sein de «l'Église du Mexique» que l'archevêque d'Ottawa puis D&P prétendent avoir mis fin à un partenariat datant de 1995.

Les supérieurs jésuites rappellent qu'une commission d'enquête des évêques du Canada avait conclu, en 2009, que le centre en question n'avait pas participé à la promotion de l'avortement. Mais, depuis, l'un des signataires du rapport, Martin Currie, archevêque de St. John's (Terre-Neuve), a été cité par LifeSiteNews disant que D&P a participé à sa rédaction. L'autre signataire, François Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe, nie catégoriquement une telle collusion.

Vu la violence généralisée au Mexique, le travail du père Arriaga et des membres de PRODH représente, estiment les supérieurs jésuites, «un engagement constant pour le droit à la vie» de toutes les personnes du pays. «La vie de ces défenseurs des droits humains est elle-même souvent menacée, déclarent-ils, et c'est la solidarité internationale que nous leur témoignons qui leur permet de poursuivre leur engagement indispensable.»

«Plus largement, le témoignage chrétien pour la promotion de la justice et la promotion des droits de la personne qui lui est lié s'exerce aux frontières, dans des contextes difficiles où les partisans du statu quo mettent tout en oeuvre pour bloquer l'avancement des valeurs évangéliques fondamentales. Dans ces circonstances, les personnes qui s'engagent sur ce terrain, comme le font le P. Luis Arriaga et son équipe, méritent notre appui.»

Réactions

Toutefois, la crise à D&P ne tient pas simplement à un malentendu entre ecclésiastiques ou même à un différend sur l'avortement. En donnant récemment aux évêques du Mexique et d'ailleurs un droit de veto sur les partenaires de D&P et donc sur les réseaux de solidarité sociale avec lesquels ils agissent, la Conférence des évêques catholiques du Canada met en tutelle une des rares organisations laïques de l'Église catholique.

Des membres de D&P ont réagi fortement contre ces décisions, prises à leur insu. Plusieurs s'insurgent contre la haute direction de l'organisation, qui a cédé à ces pressions et tente, depuis, de confiner le débat à l'«interne». Des membres du Québec et du Nouveau-Brunswick, réunis en assemblée régionale, ont réclamé le rétablissement du financement de PRODH. On déplore aussi que la Conférence des évêques ait créé un comité permanent sur l'orientation de D&P sans représentants de cette organisation.

Pour D&P, l'enjeu est fondamental. Cette organisation confessionnelle de solidarité internationale compte quelque 12 000 membres au Canada. Des dizaines de milliers de donateurs lui permettent d'appuyer près de 200 groupes partenaires dans une trentaine de pays. Certains de ces projets ont été suscités par l'Église catholique et jouissent de son appui. Mais d'autres ne pourraient naître ou survivre si leur travail dépendait d'une décision de l'évêque local.

Dénonciations


Là où l'Église est minoritaire, D&P appuie aussi des groupes qui ne sont pas de foi chrétienne. C'est le cas en Indonésie. Et dans les pays où des conflits mettent en cause des communautés de croyances différentes, D&P ne pourrait contribuer ni au développement ni à la paix sans collaborer avec d'autres confessions ou avec des ethnies qui n'appartiennent pas à l'Église locale. Un recul à cet égard risque même, dit-on, de compromettre une part de son partenariat avec l'Agence canadienne de développement international.

Aussi, des associations ont-elles décidé de ne pas se taire. L'Entraide missionnaire dénonce les attaques de groupes «d'idéologie conservatrice» et la «complicité de quelques évêques, surtout anglophones». Le Réseau Culture et Foi, dans une lettre au président de la Conférence des évêques, Mgr Pierre Morissette, l'évêque de Saint-Jérôme, s'est dit scandalisé non seulement de l'intervention de Mgr Prendergast, mais surtout du «silence total» de la Conférence sur sa conduite, jugée «irresponsable».

Les évêques ne sont pas tous de cette tendance. Commentant les premières attaques pro-vie contre D&P en 2009, l'archevêque de Winnipeg, James Weisgerber, un ex-président de la Conférence, avait alors cité l'exemple du Vatican, qui contribue chaque année à l'UNICEF, l'agence de l'ONU pour les enfants, malgré son désaccord avec elle sur l'avortement et la contraception.

Mais d'autres vues du Vatican sont plus inquiétantes pour les organismes catholiques d'aide aux populations opprimées. Et aussi pour la responsabilité des laïcs dans l'Église catholique.

***

redaction@ledevoir.com

***

Jean-Claude Leclerc enseigne le journalisme à l'Université de Montréal.
 
 
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  • lephilosophe - Inscrit
    30 mai 2011 04 h 56
    Atmosphère réactionnaire
    À la suite de l'adoption de la «politique familiale» devant guider l'action internationale du Canada sur le plan caritatif, et qui visait à exclure du financement canadien les organisations qui, dans leurs politiques de planification familiale, incluent l'avortement, voilà que des groupes religieux s'en font le relais dans leurs juridictions respectives. Et pas des moindres, les évêques de l'Égise catholique elle-même. Il fallait bien s'y attendre.
    Désormais le Canada combat le libre-choix des femmes à disposer de leurs corps sur la scène internationale. C'est un fait! Et encore une fois la méthode est la même: l'autoritarisme et l'absence de dialogue avec les principaux concernés. Et avec la promesse de Harper de créer un organisme de défense de la liberté de religion à l'échelle internationale, cette politique est en voie de devenir beaucoup plus agressive encore!

    Bernard Gadoua
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  • Marc L - Abonné
    30 mai 2011 07 h 04
    Honte et trahison !
    Est-ce que quelqu'un reconnait les "valeurs des évangiles" dans ce travail de démolition de groupes qui tentent de faire la promotion des droits humains ? La conférence des évêques du Canada vient de faire la preuve de sa bigoterie et de son hypocrisie. En ramenant tout à une fausse question de soutien à l'avortement, la droite religieuse démontre qu'elle se fout de la charité et de l'amour du prochain, tout ce qu'elle veut c'est exercer le pouvoir; si Jésus voit ceci de son trône au ciel, il doit avoir envie de vomir !
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  • François Dugal - Abonné
    30 mai 2011 08 h 20
    Message du peuple de Dieu
    La haute hiérarchie catholique devrait régler ses «petits problèmes» avant de faire des remontrances au peuple de Dieu.
    Jésus prêchait par l'exemple, ne l'oublions pas.
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    30 mai 2011 08 h 27
    La vraie question, n'est-elle pas l'abolition de la liberté de conscience?
    On nous avait dit que le débat sur l'avortement était maintenant ouvert, est-ce que toutes ces prises de positions sont un débat et une ouverture au dialogue? Ça ne ressemble pas du tout à un débat mais bien à un acharnement pour nier la liberté de conscience; une sainte inquisition déguisée et dont plusieurs se servent comme tremplin pour leur carrière ecclésiale; d'autres gardent le silence de peur d'être mis au banc.

    Le lobby religieux n'a jamais été aussi fort que maintenant sur le gouvernement canadien. Certains groupes religieux ont même des entrées privilégiées sur la colline parlementaire. Le but caché de M. Harper dans la création d'un organisme de défense de la liberté de religion est surtout de donner la primauté des religions sur les états laïcs.

    La mission était d'annoncer la bonne nouvelle et de quérir; ils ont préféré se monter un catalogue de péchés, d'excommunier et d'exclure. Ils se sont emparé de la bergerie en se nommant pasteur.
    Ils se sont donné les titres de sainteté, d'éminence, d'excellence, de mon seigneur ... Ils se béatifient et se canonisent entre eux, miracle sur commande.

    Doit-on tout jeter par dessus bord? Non, il n'y a jamais eu autant d'espérance que maintenant. Ils sont à leurs derniers soubresauts d'église triomphante. L'Esprit replacera bien à la tête de son Église aimée un Jean XXIII.
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  • BrianAJ - Inscrit
    30 mai 2011 11 h 08
    Point d'information
    En juin, 1996, le Vatican a arrêté ses prestations annuelles à l'UNICEF parce que, en autre, ce dernier utilisait ses fonds pour promulger ses politiques de contraceptions et avortements. Les autres raisons sont citées à: http://www.lifesitenews.com/news/archive/ldn/2009/
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    30 mai 2011 11 h 19
    Il y a toujours des choses à clarifier ici à cause de la distortion causée par le brouillage des perceptions du passé sur le présent. Une affaire de générations, en somme.
    1- L'action humanitaire internationale n'est pas une chasse gardée de l'Église catholique. Les Canadiens qui ne veulent pas avoir à tenir compte de l'enseignement de l'Église n'ont qu'à s'engager ou donner au bénéfice d'organisations non-confessionnelles dont plusieurs ont une longue histoire déjà et font de l'excellent travail. On n'est plus dans les années 50. On a le choix.

    2- Depuis Vatican II, l'autonomie des laics au sein même de l'Église est reconnue pour ce qui est de l'apostolat et spécifiquement en matière d'action socicale et politique. Un catholique qui s'engage au nom de sa foi doit s'en inspirer mais il n'engage pas l'Église en tant qu'institution. Il a le droit de s'associer avec d'autres pour s'organiser en conséquence.

    3- Ce n'est évidemment pas la même chose si on parle d'une organisation qui est officiellement chapeautée par l'épiscopat d'un pays, et qui sollicite des dons en tant qu'oeuvre approuvée par la hiérarchie. Dans ce cas on a le droit de s'attendre à ce que les pasteurs exercent leur responsabilité et voient à ce que les sous (qu'ils quêtent à la messe du dimanche auprès de ceux qui vont encore à la messe) servent à soutenir des projets qui respectent l'enseignement catholique. On ne peut pas jouer sur les deux tableaux en plaidant l'appui officiel de l'institution et en réclamant la liberté de choisir ce qu'on veut dans la doctrine. Il faut s'assumer à un moment donné.

    4- C'est normal que les évêques canadiens se soucient de consulter leurs confrères des pays où ils envoient de l'argent pour savoir si ces derniers recommandent les oeuvres soutenues. Prétendre qu'ils ne devraient pas demander l'accord des évêques de ces pays, c'est du paternalisme condescendant. Je sais bien qu'il y a d'anciens missionnaires parmi les évêques canadiens, mais encore une fois, on n'est plus à l'époque du colonialisme bienveillant qui savait mieux ce qui était bon pour le tiers-monde.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    30 mai 2011 11 h 57
    Le haut clergé de l'Église a coupé le dialogue
    L'Église a coupé le dialogue avec les organismes qui promeuvent la contraception et l'avortement. Même au niveau théologique, qui peut dire que le Christ, la Bible ou l'Évangile interdisent la contraception et l'avortement ? Le débat demeure ouvert, mais le pape Benoît XVI et son prédécesseur, Jean-Paul II ont tout simplement coupé le dialogue sur ces questions et imposés leurs visions en dogme. Il fallait donc s'attendre qu'on en vienne à s'attaquer à D
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  • Nelson - Inscrit
    30 mai 2011 15 h 49
    LE THÈME N'EST JAMAIS CELUI DES AVORTEMENTS INÉVITABLES MAIS CELUI DE L'AIDE MÉDICALE POUR AVORTER, POUR ÉVITER DES MORTS ET TRAUMATISMES PERFECTEMENT ÉVITABLES.
    Les avortements que certains voudraient éviter son inévitables, mais les morts et traumatismes provoqués par leur interdiction de financer l'aide médicale, sont évitables.

    Ça me dépasse complètement que certains individus refusent de l'aide médicale aux femmes qu'avortent, en sachant que seront traumatisés ou mourront en avortements clandestins.

    Ils ne feraient jamais ça à leurs mères, filles, petites-filles.
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  • Georges Allaire - Inscrit
    30 mai 2011 19 h 11
    Cé-tu pas affreux
    Une Église qui se préoccupe des quêtes qu'on fait à l'église ! Nian-nian.
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  • Martin Dufresne - Abonné
    30 mai 2011 22 h 33
    Ratzinger-Ouellet... même combat
    L'arrogance de Benoit XVI et de ses acolytes n'a plus de bornes. On assiste à un durcissement de la vieille garde intégriste et des réactionnaires locaux pour démanteler ce qui reste de travail progressiste et libertaire au sein de l'Église. Quelle pitié! Tous les gens qui appuient Développement et Paix par leurs dons et leur apostolat local devraient faire savoir leur consternation à l'Archevêché et aux médias pour faire de ce baillon un scandale.

    Martin Dufresne
    St-Hippolyte
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    31 mai 2011 10 h 51
    Le commentaire biaisé de M. Gilbert.
    Le commentaire de M. Gilbert est totalement biaisé parce qu'il part de l'affirmation que Développement et Paix a financé des organismes qui vont à l'encontre de l'enseignement de l'Église; ce que la commission d'enquête des évêques du Canada avait nié formellement, en 2009; les supérieurs Jésuites le rappellent eux-mêmes. M. Gilbert utilise le mot épiscopat pour englober tous les évêques alors que ce n'est qu'une très petite minorité d'évêques ultra conservateurs qui voudraient contrôler cet organisme caritatif.
    C'est exactement ce procédé de désinformation qu'utilisent les ultra-conservateurs, les intégristes et les organismes pro-vie.

    En nommant ces derniers "Organisme pro-vie" prenons conscience du piège dans lequel ces gens souhaitent nous faire tomber lorsqu'on s'oppose à leur démagogie. Si vous vous opposez à eux qui se qualifient de pro-vie, vous êtes par conclusion pro-mort; comme la politique binaire et très primaire de Georges W. Bush et de M. Harper sur le bien et le mal. C'est sur cela que les intégristes et que les évêques ultra-conservateurs misent pour mettre au silence la majorité.
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    31 mai 2011 22 h 50
    La démagogie, M. Duchesne, c'est pas ça. Ce serait plutôt deux choses comme celles-ci...
    1- La démagogie, c'est d'abord de ne pas discuter du fond de la question et de prétendre éliminer le débat à coup d'épithètes: "intégriste, ultra-conservateur,... pro-vie" (wouache!), bref d'attaquer personnellement l'interlocuteur (avec confiance d'être suivi dans le conformisme social ambiant) pour ne pas avoir à lui répondre, et surtout pas à lui parler. Édifiant pour des partisans de la tolérance et de l'ouverture, d'ailleurs, mais pas rare du tout; surtout au Québec, où on a l'esprit grégaire et où la plupart des débats n'en sont pas.

    2- La démagogie, c'est aussi de laisser entendre que si on insiste pour qu'un organisme catholique respecte l'enseignement de l'Église sur l'avortement, c'est qu'on est contre la justice sociale et pour l'exploitation des pauvres par les riches à l'étranger, bref des partisans du "statu quo" comme disent les jésuites cités par M. Leclerc. C'est évidemment absurde parce qu'il n'y a pas de lien logique (la preuve par l'inverse: on peut très bien être en faveur de l'avortement et pour les intérêts du gros capital; regardez les éditorialistes et chroniqueurs de La Presse!). C'est d'ailleurs pour ça que cet argument n'est jamais énoncé clairement, parce qu'alors même un étudiant de CEGEP à son premier cours de philo pourrait démonter le sophisme en 5 minutes.
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    31 mai 2011 23 h 31
    Et deux choses à propos des évêques, M. Duchesne.
    1- Ce n'est pas une minorité d'évêques qui ont pris des décisions au sujet de Développement et Paix, c'est la Conférence des évêques catholiques du Canada: relisez l'article de M. Leclerc. L'intervention de l'archevêque d'Ottawa a pu avoir un effet provocateur, mais elle est anecdotique par rapport aux orientations décidées par la CECC, dont fait état cet article. Certes, il doit y avoir différents points de vue chez les évêques; mais l'habitude de la plupart est de ne pas étaler leurs divergences en public, après avoir collégialement choisi une direction. Cela va tantôt dans le sens des conservateurs, tantôt dans celui des "progressistes" (exemple: le soutien mou des évêques québécois au cours ECR n'était pas le fait du tiers d'entre eux, mais seul le cardinal Ouellet s'en est ouvertement distancié).

    2- Une autre intervention dans ce dossier fait réfléchir, celle de l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Lapierre, un des co-auteurs du rapport de 2009 qui a "blanchi" Développement et Paix. Le moins qu'on puisse dire, c'est que sa manière de parler est de nature à pouvoir apporter de l'eau au moulin des sceptiques. Mgr Lapierre a dit que les groupes qu'il était allé voir au Mexique «ont aidé des femmes à trouver une dignité, voir qu’elles ont des droits, et défendre la vie de façon intégrale». Il paraît entériner cette idée qu'il faudrait choisir une conception plus large que le droit à la vie, lequel ne devrait pas gêner, si je comprends bien, la lutte pour la justice. Bref, si on veut appuyer un organisme qui finance la construction de puits pour les paysans pauvres, on ne devrait pas exiger que cet organisme (financé par uen quête spéciale du dimanche auprès des quelques Canadiens qui sont encore assez convaincus pour aller à l'église) se soucie en plus de la doctrine de l'Église. À mon sens, Mgr Lapierre ne fait ainsi que confirmer ce que je disais dans un autre message: il croit qu'on ne saisira pas le non-sen
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  • Jeannot Duchesne - Abonné
    1 juin 2011 08 h 56
    M. Gilbert vous avez entièrement raison.
    M. Gilbert j'ai relu mon commentaire et je ne vois aucunement en quoi je vous ai attaqué, ce qui me surprend moi-même; j'ai dit que votre commentaire était biaisé et je le redis encore. Croyez-moi je ne me fonds pas dans le ''conformisme social ambiant".

    Êtes-vous déjà allé à une formation de Développement et Paix? Je ne crois pas que votre exemple de puits soit bon; parce que ce n'est pas tout à fait ce genre d'aide qui est favorisé.

    Pour ce qui est de la collégialité, je ne suis pas théologien mais je ne crois pas que cela a le sens que vous lui donnez; et si je me souviens bien Paul n'a pas toujours été du même avis que Pierre et cela ne s'est pas à huis clos.

    Tant qu'aux épithètes qui vous font regretter d'être Québécois, ce n'est pas moi qui les ai choisies et créées; et les plus virulentes proviennent malheureusement de supposés ''bons catholiques''. Faut-il en nommer provenant des groupes pro-vie?

    Dites-moi, est-ce une maladie congénitale d'avoir honte d'être québécois? Il me semble qu’il y a une épidémie.

    Vous dites des choses vraies sans vous en apercevoir quand vous parlez des évêques mous du Québec, de votre héros le cardinal Ouellet et de l'intervention anecdotique et provocatrice de M. Prendergast. Autre que la doctrine, qu'ont-ils en commun ces derniers? Vous savez la hiérarchie ce sont des carrières comme dans tout groupe social.

    M. Gilbert vous avez entièrement raison et il est inutile de tourner en rond parce que quoiqu'il se dise vous l'interpréterez toujours en faveur de vos idées comme vous le faites de toute évidence avec les paroles de M. Lapierre. Les paroles de ce dernier, tout comme ce que disent les Jésuites, sont du sable dans votre engrenage, aussi bien les interpréter à votre façon et leur faire dire ce que vous voulez entendre.

    Bonne messe du dimanche et j'espère que la quête sera bonne.
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    1 juin 2011 20 h 45
    Merci, mais quoi que vous puissiez en dire, le conformisme social ambiant au Québec en 2011 va dans votre sens, pas dans le mien. Et vous le savez très bien.
    Vous devriez d'ailleurs vous en réjouir, non? Mais justement, vous aimiez bien pouvoir vous faire peur avec le cardinal Ouellet, commode punching bag bien intentionné et balourd au dernier degré. Moi, tout ce que je dis, c'est qu'on n'est plus dans les années 50. L'unanimité ça n'existe plus, mais les gens comme vous qui décrient celle d'autrefois tolèrent à peine quelques voix dissonnantes au sein du ronronnant consensus d'aujourd'hui.

    Quant à la pratique de la "collégialité" dont j'ai parlé, elle n'a rien de théologique. À mon sens, il y a même une vraie démission de la responsabilité individuelle des évêques avec cette façon de faire, qui n'est pas forcément spécifique au Québec d'ailleurs, mais qui semble avoir une tournure particulièrement contraignante à cause du grégarisme qui nous caractérise et qui s'explique peut-être, au-delà de nos défauts, par le fait que nous sommes une société peu nombreuse et toujours sur la défensive.

    Passez une bonne fin de semaine!
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