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Avis du Conseil du statut de la femme - La laïcité sans compromis quant aux droits des femmes

Michèle Sirois - Anthropologue et spécialiste en sociologie des religions et Bernard La Rivière - Docteur en théologie et membre du comité laïcité de Québec solidaire  5 avril 2011  Éthique et religion
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Photo : Illustration Christian Tiffet

L'avis que vient de publier le Conseil du statut de la femme (CSF) (Affirmer la laïcité, un pas de plus vers l'égalité réelle entre les femmes et les hommes) touche un sujet très sensible. Dans le contexte actuel où se déchaînent les passions autour de la question du voile intégral ou encore de celle des symboles et rituels religieux dans les institutions publiques (comme la prière du maire de Saguenay, Jean Tremblay), le CSF apporte une bouffée d'air frais dans la controverse qui oppose deux conceptions de la laïcité, qui sont à la fois deux visions antithétiques d'intégration des minorités et deux voies divergentes pour assurer l'égalité entre les hommes et les femmes.

Argumenté solidement, cet avis recense les questions, les problèmes et, surtout, il apporte des réponses cohérentes, constructives et dans le respect des droits des uns et des autres. La question de l'identité québécoise est alors replacée dans le contexte d'une société moderne et hors des sentiers du repli identitaire auquel nous ramène la bataille pour le maintien du crucifix à l'Assemblée nationale.

La vision confuse de la «laïcité ouverte»

La réaction du maire de Saguenay à la décision du Tribunal des droits de la personne au sujet de la prière et du crucifix aux séances du conseil municipal rappelle une époque que l'on croyait périmée. Depuis la fin des années 60 et la Révolution tranquille, l'identité des Québécois ne repose plus sur l'association entre la nation et la religion. Nous sommes devenus des Québécois, délaissant l'appellation de Canadiens français catholiques.

Devant ces Québécois qui appuient l'appel du maire Tremblay, nous sommes nombreux à croire qu'une grande partie de la responsabilité de ce recul revient à la commission Bouchard-Taylor qui a fait la promotion de la «laïcité ouverte». Le reste de la confusion doit être attribué à l'inaction du gouvernement face à la nécessité d'enchâsser la laïcité dans la Charte des droits de la personne et de baliser les décisions des administrations publiques avec une Charte de la laïcité.

On se rappellera que la Commission avait été mise sur pied justement pour répondre aux demandes d'accommodements religieux qui soulevaient de plus en plus l'impatience des citoyens et surtout des citoyennes, car plusieurs de ces arrangements se faisaient au détriment des droits des femmes. On peut mentionner à titre d'exemple le refus d'intégristes religieux de faire affaire avec des employées féminines de la Société d'assurance automobile du Québec, ou encore la recommandation faite aux policières de la Ville de Montréal de se mettre en retrait lorsque le citoyen interpellé appartenait à un groupe religieux intégriste qui refuse la mixité.

Au lieu de prendre position en faveur de la laïcité dans l'espace civique (à savoir les institutions publiques comme les hôpitaux, les écoles, l'Assemblée nationale, etc.), la commission Bouchard-Taylor a décidé d'en faire un débat sur l'intégration des personnes immigrantes et d'ouvrir grand les bras à toutes les manifestions religieuses venues d'ailleurs telles que le hidjab, le kirpan, le turban, les prières sur les lieux de travail, les congés supplémentaires, la non-mixité des piscines, etc. Mais par la même occasion, la Commission s'est empressée de demander à la société d'accueil de cacher tous ses crucifix, soudainement devenus des manifestations d'un manque d'ouverture au pluralisme.

Confusion et dérapages

De même, la protection des libertés religieuses et des droits individuels a été présentée comme le meilleur moyen d'intégration des minorités, banalisant du même coup des symboles de l'oppression des femmes tel le hidjab. Ces positions, d'ailleurs partagées par le Bloc québécois, Québec solidaire et la Fédération des femmes du Québec, ont fait en sorte que plusieurs Québécois ne se sentent pas écoutés dans leurs aspirations légitimes et se tournent de plus en plus vers les traditionalistes qui invoquent le patrimoine pour camoufler le retour du religieux dans l'espace civique.

C'est d'ailleurs le même phénomène qui explique qu'en Europe, l'extrême droite se présente comme la réponse aux peurs et frustrations de populations confrontées au chômage, à la crise économique et financière et aux doutes face à l'immigration. Confusion, zizanie et risques de dérapages xénophobes sont au rendez-vous.

Une vision claire de la laïcité

Par opposition, le CSF explique éloquemment qu'il ne peut y avoir de cohésion sociale sans le respect des trois valeurs fondamentales sur lesquelles se fonde le Québec moderne, à savoir la primauté du français, la séparation entre les sphères politique et religieuse et enfin, l'égalité entre les femmes et les hommes. Le CSF nous rappelle que la laïcité qui assure la protection de la liberté et de l'égalité entre toutes les citoyennes et citoyens ainsi qu'entre toutes les religions n'est pas reconnue officiellement et que le gouvernement doit corriger cette situation.

L'autre mérite du CSF, c'est d'avoir mis le doigt sur ce qui cloche dans l'approche anglo-saxonne jusqu'à présent utilisée au Canada et conséquemment imposée par la Cour suprême et entérinée par plusieurs de nos institutions. Selon le CSF, «[...] en favorisant les droits individuels sans présenter de contrepoids en ce qui concerne les valeurs collectives, la "laïcité ouverte" enferme la société dans une logique individualiste qui ne permet pas de contrer la politisation des religions qui prend la forme de l'intégrisme ou de la droite religieuse». En ouvrant la porte aux manifestations sexistes sous le couvert de la liberté de religion, la «laïcité ouverte» entrave la marche vers l'égalité réelle entre les sexes.

Par contre, en interdisant le port de signes religieux ostentatoires pour ses employés, l'État crée un espace où ceux-ci peuvent se soustraire aux pressions sociales, culturelles et religieuses qui s'exercent sur eux. C'est tout particulièrement le cas des femmes en raison du statut inférieur qui leur est réservé dans les religions. Ainsi, le visage de neutralité de l'État sera apparent et conforme à ce qu'il doit être dans une société pluraliste. [...]

Au moment où les chantres de la «laïcité ouverte» s'apprêtent à tenir en mai prochain leur Symposium sur l'interculturalisme sous la direction de Gérard Bouchard, cet avis du CSF arrive à point nommé pour mettre en lumière le recul important que représente pour les droits des femmes la réintroduction du religieux dans les institutions publiques.

***

Les auteurs sont tous deux porte-parole de la Coalition Laïcité Québec

***

Michèle Sirois - Anthropologue et spécialiste en sociologie des religions et Bernard La Rivière - Docteur en théologie et membre du comité laïcité de Québec solidaire
 
 
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  • Paul Dawson - Inscrit
    5 avril 2011 09 h 41
    Dieu du ciel!

    Dites-le vous à voix haute: «Conseil du statut de la femme».

    Sans rire là!

    Vous y arrivez? Dieu soit loué ou à crédit.
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  • Michele - Inscrite
    5 avril 2011 09 h 44
    Mécompréhension du cadre dans lequel s'inscrit la laïcité ouverte
    D'abord, historiquement le Québec a obtenu à partir de 1774 le droit de pratiquer la religion catholique et de donner une primauté au français, la nation québécoise est de nos jours reconnue. Par ailleurs, au Canada les droits des trois peuples fondateurs sont reconnus. C'est donc faux d'affirmer que la logique anglo-saxonne ne reconnaît pas les droits collectifs.

    Ensuite, la solution d'une laïcité radicale, telle que pratiquée en France n'empêche nullement la montée de la droite religieuse ou son existence. Elle semble plutôt la nourrir. En effet, lorsque l'État cautionne la discrimination, cela semble encourager les citoyens à faire de même.

    Puis, la laïcité ouverte telle que mise ne oeuvre au Québec renvoie à un espace public neutre où le français prévaut et derrière laquelle on retrouve une conception particulière de la personne porteuse de valeurs, au sens large ( certaines valeurs peuvent être de nature religieuse). Conséquemment, on reconnaît que les personnes sont subjectives. Pour comprendre ce virage, il faut délaisser la littérature française en abordant la littérature anglo-saxonne. Un effort minimal à mon avis, si on veut critiquer de manière rigoureuse ce qui est.
    Ce virage quant à la conception de la personne est issu de la réflexion intellectuelle et scientifique entre-autres en philosophie, philosophie politique, sociologie, lingusitique, interculturalisme, féminisme . Ce courant traverse toutes les sciences.

    Une personne vivant dans une démocratie détient, entre autres, les libertés d'expression, de conscience, de religion, d'association. Au Québec et au Canada, ces libertés sont reconnues. La personne est libre de s'associer à qui elle veut. Elle est reconnue en tant que personne pensante ayant des préférences.

    Bref, le Conseil du Statut de la femme présente une vision de la laîcité qui ne tient pas compte des avancées dans les domaines intellectuels, scientifiques et pire encore dans s
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  • Michel Page - Inscrit
    5 avril 2011 11 h 14
    le respect des croyances, des traditions et des valeurs de la société d'acceuil: une intégration positive par l'affirmation du catholicisme culturel ( ou du christianisme culturel dans tout le Canada) et à la langue commune le français!
    Nous ne croyons pas que la saine gestion du bien commun et le maintien de la paix sociale passent par l’instauration d’une laïcité extrémiste et intolérant à la manière du MLQ et de certaines positions nihilistes du CSF.

    Certes des principes mis de l’avant par le CSF ainsi quant à l'affirmation de l’importance de définir un contrat social faisant état des droits et des obligations de tous les citoyens envers les institutions communes sont fondés.
    Ce contrat social est largement contenu dans la continuité des traditions et des croyances du peuple d'acceuil, car il incombera toujours aux nouveaux arrivants de s'intégrer à la société: c'est une condition de viabilité et de stabilité de la société d'accueil.

    Le CSF semble être appuyé par le MLQ; et, en particulier des motivations du MLQ sembleraient entachées par certaines révélations rendues publiques sur internet: (http://quebeclaique.wordpress.com/2011/03/24/le-mo est-ce vrai? en tous les cas il y aurait matière à réflexion)

    Bien votre
    M.P.
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  • Mbotemingi - Abonné
    5 avril 2011 11 h 17
    Bravo au CSF
    Je suis entièrement d'accord avec votre article. L'avis du CSF apporte la cohésion nécessaire après les effets pervers de Bouchard-Taylor.

    Bravo à Christiane Pelchat et à son équipe pour cet avis.

    Vivement une charte de la laïcité afin d'en finir avec la confusion.

    Estelle
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  • Jean de Cuir - Abonné
    5 avril 2011 11 h 39
    Débats?
    L' histoire est complexe. Celle de l'avènement de l' État qui se fonde sur la souveraineté de la personne, aussi. Lorsqu'il s'agit de souveraineté, la circonscrire n'est pas aisée. Certes, toute personne est libre d'abdiquer. C'est ce que toute croyance fait en pratique: se soumettre "corps et âme" comme on dit à une autorité dite supérieure pour définir les valeurs et les axes principaux de la vie. Dans les croyances dites monothéistes, on incorpore selon et selon beaucoup de ce qui relève de moments culturels, c'est à dire de l'histoire en tel lieu. De plus, les réflexions théologiques épurent souvent la croyance de ses scories: ici, beaucoup de discussions et débats. Alors, que les instances normatives établissent des dogmatiques qui transcendent le temps, dit-on. Il y a ceux et celles qui réfléchissent et c-c- qui acceptent d'emblée l'autorité normative. Notons que souvent cette autorité se pense au-dessus de toute autre dont celle de la personne et de l'État. Or, chercher à inscrire un humanisme (laïcité) qui place la personne au-dessus de toute autre autorité ( la force, la croyance, la tradition, etc.) dans un "vivre-ensemble" et à constituer un État qui soit le miroir de cela, s'accomplit maintenant. Or, cet espace de vie ne se déploie que par la négociation. Elle se doit par nature d' être "ouverte" : l'agora de la cité (polis), de l'État, suppose une souveraineté , une liberté et donc une égalité de tous. Tenir une croyance essentiellement dogmatique apparaît en contradiction avec cet espace.
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  • Yvon Bureau - Abonné
    5 avril 2011 14 h 09
    Égalité femme-homme
    Égalité entre les personnes, toutes les personnes. Non négociable.

    Sans les religions, l'égalité homme-femme serait tellement plus possible.

    Et dire que toute religion est fausse, qu'elle fausse la vision de la réalité et du réel, et qu'elle est beaucoup trop souvent néfaste.

    Notre Assemblée nationale du Québec a tout ce qu'il faut en main pour proclamer solennellement l'égalité femme-homme, tout le temps et partout au Québec. Par un vote nominal, unanime et sans aucune abstention; rien de moins ! au nom de la PERSONNE en nous.
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  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite
    5 avril 2011 17 h 08
    Démenti au sujet du MLQ
    Le document auquel fait référence M. Michel Pagé est un document diffammatoire anonyme qui circule depuis quelques temps sur internet dans certains réseaux qui appuient la croisade du maire Jean Tremblay de Saguenay pour le maintien de la prière et des symboles religieux au conseil municipal et ce, à l'encontre d'un jugement du Tribunal des droits de la personne.
    Les allégations contenues dans ce document sont sans aucun fondement et ne servent de toute évidence qu'à déformer les positions du MLQ afin de les discréditer.
    Quiconque se donnera la peine de vérifier à la source, en consultant le site du Mouvement laïque quédébois ( www.mlq.qc.ca ) sera vite détrompé.
    La démarche des individus qui ont mis en ligne ce document anonyme et diffammatoire devient totalement immonde à partir du moment où ce document s'attaque à la personne de Mohammed Lotfi, réalisateur de radio bien connu et chroniqueur, qui n'a jamais été membre du MLQ mais dont on a découvert qu'il est le conjoint de la présidente du MLQ. L'identité arobo-musulmane de M. Lotfi y est soulignée à grands traits et la déformation éhontée de propos de M. Lotfi servent alors de prétexte à toutes sortes de suppositions induisant au racisme.
    Malheureusement ce document circule tojours largement et continue de faire des dommages.
    Les lecteurs du Devoir seront donc bien avisés de ne lui accorder aucun crédit.
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  • Roy10egen Roy10egen - Inscrit
    5 avril 2011 17 h 49
    LA DIVERSION DU DISCOURS SUR LA LAICITÉ
    Encore une fois la dispute des théoriciens et des intellectuelles sur la laicité : ouverte, restreinte, fermée et la nécessité ou non d'une charte!
    Il devient assomant ce discours savant qui prétend, moyennant une charte, offrir des solutions aux conflits sociaux et politiques ainsi qu'aux rapports inégalitaires systémiques (homme/femmes, nation dominante (dite de souche)/nations amérindiennes/couches immigrantes non de souches). Pour moi, ce discours est prétentieux et il ne donne la contre-partie qu'aux opposants aussi académiques que les premiers.

    Sans doutes fraudra-t-il éventuellement mettre noir sur blanc ce qui, au Québec, nous entendons par la séparation totale du pouvoir étatique du pouvoir et des institutions basées sur des croyances et des codes de conduites basées sur des croyances (ou religieuses. Dans les faits, la révolution tranquille des années 60 a réalisé un grand pas dans cette direction.... mais elle est loin d'ètre terminée cette révolution.  Est-ce que toutes les institutions étatiques sont actuellement totalement indépendantes des plus puissants lobbies religieux : catholiques, protestants, sionnistes et juifs en matières des programmes d'enseignements, de gestion des commissions scolaires, de subventions pour des écoles confessionnelles? Et si on continuait la recherche, on trouverait sans doutes bien des passes-droits, surtout si le groupe qui fait pression au nom de ses croyances joue un röle d'influence politique, électorale ou économique.

    Ce qui veut dire. Avant de perdre sa salive et ses énergies pour dicter et codifier une charte, battons-nous pour faire le ménage. Premier ménage: aucun financement ou subventions étatiques aux écoles confessionnelles et en contre-partie accroïtre la qualité et le financement du système publique d'éducation de la maternelle à l'université. Deuxièmement, établir des règles sévères qui interdirait le financement des partis politiques non seulement par l'ap
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  • lephilosophe - Inscrit
    5 avril 2011 19 h 48
    La protection d'État pour le mépris social
    L'argumentation contre nous présente est spécieuse à plus d'un égard. Je commencerais par l'accusation selon laquelle c'est la Commission Bouchard-Taylor, cette épine dans le pied des laïcistes «normatifs», serait responsable de ce «recul» (on cherche lequel), ou de cette utilisation du religieux sur le plan identitaire. Alors comment se fait-il que le «même phénomène» s'observe en Europe et que c'est l'extrême-droite qui l'exploite? Il me semble ici ce qui est présenté comme «la plus grande responsabilité du phénomène» soit totalement absente de sa conséquence ailleurs... Étrange vous ne trouvez pas?
    Ensuite, comment se fait-il que malgré l'interdiction du port des signes religieux dans les institutions françaises, on en soit rendu au seul débat sur l'islam dans la société française comme le propose Sarkozy en ce moment? Ma réponse est simple par la droite a toujours capitalisé sur la peur de l'autre (envers du discours sécuritaire), sur son obsession de transformer ce qui est la norme de la société, en obligation pour tous et toutes. Et il est bien là le problème, car vos demandes sont celles d'une restriction aux libertés individuelles au nom d'une norme sociale que vous décrétez supérieure «en nature» à celles que d'autres groupes défendent. C'est la première fois, dans l'histoire de ce que vous appelez le Québec moderne, qu'un groupe se prétendant porteur de valeurs universelles, vise à enchâsser dans la Charte des droits des clauses liberticides et visant à exclure plutôt qu'à inclure davantage de personnes dans l'exercice de leurs droits fondamentaux.
    En tant qu'homosexuel, j'ai déjà entendu ce genre d'arguments normatifs qui sont en fait ségrégationnistes. Car ne nous le cachons pas, toute votre argumentation ne vise pas véritablement la prière à Saguenay, mais vise les femmes musulmanes qui ont décidé de porter le voile. Vous les méprisez en ne vous figurant même pas qu'elles aient pu exercer
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  • Roy10egen Roy10egen - Inscrit
    5 avril 2011 19 h 51
    DIVERSION DU DISCOURS .... suite
    Mon commentaire précédent a été coupé... Voici les connclusions:
    Ce qui veut dire. Avant de perdre sa salive et ses énergies pour dicter et codifier une charte, battons-nous pour faire le ménage. Premier ménage: aucun financement ou subventions étatiques aux écoles confessionnelles et en contre-partie accroïtre la qualité et le financement du système publique d'éducation de la maternelle à l'université. Deuxièmement, établir des règles sévères qui interdirait le financement des partis politiques non seulement par l'apport des grandes ou petites entreprises, mais aussi venant de groupes et ou d'églises. Évidemment, étendre cette règle au niveau des institutions étatiques et à fortiori au niveau du parti et des élus siégeant à l'assemblée nationale!

    Faisons ce ménage et appliquons des politiques qui favorisent concrètement des rapports d'égalité de possibilités et de qualité de vie pour toutes les composantes de notre société: québécoisES de souches, québécoisEs amérindienNES, québécoisES de toutes générations nées ici ou ailleurs.  Alors peut-être pourrons-nous ré-écrire une charte des droits et liberté qui ferait le constat d'une réelle sépartation de l'État des églises. Bref, ce débat est d'abord une bataille politique avant d'être académique et juridique.
    Jean-Jacques Roy
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    5 avril 2011 19 h 52
    Égalité homme/femme déjà là, et autres illusions... (1)
    Dans cet article et dans certains propos des lecteurs, il y a pas mal de concepts dévoyés, de prétentions sans fondement, de semi vérités et de mensonges. Presque tout porte à confusion chez les tenants d'une laïcité dite stricte.

    Ainsi, la commission Bouchard Taylor a le dos large et serait à l'origine de la confusion qui règne dans ce débat, l'ayant fait dérapé en ce qui concerne les accomodements dits raisonnables qui froissaient les "de souche", vers une question d'intégration des immigrants. Les auteurs n'ont pas écouté à l'évidence les débats de ladite commission, pourtant diffusés en direct. On pouvait y voir que cet aspect légitime du débat était amené par les participants de diverses origignes, parfois honnêtement et parfois non, et aussi que le rôle des deux commissaires était de laisser le peuple, dans sa diversité s'exprimer, mais pas toujours de façon équitable. D'autre part, les deux signataires de l'article reprennent ce mot qui fait s'afoller le poil sur les avant-bras d'une bonne partie des de souche, "ostentatoire". Pourtant, quand on consulte un dictionnaire on voit que le voile, du point de vue des musulmans, le seul valide, est tout sauf ostentatoire: je suis athée, areligieuse et je ne veux pas avaliser ce point de vue, mais pour ces femmes le foulard et ses avatars ne sont en rien ostentatoire, ils relèvent de la décence, de la pudeur toutes notions tombées en désuétudes en occident, pour le meilleur et pour le pire. Et pour revenir à l'un de mes points de départ, l'intégration, ce sujet n'émanait pas des commissaires mais des immigrants qui se sont présenté à la commission. Prétendre le contraire c'est faire preuve de malhonnêteté ou d'ignorance: le taux de chômage chez les immigrant-e-s nord-africains est faramineux, ( à peine plus "raisonnable" chez la communtauté noire, majoritairement bilignue et instruite). Celui-ci serait attribuable à une minorité de femmes voilées?
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  • Roy10egen Roy10egen - Inscrit
    5 avril 2011 20 h 23
    @Michel Page
    '' le respect des croyances, des traditions et des valeurs de la société d'acceuil ''

    L'auteur de ce commentaire laisse entendre que la société d'accueil qui recoit les immigrantEs au Québec du 21e. siècle serait la société des années 40 et 50 du temps de Duplessis!
     Entre temps, il y a eu la révolution tranquille, le développpement industriel, la capitalisation de l'industrie agricole, l'émigration des campagnes vers la ville, l'arrivée massive des jeunes générations venant des campagnes vers les grands centres urbains, l'arrivée massive des femmes sur le marché du travail et la revendication de leur droits a l'égalité et au contröle de leurs maternité (voila par rapport par rapport a l'ancien recyclé vers l'actuel). Mais, en plus, dans ce Québec des années 60 se sont ajoutées- en grand nombre-  d'autres composantes ethniques tout aussi québécoise que celui qui écrit et qui forment la société d'accueil actuelle.  Bref, ce que furent les croyances, les traditions et les valeurs de la société d'accueil du Québec des années 40 (plutôt moyenâgeuses), font parties du patrimoine et du folklore. Vouloir réuniformiser le Québec et les nouveaux arrivants est une entreprise vaine qui ne serait soutenue que par des vieillards nostalgiques qui n'ont pas bien vécu leur époque.
    Il faut achever les tâches amorcées par la révolutiontranquille, oui. Oui, mais avec les générations nouvelles nées aux Québec et de toutes couleures... Effectuons cette transformation en donnant une place a tout le monde... y compris les amériendienNEs qui font aussi parties de notre société et qu'il faudra un jours ou l'autre inclure avec toute leurs diversités culturelles.

    Jean-Jacques Roy
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  • Marie-Michelle Poisson - Inscrite
    5 avril 2011 22 h 34
    L'immigrant peut-il être sans religion?
    La laïcité ouverte est fondée sur un préjugé tenace qui décrète que tous les immigrants sont nécessairement religieux et que l'intégration de ces immigrants nécessite des accommodements religieux, au cas par cas, qui font excetions aux règles qui régissent nos instituions communes.

    Or les immigrants ne sont pas tous à ce point religieux.

    Pour preuve ce vidéo qui circule en ce moment sur le web.

    http://www.youtube.com/watch?v=Od4kreBA4A0

    Mais alors pourquoi, malgré ces évidences maintes fois répétées par les principaux intéressés, les tenants de la "laïcité ouverte" font-ils la sourde oreille? Les defenseurs de la "laïcité ouverte" ont-t-ils quelqu'intérêt à entrenir cette fiction de l'immigrant nécessairement religieux? Ce sont des questions qui doivent être posees!
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    6 avril 2011 06 h 37
    Égalité homme/femme déjà là, et autres illusions... (2)
    L'actualité, la réalité montrent que, contrairement à ce qu'affirme les auteurs de l'article les "trois valeurs fondamentales du Québec moderne, à savoir la primauté du français, la séparation entre les sphères politique et religieuse et enfin, l'égalité entre les femmes et les hommes." sont fragiles, questionables et questionnées. M. Yvon Bureau écrit "Notre Assemblée nationale du Québec a tout ce qu'il faut en main pour proclamer solennellement l'égalité femme-homme, tout le temps et partout au Québec.". Pour la proclamer faudrait qu'elle soit là, justement...

    Or le revenu des femmes femmes n'a jamais franchi la barre des 70% du revenu des hommes, cela est particulièrement vrai dans le milieu des arts pourtant largement soutenu par les femmes. Mais leurs charges financières sont de plus en plus lourdes, et la raison réelle en est que nos prétendues valeurs, définies par on ne sait qui, ne seraient-elles pas plutôt l'argent, la beauté et la jeunesse? Dans ce contexte lié à la mondialisation, le combat de la député Lisette Lapointe pour que les pensions versées aux femmes sur l'aide sociale par leurs ex conjoints ne soient plus comptabilisées comme un revenu de travail, s'avère mort né, et on met le focus sur l'islam qui menace quelque chose... qui n'est pas encore déjà là.

    Le mouvement féministe lui peine à trouver un second souffle, ne sait plus à quelles causes se vouer: la prostitution est un métier comme un autre affirment certaines féministes (si c'est le cas, pourquoi ne pas fournir de formations?), l'hypersexualition des filles est un nouveau pouvoir qui leur est octroyé (wow !), pour d'autres. Dans la première flambée d'une tangeante anti musulmane (2007) un journaliste posait à la blague la question "sommes-nous racistes ou juste mêlés?", J'opte pour cette dernière ou... un peu des deux? Mais cette confusion nous coûte cher, et de plus en plus divisé le Québec votera-t-il encore libéral?
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    6 avril 2011 09 h 36
    Laïcité ouverte ou fermée: un autre faux débat...
    La laïcité n'a pas à être ouverte ou fermée, mais équitable ou, selon le Petit Robert, "neutre entre les religions". Ce n'est pas le cas de la laïcité proposée par le P. Q.: celle-ci est une laïcité fermée... aux seuls musulmans. L'interdiction du port de signes "ostentatoires"
    dans la fonction publique ne touchera guère la communauté juive, sauf quelques porteurs de la kippa; les femmes d'origine indienne, voilées depuis des lustres, anglophones pour la plupart n'y sont que peu ou pas représentées. Cette laïcité, véritable passoire, n'est surtout pas fermée aux sectes de tous acabits, principalement à la scientologie, contrairement à la France ou à la Belgique, qui ne se gênent pas pour poursuivre cette "église" principalement pour fraudes; mais ici on lui ouvre les portes de nos universités et les coffres de l'État... La neutralité étatique ne serait qu'une affaire d'apparence?

    Les gestes de laïcité proposés par la commission Bouchard Taylor visent directement les liens entre l'état et la religion, liens qui s'affichent et pas que dans les lieux du pouvoir politique: dans les écoles privées subventionnées, majoritairement catholiques, et les hôpitaux. Mais ici on se retrouve devant un autre concept fumeux, non défini "le patrimoinde religieux" présumément historique et intouchable, de la barbe du père Noël au crucifix de l'assemblée nationale. Car les "vieillards" auxquels se réfère ironiquemenet Jean-Jacques Roy ont jadis laissé tomber leur foi sans qu'il y ait au Québec le moindre débat, sans que les valeurs qui lui étaient rattachées aient été remplacées. Alors, pour paraphraser D. Bombardier, leur coeur est resté dans fond du bénitier, d'où reflux gastrique si une "nouvelle" religion s'affiche.

    Cette confusion, cette division même au sein du P. Q. et de Q. S. ne peut que favoriser le statuquoïsme libéral. Et vogue (ou coule) la galère!
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  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    6 avril 2011 09 h 44
    Correction
    Au début du premier paragraphe j'aurais dû écrire "qu'aux seules musulmanes".
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  • Michel Page - Inscrit
    6 avril 2011 11 h 34
    Une large part de la création artistique actuelle relève du catholicisme (chritiennneté) culturel
    à M. Jean-Jacques Roy

    Il est difficile de transmettre une idée ... et d'être compris.

    La nation à laquelle je me réfère est bien présente et actuelle. L'héritage religieux opère partout, dans tous les pays, à un certain degré par la référence à un imaginaire symbolique source de création.
    Ici, presque toutes les "créations" récentes de qualité (contes, chansons, films, .. tout ce qui transmet une relation au domaine cocio-affectif) se rapporte à une forme utile du catholicisme culturel... Aicsi les Invahions barbares, Jésus de Montréal, les chanons de Mes Aieux, les contes de Fred Pellerin, etc... c'est normal utile et demeurera un matériau de construction artistique tant que l'histoire sera enseignée, tant que la québécité sera transmise par l'éducation familiae et scolaire...... utilement qu'il y aura une tranmission utile à une société stable et viable de valeurs fondamentales...

    ... " lieu de diffusion de schèmes culturels fondamentaux présumés partagés par le groupe social stable et viable..."
    cours de sociologie...

    Bien votre.
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  • Odebel - Inscrite
    11 avril 2011 09 h 48
    Que de discours!
    Tout cela est fort intéressant. Les points de vue se valent. Une laïcité exprimée sur le papier semble être la solution urgente vers laquelle l'État doit oser se prononcer. Quant à la laïcité dite « ouverte », moi je l'avais compris ce mot au sens de « ouverte au droit d'exprimer et de manifester sa religion » comme le dit la Charte des droits et libertés. Une laïcité extrémiste n'est pas plus valable qu'une religion extrémiste. Ce qui choque donc dans tous ces débats, ce sont les positions extrémistes de part et d'autre.

    N'oublions pas :

    l'Homme est un homo religiosus. En étudiant le comportement humain, on s'aperçoit que le sacré y occupe une bonne place. La simple rencontre d'ami-e-s autour d'un bon repas (souvent accompagné de vin... et de pain...) peut faire figure de communion... On ne peut donc pas reléguer le phénomène religieux aux oubliettes...

    En assistant à une conférence du MLQ, j'ai été choquée de lire sur une pancarte « OUI à la laïcité, NON à la religion ». Cette attitude est tout aussi subversive que de porter le hiqab ou la burka... C'est cet extrémisme-là qui dérange. Il est vrai aussi que la pudeur que cherche à exprimer les femmes portant le hijab vient un peu donner une leçon celles qui, victimes de la mode ou de l'hypersexualisation, exposent sans pudeur leurs seins souvent fabriqués comme si toute la féminité se résumait à ces deux toutefois importantes mamelles qui nourrissent la vie! Il est vrai aussi que d'une certaine manière l'islam, en priant cinq fois par jour, peu importe l'activité du moment donne un bel exemple qu'on ne saurait condamner. Mais est-ce un extrémisme? Brimer la liberté des uns au détriment des autres n'est pas plus acceptable quel que soit le côté auquel on appartient. Si je laisse quelqu'un faire ses prières n'importe où, n'importe quand, je lui laisse sa liberté, mais si elle va à l'encontre de la culture et des moeurs d'un peuple établi, elle brime cet
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  • Odebel - Inscrite
    11 avril 2011 09 h 52
    suite au commentaire qui précède
    Pas d'extrémisme de quelque bord qu'il soit, de grâce! Pour moi, une communauté plurielle signifie qu'il faille composer avec des croyants et des non croyants, dans le respect et l'égalité des uns et des autres. Mais, avant tout, être un bon citoyen, ce qui signifie « respecter les lois du pays dans lequel on vit » que l'on soit « de souche » ou immigrant-e-s.

    Une bonne laïcité (à laquelle je suis favorable à la condition de ne pas tomber dans l'extrémisme) doit respecter à la fois les hommes et les femmes qui la composent (il faudrait aussi inclure les enfants), il faudrait aussi inclure (les animaux - la terre appartient à la nature tout entière) et elle doit respecter à la fois les non croyants et les croyants.

    Conclusion : OUI à l'enchâssement des principes fondamentaux d'une laïcité sage (vous ne l'aviez pas vu venir celle-là hein?), NON à toute forme d'extrémisme laïque ou religieux.

    Quant au Maire Tremblay, je crois que ce qu'il ne comprend pas, ce n'est pas qu'il n'ait pas le droit de faire sa prière (quelle saine habitude en effet), mais plutôt qu'en ce faisant devant toute une communauté qui ne partage pas forcément sa croyance, il ne respecte pas les autres et brime leur liberté de ne pas croire.

    Que DIEU existe ou non, qu'il soit extérieur ou intérieur, qu'IL existe vraiment ou qu'IL soit une pure fabrication, nous n'avons pas à en faire la preuve. Nous devons simplement donner aux autres leur liberté de CROIRE ou de ne pas CROIRE. À mon avis...
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  • Marie-France Legault - Inscrit
    8 janvier 2012 11 h 36
    Un conseil au CSF
    je vous incite fortement à lire Le CORAN
    surtout la Sourate 1V, verset 38 sur les femmes
    vous y constaterez que l'égalité homme et femme
    est absente...
    l'homme est considéré SUPÉRIEUR à la femme
    donc cela lui donne tous les droits.


    TOUTES les femmes du Québec devraient lire la Sourate 1V. vers, 38
    pour leur ouvrir les yeux...
    arrêter d'être naïve!
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