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L'Oratoire Saint-Joseph fait le plein de fidèles

La Presse canadienne   17 octobre 2010 16h36  Éthique et religion
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
La crypte de l'Oratoire Saint-Joseph débordait. Des dizaines de fidèles y avaient carrément passé la nuit de samedi. Quelques-uns avaient commencé à gravir les marches à genoux à compter de 2h30. D'autres, qui sont arrivés à 4h du matin — l'heure prévue de la retransmission de la cérémonie de canonisation du frère André en directe du Vatican — se sont heurtés à des portes closes.

«Désolé, vous ne pouvez pas entrer. Essayez de passer par une autre porte.»
 
Mark Rosario et sa conjointe avaient roulé pendant plus 10 heures. Partis de l'État du Maryland la veille expressément pour vivre l'événement, ils ont été accueillis par un employé complètement dépassé par les événements qui leur bloquait l'accès bien malgré lui. «Nous aurions dû faire moins d'arrêts sur la route», a rigolé M. Rosario.
 
Lui et sa conjointe n'ont pas été les seuls à être surpris de l'ampleur du rassemblement.
 
«On ne contrôle pas la situation. Il y a beaucoup de gens, beaucoup plus que prévu. J'ai reçu l'ordre des pompiers de ne pas laisser entrer les gens pour une question de sécurité», a expliqué Éric Bisson, secouriste à l'Oratoire.
 
Ils ont en effet été quelque 1200 personnes à s'entasser dans la crypte de l'Oratoire Saint-Joseph, une salle dont la capacité maximale est d'environ 800 places. En plus de refouler les visiteurs aux portes du sanctuaire, les employés ont dû demander à des dizaines de personnes de quitter la salle, et ce, à quelques minutes du début de la retransmission.
 
Pour tenter de calmer le jeu, les organisateurs ont diffusé le son dans la basilique, une salle techniquement impossible à utiliser pour la retransmission, selon Danielle Decelles, ajointe au bureau des communications de l'Oratoire.
 
«Dans la basilique, il y a un décalage de son de 11 secondes. On souhaitait que les gens qui ont pris la peine de se déplacer pour assister à la célébration puissent bien entendre», a-t-elle expliqué.
 
Un événement historique

Le brouhaha des premières minutes n'a pas troublé Frédéric Boulianne, qui était debout au fond de la crypte, près du jubé. Il avait fait ses prières en faisant l'ascension des marches à genoux. Des prières qu'il adresse depuis tout récemment au saint frère André.
 
«La journée où ma femme est tombée dans le coma, le 16 février 2010, la nouvelle de la canonisation est sortie à la radio et à la télévision. C'est à ce moment-là que je l'ai découvert. Je me suis mis à prier avec lui pour Marie-Claude», a témoigné M. Boulianne.
 
«Je ne suis pas venu expressément de Maniwaki juste pour cela, a-t-il poursuivi. Mais (...) j'en ai profité pour assister à cet événement historique.»
 
Saint des temps modernes

Catherine Kirkpatrick a elle aussi voulu assister à la canonisation «d'un saint des temps modernes». Avec une trentaine d'étudiants de l'Université York de Toronto, la jeune fille de 18 ans a fait le trajet en autobus à partir de la Ville-Reine.
 
«C'est probablement la seule occasion que j'aurai d'assister à quelque chose comme cela. En plus, saint (frère) André est une personne tellement inspirante. J'ai lu un livre à son sujet, et j'ai été tellement touchée que j'ai ressenti le besoin d'être ici», a-t-elle affirmé.
 
La Torontoise a assuré qu'elle conserverait un souvenir «impérissable» de la frénésie qui s'est emparée de la foule lorsque le pape Benoît XVI a officiellement élevé le frère André au statut de saint.
 
Rendez-vous au Stade olympique

Un avant-goût de ce qui risque de se produire au Stade olympique, le 30 octobre, où des dizaines de milliers de personnes sont attendues pour un grand rassemblement qui sera présidé par le cardinal Jean-Claude Turcotte.
 
«Nous pensons attirer entre 50 000 et 60 000 personnes au Stade olympique. Ce sera sans doute l'événement le plus important depuis les Jeux olympiques de 1976», a lancé Pierre Dufour, le vice-recteur à la pastorale de l'Oratoire.
 
L'arrière-petit-neveu du frère André, Kenneth Ostberg, ne sait pas encore s'il sera de cette cérémonie. Dimanche soir, il a néanmoins tenu à assister à la retransmission en compagnie de ses deux soeurs, de sa femme et de sa fille.
 
Kenneth Ostberg n'a jamais connu son arrière-grand-oncle. Mais bien qu'il affirme être un catholique non pratiquant, il reconnaît tout de même, en quelque sorte, des pouvoirs divins à son saint parent.
 
«Mes deux soeurs et moi lui devons la vie. Notre mère avait développé la tuberculose alors qu'elle était une jeune fille. Les médecins lui avaient dit, il y a de cela 85 ou 90 ans, qu'elle ne pourrait pas marcher ou avoir d'enfants. Mais frère André est intervenu... et nous voilà, mes deux soeurs et moi.»
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
Des milliers de fidèles réunis à l'Oratoire Saint-Joseph ont assisté à distance à la cérémonie de canonisation du frère André.
 
 
 
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    17 octobre 2010 15 h 41
    Quelle nuit!
    J'y étais! Ce n'était pas prévu... Un ami non croyant qui me sait pratiquant m'avait demandé si je pensais aller à l'Oratoire. Comme c'est un couche-tard je lui ai dit qu'on serait mieux d'aller à la messe du samedi à 19h30 (plutôt qu'à celle du dimanche à 11h00). Je croyais qu'on aurait de la place; en fait, on est arrivé 15 minutes d'avance et il a fallu rester debout. Après je l'ai raccompagné au métro... et je suis revenu! L'article rapporte que des "dizaines" de personnes ont passé toute la nuit sur place, ce qui montre que le journaliste n'a pas été témoin de ce dont il parle; en fait, la crypte est contamment restée aussi pleine de monde; quelques personnes sont parties (malheureusement pour celles qui croyaient pouvoir revenir), d'autres gens sont arrivés tout au long de la soirée; à partir de 3h30 on ne pouvait quasiment plus circuler. En attendant la retransmission de la canonisation à 4h00, il y eut animation continue avec différents groupes de prière et communautés religieusesà toutes les heures. Et la preuve que les organisateurs ne s'attendaient pas qu'il y ait aurtant de monde, c'est que les animateurs n'avaient jamais assez de feuillets pour tous les assistants.
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  •  
  • Claude Gilbert - Inscrit
    17 octobre 2010 15 h 43
    suite
    Une remarque.

    S'il y a une chose que je crois avoir saisie, c'est la raison pour laquelle beaucoup de membres des communautés culturelles manifestent autant d'intérêt pour le frère André (ce type extrême, même s'il est sympathique, d'un certain vieux catholicisme canadien français): c'est à cause de son parcours de vie qui doit être évocateur pour bien des immigrants à l'existence bousculée. Orphelin à 12 ans, lui et ses 9 frères et soeurs dispersés dans les familles de leur parenté, lui-même contraint à faire 36 métiers jusqu'à devoir s'exiler aux USA, et ensuite admis de peine et de misère dans une communauté religieuse qui l'a tenu à l'écart pendant des années et faillit le renvoyer plus tard à cause de sa vocation imprévue et perturbante de thaumaturge...

    Cette soirée fut une occasion mémorable de communauté spontanée, légèrement bordélique sur les bords, mais oû la fatigue et les quelques frictions inévitables dans ce contexte n'ont jamais altéré la joie, la paix et la courtoisie entre des gens que les différences sociales, de culture ou d'âge n'ont pas empêché de former une assemblée vibrante. Les applaudissements et l'ovation à 5h45 après que Benoît XVI eut prononcé la canonisation formelle du frère André, c'était pas quelque chose à quoi on pouvait forcément s'attendre après une nuit de veille! Bref, merci à mon ami incroyant; sans lui, j'aurais bien pu manquer ça...
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  • France Marcotte - Abonnée
    17 octobre 2010 16 h 37
    Besoin urgent de s'enthousiasmer pour quelque chose
    En voyant sur les photos les gens regarder au ciel, je me dis qu'elles auraient aussi bien pu être prises à Houston lors du décollage d'une fusée vers Mars...Vraiment, on a un besoin urgent de se retrouver ensemble pour s'enthousiasmer de quelque chose qui touche. Cet événement déclenche quelque chose d'étrange, il faudra l'analyser avec finesse.
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  •  
  • Mario Plourde - Inscrit
    17 octobre 2010 17 h 30
    respect des athées
    Une couverture médiatique d'évènements athées serait une chose bonne, juste et belle dans une société démocratique égalitaire et cosmopolitaine
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  •  
  • Augustin Rehel - Inscrit
    17 octobre 2010 17 h 51
    Un moment grandiose
    Tous les gens qui ont témoigné ont utilisé le même vocable: un moment grandiose.

    C'est beau ce que vous écrivé Monsieur Gilbert: pas de différences de culture d'ordre social, culturel ou d'âge. Tous étaient unis par un même esprit.

    Vous avez donc vécu un peu ce que l'on disait au début: VOYEZ COMME ILS S'AIMENT...

    Merci d'avoir témoigné de façon si objective. Vous êtes un témoin pour nous tous ...
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  •  
  • Guy Lemieux - Inscrit
    17 octobre 2010 18 h 14
    Une subvention papale...
    Accorder un saint au Québec ....

    Grouppie de St.Joseph ....De quoi faire réfléchir la nouvelle Curée ...une belle P.M.E. pour les Croyants ...Il suffit de remplacer le le fils pour le Père ...Mgr:Turcotte est parti à temps...Les Ste-Croix avaient besoin d une diversion bien ordonnée . Bienvenue Alfred ...
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  •  
  • Rodrigue Tremblay - Inscrit
    17 octobre 2010 19 h 09
    @M. Gilbert
    Ben non. La forte présence d'immigrants s'explique parce qu'ils viennent de pays fortement catholiques, comme le Québec de l'époque du Frère André. Avez-vu des Chinois? Des Coréens? Des Russes? Des Grecs? Des Marocains? Des Israéliens? Des Iraniens? Des Indiens? Des Tamouls?
    Non, juste des Haitiens, des Latinos et des Philippins. Des gens de pays encore très très cathos qui croient aux miracles.
    Vous avez remarqué le scepticisme du Cardinal Turcotte sur les miracles? C'est ce qui m'a le plus frappé en fin de semaine. Quant le grand boss n'y croit pas...
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  •  
  • Visionnaire - Inscrit
    18 octobre 2010 07 h 41
    Le plein de chapelets
    Maintenant, il va falloir surveiller les foules aux églises le dimanche. Les commercants pour leur part vont faire des affaires d'or en vendant des images du Saint, des chapelets, rosaires, scapulaires et des rééditions du petit catéchisme.
    Amen !
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    18 octobre 2010 07 h 57
    @ M. Tremblay
    Vous oubliez les Portugais, les Italiens, les Irlandais, des Africains, des Libanais, des Vietnamiens et j'en passe.

    "Baloc Nguen se voulait le représentant de tous ces Vietnamiens qui se sont réfugiés au Québec dans les années 70 et 80 et qui furent nombreux à fréquenter l'Oratoire Saint-Joseph dès leur arrivée. «Si on est québécois aujourd'hui, dit-il, c'est un peu grâce au frère André. Avec lui, on a bien réussi.»"

    http://www.ledevoir.com/societe/ethique-et-religio
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  •  
  • Jean St-Jacques - Abonné
    19 octobre 2010 07 h 55
    Commerce florissant
    Quel événement plublicitaire pour l'Oratoire et le Vatican.
    Les souvenirs se vendent et on encaisse l'argent de cet homme qui vivait dans la pauvreté, rejeté par sa communauté.

    Pourqoi on canonise toujours des religieux ou des religieuses?
    Il existe aussi des femmes et des hommes laïcs qui ont mené une vie exemplaire.

    Beaucoup de tapage pour promouvoir une religion qui est en déclin.
    Nous savions depuis longtemps que André Bessette était un homme exemplaire et il n'aurait jamais accepté ce cirque.
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