Hommage au mystérieux frère Sylvio-Alfred
Les pages du Devoir savent parfois nous ramener vers un passé pas si lointain qu'il n'y paraît. C'est avec un étonnement mêlé de beaucoup d'émotion que j'ai lu l'article de Luc Dupont, «Les cinquante ans des Insolences du frère Untel», publié dans l'édition des samedi 4 et dimanche 5 septembre derniers. Ce n'est pas tant la figure austère de Jean-Paul Desbiens qui a attiré mon attention dans cet article que celle de l'humble religieux dont il est fait mention dans le sous-titre: «Petite histoire d'une photo, ou qui était le frère Sylvio-Alfred».
Je n'ai pas connu ce frère mariste, tiré de l'anonymat par M. Dupont; par contre, j'ai eu la chance et même le privilège d'être formé intellectuellement par le laïc qu'il redeviendra plus tard, le professeur Jean-Paul Bussières. C'était en 1974, à l'école secondaire Louis-Jolliet, établissement public de la Commission des écoles catholiques de Québec. M. Bussières y donnait le cours d'enseignement religieux, mais aussi un cours tout à fait singulier, Méthodes et techniques de travail, qu'il maîtrisait à merveille.
Les gamins de 16 ans que nous étions ne s'ennuyaient jamais dans sa classe; M. Bussières avait eu l'audace de transformer un simple cours de méthodologie en cours de formation générale, où il était question évidemment de «références en bas de page», de «bibliographie», de «présentation matérielle» d'un travail, comme le prescrivait le ministère, mais qui traitait aussi et souvent de littérature universelle, de philosophie antique, de peinture et de musique classique, grâce à la personnalité et au savoir de notre maître.
La culture encyclopédique de M. Bussières nous épatait. Loin de l'esbroufe des profs d'université, avec humilité et intelligence notre enseignant a su nous ouvrir au monde, à l'art et à la pensée en nous inculquant l'amour du travail bien fait et le respect pour les grandes oeuvres de l'esprit, particulièrement pour celles qui échappaient encore à nos têtes d'adolescents et que nous finirions bien par comprendre à la maturité.
À la fin de l'année scolaire, je me souviens qu'un groupe d'élèves avait organisé une petite cérémonie pour témoigner à M. Bussières toute la reconnaissance que nous éprouvions pour la solide formation reçue de lui et pour l'aide qu'il nous avait apportée tout au long de l'année. Une plaque lui avait été remise, un disque de musique sacrée et quelque autre présent. Sur la plaque étaient gravés les mots «humain», «cultivé» et «passionné», mots mûrement choisis par des finissants du secondaire, au milieu des années 1970, pour désigner l'idéal du professeur.
Luc Dupont a levé le voile sur le mystérieux frère Sylvio-Alfred. J'ai cru bon faire écho à son article en rendant hommage à l'inoubliable enseignant que ce «simple frère», revenu à la vie séculière, deviendra plus tard.
Je n'ai pas connu ce frère mariste, tiré de l'anonymat par M. Dupont; par contre, j'ai eu la chance et même le privilège d'être formé intellectuellement par le laïc qu'il redeviendra plus tard, le professeur Jean-Paul Bussières. C'était en 1974, à l'école secondaire Louis-Jolliet, établissement public de la Commission des écoles catholiques de Québec. M. Bussières y donnait le cours d'enseignement religieux, mais aussi un cours tout à fait singulier, Méthodes et techniques de travail, qu'il maîtrisait à merveille.
Les gamins de 16 ans que nous étions ne s'ennuyaient jamais dans sa classe; M. Bussières avait eu l'audace de transformer un simple cours de méthodologie en cours de formation générale, où il était question évidemment de «références en bas de page», de «bibliographie», de «présentation matérielle» d'un travail, comme le prescrivait le ministère, mais qui traitait aussi et souvent de littérature universelle, de philosophie antique, de peinture et de musique classique, grâce à la personnalité et au savoir de notre maître.
La culture encyclopédique de M. Bussières nous épatait. Loin de l'esbroufe des profs d'université, avec humilité et intelligence notre enseignant a su nous ouvrir au monde, à l'art et à la pensée en nous inculquant l'amour du travail bien fait et le respect pour les grandes oeuvres de l'esprit, particulièrement pour celles qui échappaient encore à nos têtes d'adolescents et que nous finirions bien par comprendre à la maturité.
À la fin de l'année scolaire, je me souviens qu'un groupe d'élèves avait organisé une petite cérémonie pour témoigner à M. Bussières toute la reconnaissance que nous éprouvions pour la solide formation reçue de lui et pour l'aide qu'il nous avait apportée tout au long de l'année. Une plaque lui avait été remise, un disque de musique sacrée et quelque autre présent. Sur la plaque étaient gravés les mots «humain», «cultivé» et «passionné», mots mûrement choisis par des finissants du secondaire, au milieu des années 1970, pour désigner l'idéal du professeur.
Luc Dupont a levé le voile sur le mystérieux frère Sylvio-Alfred. J'ai cru bon faire écho à son article en rendant hommage à l'inoubliable enseignant que ce «simple frère», revenu à la vie séculière, deviendra plus tard.
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