jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 20h15
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Au royaume de la confusion

«Est-ce que l'être humain peut se réincarner après la mort?» Cette question n'a pas été posée dans une réunion secrète d'une vague secte ésotérique. Elle n'est ni le fruit de l'esprit égaré d'un adorateur de la flamme violette ni sortie d'un petit catéchisme de bouddhisme tibétain. Croyez-le ou non, elle a été formulée afin d'évaluer le niveau des élèves qui ont suivi le cours d'éthique et de culture religieuse du Québec. Voilà ce que nous révélait la semaine dernière une série d'articles du Devoir faisant notamment le bilan de ce nouveau cours.

Des examinateurs, qu'on imagine être parmi les esprits les mieux formés en la matière, ont donc jugé bon de demander aux élèves si la réincarnation, un concept par ailleurs étranger à la culture occidentale, était possible. Ils n'ont pas demandé comment les religions orientales ou animistes considéraient la réincarnation. Ils n'ont pas voulu savoir si la réincarnation avait sa place dans les grandes religions monothéistes ou quelle forme elle prenait dans les légendes amérindiennes. Ces questions auraient permis d'évaluer les connaissances des élèves. Mais on sait que l'évaluation des connaissances répugne aux nouveaux programmes. Ne reculant devant rien, ces examinateurs ont donc purement et simplement demandé aux élèves si la réincarnation avait un sens. On imagine que, la prochaine fois, ils leur demanderont si l'Immaculée Conception est possible, si les miracles sont avérés et, pourquoi pas, si Dieu existe!

Cet exemple est loin d'être isolé. Dans d'autres écoles, on a demandé à des élèves du primaire de décliner publiquement leurs croyances sans égard pour ceux qui n'en avaient pas ou qui ne savaient pas. On a aussi demandé à des élèves du secondaire d'inventer de toutes pièces une religion, ridiculisant du coup ce qui relève d'un héritage millénaire digne du plus grand respect. Passons sur ces enseignants qui ont proposé de redessiner le fleurdelisé sans la croix pour le rendre plus «inclusif». Sans parler de la part congrue, sinon inexistante, faite aux philosophies athées et agnostiques. Est-il besoin d'autres exemples pour comprendre que le cours ECR ouvre la porte toute grande à la violation de la liberté de conscience des élèves et des familles?

Il n'est donc pas surprenant que le juge Gérard Dugré ait statué cette semaine que l'obligation de dispenser ce cours violait la liberté du collège Loyola, qui est un collège catholique. En cela, le juge n'a pas tort. Pourtant, son jugement est loin de clarifier véritablement les choses. Le juge Dugré ajoute en effet à la confusion lorsqu'il reproche à l'État d'imposer une perspective laïque aux écoles confessionnelles.

Une étude plus serrée lui aurait permis de découvrir que le cours ECR est tout sauf laïque. En effet, sa philosophie générale viole littéralement les droits des non-croyants en accordant un statut particulier aux religions, rejetant dans les limbes toutes les autres formes de spiritualité. Pour ses concepteurs, les religions ont «le monopole du sens», pour reprendre les mots de l'écrivain Régis Debray. Mais le cours viole aussi les droits des croyants dans la mesure où il prêche ouvertement un relativisme culturel inacceptable. Selon les concepteurs du cours ECR, toutes les religions se valent. La conclusion logique, c'est qu'il n'y a donc pas de vérité révélée, mais plusieurs vérités toutes équivalentes. Les croyants ont toutes les raisons d'être choqués.

Un cours respectant strictement la laïcité s'abstiendrait de traiter des croyances personnelles. Afin de s'en assurer, il n'aborderait les religions que dans le cadre de disciplines bien établies, comme l'histoire, la géographie, les arts ou la littérature. Jamais les croyances personnelles ne seraient ainsi mises en cause.

Faute de distinguer la laïcité du relativisme culturel, le jugement Dugré se trompe à un autre titre. Il erre même complètement lorsqu'il affirme qu'une école privée confessionnelle subventionnée par l'État devrait avoir le droit de faire prévaloir sa vision religieuse dans toutes les matières. Ce faisant, le juge met la table pour les créationnistes qui demanderont des modifications aux cours de sciences. Il déroule le tapis rouge aux intégristes musulmans qui ne voudront pas que l'on parle d'Israël en histoire ni que leurs enfants soient exposés à des nus impressionnistes. Ceux qui croient qu'il suffit d'un simple accommodement avec le collège Loyola ne comprennent pas dans quel engrenage infernal ils nous entraînent.

Avec de telles propositions, ils donneront bientôt des arguments à ceux qui veulent interdire à l'État de subventionner les écoles religieuses. Pourtant, même dans un pays aussi laïque que la France, l'État soutient les écoles privées. Mais il le fait en échange du respect strict des programmes nationaux, programmes qui, contrairement au cours ECR, respectent intégralement la liberté de religion et plus généralement la liberté de conscience.

Ceux qui se demandaient vers quel abîme de confusion nous entraîne la laïcité prétendument «ouverte» trouveront dans cet exemple une illustration éclatante. Loin d'apaiser les tensions, la prétendue tolérance du cours ECR ne fait que les attiser. Et la saga ne fait que commencer.

***

crioux@ledevoir.com
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 00h55
    Trop de temps dans le calendrier scolaire?
    Franchement laisser dont aux parents cette partie de l'éducation et retirer ce cours de l'horaire, Il y a tellement d'autres cours comme la philosophie, l'expression, l'art, plus d'activité physique, histoire morale etc.

  • Fabien Nadeau
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 07h16
    Confusion originelle
    C'est Babel! Ayant été approché par un concepteur de manuel pour participer à la création de matériel pour le professeur et l'élève, j'ai dû me plonger dans le programme du ministère. J'ai été surpris par l'ampleur et la nouveauté de la réflexion. Mais on me demandait de créer la démarche en dedans d'un an, ce qui me semblait peu réaliste. Et je constate aujourd'hui que ça faisait partie de l'improvisation générale au Ministère de l'Éducation. Professeurs peu ou mal préparés, dans une matière qui touche la recherche de sens... Je ne peux croire que l'intégriste catho (ça existe, même dans l'enseignement!), le juif orthodoxe, le musulman même modéré, sans compter les tenants d'une des spiritualités éclairées à la mode vont pouvoir donner ce cours "laïquement"... On est dans le trouble, comme disent les fans du Canadien!

  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 07h28
    Excellente chronique!
    En plein dans le mille! Félicitations!

  • Serge Manzhos
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 07h45
    conscience des familles
    l'auteur évoque la "conscience des familles" a coté de la "conscience des élèves" (c'est a dire des personnes particulières) comme s'il ne s'agissait pas d'une contradiction. C'est quoi au juste une "conscience des familles"? N'est-ce pas ce type de conscience-la qui sape toute exercice de la liberté de conscience dans des sociétés autoritaires.

  • Antoine Bressani
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 07h50
    Diffamation outrée?
    Élève du dernier niveau du secondaire, j'ai moi-même suivi cet "abject" cours d'ECR, que j'admets volontiers avoir apprécié. Au cours de l'année, nous avons retracé l'histoire factuel des grandes religions, nous nous sommes attardé à leur vision du monde, leurs philosophies et leur mode de vie. D'autre part, nous nous sommes intéresser aux idées agnostiques et athées, ainsi que leurs morales, tout en suivant les réflexions de philosophes appartenant aux deux camps. Nous avons également jeté un regard sur notre éthique de société, avec, entre autres choses, le visionnement du film canadien "The Corporation". La lecture de textes philosophiques de toutes époques et origines nous ont amenés à rédiger des travaux de réflexion, de synthèse et de recherche. Ainsi je soutiens qu'il s'agissait d'un cours essentiel de culture.

    En ce qui a trait à la question qui coiffe cet article, j'avouerai que si elle avait été posée dans le cadre du cours, l'élève aurait eu à faire ressortir les differents points de vue des différentes religions (agnostime et athéisme également) sur le sujet, à les opposer et à expliquer, en se servant des concepts propres, . D'aucune façon l'opinion propre de l'élève aurait été en mesure de dominer la réponse.

    Le cours d'ECR que j'ai suivi a été un cours rafraîchissant d'histoire, de philosophie et de culture.

  • michel lebel
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 08h01
    Bonne analyse
    Votre texte, M.Rioux, est fort intéressant et je partage pour l'essentiel votre point de vue. Le modèle français en matière d'enseignement des religions(dans des disciplines établies) et la liberté d'enseignement(avec des écoles subventionnées) me semble un excellent choix de société. Il faut bien arriver à cette conclusion: le cours ECR doit être retiré du programme.

    Quant au juge Dugré, il a vu l'essentiel, soit que le cours ECR viole la liberté de religion, et j'ajouterais aussi, de conscience. Il ne faut cependant pas demander à ce juge d'être un philosophe et de s'interroger sur le relativisme... Galilée et Copernic suffisent!


    Michel Lebel
    Ancien professeur de droit constitutionnel

  • Robert Morin
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 08h44
    La religion quand tu nous tiens
    Je suis pour l'abolition pure et simple de la religion dans nos écoles du Québec. Il s'agit d'une question trop intime et personnelle sur la vie. Pas surprenant que ce sujet ne fasse pas consensus. Par contre, l'enseignement du civisme serait avisé.

  • Sansterre Gilles
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 09h06
    Platon et Schopenhauer
    Bonjour M. Rioux.

    Contrairement à ce que vous affirmez, la réincarnation est un idée présente en Occident. On la retrouve défendue dans les œuvres de philosophes tels que Platon et Schopenhauer.

    Elle n'est certes pas chrétienne, mais il est absurde d'affirmer comme vous le faites que la réincarnation est : « un concept par ailleurs étranger à la culture occidentale ».

    Le reste de votre article est impeccable.

    Merci!

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 09h07
    Programme à repenser entièrement
    Savez-vous combien d'heures d'enseignement seront dispensées (gaspillées?) aux élèves du primaire et du secondaire pour les cours d'éthique et culture religieuse?

    Imaginez, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec les idiosyncrasies de quelques-unes des 40 000 religions qui sévissent sur la terre!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes. On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    Il est incroyable de constater que l’on accorde une telle valeur aux croyances le plus souvent farfelues des quelques 40 000 religions. L’humanité n’est pas sortie du bois. L’angélisme des chartes et le gouvernement des populations par les juges y sont pour quelque chose.

    Le programme d'Éthique et culture religieuse (ECR) est un autre avatar du multiculturalisme à la Trudeau. Il vise à confirmer les différences de ce qu’on appelle les communautés culturelles. Il faut éliminer ce programme et le remplacer par un cours d’éthique.

  • J.Gabriel
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 11h02
    Article très intéressant!
    J'étais en faveur du cours d'ECR, mais le présent texte remet en question ma position. À l'instar de M. Rioux, je commence à considérer l'idée d'un enseignement où les religions intégreraient de matières telles que l'histoire ou la littérature. Non parce que celles-ci sont grotesques ou farfelues (comme on peut lire chez certains qui, à défaut de sens critique envers leur propre idéologie, discrédite par médisance les traditions dans lesquelles ils ne se reconnaissent pas) mais parce qu' il semble n' y avoir aucun principe, autre que l'individualisme, faisant l'objet du désir d'être transmis.
    Ce qui me laisse plutôt amer (tout en me fascinant) dans cet article et les réactions qu'il suscite, est la mise à jour d'une énorme difficulté à définir une "culture commune"dans un contexte se voulant "ouvert" et "inclusif". J'ai l'impression que ce mantra de l'ouverture (pour ne pas dire ce dogme) nous mène tout droit vers une école dans laquelle nos enfants ne feront que gober des faits et des données sans jamais que ceux-ci (données et enfants) s'inscrivent dans une histoire qui irait au-delà de leur propre individualité. Je me demande bien ce que les générations qui me suivront auront à partager s'ils n'ont aucun lieu commun où se rencontrer. Ah oui, il est possible que le seul lieu commun sera la bourse; lieu qui n'a pour seule finalité que la transaction. Alors ils transigeront pour transiger, et par extension exister dans le regard du prochain, quitte à bouffer toutes les ressources tant et aussi longtemps qu'ils pourront continuer à transiger.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 12h12
    Selon celui ou celle qui donne ce cours

    Déjà avant que ce cours ne soit au programme, je faisais ressortir dans ces pages interactives combien un tel cours demanderait de «compétences transversales» à ceux qui auraient à le donner.

    Je viens de lire, sous la plume d'un élève du secondaire, Antoine Bressani, que ce cours lui a beaucoup apporté, en connaissances et en exercices critiques qui l’ont amené «à rédiger des travaux de réflexion, de synthèse et de recherche.» Et Antoine de conclure ce paragraphe en soutenant «qu'il s'agissait d'un cours essentiel de culture.»

    Plutôt étonnant qu'une des rares opinions favorables à ce cours vienne d'un élève qui l'a suivi. J'en déduis que son professeur du Collège Brébeuf faisait partie des gens qualifiés et prêts à donner un cours aussi exigeant tant conceptuellement que pédagogiquement. Je crains hélas qu'ils ne soient pas légion, les gens de sa trempe. Il a même débordé le manuel pour aborder tant l'athéisme que l'agnosticisme.

    J'ai survolé l'ensemble de ce programme du Ministère. Je me suis attardé à certains contenus spécifiques et à la pédagogie suggérée. J'en ai retiré dans l'ensemble une impression plutôt positive. Mais je maintiens mon opinion que ce cours ne devrait pas être donné tel quel ni au primaire ni au secondaire. Il devrait être remplacé par une sorte d'introduction progressive aux grandes cultures, aux arts, aux différents modes de vie et aux valeurs exprimées par les différentes sociétés. Une bonne base en anthropologie, en sociologie, en histoire et en philosophie ne nuirait pas à ceux qui auraient à donner ce cours. Et il serait bon de ne le commencer que vers la fin du secondaire.

  • Charles Dubois
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 12h17
    Endoctrinement au multiculturalisme et au relativisme!
    Mon garçon de 14 ans est en train de suivre ce fameux cours et je peux vous affirmer que c'est un cours qui n'a pas sa place.. Je ne comprends pas pourquoi ce cours commence à partir de la première année primaire jusqu'au 5ième secondaire ??? Endoctrinement pur et simple!!

    Nos amis laïcistes ouverts sont des apôtres du relativisme culurel et mon garçon m'a balancé en plein visage une véritable perle appris dans son cours..

    Nous discutions de la culture de différents pays lorsqu'il m'a sermonné en me disant : Papa, c'est de la « généralisation abusive»!!
    SVP abolissons ce cours d'endoctrinement au plus vite!!!!

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 25 juin 2010 12h18
    La religion, aussi "naturelle" que le capitalisme?
    "La philosophie générale du cours ECR accorde un statut particulier aux religions, rejetant dans les limbes toutes les autres formes de spiritualité. Pour ses concepteurs, les religions ont «le monopole du sens»", dit monsieur Rioux. Ceci est très important. Je ne serais pas surprise que pour plusieurs parents, il va de soi que les religions doivent avoir un statut privilégié, prioritaire dans la quête du sens. La plupart sont croyants. Une véritable pensée laïque, libre, peut volontiers s'intéresser aux religions mais tout en sachant qu'elles sont une façon particulière d'appréhender le monde, même si elle a eu un grand rôle dans l'Histoire. C'est ce que le non-croyant est en droit d'attendre que l'on dise aux enfants dans le cadre de ce cours.

  • Jean de Cuir
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 12h34
    Confusion?
    Certes, il y a confusion, et encore. Le religieux comme phénomène culturel fait partie de l’histoire globale et régionale. Les «visions du monde» ont été déterminantes dans la vie des humains. On ne peut éluder cette étude, ce serait nier l’essentiel. Or, cela ne peut se réaliser que sous un «regard» scientifique : établir les faits; les situer; les comprendre. Or, quant à l’établissement des faits et de leur contexte les méthodes se perfectionnent depuis trois siècles. Quant à la compréhension, il importe d’examiner l’histoire des sciences des religions: il y a des écoles, la discussion est ouverte. Cependant, ici, le «religieux» est objet de recherche et ne peut être fondement de celle-ci. Ce qui exclut toute catéchèse, toute théologie, toute «perspective religieuse». Le cours ECR est probablement à repenser et préciser. Sa finalité première est, il me semble, le savoir, au sens technique et pédagogique. Les effets du cours seront selon et selon ( ils ne sont pas imputables à la finalité du cours). Le contrôle là-dessus est variable. Il est préférable de laisser de côté les vocables «laïc», «relativisme», «pluralisme», «confessionnelle», etc. Il s’agit en somme du débat des rapports entre foi ou croyance et science. Quant à l’étude de l’humain, quant à ses fondements, quant à la constitution de l’éthique pour les humains, la recherche scientifique est ouverte. ( Cessons de parler de présence ou d’absence de la religion dans les écoles quand il s’ agit d’un cours d’histoire-anthropologique : les religions du monde. Dans un État démocratique, l’éducation relève de l’État. L’État est démocratique, il est fondé sur les valeurs inhérentes à la Déclaration des droits de la personne. En ce sens, il n’ est pas neutre; il n’ a rien non plus à voir avec telle ou telle religion.) Bravo de soulever ces questions. (Prof. de science des religions)

  • René Girard
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 13h48
    Redites
    Ce que vous signalez monsieur Rioux comme aberrations à l'intérieur de ce cours a été dit et répété maintes et maintes fois depuis la création de ce cours, par le Mouvement Laïque Québécois, par le Mouvement Humanisation, par tous ceux qui défendent une société laïque (et non une société faussement laïque appelée "laïcité ouverte").

    Ça fait longtemps que ces choses sont dénoncées mais les médias ne nous suivent pas ou à peu près pas, penchant plutôt du côté des Georges Leroux ou Daniel Weinstock qui errent dans des considérations métaphysiques imbuvables, tentant d'allier science et foi (éthique et culture religieuse), deux attitudes scientifiquement irréconciliables. Pas surprenant alors qu'un tel cours ne fait que soulever des mésententes, il est basé sur une imposture intellectuelle.

    Monsieur Rioux les enfants sont plus sages que les grands à certains moments, comme lorsqu'il leur est demandé d'inventer de toutes pièces une religion, "ridiculisant du coup ce qui relève d'un héritage millénaire digne du plus grand respect". Si les enfants en profitent alors pour discréditer et même ridiculiser la religion, tant mieux, c'est qu'ils voient ce que certains "grands penseurs" refusent de voir. Moi je trouve qu'ils font bien de ridiculiser ce cours et la religion. Cet "héritage millénaire" comme vous dites, avec tout son lot d'immoralités n'est, contrairement à ce que vous prétendez, pas digne du plus grand respect.

  • sants paul
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 13h49
    solution : la separation de l'école de l'état
    la solution pour la "confucion", la separation de l'ecole de l'état, l'etat n'est pas neutre en matiére de religion, ou au niveau des valeurs, la solution : la separation ansi tous seront libres.

  • ARKA777
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 14h36
    et pourquoi pas ?!!!
    Poser la question sur la réincarnation (ou renaissance) est vitale, normal et tellement intelligent ! M. Riou,saviez-vous qu'un pape du 17e siècle a retiré de la bible chrétienne la notion de réincarnation ? Mais pourquoi avoir sensuré un tel sujet ? À vous d'y réfléchir pour développer votre propre opinion et en arriver à votre propre croyance (et non pas utiliser celle des autres. .... car répéter des croyances non-expérimentées ni réfléchies est d'agir sans utiliser son intelligence.... ce que les religions aiment bien vous voir faire.

  • Mario Bertrand
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 15h15
    Lavage de cerveau?
    Je suis surpris de constater que l'on considère comme étant du lavage de cerveau le fait d'exposer des élèves aux différentes pensées religieuses comme dans le cours ECR et de l'enseignement objectif le fait de les exposer à la philosophie ou à l'éthique. Comme si la philosophie ou l'éthique étaient plus scientifiques et neutres que la religion. Or, le relativisme moral est tout aussi présent dans ces disciplines dites neutres que dans le cours ECR.

    Il ne faut pas croire que dans les autres disciplines la question de la neutralité soit bien différente. Par exemple, même en enseignement de l'histoire les professeurs ne présentent pas toujours tous les faits de la même manière, mais ils vont retenir et privilégier ceux qui soutiennent un certain point de vue selon des grilles d'interprétations variées.

    De quoi la société a-t-elle peur? De l'intégrisme religieux? L'intégrisme agnostique n'est-il pas tout aussi dangereux? Il suffit d'aller faire un tour en Chine. À mon avis, la seule voie qui peut nous empêcher de tomber dans l'un ou dans l'autre de ces intégrismes, c'est la cohabitation respectueuse des différents points de vue.

    La société se dirige-t-elle vers une censure des contenus d'enseignements ou des opinions contraires à la majorité? Je crains que cela n'ait déjà commencé.

    Je pense humblement que pour vivre dans une société vraiment libre, il faut accepter la diversité des points de vues dans l'enseignement, tout comme dans le journalisme, la science, l'histoire, la philosophie, etc. Le prix de la liberté dans une démocratie, c'est de laisser certains débats ouverts et tolérer que tout le monde ne pense pas comme soi, sans sacrifier pour autant la rigueur intellectuelle et la recherche de la vérité. Car, fermer la porte aux débats, c'est ouvrir la porte à l'obscurantisme par le biais d'un totalitarisme idéologique. Il ne suffit pas de remplacer Jésus ou Allah par Darwin pour clore le débat. Et, la présence

  • André Loiselet
    Abonné
    vendredi 25 juin 2010 19h15
    @ M. Girard
    Je me retrouve bien d'accord avec votre réflexion.

  • Marc Tremblay
    Inscrit
    vendredi 25 juin 2010 22h01
    ÉCR à la poubelle
    La grande majorité des enseignants du cours ÉCR ne pratiquent aucune religion, comme les gens de leur génération. C'est leur droit. Le problème, c'est qu'ils ne sont aucunement préparés à enseigner les religions et qu'ils disent que toutes les religions se valent, ce qui est faux. La loi juive du Talion n'est pas acceptable. Les lapidations de femmes et autres excès contre elles ( voile, excision, etc ) des musulmans sont barbares.

    Je me demande en quoi un enseignant peut demander à ses élèves de redessinner le drapeau du Québec en retirant la croix pour faire plus inclusif. C'est quoi le rapport avec le cours ÉCR ?
    Cet enseignant n'a manifestement pas compris qu'il faut respecter toutes les croyances.

  • Nelson
    Inscrit
    dimanche 27 juin 2010 16h42
    L'éthique est du domaine de la philo, la culture de la sociologie et l'antropologie, et les religions au domaine de la foi.
    Mêler éthique, culture et religion est comme mêler des souliers, des oranges et des élephants.
    PAUVRES ENFANTS !!!
    SAVE THE CHILDRENS !!!
    En plus, je trouve assez indécent de parler aux enfants des choses que n'existent pas, comme les dieux et choses semblables.

  • Annie-Eve Collin
    Inscrit
    mardi 29 juin 2010 09h21
    inventer une religion de toutes pièces ?
    Intéressant ce travail...non pas que j'encourage qu'on le fasse faire aux enfants mais...M. Rioux prétend qu'on "ridiculise du coup ce qui relève d'un héritage millénaire digne du plus grand respect". Ce qui fait surgir une question dans mon esprit : et les sectes, elles commencent comment ? Peut-être par quelqu'un qui les invente de toutes pièces? Et les grandes religions ? Peut-être bien de la même façon. Une grande religion est-elle autre chose qu'une secte qui a réussi ?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
22 réactions
5 votes Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012