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Avortement: l'exemple européen

Il n'est pas toujours aisé de décoder les propos du cardinal Ouellet. Si sa position morale, considérant l'avortement comme un péché, est dans la ligne directe de ce que prêche l'Église, ses réflexions plus profanes ne sont pas toujours limpides. Plus habitué à tenir un discours moral, le prélat de l'Église canadienne est plutôt évasif dès lors qu'il aborde le domaine concret de la législation.

Le point de presse qu'il a donné mercredi nous fournit heureusement quelques précisions utiles. En ce qui concerne «la protection juridique de l'enfant dans le sein de la mère», dit-il, le Canada est «un cas unique dans le monde. Beaucoup l'ignorent et croient vivre dans l'un des pays les plus avancés dans le domaine des droits de la personne. Or, nous n'avons de leçons à donner à personne dans ce domaine».

Même s'il n'en fait pas mention explicitement, l'archevêque de Québec veut certainement parler de l'absence de législation au Canada sur les avortements tardifs. Difficile, dans ce cas, de ne pas lui donner raison. Le Canada est un des rares pays développés où l'avortement est légal même après 24 semaines, alors que le foetus est viable hors du ventre de la mère. Heureusement, les médecins refusent généralement de pratiquer de telles boucheries. Mais il n'est pas rare qu'on envoie des femmes se faire avorter au Kansas après cinq mois de grossesse.

En Europe, tous les pays qui ont décriminalisé l'avortement ont jugé nécessaire d'en limiter l'exercice selon l'âge du foetus. En France, il n'y a pas d'avortement au-delà de 12 semaines, à moins que la santé de la mère soit en cause. Même chose en Allemagne, où cette limitation a été introduite après la réunification du pays. Le Portugal vient tout juste de légaliser l'avortement avant la 10e semaine de grossesse. Ce délai atteint 18 semaines en Suède et 24 au Royaume-Uni.

Dans ce dernier pays, le plus laxiste en Europe, cette période a été raccourcie puisqu'elle était à l'origine de 28 semaines. Certains sondages montrent qu'un Britannique sur deux serait d'avis de la raccourcir encore, afin de se rapprocher de ce qui se pratique sur le continent. Force est de constater que les mouvements anti-avortement sont aussi plus vivaces en Grande-Bretagne que dans les pays voisins. On pourrait même avancer l'hypothèse que, mieux le foetus est protégé à partir du moment où il devient viable, moins les mouvements pro-vie ont tendance à se manifester, comme en témoignent les forts mouvements d'opposition en Grande-Bretagne, aux États-Unis et peut-être bientôt au Canada. L'opposition qui s'est aussi récemment manifestée en Espagne ne s'est-elle pas développée à la faveur, notamment, de plusieurs scandales sur l'avortement tardif?

Si ces délais résolvent un grave problème éthique, ils n'ont cependant guère d'effet sur les taux d'avortement. Notons d'ailleurs que les pays qui ont les taux les plus bas sont généralement des pays où l'avortement est relativement accessible. Mgr Ouellet a cité la Belgique (9,6 avortements/1000 femmes). Mais il aurait pu aussi citer la Suisse (6,5), l'Allemagne (7) et les Pays-Bas (8,7), qui font encore mieux. Le Canada (13,7) se situe dans la moyenne, alors que les États-Unis (19,4) et l'Angleterre (18,2) sont parmi les mauvais élèves. Fait significatif, le taux d'avortement est en baisse dans plusieurs pays, comme le Danemark, la Suisse, l'Italie et l'Allemagne. L'augmentation récente des avortements aux Pays-Bas serait due en partie à l'arrivée massive d'immigrants venus de pays où ils sont interdits.

Les défenseurs de l'avortement en concluent que, plus la contraception est répandue, moins les femmes ont recours à l'avortement. Ces exemples semblent leur donner raison. De même que les mauvais résultats des États-Unis et de l'Angleterre, où l'on fait très peu de prévention.

En Europe, les anciens pays de l'Europe de l'Est et la Russie (45 avortements/ 1000 femmes) occupent une place à part et battent tous les records. Cinquante ans de communisme, où l'homme était considéré comme quantité négligeable, ont probablement conduit à traiter l'avortement comme un détail sans importance. À l'opposé, notons que les meilleurs élèves, comme la Suisse, l'Allemagne et les Pays-Bas, sont des pays où perdure une conception assez traditionnelle de la famille et où les femmes retournent souvent à la maison dès leur premier enfant, contrairement à la France et au Québec. L'accessibilité de la contraception n'explique donc pas tout. Les moeurs et la morale y sont probablement aussi pour quelque chose.

Il y a un dernier domaine où le Québec se distingue de l'Europe. L'anticléricalisme virulent qui s'est exprimé depuis deux semaines serait inimaginable dans la plupart des pays européens, où un discours comme celui de Mgr Ouellet aurait été accueilli avec calme et mesure, sinon dans l'indifférence. À plus forte raison lorsque le principal intéressé admet lui-même que «la responsabilité ultime de cette décision morale [d'avorter] relève de la conscience personnelle».

***

crioux@ledevoir.com
 
 
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  • Yves Petit - Inscrit
    28 mai 2010 07 h 32
    frappons sur le messager
    Vous savez M. Rioux, pour expliquer les attaques virulentes sur le cardinal Ouellet, il faut simplement comprendre qu'il est plus facile d'attaquer le messager que de comprendre le message et aussi qu'il est sans risque de frapper sur un être humain sans défense. L'homme est ainsi fait.
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  • Gilbert Talbot Gilbert Talbot - Abonné
    28 mai 2010 07 h 35
    Oui à un meilleur encadrement légal de l'avortement au Canada.
    Mgr Ouellet a tiré dans toutes les directions et il en est résulté plus de confusion et d'opposition dans un débat qui devrait être plus ouvert et plus serein. Le grand progrès que nous avons connu au Canada c'est dans le jugement de la Cour Suprême qui, dans les années 80, a décrété que le foetus n'avait pas qualité d'être humain, tant qu'il était dépendant de la mère porteuse. Mgr Ouellet et les pro-vies remettent constamment cette position en question en considérant le foetus comme un être humain à part entière dès sa conception. Je ne crois pas que la majorité des canadiens, encore moins des québécois, ne veulent revenir sur ce point.

    Par contre, monsieur Rioux le précise avec pertinence, jamais le Canada n'a légiféré sur un encadrement de la pratique d'avortement, ce que d'autres pays européens ont pu faire. Déterminer par exemple, une limite en terme de nombres de semaines de grossesse, serait déjà un bon pas vers un meilleur encadrement de la pratique. Surtout il faut absolument remettre en place l'éducation sexuelle des jeunes, qui considèrent l'avortement comme un moyen contraceptif. La plupart des avortements sont pratiquées sur des jeunes, qui en sont à leurs premières relations sexuelles non- protégées. Même si la pilule du lendemain est accessible, on ne s'en sert pas suffisamment, peut-être par ignorance justement.

    Surtout, il y a un refus parfois agressif d'une éthique sociale en ce domaine depuis l'effondrement de la foi catholique au Québec. Il y a place pour une réflexion éthique en ce domaine comme dans celui de la pratique politicienne. Le laisser-faire n'y a plus sa place.
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  • michel lebel - Inscrit
    28 mai 2010 07 h 46
    Régler ses comptes!
    La conclusion de votre texte, M. Rioux, ne fait que démontrer que bien de Québécois n'ont pas réglé leurs comptes avec l'Église. Dommage, mais c'est ainsi. Leur ressentiment ne fait qu'augmenter avec le temps, comme une spirale. Mgr Ouellet fait alors figure de bouc émisaire, l'homme n'ayant pas un langage cool à la Raymond Gravel, mais plutôt un vocabulaire bien vaticaniste. De quoi en faire grimper plus d'uns et d'unes dans les rideaux!
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  • Johanne St-Amour - Inscrite
    28 mai 2010 08 h 13
    Séparer le religieux de l'État
    À l'émission "C'est bien meilleur le matin" à Radio-Cadana, Françoise David dit que l'Église peut dire ce qu'elle veut à ses ouailles mais elle ne doit en aucune façon viser à influencer un État qui, lui, est redevable à toute une population. C'est ça la séparation entre l'Église et l'État. Vivement une charte de la laïcité... du moins au Québec.

    L'Église et les religions prennent beaucoup trop de place dans l'espace pubic. Elles ont toujours une couverture médiatique trop importante. D'autant plus qu'elles sont complètement réfractaires aux femmes dans leurs instances de pouvoir et qu'elles sont contre l'homosexualité. On n'accepterait plus jamais des positions aussi radicales d'aucun groupe, d'aucune personne mais on se permet de l'accepter pour les religions. Incroyable!!!

    Heureusement, que les Québécoises et les Québécois s'opposent à l'Église. Cette position n'est pas autant anticléricale qu'une affirmation très forte de ne plus s'en laisser imposer par gens qui visent surtout à contrôler "le peuple".

    Les propos de Mgr Ouellet sont inacceptables. Mgr Ouellet n'a pas à s'insurger dans la sexualité des femmes. Les femmes sont capables de décider pour elles-mêmes: c'est leur corps, c'est leur choix et c'est leur vie. La condescendance avec laquelle il dicte sa morale n'est plus de mise.

    L'avortement est un acte médical qui se décide avant tout entre les femmes et des professionnels de la santé. Et le conjoint lorsque c'est possible. L'avortement est un droit acquis des femmes. Les avortements tardifs sont extrêmement rares et aucune femme n'avorte par pur plaisir.

    Il serait intéressant que M. Ouellet mette autant d'énergie à accueillir les femmes aux poste de pouvoir de sa religion, à respecter les femmes, comme les homosexuel-l-es et surtout les victimes de viol, particulièrement en cessant de protéger les agresseurs et les pédophiles (notamment ceux de son Église).

    Et d'ailleurs moi et plusieurs personnes nous nous sommes fait un devoir de lui rappeler à cette adresse :
    diocese@diocesequebec.qc.ca
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  • Mathieu Belisle - Inscrit
    28 mai 2010 08 h 26
    Excellent article
    Voilà enfin des propos sensés sur la question de l'avortement. Cela nous change de l'hystérie collective qui s'est emparée des médias et de l'Assemblée nationale...
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  • Nestor TURCOTTE - Inscrit
    28 mai 2010 08 h 57
    Légal
    L'auteur traite de ici de la question légale. Et c'est très bien de le faire pour distinguer entre le légal et le moral.

    Ce n'est pas parce qu'une société légalise l'avortement, en mettant certaines balises, que cela fait de l'avortement un acte moral.

    Certaines lois sont immorales. Et c'est immoral de leur obéir. La moralité d'un acte n'est pas nécessairement une exacte conformité avec le légal. La loi punit le vol, le meurtre, et autres gestes du genre. Les gestes sont habituellement jugés illégaux et immoraux.

    Il peut arriver que quelqu'un doive défendre sa vie contre un agresseur, qu'il doive voler pour manger, la faim devenant insoutenable. La loi pourra le punir, mais moralement, il aura toujours la conviction d'avoir bien agi.

    Peu importe les lois régissant l'avortement, il reste que se débarasser d'un corps vivant dans le sein de la mère, un être qui est DANS son corps mais qui n'est pas DE son corps, posera toujours un problème moral. A-t-on le droit de tuer l'enfant à naître? En cela, les réponses sont diverses et méritent d'être examaniées calmement.

    Un sophisme dont il faut se débarasser: «nos corps sont à nous»...
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  • Sylvain Auclair - Abonné
    28 mai 2010 11 h 12
    Enfin des vrais chiffres
    Et non plus ce trompeux rapport avortements/naissances vivantes!
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  • Jean-Louis Gauthier - Inscrit
    28 mai 2010 11 h 26
    À lire aussi
    Voir ce texte qui complète bien celui-ci et qui porte un regard posé sur le cirque médiaitque actuel:

    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/point
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  • Johanne St-Amour - Inscrite
    28 mai 2010 11 h 28
    L'Immense pouvoir des femmes dû à leur capacité de contrôler la procréation.
    Le corps des femmes leur appartient et le libre-choix leur appartient. N'est-ce pas ce qui choque par dessus tout!

    La question de l'avortement concerne surtout le libre-choix des femmes en matière de reproduction. Merveilleux! Environ 30 000 femmes au Québec ont eu accès en toute légalité à des services d'avortement professionnels.

    Comme le mentionnait Louise Desmarais dans le dernier "La vie en rose" : "Et si la véritable menace résidait dans la décision des femmes, d'ici et d'ailleurs, d'utiliser à des fins politiques l'immense pouvoir que leur confère la capacité de contrôler la procréation? Et si les fondamentalismes de tout acabit visaient à contrer cette menace? " Enfin ce qu'ils considèrent comme une menace.
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  • France Marcotte - Abonnée
    28 mai 2010 11 h 29
    Le semeur
    Est-ce moral monsieur Turcotte qu'un homme dépose sa semence dans le corps d'une femme sans se soucier de ce qu'il adviendra quand il aura reboutonner son pantalon et repris ses activités quotidiennes?
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    28 mai 2010 11 h 45
    Discussions ou chicanes?
    Je pense que c’est vrai qu’en Europe (du moins dans l’Europe de culture latine) on aime mieux discuter qu’ici au Québec.

    Dès que l’on discute ici, les gens considèrent cela comme des chicanes. Vieil héritage du colonialisme, de la chape de plomb du clergé sur le peuple autrefois, du “crois ou meurs”, de l’obéissance aveugle aux dogmes de toute sorte.

    Cela démontre l’anémie du sens critique, et à la limite, l’anémie du jugement.

    Pour en revenir au Cardinal, plusieurs s’attaquent à lui personnellement disant par exemple qu’il ne sait pas ce qu’est une femme, ni le fait d’avoir un enfant. Pourtant, il n'est pas nécessaire d'avoir expérimenté une chose soi-même pour pouvoir avoir une opinion sur cette chose et en parler. Ainsi, je n'ai jamais fumé de cigarettes, mais je sais très bien que les gens qui le font deviennent des accros, et que c'est très mauvais pour la santé.

    Ceci étant dit je n'approuve pas toutes les déclarations du Cardinal Ouellet.

    Mais il vaudrait mieux éplucher son message et montrer en quoi il est erroné plutôt que de s'attaquer au messager.
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  • Johanne St-Amour - Inscrite
    28 mai 2010 11 h 51
    Culpabiliser les femmes et nier leur droit d'appartenance de leur corps!
    Que cela vous déplaise ou non le corps des femmes leur appartient, M. Turcotte.

    Dans un éditorial de " La vie en Rose ", de mars, avril, mai 1982, il était fait mention de cette culpabilisation des femmes :

    " toute femme qui décide d'avorter décide de se choisir elle-même et de sacrifier l'autre. Pour nous, dressées au sacrifice personnel, c'est une rupture fondamentale avec tout ce qui nous a été inculqué. "

    Et Louise Desmarais de continuer dans sont article " Avortons-nous trop? " du dernier " La vie en Rose " : " Et c'est sans doute ce geste de rupture de plus en plus affirmé et dénué de honte qui dérange le plus quand il est question d'avortement. "
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  • Claude Gilbert - Inscrit
    28 mai 2010 12 h 22
    Justement, Mme Marcotte.
    L'avortement ne déresponsabilise-t-il pas l'homme?

    Vous avez jamais entendu parler de gars qui ont lâché leur conjointe quand elles sont devenues enceintes, ou qui se sont poussés juste après la naissance d'un enfant? N'est-ce pas un cas de figure assez fréquent? Moi en tous cas, j'en ai entendu souvent, de ces histoires. Les filles finissent par savoir ce à quoi elle peuvent s'attendre... Et oui, elles doivent assumer bravement! "C'est ton choix, tu sais; c'est ton corps, après tout!" Je lisais justement un commentaire d'un homme qui défendait presque dans ces termes le droit des femmes à l'avortement, en disant que ça ne le concernait aucunement... N'y a-t-il pas là une certaine hypocrisie et une forme de pression?
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  • Normande Poirier - Abonnée
    28 mai 2010 13 h 01
    Mgr est capable de parler pour lui-même!
    Je m’explique mal l’insistance de M. Rioux de se porter à la défense du cardinal Ouellet et de qualifier ses détracteurs d’anticléricalisme. Et si cela était. Selon le Robert, « anticlérical » signifie « opposé à l’influence et à l’intervention du clergé dans la vie publique ». C’est cela exactement que la vive réaction aux propos de Ouellet indique. Il n’est pas question ici de ressentiment. Depuis le temps que l’Église se mêle de conduire la vie des gens alors qu’elle est incapable de gérer ce qui se passe dans sa propre maison, cela suffit!

    De plus, voilà maintenant que M. Rioux nous explique ce que le cardinal veut vraiment dire. Ainsi, quand il affirme que ceux qui croient vivre dans un pays parmi les plus avancés dans le domaine des droits de la personne n’ont pas de leçon à donner, le cardinal, selon M. Rioux, veut parler de l’absence de législation canadienne sur les avortements tardifs.

    Pour ma part, je crois qu’avec un CV aussi impressionnant que le sien, le cardinal est parfaitement capable de dire ce qu’il veut – ce dont il ne se prive pas d’ailleurs. S’il avait voulu dire ce que M. Rioux suppose, il l’aurait dit. De plus, ce clerc est parfaitement capable de se défendre lui-même et M. Rioux n’a pas à revisiter le propos du cardinal, comme il le fait dans sa chronique, pour nous convaincre de la bonne foi de ce dernier.

    La semaine dernière, on le disait victime de lynchage (!) et cette semaine, on le qualifie d’incompris, ou encore de maladroit concernant les questions de législation, questions ne relevant pas de son domaine. Sur ce dernier point, vu les circonstances, personne n’a envie de contredire M.Rioux. Les questions juridiques ne concernent pas du tout l’Église.
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  • Johanne St-Amour - Inscrite
    28 mai 2010 13 h 27
    Le bien-être des personnes à s'occuper d'un enfant
    Dans un article de Patrice Perreault sur sisyphe, il rapporte les propos (librement traduit) de Sallie McFague, The Body of God. An Ecological Theology:

    "La présente lutte pour le droit à l’avortement aux États-Unis, [cela peut s’appliquer au Canada et au Québec] quand elle est considérée à la lumière de notre nouveau paradigme, transforme la question. Elle ne devient plus celle du caractère sacré de tout embryon humain, comme c’est le cas dans un point de vue individualiste et anthropocentrique, mais elle touche deux enjeux plus larges et plus fondamentaux : le droit que chaque enfant né soit désiré et puisse avoir accès aux biens essentiels garantissant une vie en santé et décente tout comme il importe de reconnaître le droit des femmes à assurer un contrôle sur leur propre corps. Le nouveau paradigme élargit l’optique sur l’avortement, passant d’une perspective étroite et absolutiste concernant les droits embryons humains à celle du bien-être des enfants nés. Il prend également en compte le bien-être des personnes qui sont appelées à s’occuper de ces enfants."

    Et Patrice Perreault continue :
    La question de l’interruption de grossesse demeure un sujet délicat où bien des aspects semblent antagonistes. Pour dépasser le lieu commun que, entre le droit des embryons et celui des femmes, il convient d’élargir la perspective en associant étroitement la dimension personnelle, sociale, économique et écologique afin que notre société puisse s’ouvrir pleinement à toutes les formes de fécondités, présentement subordonnées aux règles néolibérales. Une telle orientation favorisera l’édification d’un monde fondé sur la justice, l’interdépendance écologique, la dignité, l’égalité, l’amour et la tendresse où chacune et chacun pourront jouir d’une vie véritablement humaine et contribueront au devenir commun."
    "


    http://sisyphe.org/spip.php?article2489
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  • Michelle Bergeron - Abonné
    28 mai 2010 14 h 11
    On récolte ce que l'on sème

    Pas de demi mesure même si cela déplait à certains journalistes et c’est bien ainsi. La France est laïque pas nous. Les abus sexuels, financier et ingérence dans nos libertés individuelles en sont les résultats:
    Le clergé est sorti de l'ombre juste au moment où les règles de subvention vis-à-vis les lieux de culte comme celle entretenu par Hydro Québec qui déboursait la moiti. des factures d'électricité. Je me répète un membre du clergé est sorti dans l'espace médiatique en disant qu'Il était catastrophique de devoir payer plus d'un million en électricité pour une seule église alors je demande d'ouvrir le débat sur les factures salés que nous con tribuable avons déboursées? Plus de 40 ans X 1/2 millions aux 4000 lieux de culte? Pourquoi encore ces gens ne paye pas les taxes comme tout le monde? Que le clergé remettre ces lieux payer par les citoyens au gouvernement du Québec pour voir à conserver certains patrimoines religieux. Pourquoi lorsque le milieu désire récupérer ces édifices pour une autre vocation on doit acheter au clergé un bien que nous possédons déjà en plus de payer pour rénovation? Pour établir la représentation du nombre de catholique au Canada, au Québec, le clergé se sert de tous les noms enregistré au baptême quand tous savons que cette représentation ne reflète aucunement la réalité et que ce sont des statistiques sans consentement des personnes. On triche pour avoir un pouvoir politique en notre nom? Le copinage entre les Caisse Desjardins et certains élus du milieu pour encore subventionner ces édifices vides ou des rassemblements pour répondre à une minorité encore une fois ce sont les citoyens qui au bout du compte paye la facture soit par nos taxes ou des frais d'opération exagéré des Caisses POP. Voilà le débat que le clergé doit faire le ménage dans sa propre maison.
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  • Jean-Léon Laffitte - Inscrit
    28 mai 2010 17 h 27
    AVORTEMENTS AU 8E MOIS DE GROSSESSE AU QUÉBEC
    Plusieurs affirment que des avortements au 8e mois de grossesse se font à l'hôpital Ste-Justine de Montréal, ainsi qu'au 9e mois de grossesses dans certains CLSC de Montréal. Pourrait-on avoir l'heure juste sur ce sujet? Qu'en est-il vraiment?
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  • Jean Rousseau - Inscrit
    28 mai 2010 17 h 51
    CHAT ÉCHAUDÉ...
    «la responsabilité ultime de cette décision morale [d'avorter] relève de la conscience personnelle» le cardinal Oueillet.

    Si on se trouve tant sur nos gardes avec les représentants de l'église, c'est que l'on a souffert énormément de leur étroitesse d'esprit et que cela continue d'opérer chez bien des gens.
    La solution sensée se trouverait de permettre aux personnes de profiter de la vie, sous toutes les dimensions, mais de manière responsable. Cela signifie que la recherche du plaisir doit absolument tenir compte d'autrui, fut-ce-t-il un fœtus. Ces religieux doivent comprendre que la sexualité fait partie de vie. Leur point de vue de ne pouvoir avoir de telles relations en dehors du but de la procréation, n'est tout simplement pas de hauteur humaine. Donc, ils ne peuvent pas à partir de cette grossièreté perceptuelle, n'obtenir quelque crédibilité que ce soit auprès de ceux qui peuvent penser.

    Jean Rousseau, B. Ps
    consultant en ressources hyumaines
    jeanrousseau@live.ca
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  • Nelson - Inscrit
    30 mai 2010 20 h 39
    TOUT LE MONDE DÉBAT SUR L'AVORTEMENT, SAUF LES FEMMES QU'ON AVORTÉE ET QUE VONT CONTINUER À AVORTER, EN SE FOUTTANT DES DÉBATS.
    CEUX QUE DÉBATENT NE PEUVENT PAS OU NE VEULENT PAS AVORTER, ET PARLENT SANS ARRÊT DES 50 MILLIONS DES FEMMES QU'AVORTENT CHAQUE ANNÉ DANS LE MONDE, EN N'AYANT RIEN A CIRER AVEC CEUX QUE LES JUGENT ET LES INSULTENT.
    LA SEULE CHOSE HUMAINE À FAIRE EST DE LES PROPORTIONER AIDE MÉDICALE POUR AVORTER.
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