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À bout de souffle

L'Église est une institution dont l'existence même repose sur la Parole. La tourmente actuelle révèle au grand jour que le Souffle qui porte cette Parole risque de s'éteindre. L'Église, telle qu'on la connaît, n'aurait-elle plus de sens que pour les vieillards qui, croyant la protéger, sont en train de l'étouffer?

Au Québec, l'Église officielle, à l'exception du cardinal Marc Ouellet, ne parle qu'officieusement en choisissant quelques interlocuteurs acquis à sa cause. Les autres, tous les autres, qu'ils soient religieux ou croyants pratiquants, souffrent en silence: certains sont annihilés par tant de révélations choquantes, d'autres, ébranlés, s'enferment dans une tristesse, plusieurs sont habités par la sainte colère de Jésus s'écriant: «Malheur à celui qui scandalise un enfant. Mieux vaudrait pour lui qu'il ne soit jamais né, qu'on lui mette au cou une meule à âne et qu'on le précipite au fond de la mer.»

C'est la Congrégation pour la doctrine de la foi, présidée durant vingt-quatre ans par Joseph Ratzinger, le pape actuel, qui avait connaissance depuis 1991 de tous les cas de pédophilie concernant des prêtres dans le monde. En mai 2001, l'épître de Joseph Ratzinger demandait aux évêques de saisir les tribunaux canoniques, et non pas civils, de ces exactions. Les scandales passaient ainsi en quelque sorte sous secret pontifical. On a envie de paraphraser Jésus dans cet évangile de saint Mathieu: «Malheur à ceux qui pour protéger leur institution couvrent ceux qui scandalisent un enfant. Mieux vaudrait pour ceux-là qu'on les précipite au fond de la mer.»

La position officielle de l'Église est insupportable, car elle repose sur une volonté d'affirmer la primauté de l'institution sur les victimes. Serrer les rangs et laisser les francs-tireurs, tels le doyen des cardinaux italiens ou le prédicateur personnel du pape, dire tout haut ce que la diplomatie du Vatican recouvre dans son langage casuistique. Ces francs-tireurs ont eu l'indécence de parler, l'un de potinages médiatiques pour décrire les crimes reprochés, l'autre en comparant les attaques actuelles contre l'Église aux attaques contre les Juifs. Bien évidemment, les deux hommes se sont rétractés par la suite dans un effort de stratégie, mais qui peut croire qu'ils se repentent et avec eux ceux qui les appuient?

Il est renversant de constater le réflexe de trop de catholiques de présenter l'Église en tant que victime alors qu'elle a, dans les faits, cautionné des agresseurs. Par ailleurs, que des anticléricaux et des antipapistes d'un autre âge se défoulent dans la mise à nu des pratiques de l'Église qui la mettent au banc des accusés ne devrait surprendre personne.

Depuis des décennies, l'Église n'a eu de cesse d'indiquer la porte de sortie à des croyants sincères et à des prêtres animés par leur vocation mais qui n'ont pu tolérer la fermeture d'esprit de ce gouvernement religieux qui diabolise la modernité. En ce sens, l'Église a non seulement manqué d'humanité, elle a commis le plus répréhensible des péchés: le manque d'amour envers son prochain. Elle n'aime que ceux qui la craignent, ceux qui la flattent, ceux qui se soumettent aveuglément à ses lois, que l'on a de plus en plus de mal à qualifier de divines.

L'histoire du Québec est indissociable de l'histoire de l'Église, sans laquelle on ne parlerait plus le français, des générations n'auraient pas été instruites, ni soignées, ni aidées dans le malheur. Nous avons un devoir de mémoire en ce qui concerne l'institution ecclésiale du Québec, une des seules institutions à caractère universel à avoir été dirigées par des Canadiens français.

Dans les années soixante, la modernité à laquelle nous aspirions ne s'accommodait plus du poids de l'Église sur la société civile. Ni sur le plan social, ni sur le plan des moeurs. L'Église s'est alors effacée avec une célérité quasi déconcertante et plusieurs religieux parmi les meilleurs ont choisi à leur tour la vie civile. L'Église actuelle, sans nouvelles vocations sauf de rares exceptions, paraît déboussolée, sur la défensive et fatiguée, car elle-même est devenue vieille. La débâcle actuelle la laisse trop discrète sur la pédophilie, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans les pays occidentaux et depuis cette semaine en Afrique, où le responsable de la Conférence des évêques catholiques de l'Afrique australe a déclaré que l'Église d'Afrique souffre des mêmes maux, ajoutant au surplus que l'image de l'Église est en ruine.

Après tant de crimes commis par des religieux, qui peut encore défendre l'Église? À vrai dire, le message évangélique n'est pas menacé, mais on ne saurait présumer de l'avenir de l'Église romaine dans sa structure actuelle. Bien sûr, on nous dira qu'elle a survécu aux crises, aux schismes, aux ruptures et aux hérésies à travers les deux millénaires. Mais le XXIe siècle s'accommode mal du secret, de l'autoritarisme et de la raison d'État, fût-elle religieuse.

Pour l'Église, faute avouée, faute pardonnée. Or la pédophilie, jadis tolérée, quoi qu'on en dise dans nos sociétés dites civilisées, est aujourd'hui le déclencheur qui apporte un éclairage insupportable sur la vision que l'Église transmet de la sexualité humaine. Et en ce sens, l'Église est punie par là où elle a péché.
 
 
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  • Michel Thibodeau
    Inscrit
    samedi 10 avril 2010 10h01
    Le Christ en a vu d'autres
    Les porteurs du message se trompent régulièrement depuis toujours, mais le message demeure, même quand dans certaines régions les "jeunes" sont devenus "vieux".
    "Malheur à ceux par qui le scandale arrive!"... mais ce n'est pas pour demain!

  • François Dugal
    Abonné
    samedi 10 avril 2010 10h34
    Saint Matthieu
    Très bon article, comme d'habitude. Mais une petite correction: l'évangéliste Matthieu, ça s'écrit avec deux «t» (dérivé du latin «Matteus»)

  • Lacaille
    Abonné
    samedi 10 avril 2010 12h03
    Le message est oblitéré par ceux qui s'en sont emparé
    Il est en effet très pénible de suivre cette bureaucratie vaticane qui s'est emparée de l'Église depuis des siècles. Elle est constituée d’une trentaine de cardinaux célibataires, cooptés par un seul homme dit infaillible, qui a passé grande partie de sa vie dans l'enceinte du Vatican à semoncer et à réduire au silence des centaines de théologiennes et théologiens, lesquels essayent, tant bien que mal, d'interpréter le message de Jésus de Nazareth et de le rendre accessible au monde actuel. Il faut que ces "autorités" sortent de leur bulle et se reconnectent avec le monde réel. Le Concile Vatican II avait amorcé une réforme fortement désirée par les croyantes et croyants, mais les conservateurs se sont mobilisés et ces croisés imposent leur vision médiévale revêtus de pourpre et d’un masque de sainteté. Comme nous sommes loin du prophète va-nu-pieds de Galilée qui arpentait les bourgs et les champs pour redonner de l’espoir aux pauvres!

  • corneille
    Inscrit
    samedi 10 avril 2010 20h59
    mort et résurrection
    Voici un article superbement rédigé, qui manifeste une pondération et une compréhension profonde du message chrétien, tout en mettant en pleine lumière les contradictions des responsables de la transmission de ce message.
    Toute la vie de Jésus constitue un parti pris radical pour les pauvres, les opprimés, les exclus, donc pour les impurs et les excommuniés, ceux qu'on ne touchait pas, qu'on n'approchait pas. Ce parti pris trouve son origine en Dieu lui-même, dans l'amour de Dieu lui-même pour ces personnes, puisque, en christianisme, Jésus est la manifestation visible de Dieu lui-même.
    En Jésus la praxis de l'amour s'est exprimée, comme dans tout l'ancien testament, par une action libératrice, salvifique,envers les humains, par delà les pratiques de la religion juive que Jésus respectait profondément. Pour lui ''le Sabbat a été fait pour l'homme et non pas l'homme pour le sabbat''.
    Même le souci de sa propre vie ne l'a pas arrêté dans sa prédilection pour les pauvres et les exclus. Jamais il ne s'est préoccupé des risques que ses actions lui faisaient courir. Il n'a jamais eu non plus aucun souci pour sa réputation, pour ce que les gens allaient penser de lui. La seule chose importante, c'était de dire la vérité, la vérité de l'amour du Père pour tous ses enfants, mais surtout pour les plus petits, parce que ceux-là étaient sans défense, vulnérables.
    C'est probablement la raison principale pour laquelle les autorités religieuses et politiques l'ont condamné à mort, espérant par là faire taire à jamais cet empêcheur de tourner en rond par son renversement des valeurs de domination, cette domination des meilleurds et des plus puissants, si normale dans toute société. Dans l'opposition qu'il a subie de la part des puissants, jamais Jésus n'a pensé ni à sa vie ni à sa réputation. Seule comptait pout lui la vérité de l'amour de Dieu pour les petits et les sans voix.
    L'Église catholique a-t-elle la même attitude que Jésus quant à sa propre vie d'institution et à sa propre réputation? Son premier souci est-il la vérité de l'amour de Dieu pour les plus petits ou plutôt le souci d'elle-même et de sa propre survie dans son état historique actuel? Comme si cet état historique constituait son message et sa raison d'être. En jouant à la cachette avec la vérité, elle devient négation du visage du Christ qui lui, a fait passer l'amour des petits avant sa propre vie. Ce faisant, l'Église devient contre témoignage envers sa mission fondamentale de salut et de libération des humains.
    Pour témoigner de cette mission, Jésus n'a pas reculé devant cette mort quasi inévitable que son engagement impliquait. Et c'est pourtant cette mort qui l'a mené finalement à la résurrection. Mais l'Église refuse de mourir à une certaine image et à une certaine réalisation historique donc contingente d'elle-même. Si l'Église veut vraiment ressusciter elle doit accepter une mort à tout ce qui en elle est déjà mort. Il n'y a pas de résurrection sans mort préalable.

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 11 avril 2010 13h57
    "Les mémoires d'Hadrien"
    En dénigrant les institutions religieuses et en diabolisant l'ensembe du clergé, on laisse place à d'autres religions, telle celle de l'Islam qui sera trop heureuse de remplir les vides et qui, ouvertement, autorise les mariages à douze ans, comme l'a fait Komeini!

    En relisant "Les mémoire d'Hadrien" de Marguerite Yourcenar, je constate que les rapports avec les jeunes garçons étaient inscrits dans les moeurs de l'époque, au niveau des romains, et qu'ils n'étaient pas seulement le fait des ecclésiatiques.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    dimanche 11 avril 2010 15h09
    Autres victimes: parents, grands-parents et fratrie
    Bien sûr, il faut penser d'abord et avant tout aux victimes de ces actes les plus ignobles.

    Faut penser aussi aux parents, aux grands-parents et à la fratrie. Victimes aussi. Et penser aussi aux autres prêtres corrects.

    Merci pour ce très bel article, madame Bombardier; bien senti bien écrit. Qu'il aide L'Église à faire ouvertement et courageusement son grand ménage du printepms ! Et que 2011 soit enfin meilleur !

  • Khayman
    Abonné
    dimanche 11 avril 2010 17h46
    Québécocentré ?
    J'aime bien votre texte, mais je me demande à quel point il est « québécocentré ».

    Est-ce que nous sommes un bon baromètre de la situation mondiale ? Que pensent les sud-américains, qui je crois représentent une bonne proportion des croyants catholiques mondiaux ? Et l'Europe ?

    Je vous rejoins sur « Nous avons un devoir de mémoire en ce qui concerne l'institution ecclésiale du Québec, une des seules institutions à caractère universel à avoir été dirigées par des Canadiens français. ».

  • leocsl
    Inscrit
    lundi 12 avril 2010 12h27
    Le célibat des prêtres, où se trouve cet enseignement dans l'Écriture?
    En plus de condamner mur à mur ces pédophiles, il faut dénoncer avec véhémence cet enseignement erroné qu'est le célibat. Nulle part dans les Écritures il est question de célibat de la façon dont il est prescrit dans la religion catholique.
    La consécration à la proclamation de la Parole n'exclut pas les besoins naturels de l'humain. Au contraire elle accorde un meilleur équilibre à l'épanouissement de la vie chrétienne et éloigne de ces vices.
    L'Écclésiaste l'a dit: "... il y a un temps pour chaque chose...". En ce qui nous concerne, le refoulement n'est pas une solution mais le principal problème. C'est d'ailleurs ce problème qui enlise l'église particulièrement l'église catholique et mine la foi des fidèles.

  • Ruelle verte
    Inscrit
    jeudi 15 avril 2010 10h24
    C'est la faute à Grégoire
    La bible est décidément un document spirituel plein de contradictions. D'un côté on y dit que Dieu est infiniment bon et d'un autre on nous dit que dieu punit sévèrement celui qui n'observe pas ses lois.

    Madame Bombardier contribue à maintenir la confusion en accordant à Jésus des paroles étranges :
    «Malheur à celui qui scandalise un enfant. Mieux vaudrait pour lui qu'il ne soit jamais né, qu'on lui mette au coup une meule à âne et qu'on le précipite au fond de la mer.»
    Est-ce que ces paroles auraient pu être prononcé par Celui qui aurait dit aussi :
    « Que celui qui n'a jamais péché lance la première pierre. » Je ne crois pas. La contradiction est trop évidente. On ne peut servir deux maîtres à la fois : Celui de l'Amour et du Pardon et l'autre celui de la cruelle vengeance sans compassion.

    Il semble que ce soit un certain pape Grégoire quelque chose... qui en 1188 aurait exigé de ses prêtres , même ceux qui étaient mariés, de s'abstenir des plaisirs de la vie en couple. Peut-on penser que depuis ce temps la pédophilie s'est immiscée dans les coulisses des bâtiments de l'église ? Je l'imagine avec facilité. Chose certaine, les religieux pédophiles ont sûrement été eux-mêmes victimes d'abus sexuels quand ils étaient enfants. Ici le pardon quantique et total est de mise.

    Au fil du temps, l'église catholique s'est gossée un document spirituel, nommé bible, qui devait servir les intérêts financiers et politiques de chaque époque. Malgré cela, je crois que cette institution, soit disant religieuse et encore populaire dans le monde, va finir par se réouvrir à la réalité des besoins naturels de l'être humain. Cette crise de la pédophilie lui sera sûrement salutaire.

    Il serait avantageux pour l'humanité que le Vatican ouvre ses bibliothèques secrètes et nous révèlent les documents originaux révélateurs des véritables paroles de ce mec nommé Jésus.

  • art5
    Inscrit
    vendredi 16 avril 2010 13h40
    a bout de souffle
    merci pour un tres bel article

  • Democrite101
    Inscrit
    mardi 20 avril 2010 11h25
    Madame Bombardier, on ne repeint pas un navire qui coule !
    La secte chrétienne eut un triomphe historique si colossal, à l'égal de la secte mahométane, qu'elle y attira des êtres admirables qui auraient mérité mieux.

    Monsieur Raymond Gravel, tout comme feu Mgr Lavoie, ou l'abbé Bro dont j'aimais lire les ingénieux sermons, et que d'autres, en sont de dignes représentants. Madame Bombardier, notre Passonaria qui a beaucoup de charme et d'intégrité, en fait partie. Ils veulent tous sauver une secte mythomane qui est en phase terminale.

    Le problème n'est pas dans ces bonnes et braves personnes, ni même dans ces victimes (les prêtres) qui firent d'autres victimes, c'est la religion elle-même en tant que création métaphysique imaginaire dotée d'une volonté de puissance colossale.

    Il est faux de prétendre que l'Église a déformé le message chrétien. C'est l'Évangile lui-même, création littéraire de fiction, qui contient tous les ingrédients de la dérive anti-humaniste chrétienne.

    Quand on fait un Dieu incarné d'un personnage littéraire masochiste profond, misogyne, insouciant de sa propre vie, inculte profond, ignorant des cultures (grecque notamment) plus brillante que la sienne, imprudent devant un dominateur romain effroyablement cruel, un délirant qui va volontairement à son propre supplice, -- et j'arrête ici la liste des extravagances de sa vie-- il est normal qu'on retrouve la secte chrétienne (exempte d'impôt, et dotée d'une souveraineté d'État sans femmes ni enfants...) avec la main dans les culottes des enfants.

    Mon propos est bref, mais non réducteur. L'idiotie, la démence religieuses avalent des milliers de bonnes volontés au service de son expansion, y compris la pédophilie métaphysique que constitue tout enseignement religieux avant l'âge de 18 ans. La chose la plus désespérante est que des hommes et des femmes, doués de raison, y soient encore accrochés comme des toxicomanes heureux et vertueux.

    Je conclus que ce n'est pas seulement par la libre discussion entre athées et croyants, entre croyants intégristes et croyants modérés que la question sera tranchée. Elle le sera par la mort lente de cette idéologie surannée qui est le processus normal de son dépérissement bien réel en notre civilisation sécularisée, rationaliste, scientifique et hédoniste.

    Le pire des scénarios serait que le judéo-christianisme soit balayé par des bombes nucléaires islamistes. Puissions-nous en être protégés !

    Le meilleur des scénarios est sa disparition par le libre débat, pacifique et respectueux, engagé par les Lumières il y a déjà 300 ans, et dont l'oeuvre d'éducation et de culture exclusivement humaniste n'est pas tout à fait terminée.

    Jacques Légaré, ph.d. en philosophie politique

  • Meslier
    Inscrit
    mardi 27 avril 2010 10h54
    À bout de souffle
    Je prends toujours plaisir à vous lire, surtout lorsque vous défendez la position laïque et humaine de l’égalité des femmes et des hommes et de la liberté d’expression. Il faut bien admettre que l’égalité des femmes et des hommes n’est jamais une valeur religieuse, non plus que la liberté d’expression. Les organisations religieuses ne sont jamais démocratiques par définition, oublions donc la liberté d’expression. Dieu étant un homme comme nous le savons tous. Dans notre culture, il est aussi de race blanche. Il est donc impossible que Dieu soit une jeune femme noire, comme le dit la chanson. Je crois que les états doivent être laïques, inconditionnellement et sans accommodements religieux, si nous tenons à l’égalité entre les sexes et à la liberté d’expression.

    En aparté, le terme Canadien français n’est pas juste. Le nom Français / français s’utilise soit pour le citoyen de France, avec une majuscule – soit pour la langue française, avec une minuscule. L’adjectif français s’utilise pour qualifier ce qui est de France.

    Les Canadiens d’expression française ne sont pas de nationalité française et on ne peut les qualifier de français non plus puisqu'ils ne sont pas de France. Leurs ancêtres le furent souvent, bien sûr.

    On ne parle pas de Belges français, ni de Suisses français mais bien de Belges francophones et de Suisses francophones ou encore de Belges et de Suisses d’expression française. Je ne comprends pas que l’on perpétue, ici, en français, une expression péjorative d’origine anglaise : French-Canadian. Dans la tête de l’anglophone local, lorsqu’il utilise cette expression, il parle d’un citoyen de seconde zone et non pas d’un vrai Canadien. Le vrai Canadien, lui, s’appelle Canadian, comme chacun le sait.

    Le Canadien d'expression anglaise a même un mot pour qualifier ce citoyen canadien de niveau inférieur, il nomme cet individu un "hyphenated Canadian". Un Canadien avec trait d'union. C'est pas beau ça. Le mot "condescendance" prend tout son sens ici.

    Je suis Canadien. Point à la ligne.

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