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Agressions sexuelles par des membres du clergé - Les victimes exigent la démission de Mgr Ouellet

Brian Myles   17 février 2010  Éthique et religion
Selon l’Association des victimes de prêtres, Mgr Ouellet est l’ultime responsable du silence et de l’indifférence de l’Église catholique à l’égard des victimes d’agressions sexuelles en son sein.
Photo : Agence France-Presse Philippe Desmazes
Selon l’Association des victimes de prêtres, Mgr Ouellet est l’ultime responsable du silence et de l’indifférence de l’Église catholique à l’égard des victimes d’agressions sexuelles en son sein.
Des victimes québécoises d'agressions sexuelles par des membres du clergé manifesteront aujourd'hui devant le collège Notre-Dame, à Montréal, pour exiger la démission du cardinal Marc Ouellet.

Selon France Bédard, présidente de l'Association des victimes de prêtres, Mgr Ouellet est l'ultime responsable du silence et de l'indifférence de l'Église catholique à l'égard des victimes d'agressions sexuelles en son sein, puisqu'il est le primat de l'Église — «son grand patron» — au Canada.

Elle sera accompagnée de plusieurs victimes, parmi lesquelles des anciens étudiants du collège Notre-Dame. Depuis que le quotidien The Gazette a publié une enquête au sujet des frères de Sainte-Croix, fin 2008, les révélations s'accumulent au sujet des sévices subis par les pensionnaires du collège privé.

René Cornellier père cherche à obtenir l'autorisation des tribunaux pour intenter un recours collectif au nom des anciens étudiants du collège Notre-Dame victimes de sévices sexuels aux mains des frères et du personnel, entre 1972 et 2001. Il a intenté ce recours au nom de son fils, René fils, qui a gardé le secret des agressions jusqu'à sa mort en 1994.

C'est en lisant le dossier de la Gazette que la famille Cornellier a appris l'étendue du désarroi de René fils. Un an avant sa mort, il a écrit trois lettres aux autorités de la congrégation de Sainte-Croix et du collège Notre-Dame pour dénoncer les sévices qu'ils avaient subis, ses amis et lui, et pour demander que des mesures soient prises contre les quatre responsables. Ses appels n'ont pas été entendus. Son frère, Robert Cornellier, porte-parole de la famille, demande aussi la démission de Mgr Ouellet.

Pierre (nom fictif) a fréquenté le collège Notre-Dame au milieu des années 1970. L'histoire de feu René Cornellier ne l'étonne guère. Un frère de Sainte-Croix a aussi tenté de l'agresser sexuellement. Il s'est tellement débattu qu'il a réussi à lui échapper. Il en a été quitte pour une frousse et des attouchements sexuels. «J'ai enfoui ça en dedans de moi jusqu'à aujourd'hui», dit l'homme, qui évolue dans le domaine des médias.

Pierre a choisi de parler parce que c'est la seule façon de forcer l'Église à répondre de ses actes. «Il faut la mettre au pied du mur pour qu'elle réagisse. Il faut la poursuivre pour obtenir justice. [...] Il faut la forcer à reconnaître le problème et à se débarrasser de ses pédophiles», dit-il.

Une preuve accablante

Violée par le vicaire Armand Therrien à l'âge de 17 ans, en 1965, la présidente de l'Association des victimes de prêtres, France Bédard, a porté plainte au criminel 40 ans après les faits. Elle détenait une preuve accablante: un test d'ADN attestait que Therrien était le père de l'enfant né de ce viol.

Therrien est mort le 2 février 2008, avant de subir son procès. France Bédard a intenté une poursuite de 325 000 $ contre l'archevêché de Québec (les agressions se sont déroulées à Saint-Marc-des-Carrières). «Je vais aller jusqu'au bout. Je veux un verdict», dit-elle, déterminée à briser la loi du silence qui règne au sein de l'Église catholique.
 
 
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  • René Girard
    Abonné
    mercredi 17 février 2010 04h13
    Bravo!
    Bravo madame Bédard je vous appuie et souhaite ardemment que les gens prennent conscience du grave problème qui résulte du fait qu'à force de contenir la nature sexuelle dans le but de plaire à un dieu hypothétique, cette abnégation contre nature conduit forcément à des résultats déviants. Et dire que cette église est contre l'homosexualité et ose se prononcer sur l'amour et l'union conjugale. Elle dira que l'institution est divine mais composée d'êtres humains pécheurs, comme pour atténuer le blâme. Deux affirmations fausses dans la même phrase. 1 - Aucune preuve scientifique sur la divinité de l'institution. 2 - Rien ne permet d'affirmer que l'être humain est un pécheur et que c'est pour cette raison qu'il commet parfois des actes répréhensibles. Mais cette fausse doctrine du péché originel est bien commode pour expliquer les déviances sexuelles dont certains prêtres sont coupables. Qui ne voit pas le lien de cause à effet? La cause c'est la continence de pulsions sexuelles normales, l'effet ce sont les débordements qui résultent de l'impossibilité à maintenir cette continence. Certains prêtres ont des maîtresses et vivent une sexualité normale en cachette. D'autres s'intéressent à des êtres plus fragiles et sans défense comme des enfants qui cèdent facilement devant l'autorité surtout quand celle-ci prétend agir au nom de dieu. Voilà vers quels comportements anormaux conduit une institution si contraire à l'ordre de la nature et de la raison.

  • Henry Fleury
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 05h45
    Prêtes recherchés
    La traque aux prêtes pédophiles devraient s'étendre partout dans le monde au même titre que pour les criminels de guerre. Combien de vies violées, de rêves brisés, d'avenirs perdus ? À cause de ces malades dissimulés derrière une soutane et à qui on avait pourtant confié le plus précieux. La démission de Mgr Ouellet peut-être... Mais une enquête publique sur ces criminels en cavale certainement !

  • Michel Bourgault
    Abonné
    mercredi 17 février 2010 07h22
    Un chef responsable
    Je ne suis pas en faveur de la démission de Mgr Ouellet. J'en attends plutôt le comportement d'un chef: reconnaissance des torts, réparation auprès des victimes, enfin amendement ou prévention.
    1) Reconnaissance publique des abus, reconnaissance de ne pas avoir pris les mesures appropriées au moment voulu, reconnaissance du tort fait à l'Église par les responsables de ces actes.
    2) Réparation de bon gré dans un premier temps envers les victimes et leurs proches, sinon réparation devant les tribunaux civils.
    3) Finalement des amendements. Remettre en question la procédure et le traitement qui est fait de ces cas d'abus, abolir la discipline du célibat obligatoire pour les prêtres dans l'Église.
    Un chef crédible ne va pas se cacher derrière une démission, mais prend des mesures énergiques pour remédier à la situation et surtout aux torts causés.
    Michel Bourgault

  • Sanzalure
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 07h59
    Lucien Bouchard devait le savoir
    Les gens de la génération de Lucien Bouchard savaient très bien ce qui se passait et n'ont rien fait pour y mettre fin. Qu'il continue aujourd'hui de défendre cette religion hypocrite questionne la justesse de sa soi-disant «lucidité».

  • Claude Gilbert
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 08h37
    Question!
    Le cardinal Ouellet étant le seul prélat québécois à avoir présenté des excuses et demandé pardon pour ces crimes, est aujourd'hui le seul évêque dont on demande la démission. (Le fait d'être "primat du Canada" ne lui confère aucune autorité sur les autres diocèses; c'est un titre attaché au siège, pas à la personne, en considération du fait que Québec a été le premier évêché fondé ici.)

    Et le cardinal Turcotte? Lui a toujours refusé d'en faire autant que son collègue, il s'en est même dissocié quand l'archevêque de Québec a fait ses demandes publiques de pardon, et il s'est toujours défilé dans le dossier des orphelins de Duplessis. Moins on en fait, moins on se fait achaler?

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 09h54
    A Henry Fleury
    Très d'accord avec vous.

    Le problème est mondial.

    Partout où le catholicisme a été, on y voit des problèmes avec des pensionnats catholiques, orphelinats, etc...

    Sous la gouverne de ces clercs...

    Abominable...

  • Drachme
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 10h00
    Que ça cesse !
    Catholique et pratiquant, je suis profondément écoeuré par toutes ces histoires d'abus sexuels commis sur des enfants ou des adolescents. Je suis aussi indigné par le laxiste avec lequel l'Église gère cette affaire. On camouffle et on protège les agresseurs (pensons aux horreurs qui ont été cachées par l'Église d'Irlande). Cela doit cesser. L'Égilse doit faire son examen de conscience et surtout, faciliter la traduction des prélats délinquants en justice. C'est terrible de penser que des prêtres catholiques, normalement voués au service de l'Amour et de la charité, en viennent à détruire la vie des enfants. Pensons aussi aux abus physiques et sexuels qui ont été perpétrés lors du régime des Pensionnats Indiens que les Églises Catholique et Anglicane géraient de concert avec le gouvernement fédéral. En ce temps-là aussi, il y a eu des horreurs commises, ici au Québec et ailleurs au Canada. Combien de petits autochtones ont été battus, violés et méprisés aussi bien dans leur âme que dans leur corps ? Tout cela est révoltant et dégoutant. Je ne pense pas que le Primat de l'Église canadienne doive démissionner mais je crois qu'il doit faire tout en son pouvoir pour briser le silence et la complicité entourant les prêtres et les frères abuseurs et faire en sorte, qu'ils soient rapidement traduits en justice.
    Gino Lesage, Cap-Santé

  • Michel Gaudette
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 11h41
    A Drachme
    Avant de déchirer sa chemise en public, l'Église de Rome doit revoir absolument le régime de vie dite "chaste" avec voeu de célibat qui est imposé, oui imposé, aux clercs.

    C'est la racine du problème !

  • Eric Allard
    Abonné
    mercredi 17 février 2010 12h58
    Les pires criminels de l'église
    Il y a des violeurs et des abuseurs sexuels dans l'église, mais les pires criminels sont ceux qui ont été mis au courant (par les victimes elles-mêmes ou autre) et ont non seulement camouflé ces crimes, mais ont également laissé ces criminels dans une position où ils avaient toujours accès à de nouvelles victimes.

    Ces gens, ces chefs de l'église, devraient aussi être poursuivis au criminel pour complicité, pour avoir poussé avec une main dans le dos les futures victimes dans les pattes de ces criminels en puissance. En les laissant en place, ils approuvaient implicitement ces gestes, et devraient être responsables de leurs actes.

  • Normand Chaput
    Abonné
    mercredi 17 février 2010 13h09
    j'y étais
    J"étais pensionnaire au collège Notre-Dame de 68 à 72. La victime parfaite. Oui j'y ai vu des choses répréhensibles Mais ni plus ni moins qu'ailleurs dans la société de cette époque. J'ai aussi mangé la strap à l'école publique et aujourd'hui ce serait inadmissible. Je crois qu'il est dangereux de juger avec les valeurs d'aujourd'hui des crimes d'une autre époque.

    Je suis devenu férocement anticlérical. Mais cela ne m'empëche pas de faire la part des choses.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 15h41
    La conspiration du silence.
    Le silence a été long et tenace....
    si les jeunes agressés avaient pu dénoncer dès que les gestes ont été posés, nous n'aurions pas attendu jusqu'en l'an 2000.

    Dans la société québécoise on partait du principe que tous les curés, évêques, frères étaient TOUS des SAINTS HOMMES
    et malheur à celui ou celle qui aurait OSÉ dénoncer tous ces SAINTS hommes...d'abord ils n'auraient pas été crus...

    Une SAINTETÉ solide comme du béton, jamais remis en cause, jamais contesté...

    Pourtant l'Église nous prêchait l'humilité! Alors quelle belle occasion d'admettre ses erreurs, demander pardon aux victimes, (Cardinaux Ouellet, Turcotte) à l'exemple de SS Benoît XV1. Pratiquer ce qu'elle nous prêchait avec ostentation.

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 16h00
    Les crimes d'une autre époque ??
    Les agressions sexuelles, quelle que soit l'époque sont toujours repréhensibles et causent un tort énorme aux enfants abusés.

    C'est un CRIME quelle que soit l'époque...

  • michel lebel
    Inscrit
    mercredi 17 février 2010 17h37
    Une intervention requise du Cardinal Turcotte
    La chose est éminemment sérieuse. Il faudrait plutôt frapper à la porte du Cardinal Turcotte, puisqe ce collège est situé sur le territoire du diocèse de Montréal. Le Cardinal Ouellet n'a juriduement rien afffaire là-dedans, étant archevêque du diocèse de Québec. Le titre de Primat de l'Église du Canada est purement honorifique.

    Ceci étant dit, le Cardinal Turcotte devrait aborder le problème de front et s'expliquer publiquement. Un sujet d'une telle importance mérite une intervention non équivoque. Un pasteur digne du Christ aborde ces questions directement, avec franchise et compassion. Un fonctionnaire de l'Église se tait. Où loge Mgr Turcotte?

    Michel Lebel
    Un chrétien d'Entrelacs

  • Yvon Thivierge
    Inscrit
    jeudi 18 février 2010 12h25
    Qu'ils fassent amende honorable !
    Plutôt que d'exiger la démission des Marc Ouellet, Jean-Claude Turcotte et Lucien Bouchard qui se sont lancés à la défense des abuseurs sexuels de l'Église catholique, notamment des Orphelins de Duplessis, n'y aurait-il pas lieu de les obliger à reconnaître leur culpabilité, à indemniser leurs innombrables victimes et à se retirer de la sphère publique pour lui laisser toute la place à la laïcité?

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    vendredi 19 février 2010 17h13
    Un tueur d'enfants.
    JE ME SOUVIENS d'un certain Léopold Dion qui était pensionnaire chez les Frères XYZ à Québec. Le frère cuisinier l'avait entraîné dans sa déviation.

    Il se promenait dans le Vieux Québec et entraînait avec lui des jeunes garçons qu'il amenait à Pont Rouge pour leur faire des sévices, les tuer et les enterrer.

    À cette époque j'enseignais et un de mes élèves Alain X un petit blond aux yeux bleus avait été tué par ce prédateur. CINQ enfants du quartier SJB ont été tués par ce prédateur. Les parents ont vécu des heures terribles jusqu'à ce qu'ils sachent où était leur enfant et ce qui lui arrivait...

    Les prisonniers ont encore un fond d'honnêteté. Ils ont réglé le problème: ils ont tué le prédateur à coups de couteau.

    Fini le procès qui n'en finit plus, finies les dépenses inutiles, finies les tergiversations, les plaidoyers des avocats qui OSENT défendre un prédateur de la pire espèce.

    À mon avis on ne conserve pas la vermine, en la nourrissant, en l'hébergeant, en lui donnant du filet mignon, une bibliotheque, un SPA, une piscine, un studio d'Éducation physique etc... et comble de l'incohérence
    en lui donnant des DROITS...

  • Sylvie Brunelle
    Inscrite
    samedi 20 février 2010 09h46
    Et puis...
    Certains prêtres ont abusé d'enfants. Ce ne peut être accepté, jamais. Est-ce que Mgr Ouellet a abusé des enfants ? Je ne crois pas, car nous sommes devant un homme intègre, un homme droit. Et puis, certains pédiatres abusent sexuellement d'enfants. Certains professeurs, certains entraîneurs sportifs le font aussi. Demande-t-on la démission du président du Collège des médecins ou encore des directeurs d'associations sportives pour autant ? Pas que je sache. Vivre est terrible. Y survivre encore plus. Toutefois, je ne crois pas que c'est en accusant Pierre lorsque c'est Jean qui a agressé, arrange quoi que ce soit et calme la douleur.
    Il nous faudrait peut-être relire et méditer l'épître de Saint-Paul, Romains 7 : Il nous faut détester le péché, mais aimer le pécheur. Et ici, je ne parle pas des victimes. Je parle ici de la communauté.
    Sylvie Brunelle
    Sherbrooke

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    dimanche 21 février 2010 09h19
    Aimer la victime????
    Je n'aime pas cette façon de banaliser les agressions sexuelles. On semble relativer les actes des "pécheurs"...excuser leur faute....

    Les victimes, est-ce qu'on s'en préoccupe? Est-ce qu'on les aide à survivre? Est-ce qu'on leur apporte l'aide d'un psychologue?
    Est-ce qu'on les entoure d'AMOUR, d'EMPATHIE?
    Il semblerait que non...

    Pour les blessés, les "poqués" est-ce qu'on éprouve des
    flots de compréhension?

    Il y a des adultes qui se promènent autour de nous la MORT dans l'âme...ils ont été tués par des prédateurs sexuels et ils doivent continuer à vivre malgré tout...

    Pour ma part j'éprouve énormément de sympathie envers les VICTIMES...et je sais de quoi je parle, ce n'est pas virtuel....

  • CLOUTIER
    Inscrit
    mardi 23 février 2010 14h03
    L'obéisance dans le silence
    Aucun prélat de l'église ne vas parler. Ils sont soumis à la règle de leur communauté. Si c'est ça la charité chrétienne eh bien... on devrait virer satanique.... C'est dommage que le message d'amour du fondateur du christianisme se soit édulcorer dans une institution aussi hiérarchique

  • Marie-France Legault
    Inscrit
    mardi 23 février 2010 19h57
    Le message du CHRIST.
    Le Christ n'a jamais banalisé les agressions d'enfants, voici ses paroles:

    "Mais si quelqu'un doit scandaliser l'un de ces petits qui croient en moi, il serait préférable pour lui, de se voir suspendre autour du cou, une de ces meules que tournent les ânes, et d'être englouti en pleine mer" .
    Matt. 18, 6

    Voilà son message! aucune ambiguïté, c'est très clair...

  • martin grenier
    Inscrit
    samedi 6 mars 2010 08h58
    les religions
    Faut etre innocent pour croire a toute sorte de religions
    grenier.martin@videotron.ca

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