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Une lettre à mes amis du Québec

Abdeljalil Akkari - Professeur d'éducation internationale à l'Université de Genève  2 février 2010  Éthique et religion
Les migrants qui choisissent de s’établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique.
Photo : Agence Reuters Farid Alouache
Les migrants qui choisissent de s’établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique.
Observateur étranger de la société québécoise, je ne peux m'empêcher de m'exprimer à propos du débat passionné sur les signes religieux qui agite la Belle Province trois semaines après ma dernière visite.

Quand je compare mon impression des rues de Montréal avec celle que j'avais eue lors de ma première visite, il y a plus de 15 ans, je constate avec regret une augmentation inquiétante du nombre de personnes arborant des signes religieux ostentatoires, notamment dans certains quartiers. Même si le port des signes religieux ne concerne pas uniquement les musulmans, il est clair que le débat porte sur cette visibilité dérangeante et agressive dans un monde toujours marqué par le 11 septembre 2001 et la menace terroriste.

Tout d'abord, cette tendance [à afficher les signes religieux] de certains migrants originaires de pays où l'islam est la religion la plus répandue n'est pas le signe d'une appartenance religieuse ou d'une spiritualité débordante, qui peut bien entendu s'exprimer ou non dans la vie intérieure de chaque individu et son espace privé. Elle est le signe d'une intolérance et d'une violence politiquement organisées par certains mouvements intégristes.

Évidemment, la position d'une société développée, tolérante et pluraliste comme le Québec est très importante. Je le dis franchement à mes amis québécois: l'enjeu du refus des signes religieux ostentatoires est important dans les sociétés occidentales, mais il l'est encore plus dans les sociétés de culture arabo-musulmane au sein desquelles ces mêmes individus qui préconisent chez vous la liberté (de voiler les femmes et de garder d'autres coutumes archaïques et rétrogrades) oppriment méthodiquement la liberté des autres.

Un signal de vous

Ils professent un monde où existeraient les «musulmans» d'un côté et les «mécréants» de l'autre. Ils seraient les meilleurs alliés de la thèse du choc des civilisations et des cultures. Souvenez-vous, mes amis québécois, du long combat que vous avez mené, avec succès je pense (il n'y a qu'à entendre vos meilleurs jurons actuels), contre l'omniprésence et l'omnipotence de l'Église catholique dans vos vies, contre la séparation des filles et des garçons dans les écoles et contre la réglementation religieuse des relations sexuelles entre hommes et femmes. Les démocrates et les libéraux dans les pays de culture arabo-musulmane mènent aujourd'hui un combat similaire et attendent un signal de vous, un appui pour que triomphent l'instauration d'une société de droit, la tolérance religieuse, l'équité sociale et l'égalité entre les hommes et les femmes.

En second lieu, le débat sur le voile ou la burqa est primordial, car il concerne l'avenir du vivre-ensemble dans une société pluraliste. Une jeune fille qui porte le voile à Montréal envoie un message clair à la société d'accueil: mon droit à la différence religieuse l'emporte sur l'impératif de mon intégration à la société québécoise telle qu'elle a été historiquement construite avec le français comme langue principale, la démocratie et la laïcité comme piliers. Je le dis d'une manière assez brutale, l'impératif d'intégration doit l'emporter toujours sur le droit à la différence.

Autrement dit, les migrants qui choisissent de s'établir au Québec doivent accepter les règles communes qui font de ce pays une société moderne et démocratique. Les jeunes filles qui portent le voile sont en danger d'une marginalisation scolaire et sociale choisie. J'ai moi-même connu plusieurs migrations dans ma vie et cette expérience m'a montré qu'il est nécessaire d'envoyer un signal clair aux futures générations de migrants: le respect des règles et des coutumes majoritaires de la société d'accueil est incontournable.

Appel à la vigilance

En troisième et dernier lieu, l'impératif d'intégration que les migrants doivent constamment avoir par rapport aux sociétés qui les accueillent ne dispense pas la société québécoise d'être vigilante et de progresser sur le chemin de la lutte contre les discriminations et les entraves que rencontrent tous les migrants comme tous les citoyens sur les chemins de l'égalité à l'école, dans l'accès au logement, à l'emploi ou à la fonction publique.

Les futures générations de Québécois dont les parents ou les grands-parents viennent d'ailleurs ne doivent plus devoir quotidiennement justifier la légitimité de leur présence sur le sol québécois. En 15 ans, j'ai remarqué que de nombreux amis québécois, «pure laine», et des migrants de catégories sociales favorisées quittent des quartiers de l'île de Montréal pour aller vers d'autres quartiers, périurbains moins pluriethniques.

Certes, la présence des minorités visibles n'est pas la seule raison de leur déplacement, mais elle est sûrement pour quelque chose dans leur décision. Ce processus de séparation entre communautés est porteur de risques sur la longue durée. D'où l'importance de rappeler aux migrants l'impératif d'intégration et de privilégier dans l'éducation de leurs enfants l'expérience du mixage sur le droit à la différence et à la séparation. Tout citoyen québécois doit se sentir aussi bien à Côte-des-Neiges qu'à Outremont ou Brossard. Il est évident que le port de signes de séparation comme le voile ne facilite pas ce sentiment indispensable au vivre-ensemble.

Femmes déçues

En définitive, même si le port des signes religieux ostentatoires ne constitue probablement pas une menace immédiate pour l'ordre public ou pour la société québécoise pluraliste, mes amis québécois doivent énoncer clairement leur opposition à cette tentative de les ramener en arrière et de bafouer le droit de millions d'hommes et de femmes dans le monde de s'extirper de l'ordre religieux archaïque et intégriste. Le voile et d'autres signes ostentatoires ont leur place dans les mosquées, les églises et les synagogues.

À l'heure d'Internet et de la mondialisation, des milliers de jeunes filles qui tentent de s'extirper de l'ordre familial et social oppressant attendent de voir comment les Québécois se prononceront; elles seront déçues si les tenants d'un multiculturalisme sans limites l'emportent dans ce débat. Il n'est pas raisonnable de s'accommoder de tout ou, pour reprendre l'expression de l'anthropologue française Françoise Héritier, «il faut relativiser le relativisme culturel» et postuler que le chemin d'émancipation difficilement parcouru en Europe et au Québec depuis le Siècle des lumières peut être également franchi par les autres cultures, y compris celle de tradition arabo-musulmane.

***

Abdeljalil Akkari - Professeur d'éducation internationale à l'Université de Genève
 
 
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  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 05h36
    Encore l'intégrisme
    Les musulmans veulent répéter l'histoire du Québec alors que les Français, au débuts de la colonie, ont fait en sorte de se débarasser des Jansénistes en les déportant presque manu militari au Québec. Ces Jansénistes étaient à peu près au catholicisme ce que sont les intégristes musulmans pour l'islam. Il y a à peine un peu plus de cinquante ans que nous nous sommes débarassés de cette mentalité qui nous faisait voir du mal partout et voilà qu'il nous arrive des immigrants qui ne sont danss les faits, que des missionnaires de l'Islam. Si nous ne réagissons pas, c'est évident qu'ils vont proliférer comme un cancer. Quand on pense que ces intégristes, dans leurs propres pays, n'hésitent pas à envoyer leurs enfants à la mort en amenant avec eux le plus grand nombre possible d'innocents, et nous, les bons bonasses, devrions les accepter les bras ouverts.Si vous voulez vivre au Québec, faites comme la maxime populaire, à Québec, on vit comme les Québécois. Si ça ne vous convient pas, retournez d'où vous venez. Nous n'avons aucune envie d'avoir des martyrs de l'Islam dans notre pays. J'exagère, dites vous? C'est exactement ce que disaient beaucoup d'Allemands à propos d'Hitler et du nazisme dans les années trente.

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 08h16
    Bravo
    «mon droit à la différence religieuse l'emporte sur l'impératif de mon intégration à la société québécoise telle qu'elle a été historiquement construite avec le français comme langue principale, la démocratie et la laïcité comme piliers.»

    C'est en plein le message que les femmes voilées nous enseignent. Mais nos politiciens ne veulent rien savoir. Alors que faire?
    On peut faire ce que je fais depuis un bout de temps; dire à la femme voilée que son voile n'est pas le bienvenue ici

    Bravo encore pour votre texte.

  • michel lebel
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 08h37
    Non aux intégrismes!
    Il faut faire attention ici. Il ne faut tomber dans un excès contraire, en voulant cantonner la religion dans la sphère privée. La religion et sa manifestation doivent pouvoir s'exercer aussi dans l'espace public. Les personnes peuvent porter des signes religieux, incluant le voile, si elles le veulent. Mais je m'oppose à tout signe qui cache le visage, car le rapport direct à l'autre fait partie de la vie en société. Toute burqa ou niqab devrait donc être interdit dans l'espace public. Il faut combattre toute forme d'intégrisme, de façon claire mais aussi intelligente. Pour moi, le laïcisme à tout crin est une forme d'intégrisme à rejeter.

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 10h33
    Quel est le sens de notre évolution?
    Il fut un temps, non seulement au Québec mais en Occident, où on enlevait son couvre-chef pour saluer quelqu'un ou lorsqu'on entrait quelque part. Cela n'était pas vrai que dans les églises et n'était pas lié à une quelconque domination religieuse. Cela faisait partie du savoir-vivre ensemble. À quoi rime aujourd'hui le port de la «calotte» ou de la tuque, été comme hiver, que presque plus personne ne se donne la peine de retirer en présence de visiteurs, en guise de salutation ou tout simplement pour qu'on voit la personne intégralement, telle qu'elle est? C'est à croire que ce couvre-chef est collé sur la tête de la personne qui le porte. De ce point de vue, notre société «pure laine« est mal placée pour exiger des nouveaux arrivants qu'ils se départissent de certains de leurs vêtements traditionnels pour s'adapter à leur société d'accueil... Je sais bien que derrière les vêtements et l'entêtement à porter certains de ces vêtements, chez plusieurs immigrants, il y a des valeurs très discutables et dont il faut discuter. Mais qui veut discuter de nos «calottes« et de nos tuques, et de ce qui se cache derrière? Nous nous réfugions dans le confort de notre «bon droit«,,, mais nous sommes, ce faisant, d'une bien questionnable paresse intellectuelle.

  • Jean-Pierre Brodeur
    Abonné
    mardi 2 février 2010 13h50
    Ne pas confondre voile islamique et casquette d'ado
    Monsieur Faucher,
    Je suis bien d'accord avec vous que le port de la casquette est déplacé au restaurant, à l'église ou lors des présentations, salutations et rencontres. Quoique «le port de la "calotte" ou de la tuque, été comme hiver», commd vous dites, soit loin d'être aussi généralisé que vous le prétendez. Il ne faut pas généraliser pour en mettre encore davantage sur le dos de notre société «pure laine». et nous dénigrer plus que nous ne le méritons. La casquette, faut-il le rappeler, est devenure une mode planétaire pour faire tendance... et même pour faire jeune pour les vieux... Quant au voile islamique, faut arrêter d'être naïf et de se gargariser d'angélisme comme vous le faites cher monsieur Faucher. Ce voile qu'il soit burqa, nikqb ou hijab, est une bannière de l'Islam. Du grignotage comme le font les espèces envahissantes.

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mardi 2 février 2010 15h29
    Merci monsieur Akkari
    Votre excellent texte illustre parfaitement le sentiment qui habite de nombreux québécois face à cette vague d'islamisme intégrisme qui roule sur le Québec depuis quelques années. Il se trouve des groupuscules d'intégristes (qui sévissent entre autre ici sur le site du Devoir) pour répéter sans cesse la même rengaine: le port du foulard est un droit, le droit de la femme de disposer de son corps. Il semble cependant que ce droit de disposer de son corps ne s'applique pas également, car il est évident qu'une jeune fille issue d'une famille musulmane intégriste ne pourra pas se vêtir comme ses amies québécoises sans créer un conflit familial majeur.

    Les signes religieux tels le voile, sont des signaux politiques très clairs, que plusieurs ne veulent pas voir, et que d'autres tentent de banaliser. Il est impératif que la société québécoise ne laisse pas l'intégrisme religieux s'installer, se légitimiser, et s'institutionnaliser. Sinon, c'est un retour à l'obscurantisme religieux des années 40-50 qui nous guette.

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 18h49
    Discernement de M.Akkari
    Ayant eu affaire à une *infirmière stagiaire voilée, confirmation est faite que des lecteurs de ce journal prennent conscience que les dits accommodements sont appliqués. À l'heure actuelle, une immigrante musulmane malade en présence de son mari doit probablement exiger de rencontrer une femme médecin.
    Le mouvement d'extension du religieux encouragé par la constitution canadienne est comme voué à se maintenir confirmé par le chef libéral fédéral dans sa déclaration sur la burqua. Curieusement des intellectuels d'origine musulmane comme Abdeljalil Akkari ne sont pas entendus par les politiciens fédéraux.

    Une nouvelle motivation existe pour les Québécois pour réaliser la souveraineté et elle se trouve contre une laïcité à ce point ouverte qu'elle en devient le déni. Pour sortir d'un multiculturalisme qui créé des communautés rigides, faire du Québec un pays libre.

    * infirmière. Commentaire en bas de page.

    http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    mardi 2 février 2010 18h53
    Merci monsieur Akkari
    Merci de votre lettre et pour la majorité des commentaires qu'elle a suscités. Nous en avons bien besoin.

  • Dré
    Abonné
    mardi 2 février 2010 20h30
    À faire lire par Françoise David
    Ce message de notre ami de Genève est à faire lire par tous les membres de Québec solidaire et par le dirigeantes de la Fédérations des femmes du Québec.

  • Daniel Valiquette
    Inscrit
    mardi 2 février 2010 20h53
    Je dis non, non et non !
    La société québécoise est une société avant tout nord-américaine. Tout comme les états-uniens, nous pensons qu'il est préjudiciable d'interdire, sur cette question j'entends ! L'idée m'apparaît insuportable et scandaleuse. Bien sûr, nous ne sommes pas en présences d'une même quantité de gens, si l'on pense à la France. Mais l'idée même d'interdire un habillement plutôt qu'un autre, même s'il s'agit de signes à caractère religieux ou politique ne trouve pas d'échos dans nos deux sociétés. Lorsque je pense à l'interdiction de tout signe religieux à l'école, j'ai le même résonnement et les mêmes états d'âme. On ne peut pervertir la démocratie de la sorte.

    Daniel Valiquette

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 07h14
    Ce n'est plus le temps des discussions
    Nous avons entendu et lu toutes les objections aux revendications des intégristes musulmans. L'heure n'est plus aux discussions, l'heure est aux décisions. Et la décision doit être NON à tous les accomodements , raisonnables ou non. Et ça vaut pour tous les intégristes qu'ils soient musulmans, hassidiques, shicks ou autres.

  • La Loutre
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 09h15
    Allez voir!
    Monsieur Valiquette, je ne sais pas si vous habitez Montréal. Je vous invite néanmoins à vous promener dans Saint-Laurent/Cartierville. Passez sur la rue Dudemaine entre O'Brien et Grenet. Vous verrez nombreuses femmes voilées, plusieurs portant le voile intégral. Un peu plus loin, au sud d'Henri-Bourassa, le long de Grenet, la majorité des citoyens paraissent sortir droit d'un autre monde. Ou encore, promenez-vous après souper l'été, dans les parcs de cet arrondissement. Les nombreuses femmes voilées (souvent intégral) sont assises en rang sur les bancs des aires de jeu. Plus loin, les maris, en groupe reluquent les femmes québécoises vêtues selon nos normes. Tentez d'engager une conversation avec ces femmes, vous verrez. En tout cas, moi, ça me cause des états d'âmes de voir ça. Et ce n'est certainement pas de cette façon que ces gens vont faciliter leur intégration dans la société québécoise, si volonté il y a, ce dont je doute fort.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 09h54
    M Lafrance
    et qu'est ce que l'on fait des intégriste de la laïcité????? NON à eux aussi????? Pas d'accomodement raisonnable pour eux?????

    De tous les commentaire celui de M. Valiquette est le seul qui est raisonnable et posé. Il respecte la philosophie nord américaine, et l'esprit de la constitution du pays.

    Les individus viennent ici de partout dans le monde car ICI on respecte les gens, ici on accepte les gens, ici les gens sont LIBRE.

    L'europe n'est pas toujours un mod;le de liberté, d'égalité et de fraternité....

    Hitler, Franco, Mussolini et il y en a plein d'autre il sont tous d'europe et on tous défini ce qu'était le NOUS et le EUX à leur façon. Voulons nous définnir le notre aussi? Car définnir le NOUS c'est exclure des gens, c'est prétendre à une supériorité.

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 12h12
    Pas d'accord
    M. Akkari nous propose une dictature.

    La laïcité ne concerne que les pouvoirs de l'État et non de la société civile qui doit rester libre.

    Pas de signes religieux sur les représentants de l'État, à tous les niveaux. Mais liberté complète dans la société civile, dans les limites des règles sécuritaires.

  • René Girard
    Abonné
    mercredi 3 février 2010 13h29
    Bravo!
    Bravo monsieur Akkari votre pensée me rejoint parfaitement.

  • Gebe Tremblay
    Inscrit
    mercredi 3 février 2010 21h10
    Sectarisme
    On se demande bien pourquoi M. Akkari doit utiliser les médias de masse pour rejoindre ses "amis" pour en plus leur conseiller sur l'attitude qu'ils devraient adopter face aux exigeances de ses confrères et consoeurs ethniques.

    Pourquoi donc cette appelation d'amis envers des gens qui ne pensent pas comme ses véritables amis qui pensent comme lui ?

    Il y transpire un hypocrisie insupportable.

  • Augustin Rehel
    Inscrit
    jeudi 4 février 2010 21h31
    La visualisation de demain
    «Je constate avec regret une augmentation inquiétante du nombre de personnes arborant des signes religieux ostentatoires, notamment dans certains quartiers...»

    C'est le modus operandi musulman à son meilleur, tel que me l'a raconté il y a une dizaine d'années un jeune Serbe du Kosovo, raconté par hasard sur un forum du journal Le Monde. Il me disait en substance que la façon de faire des musulmans est d'acheter une maison sur une rue, puis celle du voisin, puis toutes les autres de la rue... et ensuite celles du quartier. Cela peut prendre des années! Qu'importe, le but est de s'approprier le quartier.

    Lors d'une émission sur nos voisins ontariens, il y a un an ou un peu plus, au moment de la demande pour la charia, on nous a présent un quartier musulman dans lequel même le nom des rues avait été changé.

    L'observation de monsieur Akkari est intéressante parce qu'elle nous permet de visualiser ce qui s'en vient. J'espère que vous êtes tous un peu bons en visualisation.

  • Monia Ayachi
    Inscrite
    vendredi 5 février 2010 11h10
    Une nouvelle version Aaaaamicale!!
    "Les démocrates et les libéraux dans les pays de culture arabo-musulmane mènent aujourd'hui un combat similaire et attendent un signal de vous, un appui pour que triomphent l'instauration d'une société de droit, la tolérance religieuse, l'équité sociale et l'égalité entre les hommes et les femmes."
    Mr Akkari votre message à vos amis au Québec m'inquiète.
    Oui vous êtes professeur à l’université mais vous n'êtes pas du tout sorti de la coquille du monde arabe très soumis et défaitiste qui attend l'aide des autres alors que les québécois essayent de résoudre leur propre problème tous seuls et n'attendent pas l'aide des autres, mais plutôt s’intéressent à la volonté du peuple pour prendre en main son destin.
    Mr Akkari mon conseil est de prendre vos responsabilités à deux mains sans vous attarder sur un signal ou l'appui des autres et apprenez que le destin d'un peuple change par sa propre volonté. L'histoire humaine nous a appris que l'âme d'un peuple compte plus que mille renforts. Il faut se poser la question en quoi dérange un vêtement d’une femme ? Quelle histoire derrière mon obstination idéologique?
    Il est évident que les femmes de plusieurs villages au Maroc attendent votre aide pour instaurer un programme d’alphabétisation alors que vos amis les québécois et les canadiens ne vous le demandent pas car ils connaissent bien la structure et la nature de leur population et planifient l’intégration des immigrants en conséquence.
    Mille voilées ne vont pas déranger la population comme mille analphabètes ou mille criminels ou mille enfants délaissés par les parents ou mille monoparentales ou mille chômeurs. Les citoyens québécois sont très conscients de leurs réels problèmes et de leurs défis, ils sont opérationnels et n’ont pas besoin de vous pour leur ouvrir les yeux .Ils préfèrent que vous essayez de vous débarrasser des futilités et de commencer par votre réelle implication dans le combat de la femme contre la pauvreté, l’injustice et aussi contre sa marchandisation dans le monde arabe. Vous savez bien que la vraie souffrance est 100% liée à la mentalité et à la conscience des hommes qui risquent de nous guider vers une impasse culturelle.
    A vous de réfléchir et de méditer si on a vraiment évolué après des longues années d’études et est-ce qu’on est capable d’oublier les appartenances idéologiques pour le bien commun des deux mondes?
    Vous êtes bien dans le domaine éducatif et vous savez peut être mieux que moi que l'éducation de la femme en Tunisie, en Algérie et au Maroc était basée sur un travail social, je m'explique : Des agentes sociales engagées par les gouvernements sont parties dans chaque quartier, chaque zone rurale et dans chaque village pour convaincre les hommes, les pères et les frères et les encourager a éduquer leurs filles, c'était un travail très structuré qui a permis le changement des mentalités des hommes et a favorisé l'émancipation de la femme.

  • Choum
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 11h37
    Lettre à un ami de nos amis du Québec
    L'un des principes fondamental de la démocratie, c'est qu'il y'a des décisions qui ne doivent pas être laissées à la majorité. Une majorité peut être intolérente envers ses minorités, et c'est le Devoir des institutions politiques et judiciaires de protéger les minorités contre la majorité même si celà est impopulaire. Il me semble que le monde est en évolution constante et que la globalisation est un épiphénomène qui se répand à la vitesse grand "V" d'où - l'article traitant de signes religieux agitant la Belle Province - me semble certainement désuet et obsolète. Il constitue un épouvantail pour faire peur à une Belle Province qui Elle, n'a pas eu peur, d'offrir une chance à ses migrants de venir diversifier les composantes de l'étoffe que constitue son tissu social. Un point central dans cet article, qui me semble bien à coté du sujet, demeure le commentaire suivant: "...même si le port des signes religieux ne concerne pas uniquement les musulmans..." Le reste de l'article semble s'acharner sur ces mêmes...musulmans. L'auteur de l'article- professeur d'éducation internationale de surcroît -me semble originaire d'un pays musulman et comprendra que les trois religions monothéistes sont là pour rester et pour cohabiter. L'histoire a démontré et démontrera encore que toutes les grandes civilisations ont été baties par des gens déracinés, mais non coupés de leurs racines.

    Nos amis Québécois ont fait leur choix depuis longtemps et savent parfaitment reconnaitre leurs amis!

  • Soufiane Hamri
    Inscrit
    vendredi 5 février 2010 23h03
    À Monieur Akkari et aux chers concitoyens qui applaudissent
    Monsieur Akkari, je suis un néo-québécois de confession musulmane et pratiquant, j'ai vécu le décennie noire en Algérie du début à la fin, je vis au Québec depuis des années, j'ai suivi avec attention les débats sur les accommodements au Québec et je suis ravi d'avoir appris beaucoup de choses dans ma vie.

    Il y a des extrémistes religieux musulmans et je n'ai pas besoin de donner des exemples, il y a des extrémistes chrétiens catholiques et protestants, les exemples ne manquent pas, soit dans le passé ou le présent, je n'ai pas besoin de vous raconter l'histoire de la 1ère et 2éme guerre mondiale, l'inquisition, les croisades et j'en passe.

    Il y a des extrémistes juifs, je dis bien extrémiste, car je ne suis pas un antisémite, et nous avons vu en direct des massacres de femmes, d'enfants et de vieillards. Ne me le rappeler pas, je sais aussi que la résistance a fait quelques morts dont le nombre se compte sur le bout des doigts.

    Il y a aussi de l'autre coté des musulmans, des chrétiens et des juifs tolérants qui peuvent vivre en harmonie avec ceux qui sont différents d'eux.

    Mon constat à la fin est le suivant, il y a des gens extrémistes, intolérants qu'ils soient musulmans, chrétiens, juifs, laïcs, etc. Il y a aussi des gens modestes, tolérants qu'ils soient musulmans, chrétiens, juifs, laïcs, etc.

    C'est le respect mutuel qui prime qu'on soit religieux ou non et on peut trouver pleins d'histoires véridiques dans le passé ou le présent pour justifier des idées contradictoires.

    Je tiens juste à vous rappeler, à la fin, qu'au Québec il y a des québécois de confession musulmane pratiquants qui sont des citoyens à part entière ni plus ni moins, et on respecte ceux dont les arrières grands parents sont venus les premiers. Je me demande, comment des musulmans ou autre osent accuser aussi ouvertement des gens à cause du fait qu'ils soient pratiquants.

    Si vous avez de mauvaises expériences avec des musulmans pratiquants ça ne veut pas dire que c'est la règle et non pas l'exception, peut être que vous avez pris et adopté une certaine idée du début qui vous a mené à garder vos distances par rapport aux pratiquants et à fur et à mesure vous avez développé des reflexes anti-pratiquants. Entant que pratiquant, je cherche à discuter avec les gens qui sont différents de moi pour mieux les connaitre et non pas me tenir à l'écart et développer juste des idées négatives à leur encontre.

    Je m'étonne vraiment de votre discours et bien sûr vous n'êtes pas le seul. Je côtoie chaque jours des québécois d'ascendance française et on se respecte bien, même si je suis différent d'eux, au moins du coté spirituel. C'est le respect c'est tout, et après un extrémiste religieux ou laïc peut trouver 1000 philosophie pour justifier ses idées et comportements d'intolérance.

    Je ne sais pas qu'est ce que vous voulez rajouter de plus aux travaux de la commission Taylor-Bouchard qui ont fait, d'après l'avis de plusieurs, un travail remarquable, Il est vrai que les positions médianes, de tolérance et du bon vivre ensemble ne font pas l'affaire des extrémistes de tout bord.

    Soufiane Abdallah.

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