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Lettres - Éthique, culture religieuse et multiculturalisme

Daniel Gomez - Montréal, le 5 janvier 2010  8 janvier 2010  Éthique et religion
Je suis laïque, athée et de philosophie républicaine en ce qui concerne les relations interculturelles. J'ai applaudi lorsque le système scolaire québécois s'est déconfessionnalisé et encore plus lorsqu'il a abandonné les cours d'instruction religieuse dans les écoles. Quant à moi, le gouvernement devrait même couper les subventions aux écoles privées à vocation religieuse. Tout ça pour dire que l'idée d'un cours qui relativiserait le phénomène religieux, décloisonnant ainsi les différentes communautés ethnoculturelles, comme devrait le faire le cours ECR, avait mon appui. Cependant, les interventions de l'équipe de l'Institut de recherche sur le Québec ont ébranlé mon optimisme. Si effectivement ce cours propage l'idéologie multiculturelle, si, comme le dit le rapport de l'IRQ, l'acceptation des valeurs contenues dans la Charte des droits suffit à définir l'identité québécoise, si de plus ce cours évacue totalement le rôle et l'importance de l'Église catholique dans la construction de l'identité sociale québécoise, alors de sérieuses questions se posent quant à sa pertinence, dans sa forme actuelle du moins.

Pour compliquer les choses, et pour ajouter à mon incertitude, d'autres voix, non moins crédibles, se font entendre et clament haut et fort que le cours en question n'évacue pas du tout l'importance du catholicisme dans l'historicité québécoise. Qui a tort, qui a raison? J'ai l'impression que la vérité se situe quelque part entre ces deux thèses et qu'elle varie beaucoup selon la personne qui donne ce cours. J'ai également l'impression que l'on surmonterait ces divergences en imposant, parallèlement à ce cours, un solide cours d'histoire nationale du Québec. Ce n'est malheureusement pas ce qui semble se dessiner puisqu'on nous dit que dans ce qui tient lieu de nouveau cours d'histoire du Québec, la dimension nationale a été passablement édulcorée.

Finalement, et sans vouloir tomber dans la paranoïa, je ne peux m'empêcher de penser que le fait que le cours d'éthique et de culture religieuse arrive à peu près en même temps que la configuration d'un nouveau cours «a-national» d'histoire du Québec pourrait valider la thèse du «complot» multiculturaliste chère à l'Institut de recherche sur le Québec.

***

Daniel Gomez - Montréal, le 5 janvier 2010
 
 
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  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 03h47
    Et si......
    Et si le gouvernement majoritaire et FÉDÉRALISTE décidait, comme c'est son droit d'instaurer des cours d'histoire du Canada, notre pays à tous, au lieu d'une histoire du Québec version nationnaliste. Et comme le Québec fait parti du Canada il est normal que le Québec soit multiculturel et que cette multiculuralité soit non seulement protégée mais que l'on en fasse la promotion. Cela peu se faire sans pour autant avoir d'effet négatif sur le fait français et la culture typique du Québec. La seule chose qui en souffrirait serait le sentiment national québécois au profit d'un sentiment d'appartenace canadienne. Et la majorité des québécois n'y voient pas de problème car les séparatistes ne forment pas la majorité.

  • Pierre Schneider
    Abonné
    vendredi 8 janvier 2010 07h01
    L'école-propagande
    L'école doit cesser de devenir un fourre-tout multiculturel. Qu'on y enseigne le français et l'histoire nationale du Québec, soit. Mais la religion doit rester dans les églises et l'éducation civile est l'affaire des parents.
    Qu'on cesse donc de vouloir faire de nos enfants des chiens savants et qu'on leur inculque l'essentiel, i.e. les Humanités qui ont forgé les grands esprits de ce monde.

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 08h38
    @ Pierre Schneider
    Oublions ce qui n'existe pas, enseignons l'histoire du pays pas seulement celle d'une région. À l'intérieur du pays il y a des région et elles sont tous égales. Ne vous en déplaise..... mais c'est un gouvernement fédéraliste qi est en place et il ne doit jamais faire la promotion d'un nationalisme sectaire et étroit.

  • Richard Gendron
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 10h54
    En bout de ligne, les profs choisiront
    En bout de ligne, les profs choisiront en fonction de leur conscience : je veux dire qu'une fois qu'un programme existe, le prof a une marge de manoeuvre quant à la manière d'enseigner. Je considère extrêmement pertinent l'apprentissage des idées de base véhiculées par les principales religions de l'humanité. Il est important d'établir une culture du dialogue entre les gens, peut importe leurs origines ou la religion à laquelle ils adhèrent. Il faudrait probablement aussi mettre un peu plus l'emphase sur le fait que la science de l'évolution propose une autre vision de l'origine de l'être humain : cela me paraît important car tous les mythes de création du monde, qu'ils soient bibliques ou nord-américains (autochtones) doivent être présentés comme des mythes, tout comme ceux qui mettent en scène Héraklès (Hercule) dans la mythologie antique.
    En ce qui me concerne, à partir du moment où on comprend que la création du monde, telle que présentée dans la Genèse, n'est qu'un mythe, on est en mesure de comprendre que tout le reste de la Bible est aussi de nature mythologique (même si parfois des événements historiques bien documentés y sont mentionnés). Si ce cours peut aider l'enfant à relativiser les mythes religieux, il contribuera à fermer la porte à l'intolérance.
    Évidemment, tous les professeurs n'ont pas la formation pour mettre les choses en perspective, et c'est peut-être là que le bât blesse. Mais c'est malheureusement vrai pour bien des matières. En définitive, il appartient aux enseignants d'aller chercher les ressources qui leur permettront de mieux comprendre les enjeux et de mieux enseigner, en fonction des valeurs qu'ils et elles portent. Et les parents croyants, tous comme les athés, devraient accueillir avec joie la possibilité de discuter avec leurs enfants de ce qu'ils apprennent en classe. S'ils ne sont pas d'accord, ils peuvent en discuter avec l'enseignant qui apprendra peut-être quelque chose. Mais je crois que le cours d'éthique et culture religieuse doit rester, et l'expérience nous permettra, au fil des ans, de le bonifier. Merci à tous les enseignants qui relèvent le défi quotidien de faire de nos enfants de futurs citoyens curieux et respectueux de la diversité ethno-culturelle !

  • Lucie B
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 11h47
    Enfin
    Merci monsieur Gendron.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 8 janvier 2010 15h38
    Pendant ONZE (11) ANS !
    Il y a lieu de réévaluer la pertinence du cours d'éthique et de culture religieuse pendant les six ans de primaire et les cinq ans de secondaire.

    Imaginez, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec les idiosyncrasies de quelques-unes des 40 000 religions qui sévissent sur la terre!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes. On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    P.S. Au Québec, l'article 248 de la Loi sur la protection du consommateur stipule que sous réserve de ce qui est prévu par règlement, nul ne peut faire de la publicité à but commercial destinée à des personnes de moins de 13 ans. Faudrait-il avoir moins de respect pour le cerveau des enfants que pour le porte-feuille de leurs parents?

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    vendredi 8 janvier 2010 15h42
    Multiculturalime et laïcité ouvert aux accommodements religieux, c'est tout comme...
    Le problème avec ce cours ECR ce n'est pas tant qu'il fait la promotion du multitulturaliste mais c'est surtout que le cours ECR fait sciemment la promotion des accommodements religieux. Ce qui revient pratiquement au même puisque dans un cas comme dans l'autre on s'inscrit dans une logique communautarienne peu compatible avec l'expression des valeurs républicaines et à une véritable laïcité des institutions publiques.

    « Le Secrétariat aux affaires religieuses ( SAR) et le Comité sur les affaires religieuses (CAR) veillent depuis 2000 au processus de déconfessionnalisation du système scolaire et sont considérés, selon le coordonnateur actuel du SAR, M. Roger Boisvert, comme les maîtres d’œuvre du nouveau programme d’Éthique et Culture religieuse (ECR).
    Tous les Avis au ministre de l’éducation produits par le CAR (http://www.mels.gouv.qc.ca/affairesreligieuses/car ) font l’apologie d'un prétendu modèle québécois de laïcité ouverte [aux accommodements religieux].
    À titre de preuves, voici quelques extraits représentatifs du discours promu par cet organisme consultatif influent qui œuvre au sein du ministère de l’éducation ( séquelle d’un régime cléricaliste qui, de toute évidence, sévit encore dans les officines du pouvoir…)

    Extrait :
    La laïcité scolaire au Québec. Un nécessaire changement de culture institutionnelle, Avis au ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, rédaction Christine Cadrin-Pelletier, octobre 2006.

    Chapitre 3.2 S’approprier localement le modèle de laïcité ouverte
    (…) ( extrait des pages 49 et suivantes)
    Laïcité scolaire ne rime pas avec vide en ce qui concerne le fait religieux et le patrimoine culturel, que l’on soit en milieu homogène ou hétérogène. Il faut plutôt valoriser l’héritage religieux et culturel pour faciliter l’intégration des Néo-Québécois et pour éviter que les Québécois dits de souche se sentent dépossédés de leur identité. Ceux qui, au contraire, souhaitent que la question religieuse soit évacuée de l’école ne réalisent pas que cela risquerait d’engendrer chez les jeunes un déficit culturel majeur dans une société dont la culture et le paysage sont imprégnés de références religieuses et dans un monde où religion et civilisation s’interpénètrent.

    (…) Par ailleurs, le Comité note avec satisfaction que plusieurs milieux ont déjà intégré les élémentsstructurants qui fondent la laïcité ouverte de l’école publique québécoise. (…)
    Les nombreux accommodements raisonnables réalisés dans plusieurs établissements scolaires, pour traiter des demandes particulières relatives au respect de la liberté de conscience et de religion de même qu’au droit à l’égalité en matière de religion, méritent aussi d’être soulignés. Guidés par un souci d’éduquer au vivre-ensemble dans une société pluraliste, des directeurs et des directrices d’école, parfois aidés d’autres membres du personnel scolaire, ont déployé des trésors d’ingéniosité, le plus souvent dans un anonymat complet, pour
    répondre à ce genre de situation à la satisfaction de toutes les parties visées.
    source :http://www.mels.gouv.qc.ca/affairesreligieuses/CAR
    »

  • Richard Gendron
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 16h36
    Un peu de respect SVP
    M. Saint-Arnaud qualifie de "sornettes" le contenu du cours ECR. Il témoigne par le fait même d'un mépris ouvert pour les milliards d'êtres humains qui attachent de l'importance au christianisme, à l'islam, au bouddhisme et aux autres religions dont il est question dans ce cours. Il témoigne aussi de bien peu de respect pour le jugement de ceux qui l'enseignent. C'est là il me semble une position extrême que je ne peux m'empêcher de qualifier "d'intégrisme laïque". J'ajouterais que cela témoigne d'une éthique du dialogue fort douteuse. Dommage que M. Saint-Arnaud n'ait pas suivi le cours d'ECR quand il était jeune!

  • Dany Leblanc
    Abonné
    vendredi 8 janvier 2010 18h16
    Avoir l'esprit ouvert et critique!
    L'éthique et religion devraient être, selon moi, des cours séparés.

    Je souhaite qu'il ait un équilibre entre notre histoire nationale (celle des Québécois) et l'histoire des autres peuples. Il faut connaître l'histoire du pays pour comprendre notre présent. Cela n'empêche pas de connaître celle des autres mais à un degré moindre. De même pour les religions. Les trois grandes religions sont malgré tout très interreliées, assez pour être couvertes en partie simultanément.

    Connaître les religions des autres peuples fait sans doute développer l'esprit d'ouverture. Comment avoir une ouverture vis-à-vis des doctrines qui prônent la fermeture d'esprit?

    Il est nécessaire de faire développer l'esprit critique aux jeunes. Il faut que les jeunes québécois de différentes souches aient l'esprit critique vis-à-vis de la religion de leurs parents.

    L'intégration des immigrants va se faire dans nos écoles mais va se compléter dans nos chambres à coucher.

  • Dany Leblanc
    Abonné
    vendredi 8 janvier 2010 18h20
    Claude Archambault
    L'histoire des peuples est souvent celle des rapports des forces et des intérêts de chacun. L'histoire des Anglais et des Français d'Amérique est interreliée, c'est-à-dire avec un lien de dominantes et de dominer. Traiter l'histoire des Québécois comme était celui des nationalistes sectaires est digne d'un esprit tordu.

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    vendredi 8 janvier 2010 19h14
    Agent provocateur
    À l`évidence il faudrait se rendre compte que Claude Archambault, chantre du mulitculturalisme, n`est qu`un agent provocateur arrogant qui marginalise les québécois en ce temps d`unité nationale à tout prix.

  • Jean-Pierre Brodeur
    Abonné
    vendredi 8 janvier 2010 23h08
    Et si monsieur Archambault connaissait un peu l'histoire de son pays...
    IIl saurait que l'éducation est une compétence exclusive des provinces et que les cours d'histoire sont donc de la responsabilité des provinces. Il saurait aussi qu'un cours d'histoire n'est pas de l'endoctrinement du style ECR ni de la propagande partisane..

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    samedi 9 janvier 2010 12h13
    Un grand principe
    Un grand principe: ne pas juger les personnes.

    Mais on a le droit de critiquer les idées et les comportements que l’on considère farfelues, rétrogrades ou fumistes.

    On peut avoir beaucoup de compassion pour les fumeurs, mais considérer que la cigarette leur est néfaste.

  • Richard Gendron
    Inscrit
    samedi 9 janvier 2010 15h03
    Mes excuses. Mais je maintiens mon jugement sur vos propos.
    Vous avez raison, M. Saint-Arnaud. Je n'ai pas à vous juger et je présente mes excuses pour la dernière phrase de mon commentaire qui vous attaquait personnellement, d'une façon sarcastique.

    Il demeure que vous avez explicitement parlé du contenu du cours ECR comme étant des "sornettes" et que cela témoigne d'un manque de respect pour le jugement de ceux qui enseignent ce cours et pour l'intelligence de ceux qui croient. Je suis convaincu pour ma part que :
    - les religions ne sont pas des ramassis de sornettes (même s'il ne faut clairement pas prendre à la lettre tout ce qui est inclus dans les textes religieux);
    - il est indéniable qu'elles ont eu et ont toujours une influence sur l'éthique, sur la définition par bien des gens de ce qui est "bien" ou "mal", souhaitable ou non;
    - elles méritent d'être étudiées, dans une perspective relativiste, et non pas comme des vérités absolues - et cette étude contribuera à l'élaboration d'une éthique du dialogue dans nos sociétés de plus en plus influencées par l'immigration.

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    dimanche 10 janvier 2010 15h38
    Religions, éthique, morale et Charte
    Ceux qui se disent athées sont probablement plus opposés aux religions qu’opposés à l’existence de Dieu.

    L’univers a été lancé lors d’un gros Big Bang il y a cinq milliards d’années, et c’est cette énergie initiale qu’on peut appeler Dieu si l’on veut. Dieu (s'il existe) n’a sûrement pas besoin que l’on pense à lui tous les jours, il fait très bien son affaire sans nous et n'est pas interventionniste.

    Certes les rites religieux et la prière ont un effet sécurisant chez beaucoup de gens. On peut considérer que sont des béquilles pour ceux qui ne peuvent pas marcher (vivre) par eux-mêmes. Plus j'avance dans la vie, plus je me rend compte cependant qu'à part leur préoccupation de l'amour du prochain, toutes les religions telles que vécues et enseignées véhiculent d'énormes fumisteries. Je continue cependant de croire en l'Homme, même si parfois j'ai de sérieux doutes! Et avec tout le mal qui se fait dans le monde, le diable doit sûrement exister!

    Certaines coutumes qualifiées ici de rétrogrades sont dans certaines régions du monde des traditions sociales datant du Moyen-Âge sinon du début des temps, et qui subsistent encore dans certains pays, et qui ont été récupérées par certaines religions. Certains membres de certaines religions font de ces coutumes des obligations d’origine divine. (Voir "Les deux sources de la morale et de la religion" d'Henri Bergson, et pour les férus d’anthropologie sociale, les ouvrages de James Frazer « The Golden Bough, A Study in Magic and Religion», et d’ Ernest Crawley « The Mystic Rose »)

    Pour justifier la pratique de ces coutumes dans notre pays, ceux et celles qui les pratiquent ou préconisent se référeront peut-être à la Partie I de la Charte canadienne des droits et libertés qui débute par : « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu … » .

    Beaucoup de religions font de la suprématie de Dieu la base de leur argumentaire.
    Ainsi, dans l’Islam, le principal message du Coran est l’absolue suprématie de Dieu, qui doit se manifester non seulement dans la vie privée ou individuelle mais aussi dans la vie de la collectivité, dans la sphère politique et même légale. Dans la religion juive traditionnelle, il y a cette volonté de sacraliser jusqu’aux actions quotidiennes les plus banales et souligner sans cesse l’absolue suprématie de Dieu. Et dans le christianisme, on se souvient du « Dieu le veut ! » qui autorisait (et même commandait) tout pour répandre la bonne nouvelle, christianiser les païens et brûler les hérétiques. Cet argumentaire de la suprématie de Dieu a conduit à beaucoup de dérapages dans l’Histoire.

    Je me demande qu'est-ce que la suprématie de Dieu vient faire dans la Charte canadienne des droits et libertés. En fait, qu'est-ce que cela signifie au juste la "suprématie de Dieu"? La "suprématie de Dieu" sur qui et sur quoi? L’intégrisme, le dogmatisme et l’obscurantisme ne sont pas loin quand on met en exergue la suprématie de Dieu, et ce quelles que soient les religions qui s’en réclament. Beaucoup de penseurs prônent plutôt la suprématie de l’Homme (et de la femme! ). Personnellement, je préférerais une Charte des droits et libertés qui reconnaîtrait ce dernier type de suprématie, juste pour se protéger un peu des dérapages possibles. Ou encore on pourrait parler de suprématie de la morale; car pour paraphraser Voltaire, la morale engendre le bien, le dogme engendre le mal.

    À quand une révision de la Charte canadienne pour éliminer cet anachronisme de la « suprématie de Dieu »?

    En attendant, il est urgent que le Québec se dote d’une Charte de la laïcité.

  • Minona Minona
    Inscrite
    mercredi 20 janvier 2010 13h10
    Spiritualité et bourrage de crâne
    J'ai suivi le cours d'enseignement moral et religieux (catholique) durant 11 ans. Je suis inquiète aussi de ce que les enfants soient desormais soumis à de l'endoctrinement massif de plusieurs religions sans être pour autant mieux outillés que nous ne l'étions pour développer leur pensée critique et se positionner face au fanatisme religieux et aussi pour comprendre que la spiritualité est tout à fait possible en dehors du cadre des religions.

    De tout mes professeurs de religion, un seul, en secondaire 5, a eu l'audace de nous dire en début d'année qu'il y avait des choses en lesquelles nous croyions que nous cesserions de croire au cour de l'année. Non pas qu'il était déterminé à détruire nos croyances (même si pour la plupart nous suivions ce cours plus par habitude que par réelle conviction) mais bien qu'il était décidé à ne pas nous peindre un portrait rose de la religion catholique.

    Il nous a fait lire des versets de l'Ancien Testament que personne ne nous avait jamais fait lire, parce qu'ils étaient troubants de violence. Il nous a encouragé à développer notre indépendance d'esprit et à réaliser que la bonté pouvait se trouver chez des personnes non-catholiques. Si c'étais à refaire, je ne suivrais que des cours d'enseignement moral sans religion mais je suis heureuse d'avoir ce professeur.

    Je me demande si tout les professeurs d'ECR auront le même courage ou s'ils et elles se contenteront de bourrer le crâne des élèves pour qu'ils puissent réciter par coeur les fondements, rituels et règles de vie liés aux religions tout en étant incapables de faire un lien entre ces éléments et la réalité.

    Le pire c'est que pendant qu'on plonge les élèves des écoles non-confessionnelles dans ce bain de confusion spirituelle, certaines des écoles confessionnelles, (financées à même les impôts des contribuables), font des pieds et des mains pour éviter le plus possible de se conformer aux exigences du cours d'ECR, qui sont en principe les même pour tout le monde! Bref, la théorie d'un cours crée pour enfoncer le multiculturalisme dans la gorge de la majorité athée ou chrétienne, en se servant des enfants, se confirme.

  • Eric Folot
    Inscrit
    lundi 26 juillet 2010 09h59
    Éthique et culture religieuse - Un cours à conserver !
    Deux citations : celle de Gandhi et celle de Jean-Jacques Rousseau :

    Gandhi affirme : « Les religions représentent des routes différentes qui convergent au même point. Peu importe si nos chemins ne sont pas les mêmes, pourvu que nous atteignions le même but. À vrai dire, il y a autant de religions que d’individus. Si un homme parvient au cœur de sa propre religion, il se trouve, de ce fait, au cœur même des autres religions (…) Dieu a créé différentes religions, tout comme il a créé leurs adeptes. Comment donc pourrais-je concevoir que la foi de mon voisin soit inférieure, et souhaiter qu’il se convertisse à ma religion ? Si je suis vraiment un ami loyal, je ne peux que prier pour lui souhaiter de vivre en parfait accord avec sa propre foi. Il y a plusieurs demeures dans le royaume de Dieu et elles sont toutes aussi saintes. QUE PERSONNE NE REDOUTE DE VOIR S'AFFAIBLIR SA PROPRE FOI EN SE LIVRANT À UNE ÉTUDE RESPECTUEUSE DES AUTRES RELIGIONS. La philosophie hindoue voit des fragments de vérité dans toutes les religions et nous enjoint d’avoir du respect pour chacune (...) La tolérance est aussi éloignée du fanatisme que le Pôle Nord du Pôle Sud. Une connaissance approfondie des religions permet d’abattre les barrières qui les séparent » (Gandhi, Tous les hommes sont frères : vie et pensées du Mahatma Gandhi d’après ses œuvres, Éditions Gallimard, Commission Française pour l’UNESCO, 1969).

    Et Jean-Jacques Rousseau d’ajouter : « Émile qu’il ne pût apprendre de lui-même par tout pays, dans quelle religion l’élèverons-nous ? À quelle secte agrégerons-nous l’homme de la nature ? La réponse est fort simple, ce me semble ; nous ne l’agrégerons ni à celle-ci ni à celle-là, MAIS NOUS LE METTRONS EN ÉTAT DE CHOISIR CELLE OÙ LE MEILLEUR USAGE DE SA RAISON DOIT LE CONDUIRE » (Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Garnier-Flammarion, Paris, 1966).


    Eric Folot

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