Les ordres religieux prennent de l'âge
Le clergé peine à recruter en Amérique du Nord
Le vieillissement s'accentue au sein des ordres religieux, alors que le nombre de personnes qui reçoivent l'appel du sacerdoce est en recul.
Aux États-Unis, 75 % des religieux et 90 % des religieuses sont âgés de plus de 60 ans. Au Québec, la situation suit sensiblement la même tendance, selon Alain Pronkin, chercheur au Centre d'information sur les nouvelles religions (CINR), à Montréal.
Le clergé se trouve devant un mur en raison du manque de relève dans les ordres religieux. Son déclin ne se traduira cependant pas par la fin de la religion.
«Cette décroissance a été observée dès les années 1960, à l'exception de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, mais la croyance demeure. On n'a qu'à regarder l'essor des différents courants religieux pour s'en apercevoir. La foi et le besoin de croire en quelque chose ne se résorbent pas», affirme Alain Pronkin.
Malgré l'étiolement de la relève ecclésiastique, les ordres commencent déjà à montrer des signes d'adaptabilité pour parvenir à assurer leur survivance. La Congrégation de Sainte-Croix a ainsi regroupé ses pères et ses frères en une même branche.
Le frère André fait partie des plus célèbres figures des frères de Sainte-Croix. En principe, il devrait être canonisé au cours des prochaines années.
«Dans les années 1930 et même après, le frère André a inspiré des vocations. Il y a cependant peu à parier que sa canonisation éveillera un appel vocationnel cette fois», juge Alain Pronkin, qui croit que d'autres fusions entre les communautés pourraient surgir au cours des prochaines années.
Le chercheur rappelle par ailleurs que les ordres religieux se sont renouvelés dans le passé, ce qui traduit, selon lui, l'évolution du sacerdoce.
«Certains titres n'existent plus, d'autres postes ont été créés. Il en va de même pour ce qu'on exige des religieux. Avant 1100, par exemple, les prêtes catholiques étaient mariés. Le voeu de chasteté a été imposé par la suite [lors des conciles de Latran, au XIIe siècle]», indique-t-il encore.
Alain Pronkin estime qu'il importe d'avoir des spécialistes, des gens qui connaissent les éléments de la foi et de la religion, mais il avance qu'il faudra peut-être réactiver d'importants débats de fond pour éviter leur complète disparition.
«Est-ce que ces personnes ont besoin d'être célibataires? Je ne crois pas. Doit-on empêcher les femmes de célébrer l'eucharistie? Peut-être pas non plus.»
Il conclut en disant que plusieurs membres du clergé sont prêts à revoir certains paramètres liés au sacerdoce et à l'exercice religieux. Les hautes sphères de l'Église ne partagent cependant pas cette volonté de changement.
Aux États-Unis, 75 % des religieux et 90 % des religieuses sont âgés de plus de 60 ans. Au Québec, la situation suit sensiblement la même tendance, selon Alain Pronkin, chercheur au Centre d'information sur les nouvelles religions (CINR), à Montréal.
Le clergé se trouve devant un mur en raison du manque de relève dans les ordres religieux. Son déclin ne se traduira cependant pas par la fin de la religion.
«Cette décroissance a été observée dès les années 1960, à l'exception de l'Afrique et de l'Amérique du Sud, mais la croyance demeure. On n'a qu'à regarder l'essor des différents courants religieux pour s'en apercevoir. La foi et le besoin de croire en quelque chose ne se résorbent pas», affirme Alain Pronkin.
Malgré l'étiolement de la relève ecclésiastique, les ordres commencent déjà à montrer des signes d'adaptabilité pour parvenir à assurer leur survivance. La Congrégation de Sainte-Croix a ainsi regroupé ses pères et ses frères en une même branche.
Le frère André fait partie des plus célèbres figures des frères de Sainte-Croix. En principe, il devrait être canonisé au cours des prochaines années.
«Dans les années 1930 et même après, le frère André a inspiré des vocations. Il y a cependant peu à parier que sa canonisation éveillera un appel vocationnel cette fois», juge Alain Pronkin, qui croit que d'autres fusions entre les communautés pourraient surgir au cours des prochaines années.
Le chercheur rappelle par ailleurs que les ordres religieux se sont renouvelés dans le passé, ce qui traduit, selon lui, l'évolution du sacerdoce.
«Certains titres n'existent plus, d'autres postes ont été créés. Il en va de même pour ce qu'on exige des religieux. Avant 1100, par exemple, les prêtes catholiques étaient mariés. Le voeu de chasteté a été imposé par la suite [lors des conciles de Latran, au XIIe siècle]», indique-t-il encore.
Alain Pronkin estime qu'il importe d'avoir des spécialistes, des gens qui connaissent les éléments de la foi et de la religion, mais il avance qu'il faudra peut-être réactiver d'importants débats de fond pour éviter leur complète disparition.
«Est-ce que ces personnes ont besoin d'être célibataires? Je ne crois pas. Doit-on empêcher les femmes de célébrer l'eucharistie? Peut-être pas non plus.»
Il conclut en disant que plusieurs membres du clergé sont prêts à revoir certains paramètres liés au sacerdoce et à l'exercice religieux. Les hautes sphères de l'Église ne partagent cependant pas cette volonté de changement.
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