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La laïcité, qu'ossa donne?

Christian Rioux   18 décembre 2009  Éthique et religion
Avec la fin de l'année vient le moment de débarrasser son bureau de tout ce qui y traîne. En faisant le ménage, j'ai découvert sous une pile un vieux texte un peu jauni et aux coins racornis. Il s'agissait du rapport de l'écrivain Régis Debray sur l'enseignement du fait religieux à l'école.
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  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 07h40
    Superbe!
    Une chance que Christian Rioux est là (ça nous change d'avec Marie-Andrée Chouinard). En passant, pourquoi ne retrouve-t-on pas son texte en évidence dans «ledevoir.com»? Étonnant!

  • Monique Laberge
    Abonnée
    vendredi 18 décembre 2009 08h54
    À quand notre chartre de la laïcité?
    Votre texte M. Rioux, décrivant l’incohérence du cours ECR ‒ainsi que l’article de votre collègue R. Dutrisac ce matin, interpelle le même phénomène, celui du concept d’accommodement raisonnable, qui, tout compte fait, ne fait que refléter l'idéologie du multiculturalisme. On définit l’incohérence comme un manque de logique. Or, tant le cours ECR que l’aventure de M. Robichaud nous ramènent à cette même logique: la nécessité d’une chartre de la laïcité au Québec afin de placer la volonté de laïcisation des institutions publiques dans un contexte fermement juridique!
    Monique Laberge

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 18 décembre 2009 09h23
    Oui superbe!
    Comme tout devient plus simple quand l'intention est claire! Oui, merci monsieur Rioux.
    «Plus question d'oublier les religions, mais pas question de leur reconnaître «un quelconque monopole du sens» à côté des «sagesses», des «philosophies», des «savoirs» et de «l'art lui-même».
    Si je n'avais pas vu d'abord ce texte dans la version papier, pas certaine que je l'aurais retrouvé dans "ledevoir.com".

  • Jean Lussier
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 13h57
    Bijou
    Votre texte, M. Rioux, est aussi un «bijou de clarté.» Merci.
    Jean Lussier

  • Jean de Cuir
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 14h36
    Simple comme bonjour
    Éduquer c`est instruire et plus encore. L`histoire de l`humanité révèle à certains égards la personne à elle-même. Cette histoire est certes complexe, multidisciplinaire, et entée dans plusieurs champs d`étude. La science des religions telle que je l`ai pratiqué et enseigné adoptait ce que je peux nommer une anthopologie historique. La finalité? Découvrir l`humain. Comme le rappelle M. Rioux par Régis Debray, le "religieux" sìntgre ce que toute culture recèle. Faire connaître cette histoire me semble fondamental aujourd`hui. Un des ouvrages de Mircea Eliade s`intitule Histoire des idées et des croyances.
    Le religieux comme la morale s`étudie dans un contexte: tel temps tel territoire. Il serait souhaitable de bien séparer étude, recherche d`une éducation à la civilité, ou au dialogue ou à tels comportements dits moraux.
    Je me demande ce que signifie "finalités citoyennes" du cours (intervention de phamose) (ailleurs). Est-ce le rôle de l`école de former des citoyens ou est-ce un effet de la formation scolaire? Je soumets que la nuance est importante. Dans la même intervention on dit bien que la compétence au dialogue est en complément de la réflexion éthique et de la connaissance du phénomène religieux.
    La connaissance du religieux est une chose, l`éducation au dialogue, une autre et de même la réflexion éthique.Éduquer à la vertu relève il me semble d`une pédagogie différente que celle qui "apprend à apprendre", c`est à dire d`initier aux savoirs. Ici, il y a un problème que l`on ose pas aborder. Quelles sont les conditions d`une étude du religieux : le regard est-il objectifÉ Qu`est-ce que cette objectivité : une distance critique? Ou que signifie étudier le religieux si on ne fait que décrire et peut-on simplement décrire?Qui donc pose la question du pourquoi?
    Sur ces questions et d`autres, comme que signifie "culture religieuse" ou laïcité et dialogue entre croyants-croyantes ... dialogue, alors que chacun croit être dans le vrai ! Etc.

  • Jean-Marc Blanchette
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 15h22
    Vive les vieux textes jaunis
    Point de départ à un texte éclairant le débat actuel au sujet du cours ECR, je dis bravo Monsieur Rioux. Nous finirons peut-être par l'avoir notre charte de la laïcité au Québec. Nous pourrons alors dire adieu aux accommodements déraisonnables dans nos services publics.
    Jean-Marc Blanchette

  • roger girard
    Abonné
    vendredi 18 décembre 2009 21h54
    le contexte québécois est très différent
    M. Rioux,
    Vous semblez oublier que, dans ce questionnement sur la pertinence et sur la forme de l'enseignement relatif aux religions, la situation du Québec est bien différente de ce que l'on retrouve en France. Dans l'Hexagone, on découvrait la nécessité de combler un «vide», alors qu'ici on discutait de l'opportunité de modifier ce qui existait déjà : un régime d'option entre divers programmes, soit les options d'enseignement moral et religieux confessionnel (catholique et protestant) et d'enseignement moral (séculier). Les débats et les diverses législations depuis une dizaine d'années manifestent bien la différence des deux pays. Alors qu'en France, c'eût été une nouveauté impensable d'ajouter une discipline scolaire traitant nommément du «fait religieux», en terre québécoise, les élus ont tout fait pour trouver moyen de conserver dans le curriculum une matière attitrée à la chose religieuse (et morale, ou éthique selon le vocabulaire renouvelé). C'est que les attentes sociales étaient, et le sont sans doute encore, très fortes à cet égard...
    On ne peut en douter, même si certains intervenants proposent naïvement d’appliquer au Québec le modèle français, notre situation est beaucoup plus complexe. Toutefois, bien que l’ensemble des propositions de Régis Debray ne puisse s’appliquer ici, on gagnerait à se demander ce qu’il aurait mis de l’avant s’il avait abordé la problématique québécoise avec ses particularités historiques et socioculturelles…

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