dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 12h20
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Bataille des minarets en Europe - L'entreprise politique de l'islamophobie

Bien avant le référendum suisse, une «bataille des minarets» était déjà engagée sur le Vieux Continent. Là où l’on s’oppose à la construction d’une mosquée, c’est souvent le minaret, symbole à la fois politique et religieux, qui est la cible par excellence.
Photo : Agence Reuters Denis Balibouse
Bien avant le référendum suisse, une «bataille des minarets» était déjà engagée sur le Vieux Continent. Là où l’on s’oppose à la construction d’une mosquée, c’est souvent le minaret, symbole à la fois politique et religieux, qui est la cible par excellence.
Après le vote sur l'interdiction des minarets en Suisse, d'aucuns se demandent comment ce pays multiculturel a bien pu s'engager dans pareille voie. C'est un accident électoral, pensent les uns, une minorité rurale a gagné parce qu'une majorité urbaine n'est pas allée voter. Pas du tout, croient les autres, cette «surprise» aurait pu survenir ailleurs en Europe.

En réalité, une «bataille des minarets» était déjà engagée sur le Vieux Continent. Là où l'on s'oppose à la construction d'une mosquée, c'est souvent le minaret, symbole à la fois politique et religieux, qui est la cible par excellence. Mais, peu importe si les islamistes qui ont abattu les Twin Towers des États-Unis fréquentaient une mosquée sans minaret, c'est aussi l'islam qui est visé.

Certes, dans les pays européens où les musulmans sont présents depuis des siècles, ce n'est pas l'immigration récente venue du Pakistan, de Turquie ou du Maroc qui explique l'opposition au minaret. C'est plutôt une rivalité religieuse de chrétiens qui veulent préserver la domination de leur propre clocher sur les environs. Ainsi, en Grèce, des évêques de rite orthodoxe exercent un veto sur la hauteur des minarets.

Mais, ailleurs en Europe, même si de nouveaux musulmans sont peu nombreux, on veut — à défaut de pouvoir les expulser — les rayer symboliquement du pays en interdisant les minarets. Ainsi, en Autriche, les autorités de la Carinthie ont, les premières, adopté une loi d'interdiction. Au Vorarlberg, il est vrai, une telle loi a frappé une minorité plus nombreuse. Pourtant, le Centre islamique de Vienne, inauguré en 1979, avait un minaret.

Cocktail Molotov démocratique

Or ce «modèle légal» d'interdiction a suscité, ces années-ci, un grand intérêt, non seulement dans d'autres régions de l'Autriche, mais parmi des pays voisins. La loi a pris la relève du cocktail Molotov. Pourquoi incendier des symboles musulmans et passer pour des terroristes, quand on peut les frapper d'une loi et passer pour des démocrates soucieux des «valeurs» européennes?

Des copies de ces lois ont eu tôt fait de circuler dans des länder d'Allemagne et des cantons germanophones de Suisse. Leur succès en Suisse, où un parti reconnu a mené la campagne, suscite sur le plan international une vive réprobation, qui n'est cependant pas universelle. Si juifs et chrétiens s'indignent d'un recul de la liberté religieuse, des ecclésiastiques de Moscou ne cachent pas leur «compréhension». En Italie peu pratiquante et en France laïque, le référendum suisse est aussi accueilli, ici et là, avec admiration.

Bien sûr, l'Europe des droits et libertés se prépare à invalider cet interdit des minarets. Mais une contestation judiciaire pourrait réserver d'autres surprises. La victoire du 29 novembre 2009, si elle s'explique par l'inertie des forces du Non, dénote l'habileté du camp du Oui. Recours à la loi, défense de la culture, légitimité populaire auront, autant que la peur, fait une différence aux urnes.

Au reste, comme n'a pas manqué de le souligner Ulrich Schlüer, porte-parole de l'Union démocratique du centre, l'Europe serait en contradiction avec elle-même si elle rétablissait le droit au minaret après avoir interdit le crucifix dans les écoles d'Italie. «Les villes chrétiennes, a-t-il ironisé, ne sont pas censées utiliser des symboles chrétiens, mais nous sommes censés avoir des symboles musulmans.»

Comme s'il appréhendait une trêve dans cette bataille de symboles, le député Schlüer rejette l'argument religieux. (Clochers et minarets n'ont-ils pas coexisté en Europe au cours des quinze siècles d'histoire que ces deux religions y ont partagés?) Le minaret, explique-t-il, annonce la charia, cette loi qui impose, prétend-on, mariages forcés, crimes d'honneur, mutilations génitales et oppression des femmes.

La peur des Musulmans

Pour les progressistes et les féministes qu'un tel appel ne mobiliserait pas assez, ces politiciens peuvent aussi compter sur YouTube, où des fondamentalistes chrétiens font circuler Muslim Demographic, une vidéo vue par des millions d'internautes. On y annonce que les musulmans d'Europe, dont la fertilité est, dit-on, quatre fois supérieure à celle des autres, auront bientôt conquis le continent. «Dans 39 ans, la France sera une république islamique.»

Ces prédictions ont beau être démenties par des études d'institutions réputées, tel le centre Pew aux États-Unis, ou tenues pour un «mythe» au Brookings Institute de Washington, elles gagnent du terrain au sein de sociétés que chaque atrocité islamiste, reprise par des médias peu critiques, rend un peu plus vulnérables aux manipulations. Le cercle international de la peur, en effet, ne compte pas que des djihadistes.

Des politiciens arabes comme Kadhafi flattent leur population en prédisant une Europe musulmane d'ici 50 ans, pour la plus grande joie des intégristes chrétiens de YouTube, eux-mêmes à la conquête de la planète Internet. Et bouclant la boucle, à Berlin comme à Paris, des politiciens démocrates exploitent chez eux le malaise identitaire de l'après-christianisme, déclarant qu'il faut prendre l'islamisation «au sérieux».

Plus sérieuse est l'étude Conflicts over Mosques in Europe, que viennent de publier le chercheur Stefano Allievi et ses collègues, sous l'égide du Network of European Foundations et de son Initiative on Religion and Democracy in Europe. Outre un examen détaillé des cas survenus dans une dizaine de pays, on y trouve une analyse des comportements en cause et du sens à donner à ces débats.

Les tensions, expliquent ces chercheurs, ne proviennent pas des seuls fauteurs de peur, mais ils soulignent avec raison la présence «d'entrepreneurs politiques de l'islamophobie».
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Michel Gaudette - Inscrit
    7 décembre 2009 09 h 33
    Monsieur le donneur de leçons
    Ce monsieur Leclerc aime bien, je crois, se payer la tête des chrétiens évangéliques, d'où son incapacité à être objectif et impartial.

    S'il veut faire sérieux, qu'il se penche maintenant sur le phénomène grandissant de la christianophobie en terre d'Islam. Et la boucle sera bouclée, au nom de l'objectivité journalistique...

    Monsieur Leclerc me semble avoir une bien pauvre culture religieuse pour traiter de tels sujets, et son argumentation ne m'impressionne pas du tout !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mohamed Mistmurt - Inscrit
    7 décembre 2009 11 h 48
    Rare lucidité au milieu des préjugés!

    Merci à Jean-Claude Leclerc pour cet excellent article.

    Cette phrase de l'auteur devrait faire réfléchir les bien-pensants d'ici et d'ailleurs dont le souci quotidien est de limiter les droits civiques de leurs concitoyens musulmans:

    Pourquoi incendier des symboles musulmans et passer pour des terroristes, quand on peut les frapper d'une loi et passer pour des démocrates soucieux des «valeurs» européennes?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • lise depault - Inscrit
    7 décembre 2009 11 h 49
    L'islam a déclarée la guerre sainte à l'occident
    L'islam a déclarée la guerre a l'occident et a l'europe, c'est la différence entre les symboles religieux. L'islam a le DEVOIR de détruire, notre civilisation et de la remplacer, par une civilisation islamique. Vérifiez sur le WEB, vous verrez leurs objectifs. Consulter cet expert de l'islam, M.Robert Spencer sur le net, cet homme s'acharne a réveiller l' amérique et la civilisation occidentale.Il dit: que plus on attend, d'en prendre connaissance et de l'identifier, plus ce sera pénible de s'en sortir, et que jamais cela ne s'arretera, car, ce sont des paroles sacrées, écrites dans le Coran. Visionnez le film OBSESSION sur le Net, cela va vous éclairer, vous verrez
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierrot7 - Abonné
    7 décembre 2009 12 h 50
    Très juste.
    Enfin, un article qui nous permet de voir la situation globalement et qui nous montre le vrai visage des fondamentalistes chrétiens, ces fous furieux du net, aveuglés par leur haine et qui sont aussi dangereux pour l'humanité que les fanatiques d'Al-Qaida...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • martin dubois - Abonné
    7 décembre 2009 15 h 01
    Une menace est une menace.
    M. Leclerc, assimiler à des actes illégaux et meurtriers, des lois interdisant certains symboles islamiques, c'est d'une exagération et d'une irresponsabilité sans nom.
    Tristement, on ne vous entendra jamais être aussi sévère à l'égard des interdictions passibles de mort qui règnent en terres islamiques au sujet des symboles occidentaux.
    Heureusement, des points de vue aussi pro-islamiques que les vôtres ne font que renforcir dans la population la nécessité de se protéger.
    Le fait est que les opinions comme la vôtre, qui ne sont pas nouvelles, n'arrivent pas à rassurer sur les dangers de l'extrémisme religieux.
    Si cette menace est ressentie et accréditée, c'est parce qu'elle existe bel et bien. Vous ne pouvez démontrer le contraire. C'est là toute la faiblesse de votre position.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    7 décembre 2009 17 h 38
    A Pierrot
    Je trouve affligeante votre association des chrétiens dits fondamentalistes à Al Qaida...

    Ce sont des pensées comme les vôtres qui incitent à la violence religieuse sur cette planète....
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Maria - Inscrite
    7 décembre 2009 17 h 45
    Non aux fauteurs de peur!
    Je salue cet article de M. Leclerc qui exprime toute ma pensée sur les 'entrepreneurs politiques de l'islamophobie'. Je dit non a la déshumanisation des musulmans par l'instrumentalisation des islamistes radicaux, non aux théories du complot simplistes, non à l'application de lois de la peur sous prétexte de supériorité occidentale et de dichotomie entre le bien (l'Occident) et le mal (Le monde musulman). La réalité doit être comprise dans sa complexité.

    Merci M. Leclerc!
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Monia Ayachi - Inscrite
    7 décembre 2009 19 h 52
    Le mal !
    Merci Mr Jean- Claude Leclerc pour votre analyse très pertinente,
    Malheureusement, nous continuons à vivre derrière le rempart des préjugés et sous l’éruption d’un volcan de colère insignifiante contre des citoyens qui partagent la vie en toute simplicité :
    Que faire devant une mauvaise gestion de la rationalité.
    Que faire devant le mal qui trouve mille excuses pour s’exercer.
    "L'histoire montre cependant clairement, que la légende des Musulmans fanatiques balayant le monde et imposant l'islam par la pointe de l'épée aux races conquises, est un des mythes les plus fantastiquement absurdes qui aient jamais été rapportés par les historiens".
    De Lacy O'Leary
    "Islam at the Crossroads", Londres, 1923 p. 8.

    "La disparition du racisme, comme c'est le cas chez les Musulmans, est une des réussites les plus marquantes de l'Islam et il y a dans le monde contemporain, une urgente nécessité à propager cette vertu islamique..."
    A.J. Toynbee
    "Civilization on Trial", New York, 1948, p. 205.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Bourgault - Abonné
    7 décembre 2009 20 h 32
    A-t-on raison d'avoir peur?
    Monsieur Leclerc,

    Je n’ai pas facilement peur et aucun mouvement politique ne m’entraînera dans la peur des musulmans. Fondamentalement, je crois que musulmans, juifs et chrétiens sont tous fils d’Abraham et appelés à construire un monde de justice et de paix. Aussi n’ai-je rien à faire de la bataille des minarets et les clochers d’église ont probablement fait leur temps. L’un et l’autre peuvent servir d’étendard à l’orgueil des croyants ou bien marquer la présence de l’Éternel dans le monde et surtout dans le cœur des croyants.

    Reconnaissons toutefois notre peur, européens et américains, d’être mis en minorité par l’immigration arabo-musulmane et, à plus ou moins long terme, de perdre la maîtrise de nos pays et de nos richesses.
    Reconnaissons aussi que des cultures où la loi traite les femmes en mineure, nous rappellent un passé récent auquel personne ne retournerait.
    Reconnaissons que le mal est proféré autant dans les invectives étatsuniennes à l’endroit de l’axe du mal que par les discours incendiaires d’un président iranien à l’endroit d’Israël et de ses amis.

    La question que je me pose est la suivante. Alors qu’en Europe, présentement, des communautés chrétiennes prennent la défense de leurs frères musulmans, y a-t-il une communauté musulmane qui prend la défense d’une église chrétienne dans les pays à majorité musulmane où elle est persécutée?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Moulla Mohand - Inscrit
    7 décembre 2009 21 h 38
    Très pertinent
    L'auteur de cet article a raison. Ce n'est pas en interdisant la construction de minarets que l'Occident trimphera de l'islamisme qui est une réelle menace. Le minaret n'était pas un étendard pour l'intégrime jusque là. Après le vote suisse, il va le devenir et sera plus mobilisateur que la Burqa qu'une majorité de musulmans rejette.

    à lire cet article sur le même sujet :

    http://immigrer.com/chroniques/l-heure-suisse-en-q


    Bonne soirée
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mohamed Mistmurt - Inscrit
    7 décembre 2009 23 h 25
    A La question de Mr. Bourgault ...
    La question que je me pose est la suivante. Alors qu’en Europe, présentement, des communautés chrétiennes prennent la défense de leurs frères musulmans, y a-t-il une communauté musulmane qui prend la défense d’une église chrétienne dans les pays à majorité musulmane où elle est persécutée?

    Oui, Mr. Bourgault.

    Prenez l'exemple de l'Egypte ou de la Turquie, pour ne citer que ceux-là. S'il y existe encore des églises aujourd'hui et elles sont nombreuses, c'est bien parceque pendant au moins le premier millénaire de la civilisation musulmane,
    les musulmans auraient pu les effacer de la surface de la Terre. Ils en avaient les moyens. Or, ils n'ont rien fait de tel. La raison? Le Coran. Le Coran reconnait les révélations antérieures et considère Jesus comme prophète, Messie, et envoyé de Dieu. Ses apotres sont aussi honorés que la vierge Marie.

    Aujourd'hui, si des musulmans enflammés perdent la tete contre un Occident qui tente d'asservir leurs pays et controler leurs richesses, sachez que cela n'a pas toujours été le cas dans le passé. Israel étant considéré par les musulmans comme le bastion avancé de l'Occident. Or, les relations entre musulmans et juifs ont été pratiquement exemplaires pendant les 15 derniers siècles sauf au 20ème pour des raisons politiques que vous devinez sans aucun doute.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Alain Mongeau - Inscrit
    8 décembre 2009 09 h 21
    La Peur de l'Islam
    Il m'apparaît hasardeux et risqué de faire porter aux chrétiens la responsabilité du vote sur les minarets en Suisse. Ce jugement, quelque peu expéditif, risque de détourner le regard sur un fait nouveau et non moins inquiétant, à savoir la peur de l'Islam qui progresse en Europe à une échelle qui dépasse les rivalités religieuses. C'est méconnaître l'impact collectif que représente aujourd'hui la présence massive et imposante de l'Islam dans les villes européennes que de ramener le débat à des partisaneries d'extrême droite. La peur grandit au fur et à mesure que le concept de laïcité, dernier rempart possible d'une cohabitation pacifique avec le pluralisme, est tourné en dérision. Le militantisme exercé par une droite chrétienne conservatrice est un fait indéniable. En vous renseignant mieux, vous découvrirez essentiellement que les églises chrétiennes, toutes dénominations confondues, entretiennent avec l'Islam une recherche de dialogue sincère, par ailleurs largement dénoncé par des groupes de chrétiens conservateurs.

    L'effondrement spirituel de l'Occident renforce le sentiment d'impuissance généralisé. La peur qu'il engendre pourrait, si l'on y prend garde, faire basculer le monde dans une logique d'affrontement. L'Europe, et plus largement l'Occident, s'acheminent vers des temps nouveaux. C'est aujourd'hui que nous choisissons les armes de la résistance à ce changement. Nous devrons prendre position entre le déni du problème, le rejet de l'autre, la redécouverte de notre identité assortie d'un dialogue sincère.

    Alain Mongeau, prêtre
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Celine A. Massicotte - Abonnée
    8 décembre 2009 15 h 00
    À Martin Dubois...
    "Si cette menace est ressentie et accréditée, c'est parce qu'elle existe bel et bien. "
    Accréditée par quoi et par qui?

    Je dirais plutôt si une menace est ressentie... c'est que la peur existe. Comme celle qui a amené des milliers de Québésois et de Canadiens à adhéré au nazisme ou au facisme ett à se promener dans les rues qui en chemise brune, qui en chemise noire, à cause du complot universel juif, et d'autres encore à se consstituer des bunkers à cause de l'URSS. Une peur ressentie n'égale pas nécessaieremnt une menace fondée...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mohamed Mistmurt - Inscrit
    8 décembre 2009 15 h 19
    Dialogue inter-religieux, inter-civilisationnel, inter-humain.

    Merci mon Père pour nous rappeler ce processus de dialogue qui suit en effet son cours depuis des décennies, depuis toujours peut-etre aussi. Et je peux vous assurer que nos imams y croient aussi car nous sommes tous fils d'Abraham au sens spirituel et les chantiers d'entraide ne manquant pas pour renforcer nos valeurs communes. Mais aussi parceque nous n'avons pas le choix. C'est ou bien cela ou bien le conflit dont les victimes seront communes aussi malheureusement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • david mmok - Inscrit
    8 décembre 2009 15 h 29
    Temoignage vivant
    Merci M. Leclerc, j'admire votre analyse pertinente. J'aimerais toutefois m'eloigner de tout excercice intellectuel pour ajouter des réalités pratico-pratiques. J'ai eu l'occasion de vivre ma famille et moi dans plusieurs pays Musulmans (y compris Maroc, Tunisie et Malaysie pour plus de 3 ans). Nous avons eu d'excellents souvenirs, un très bon acceuil. Les Musulmans ont certes une chaleur humaine exceptionelle. Synagogues et Eglises sont là pour plus de 14 siècles côte à côte avec les Mosquées (avec et sans minarets) et ne derangent personnes!

    Bien au contraire, un grand nombre de Musulmans de classe moyenne mettent volontairement leurs enfants dans nos écoles juives ou dans des écoles Catholiques laïques. En tant que personne qui a ''vécu dedans'', je ne vois pas nos idéologies dychotomiques mais parfaitement cohérentes. Les Musulmans ont l'obligation religieuse de me respecter en tant qu'un ''homme du livre'', comme j'ai le devoir de les honorer et les respecter comme ''voisins''.

    En tant que Globe-trotter et homme d'affaires, les minarets Suisses ne me font pas peur mais leur interdiction! Je me pose surtout ces questions: L'entreprise de l'islamophobie en Europe profite à qui et pourquoi? Qui a investi dans la campagne d'interdicton? Et de quelles ressources puise la minorité rurale en Suisse sa connaisance de l'islam et des Musulmans?

    J'aimerais bien lire un autre article qui illuciderait en chiffres cette campagne, nous montrerais les slogans utilisés et les raisons qui ont convaincu une frange de la population Suisse à voter contre les minarets.

    David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Gaudette - Inscrit
    8 décembre 2009 15 h 56
    Alain Mongeau, prêtre....
    Monsieur,

    Sachez que le christianianisme s'exprime sous toutes ses formes, du conservatisme jusqu'à une forme disons plus enflammée (je ne dirais pas extrémisme parce que l'extrémisme n'existe pas dans le christianisme sous la forme connue de violence religieuse.

    Vous devez savoir qu'à l'heure actuelle, le christianisme est en pleine expansion en Afrique, Asie, Amérique du Sud et même en terre d'Islam. Le saviez-vous ?
    Je connais une fédération d'églises évangéliques qui depuis quelques années a fondé des communautés dans tout le Maghreb, y compris l'Égypte et la Turquie. Et souvent au péril de leurs vies... Et d'autres fédérations d'églises ont suivi en ce sens...

    Or ces communautés ont besoin de liberté pour vivre, voyez-vous.

    Je comprends mal votre argumentaire de ne pas voir cette expansion du christianisme sous la nécessité d'une réciprocité de droits, là où les chrétiens auraient droit d'exister en terre d'Islam, ce qui est loin d'être acquis à l'heure actuelle, alors que les musulamns eux peuvent en toute quiétude bâtir des mosquées en Occident.

    Sans cette réciprocité, la peur face à l'Islam risque de s'amplifier...

    Voilà !
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Mohamed Mistmurt - Inscrit
    9 décembre 2009 11 h 41
    Sur la réciprocité des droits.
    Réciprocité des droits: Contre-productive et immorale
    «
    Ce serait en effet contreproductif de recourir à cette stratégie. Pour plusieures raisons:

    1. Cela n'honore pas un pays de droit comme le Canada de ressembler à certaines dictatures dans le monde musulman. Certains tyrans et monarques et dictateurs dans les pays musulmans violent déjà les droits fondamentaux de leurs propres citoyens faisant ainsi fi de toute morale coranique et des valeurs islamiques universelles. Il ne faudrait donc pas s'étonner qù'il ne vont pas subitement changer de philosophie et se comporter de manière idéale avec des résidants occidentaux, sauf peut-etre par peur que leurs ambassades mettent à mal d'éventuels rapprochements que ces dictateurs tenteraient d'initier avec les puissances occidentales afin que ces puissances militaires de l'Occident continue de les alimenter en armement, qu'ils finiront par utiliser contre leurs propres co-religionnaires et citoyens au cas où ils seraient mal avisés de remettre en question leur violations sur la scène domestique.

    2. Le Canada est tenu par des traités et normes internationaux et n'a pas besoin de paraitre comme un oppresseur des minorités. En effet, en démocratie, ainsi que dans le bon sens, la majorité n'a en principe pas l'autorité morale de remettre en cause les droits fondamentaux des minorités sur leurs territoires. Si des pays musulmans le font, alors tant pis pour eux. Eux et leurs sociétés en souffriront. Il y a un prix à payer pour violation de droits fondamentaux que l'on soit musulman, chrétien ou juif, polythéiste, paien, ou athée.

    3. Cette réciprocité vise comme victimes les minorités musulmanes en Occident pour les faire souffrir une deuxième fois, après avoir souffert sous des régimes dictatoriaux et policiers dans certains pays du monde musulman. qu'ils ont fuis.

    A la lecture de cette réflexion, certains occidentaux repliqueront sans doute en prétendant que les musulmans veulent avoir le beurre et l'argent du beurre, en d'autres termes, ils briment les droits de nos co-religionnaires dans leurs pays (les pays musulmans) et ils nous reprochent de brimer leurs droits chez nous, en Occident.

    Pourtant, à bien y penser, c'est bien l'Occident qui sera le premier perdant dans cette stratégie de réciprocité. Il perd sa démocratie, sur le plan de la crédibilité internationale et sur le plan moral. En effet, après une telle stratégie, l'Occident n'aura plus de lecons à donner aux musulmans!

    Quant aux dictatures dans les pays musulmans, Amnesty International et Transparency International leur livrent chaque année, que Dieu a créée, une note F (échec). Il est donc inutile que les bien-pensants de l'Occident le repétent aux musulmans.

    Et encore une fois, ce ne sera pas à cause du Coran, ce code de droits fondamentaux universels proclamés plus d'un millénaire avant la Révolution francaise et la déclaration des droits de l'Homme des Nations Unies. »
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Georges Paquet - Abonné
    10 décembre 2009 06 h 34
    Et la Turquie dans l'Union européenne?
    Des personnalités de tout niveau on protesté, plus ou moins vertement contre ce vote d'une majorité de Suisses, mais ils ont oublié de dire qu'ils ont, pour la plupart, voté pour bloquer l'accession éventuelle de la Turquie dans l'Union européenne. Pourtant un pays musulman qui se modernise. Comprenez ce que vous pouvez.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Jean Francois Bissonnette - Inscrit
    10 décembre 2009 13 h 07
    Sur le faux argument de la non-réciprocité
    Nombreux sont les participants qui justifient la décision suisse d'interdire les minarets par le fait que dans certains pays musulmans, les chrétiens ne jouiraient pas de la liberté de religion. Il me semble que c'est là un argument puéril et dangereux.
    Les pays occidentaux se sont donné pour principe, depuis quelques centaines d'années, de pratiquer la tolérance face à la diversité religieuse. Cette idée est apparue comme le seul moyen de mettre un terme aux sanglantes guerres de religion qui ont ravagé l'Europe.
    Il faut bien comprendre que la tolérance n'est pas tant un privilège donné à des minorités religieuses: on vous tolère, mais tenez-vous tranquille! C'est, ou ce devrait être, un principe moral que l'on se donne à soi-même. Si l'on juge vraiment que tolérer la diversité religieuse est une valeur suprême, alors là on peut légitimement donner des leçons aux pays qui n'adhèrent pas à ce principe. Mais si l'on applique ce principe de manière sélective, assortie de conditions de réciprocité, alors ce n'est plus de la tolérance, mais du chantage. Autrement dit, si l'on critique certains pays parce qu'ils n'y tolèrent pas les chrétiens, c'est bien parce que l'on pense que la tolérance devrait être universelle. Si l'on commence à remettre en question ce principe chez nous aussi, alors aussi bien préparer les armes.
    Je n'en reviens pas que la perspective d'une guerre de religions excite autant de gens.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hélène Béland - Inscrite
    10 décembre 2009 13 h 38
    Pour faire contre poids à "l'islamophobie" M. Leclerc
    De toute façon...même entre musulmans ils se battent dans une guerre de mosquées, de minarets et de prêches incendiairement politiques dans la bande de Gaza entre les fidèles du Fatah contre les fidèles du Hamas...ailleurs ils se battent entre fidèles chiites contre fidèles sunnites, un jour c'est une mosquée chiite qui saute et le lendemain c'est une mosquée sunnite qui sautera...Finalement...l"'islamophobie" se pratique entre eux de toute façon depuis des lustres. En fait...L"'islamophobie", c'est de la foutaise pour ne pas avoir à parler des vraies affaires, c'est un mot inventé de toute pièce pour faire taire toute critique face à l'islam, son dogme, sa loi ,ses coutumes, sa mentalité, son éthique , son prophète et sa vision du monde....
    Vive la Suisse, la laïcité, la Liberté d'expression et la démocratie.
    M. Leclerc me fait penser tout à coup, à cette canadienne de Vancouver,Beverly Giesbrecht alias Khadija Abdul Qahaar,voilée de la tête au pied, convertie à l'islam devenue une folle d'allah, prêchant pour les talibans et le jihad qui, transportée par sa foi, a fini par se rendre dans leur fief , pour y être kidnappée au Pakistan, séquestrée par les talibans avec une demande de rançon qui a commencé à 1.5 millions pour descendre à 375,000$...compte tenu du peu d'empressement à la sauver...de quoi?...de qui?...certainement pas d'une overdose d"'islamophobie" ou était-ce d'une overdose de "christianophobie"...les dieux seuls le savent et les djins s'en doutent.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sentinelle - Inscrit
    10 décembre 2009 23 h 01
    Un minaret sur le toit d’une entreprise : un suisse non-musulman l’a fait !

    Construire un minaret sur le toit de son entreprise, quand on est non-musulman et suisse de surcroît, non seulement il fallait y penser, mais surtout oser le faire.
    A l’impossible, nul n’est tenu ! Appliquant à la lettre ce vieil adage, Guillaume Morand, est un homme d’affaire de Bussigny, près de Lausanne, à la tête de la chaîne de magasins de baskets Pomp it up, que rien jusqu’ici ne distinguait de ses compatriotes, si ce n’est son cri du cœur contre le vote sanction anti-minarets, qu’il a ingénieusement transformé en une action coup de poing au très fort impact visuel.

    S’élançant du toit du siège social de sa société, la réplique artisanale d’un minaret dont une partie est en pierre, suivie d’une partie ronde en tuyau PVC, le tout surmonté d’un chapeau de bois peint en couleur or, surplombe depuis mardi dernier l’axe le plus fréquenté de la Suisse romande, comme un phare fait maison de la protestation face à une manipulation pernicieuse de l’opinion.

    « Oui, c’est une provocation », s’exclame Guillaume Morand vers qui tous les projecteurs se braquent aujourd’hui, soulignant avec un écœurement dans la voix clairement perceptible : « personne avant cette votation ne savait qu’il y avait des minarets et tout le monde s’en foutait », ajoutant : « Le fait que le parti d’extrême droite, l’UDC, ait lancé cette initiative, ça a créé un faux problème qui n’aurait jamais eu lieu d’être. (…) Maintenant, le débat dérive. Comme vous avez le même problème avec Sarkozy qui reprend les thèses du Front national ».

    Citoyen ordinaire entré en résistance contre un consensus de la Terreur, ce chef d’entreprise a choisi son camp non sans témérité, subissant l’inéluctable opprobre populaire à travers des salves d’injures, et la descente non moins inévitable de la police, dont il espère la clémence, résidant dans un des trois cantons, sur les vingt-six que compte la suisse, qui s’est démarqué par un rejet de l’action anti-minarets.

    En marge de ce coup d’éclat, véritable électrochoc des consciences sous emprise, la ministre suisse de la Justice et de la Police, Eveline Widmer-Schlumpf, a indiqué attendre un éventuel verdict de la Cour européenne des droits de l’homme, qui devrait conclure que l’interdiction des minarets constitue une violation de la liberté de religion. Une décision de justice qui rendrait caduque l’interdiction des minarets, car ne pouvant être appliquée par les tribunaux.

    Très attendu, cet arbitrage judiciaire enverrait un signal fort aux prosélytes de la haine en mal de reconnaissance, qui n’hésitent pas à sévir au plus grand mépris de la loi...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel Dubuc - Inscrit
    11 décembre 2009 07 h 40
    M sentinelle.
    Vous auriez pu nous donner l'adresse du site où vous avez tiré votre commentaire. Juste par souci d'honnêteté:

    Le Coran dit : «Dieu ne dirige pas les transgresseurs et les menteurs» (Sourate 40, Verset 29). Dans le Hadith, on trouve la citation de Muhammad : «Soyez honnetes parce que l’honnêteté conduit à la bonté et la bonté conduit au Paradis. Méfiez-vous de la fausseté parce qu’elle conduit à l’immoralité et l’immoralité conduit à l’enfer.»

    http://anniebannie.net/2009/12/11/un-minaret-sur-l
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    12 décembre 2009 10 h 02
    Efforts de réciprocité
    Faire la démonstration de l`intolérance des islamistes musulmans aurait sa compréhension du ravin qui nous séparent. La permissivité des occidentaux face à l`intolérance des islamistes, en refût d`intégration une fois devenus immigrants, est la source du problème. Il y aura toujours des Lysianne Gagnon qui trouvent de la xénophobie québécoise, lorsque la société adoptive cherche à se faire respecter par ces nouveaux arrivants. Ce sont les mêmes personnes qui ne voient aucun racisme quand l`Israëlzioniste fait la guerre à la Palestine à tous les jours de l`année. Les nouveaux arrivants ont dû quitter pays et traditions qui les terrorisaient. Leur malheur était devenu intolérable; il ne faudrait pas nous faire croire qu`ils étaient heureux de leurs conditions sociales originelles. Adopter des conditions tribales contre le status des citoyens canadiens démontre une inversion de réciprocité inacceptable. Le multiculturalisme à la Trudeau rencontre son Waterloo dans ces conditions, car il est pris en otage et terrorisé.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Hélène Béland - Inscrite
    13 décembre 2009 10 h 49
    Le commentaire intéressant de Mme Benhabib
    Et si on changeait de bon peuple ?
    Par Djemila Benhabib

    Publié dans Le Soleil, le 9 décembre 2009

    En quelques mots l'auteur résume la campagne précédant le référendum : «Quasiment toute la classe politique suisse, de la droite à la gauche, des écolos aux curés, des gauchos aux patrons, avait mené le bal pour appeler à voter non. On a sorti la grosse artillerie habituelle: quiconque s'affichait en faveur de l'interdiction a été accusé de xénophobe, de raciste, d'intolérant et d'islamophobe..»

    L'image de cette petite et riche enclave au coeur de l'Europe célèbre pour sa fondue, sa raclette, son chocolat, et enviée partout dans le monde pour ses stations de ski et ses lacs paisibles, miroirs où se reflètent des paysages et jardins bucoliques, serait-elle en train de changer? Que dire de sa flore humaine? Les Suisses auraient-ils subi des mutations biologiques accélérées pour célébrer le deux centième anniversaire de Darwin et sa théorie de l'évolution? Les Suisses, d'habitude si «pragmatiques», s'enflammeraient pour quatre minarets? Seraient-ils tout simplement trouillards ou plutôt courageux? Et s'ils étaient ni l'un ni l'autre? Se pourraient-ils qu'ils craignent tout simplement la montée fulgurante de l'islamisme politique partout dans le monde et en particulier en Europe ?

    Une chose est sûre, les Suisses viennent de créer un précédent en assénant un coup de massue populaire à la gent politique. En effet, leur vote massif pour l'interdiction des minarets n'est pas tant une victoire de l'extrême droite qu'une défaite des politiques, incapables de recentrer le débat sur les valeurs fondamentales de la démocratie, à savoir la laïcité, l'égalité entre les hommes et les femmes et l'égalité des chances. Il est évident que ce suffrage traduit un écart de plus en plus profond entre le bon peuple et l'élite bien pensante qui avale, cette fois-ci bien difficilement, la pilule. Faut-il pour autant annuler le vote comme le réclame certains? Et pourquoi ne pas changer de peuple? Y a-t-on pensé?

    La paille et la poutre...

    Pourtant, tout avait été mis en place pour que l'on «vote bien». Quasiment toute la classe politique suisse, de la droite à la gauche, des écolos aux curés, des gauchos aux patrons, avait mené le bal pour appeler à voter non. On a sorti la grosse artillerie habituelle: quiconque s'affichait en faveur de l'interdiction a été accusé de xénophobe, de raciste, d'intolérant et d'islamophobe. Des alliés ont même été appelés au renfort: l'ambassadeur de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) est invité à faire campagne pour le «non» après avoir vertement critiqué la Suisse. Ce qui a fait dire au journaliste Vincent Pelligrini: «C'est un peu l'histoire de celui qui voit la paille dans l'oeil du voisin et pas la poutre dans le sien»! L'OCI, là où fourmillent des dictatures et des théocraties islamiques, qui mène une campagne acharnée pour faire reculer partout dans le monde - et à l'ONU en particulier - les droits des femmes et des homosexuels, qui fait tout pour réduire la liberté d'expression et de conscience au nom du respect des religions, des traditions et des cultures, est montée au créneau pour défendre la démocratie en Suisse.

    Pendant la campagne, le bon peuple s'est bien gardé d'exprimer ses penchants. Motus et bouche cousue. De toute façon, à quoi bon? Pour les bien-pensants, la problématique est si simple: en quoi l'existence de quatre minarets menacerait-elle la quiétude des Suisses? On aurait cru entendre Jean Charest parlant des accommodements de la Société d'automobile et d'assurance du Québec (SAAQ) et de son projet de loi 16 ou encore Françoise David qui défend corps et âme le port du voile islamique dans la fonction publique québécoise ou la FFQ qui, main dans la main avec Présence musulmane, mène la même campagne. Faites un tour en Iran et vous verrez bien quelle liberté ont les femmes dans une théocratie islamique, même en Algérie qui ne ressemble franchement pas au pays des mollahs; le sort des femmes est peu enviable. Au moins pour le bon peuple, c'est clair. On ne peut réduire la démocratie à une comptabilité d'épicier.

    Laideur et lâcheté...

    Qu'il s'agisse de la burqa en France, des quatre minarets en Suisse, des quelques cas d'accommodement à la SAAQ ou du port des signes religieux dans la fonction publique québécoise, on ne saurait réduire ses nombreuses manifestations à des «épiphénomènes, des micro-problèmes ou encore à des perceptions». Tout le monde sait que le problème est ailleurs. De nombreuses études, reportages et ouvrages démontrent que la Suisse a été infestée d'islamistes et que c'est à Genève que l'islam politique des Frères musulmans a élu domicile, parrainé par Saïd Ramadan qui n'est nul autre que le gendre du fondateur du mouvement des Frères musulmans, Hassan al-Banna et père de Tariq Ramadan. Le premier centre islamique - celui de Genève - a servi de modèle aux nombreux centres islamiques implantés depuis le début des années 1960 en Europe avec le soutien de l'Arabie saoudite. La Suisse va en effet assumer une double fonction dans la stratégie islamiste: celle de «coffre-fort» et de lieu de prédilection à leur propagande. De cela personne ne veut parler. Ni les politiques, ni la «bien-pensance», comme l'a baptisée Élisabeth Badinter. Pour le bon peuple, la beauté des minarets ne saurait cacher ni la laideur des discours qui s'y tiennent ni la lâcheté et surtout pas la complicité de la bien-pensance. Puisse seulement le bon peuple être entendu !

    Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran (vlb éditeur), récipiendaire du Prix des écrivains francophones d'Amérique et finaliste du prix du Gouverneur général 2009.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Paul Lafrance - Inscrit
    17 décembre 2009 10 h 52
    N'oubliez pas
    N'oubliez pas que ce ne sont pas tous les Allemands qui étaient nazis au cours des années trente. Malgré ça, ça n'a pas empêché Hitler de pourchasser les Juifs et de les éliminer, aussi bien dans leur pays que dans les pays conquis. Les musulmans bien-pensants peuvent dire que le Coran prêche la charité et l'amour du prochain, comme les chrétiens , mais ces derniers ont quand même persécuté les non croyants ainsi que les adversaires de la papauté. L'intégrisme musulman est une menace que nous n'avons pas les moyens d'ignorer, comme si elle n'existait pas. Le fanatisme, d'où qu'il provienne, doit être combattu à sa source. C'est ce qu'on fait en Afghanistan. Les Allemands ont été coupables en feignant l'ignorance, le serons nous à notre tour?
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
25 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012