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Position du Collège des médecins - Autoriser l'euthanasie dans un contexte de soins de fin de vie

Faut-il décriminaliser l'euthanasie? L'interrogation indispose le Collège des médecins du Québec, qui voit là «la mauvaise question qui mène inévitablement aux mauvaises réponses». Dans un rapport rendu public hier, le Collège propose plutôt de poser le problème autrement. Comment? En réorientant le débat dans une autre direction: celle des soins appropriés en fin de vie.

Le discours en demi-teintes du Collège tranche avec celui d'une majorité de médecins qui, sans détour lors de deux récents sondages, se sont dits prêts à légaliser l'euthanasie. Le fossé n'incommode nullement le président-directeur général du Collège, le Dr Yves Lamontagne, qui estime qu'euthanasie et soins de fin de vie sont inextricablement liés. «Ce qu'il faut, c'est passer d'une logique de droit à une logique de soins.»

Le statu quo législatif paraît en effet irrecevable au Collège. «Le cadre actuel ne reflète pas la réalité clinique vécue par les patients et leurs médecins et limite le développement des soins palliatifs», croit son secrétaire, le Dr Yves Robert. Cela dit, les changements législatifs devront se faire en douceur. Les projets de loi déposés au Parlement canadien, notamment celui de la bloquiste Francine Lalonde, qui propose carrément la légalisation de l'euthanasie, vont beaucoup trop loin au goût du Collège des médecins.

Selon eux, une telle loi ne tiendrait pas compte de la diversité des situations cliniques et confinerait les médecins à un rôle de simples exécutants, ce qui est incompatible avec leur bonne conscience professionnelle. Le Collège prône donc une position mitoyenne où la loi autoriserait l'euthanasie dans des conditions bien précises relevant d'un cadre de soins de fin de vie appropriés.

Par euthanasie, le Collège entend «un geste intentionnel dans le but de provoquer la mort». Ce même geste se distingue toutefois du meurtre par trois aspects, précise le Dr Robert. «Il exprime la volonté d'un patient dans un contexte de compassion alors que la mort est imminente ou inévitable.» En réalité, la majorité des actes médicaux posés en fin de vie ne vont pas aussi loin.

Il y a toutefois des circonstances exceptionnelles où la frontière doit être franchie. «Quand le médecin doit se résoudre à donner une dose de morphine de plus ou à rapprocher des doses pour soulager des douleurs incoercibles, la mort finit par arriver», illustre le Dr Robert. La sédation palliative devient alors irréversible, ouvrant du coup la porte toute grande à l'euthanasie. «Un médecin qui pose un tel geste ne commet pas un meurtre, il utilise l'euthanasie par compassion en adéquation avec sa bonne conscience professionnelle», croit le Collège.

Or la loi est claire, l'euthanasie, même dans ces conditions, est formellement interdite au Canada. Pour sortir de cette impasse, le Collège invite tous ceux qui sont concernés par ce débat, au premier chef les infirmières et le Barreau du Québec, à l'accompagner dans sa réflexion. «Ce n'est pas la fin du débat. C'est le début d'un débat, mais qu'on souhaiterait être davantage serein, non militant, non confrontant», a conclu le Dr Robert.






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