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La mafia dans la construction - Les fonds publics sont en péril, la démocratie aussi

Le pouvoir qui ronronne à Québec ne peut plus s'en tenir aux enquêtes policières

Y a-t-il encore des Québécois pour penser qu'un code d'éthique préviendra les abus dans les contrats publics? Quand un tel code a été proposé, l'été dernier, le président de l'Union des municipalités du Québec, commentant le rapport, s'est félicité qu'on y « reconnaisse d'emblée le bon fonctionnement des administrations locales actuelles ». Trois mois plus tard, le réveil est brutal.
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  • Guy Fauteux
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 03h51
    Notre mafia bien a nous entrepreneurs en construction
    Il ne faudrais pas oublier dans une eventuelle commission d'enquete sur la mafia dans la construction le role majeur des organismes qui nous protege nous entrepreneur (notre mafia).
    en voici quelques un de ces organismes tous exclusif au Quebec a l'exception de la CSST
    -Regie du batiment
    -commission de la construction
    -corporation des maitres electriciens
    -corporation des maitres tuyauteurs
    -Bureau des soumissions depose du Quebec
    -Syndicalisation obligatoire meme pour un patron
    -Commission de la sante et de la securite au travail
    Avec mes 33 ans comme entrepreneur de la construction c'est bien la ma mafia bien a moi qui me protege et qui fait augmenter mes couts de 40% sur mes contrats realise au Quebec.
    Guy Fauteux ingenieur et entrepreneur

  • Andrew Savage
    Inscrit
    lundi 19 octobre 2009 06h59
    DÉMOCRATIE EN PÉRIL
    Il y a quelques années à peine les médias encensaient une loi du P.Q. sous René Lévesque relative aux contributions électorales. La démocratie retrouvée, CLAMAIT-ON. On aurait dit alors que les journalistes relayaient tout simplement les communiqués de presse émis par les intéressés. Aveuglement, vantardise, propagande, ignorance, part-pris, qui sait ? On a vu par la suite que c'était une illusion, et que la dite loi était facilement contournée par ceux qui en avaient les moyens. L'enfer étant encore une fois pavé de bonnes intentions. Et les médias là-dessus d'aucun secours : SORRY monsieur Leclerc.

    Aujourd'hui, le législateur ne bougeant pas, ce sont les moralistes patentés avec l'aide des médias, oui, oui, qui viennent nous casser quotidiennement les oreilles avec une ribambelle de voeux pieux qui font plutôt penser à la casuistique du 17è siècle. Du vent, pire, des sornettes teintées d'hypocrisie. Des serpents à sornettes.

    Les trouvailles du vérificateur général de la ville de Montréal autour des soumissions filtrées, les pressions exercées à Boisbriand pour arrêter le processus électoral, la pagaille dans le merveilleux monde de la construction illustrent bien jusqu'à quel point la démocratie est malade. Et ce n'est sans doute que la pointe de l'iceberg. Les élections ou les soumissions semblent truquées à tous les niveaux.

    Au niveau provincial, en se refusant à avoir une élection à date fixe, on avantage indûment le pouvoir en place ; et que dire des comtés protégés, ainsi que de la représentation incorrecte des régions par rapport à Montréal. Au niveau municipal, c'est la cacophonie. Au niveau scolaire ou universitaire, c'est l'absence ou presque ; au niveau syndical, dans un incertain milieu de la construction, en tout cas, c'est ... pif ! paf !

    La démocratie est en péril. Aux urnes citoyens ? C'est à se demander si ça vaut la peine de voter. Le DGE a beau faire une campagne d'incitation ; sa pub est mauvaise, c'est une caricature médiocre, et une insulte à l'intelligence ; une incitation plutôt à ne pas voter. L'électeur a compris depuis belle lurette, et essayer de le culpabiliser relève du machiavélisme le plus tordu. D'autres dépenses inutiles qui vont... aller savoir où ?

    Le cynisme n'est pas du côté du peuple, il est du côté du pouvoir.

    RESTE LE TIRAGE AU SORT...

  • Pierre-R. Desrosiers
    Inscrit
    lundi 19 octobre 2009 07h59
    Une «petite» enquête...
    Quand la corruption atteint un tel niveau, c'est que le pouvoir y est mêlé d'une manière ou de l'autre. Nous savons cela depuis la commission Kefauver dans les années 1960. Je prédis que le gouvernement finira par créer une commission d'enquête, mais une commission dont le «mandat» sera extrêmement limité afin d'épargner les politiciens. Beaucoup d'esbrouffe pour la galerie et quelques comparses de second ordre, mais, comme dans Gomery, aucune incursion dans le monde de la politique.

    Pierre Desrosiers
    Val David

  • Vincent Bussière
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 08h53
    On voit du mal partout!
    Y a pas que du mauvais dans le fait que la mafia se soit recyclé dans ls construction, pensez monsieur Leclerc que ces gens, souvent des repris de justice ont maintenant un travail honorable et qu'ils ne sont plus une menace pour notre société, ils partent le matin valise à '' lunch'' et enveloppes à la main et vont gagner leur vie honorablement de façon à ramener un peu de bouffe aux enfants pour le souper, on peut quand même pas tout demander à ces gens, déjà qu'ils ont trouvés un gagne pain et ne vivent plus au crochet de l'état ou en prison et puis c'est pas un petit trente pour cent de plus à payer pour nos contrat qui va ruiner le québecois et puis ce québécois est habitué de payer alors aussi bien payer ces gens bien de chez nous plutôt que d'encourager des contracteurs d'ailleurs au pays, qu'en pensez vous.

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    lundi 19 octobre 2009 11h32
    Gérer en bon père ou mère de famille
    S'il y a un jour une enquête publique, il faudrait que celle-ci touche l'ensemble des achats effectués par les corps publics, incluant les commissions scolaires en plus des municipalités et des ministères.

    Ayant oeuvré dans le secteur scolaire à titre de représentant commercial, il m'est arrivé de perdre des soumissions au profit d'un concurrent dont la soumission était le double de la mienne, sous prétexte que la mienne n'était pas conforme aux spécifications.

    L'argument était facile : les spécifications étaient désuètes et le même appel d'offres roulait depuis des années. De plus, le demandeur n'y comprenait généralement rien... ou ne voulait consentir aucun effort pour y comprendre quelque chose.

    Si le bénéfice de mes soumissions n'avait été que de quelques dollars, il aurait été facile d'accepter qu'on veuille s'en tenir aux spécifications originales. Mais quand, par exemple, la soumission retenue est de 16 000 $ alors que la mienne est de 8 000 $, il me semble qu'une analyse plus approfondie des spécifications aurait été nécessaire... et assurément bénéfique. Aucune entreprise privée n'aurait refusé de le faire, à moins, bien sûr, que le demandeur soit corrompu (ça arrive) ou imbécile (dans lequel cas il ne conserverait probablement pas son emploi très longtemps).

    Le problème des spécifications désuètes ou de devis dépassés, par exemple eu égard à la protection environnementale ou au développement durable, constitue un problème aussi fréquent, à mon humble avis, que celui des devis truqués qui visent à exclure d'éventuels soumissionnaires afin de partager la loterie des contrats entre un nombre restreint de joueurs.

    L'exemple que je donne est un exemple en apparence insignifiant. Mais, lorsqu'un tel système est en place et qu'on multiplie le « plus payé » par le nombre de contrats annuels, ça fait rapidement beaucoup d'argent. L'immoralité d'un tel système devient encore plus évidente quand on le met en perspective avec le manque de ressources plaidé par les administrateurs pour ne pas répondre à une longue liste de besoins formulés par les professionnels de l'enseignement et des services aux élèves.

    Que voulez-vous faire lorsque vous gagnez votre vie à vendre à des clients et que, lorsque vous en appelez d'une décision indéfendable, l'acheteur, le directeur des ressources matérielles et le directeur général de la commission scolaire se couvrent l'un l'autre comme si le problème ne leur appartenait pas ou qu'il était irréel? Passer une partie de votre vie à tenter de rejoindre la présidence du Conseil des commissaires ou du représentant des comités de parents pour qu'ils posent des questions sur la situation problématique que vous portez à leur attention? Tout le monde a le sentiment d'avoir autre chose à faire...

    Il est vain d'espérer le purisme en cette matière mais le premier énoncé d'un code d'éthique devrait certainement commencer par la phrase suivante : « l'argent dépensé par les administrateurs publics ne leur appartient pas en propre et il doit être géré en bon père ou en bonne mère de famille, comme le dit le Droit. Il devraIt aussi y avoir une instance, pour chaque corps public, où le citoyen pourrait dénoncer les choses qui lui semblent anormales du point de vue des finances publiques, en se dévoilant sans être dévoilé. Si cette instance avait des dents et inspirait la crainte - allant jusqu'à confier des dossiers à la police - il y aurait probablement moins de magouillage, la crainte étant généralement le début de la sagesse, comme disaient les vieux Sages.

  • Gilbert Talbot
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 12h07
    Le pouvoir corrompt, mais la mafia elle corrompt absolument!
    Quand on lit le commentaire de monsieur Bussière, on s'ééloigne tant soit peut de l'impératif catégorique de Kant. Le bien et l mal sont inscrit dans le coeur, l'âme et la raison de chaque personne, mais le problème c'est que selon le relativisme absolu régmnant sur les consciences, ce qui est bien pour les uns est mal pour les autres et vice versa. Pourquoi pas tolérer un petit vol de temps en temps, si ça amène la bouffe aux enfants ? Au moins c'est la pègre de chez nous, un pègre bien québécoise.

    La question est : sur quel principe éthique se baser pour déterminer ce qui est bien pour tous les individus et toutes les nations confondues ? Autrefois, nous avions le cathéchisme, les commandements de Dieu et les commandements de l'Église. Il semble que la pieuvre mafieuse a aussi corrompu l'Église catholique (Cf le Parrain 3). Alors que reste-t-il pour éclairer notre conscience subjective ? Il reste les droits de la personne : la Charte canadienne et la Charte québécoise, qui ont l'avantage d'être des charte juridique. Mais même ces chartes servent parfois les intérêts des corrompus à l'os. Le problème c'est que ces chartes privilégient les Droits individuels, alors que dans le cas de la corruption mafieuse c'est toute la collectivité qui en souffre, même quand la pègre est bien de chez nous monsieur Bussière.

    On a réussi à coincer des Hell's Angels parce que ses membres avaient voté pour tuer des personnes, ce qui les rendaient automatiquement, complice, mais ce n'est pas toutes les gangs qui ont le même soucis démocratique.

    Par contre, on peut se demander si dans chaque gang, il n'y aurait pas un certain code d'éthique : la loi du silence en étant un des piliers du Temple. Le commentaire de monsieur Bussière s'appuie lui aussi sur certaines valeurs ; le droit au travail, nourrir ses enfants, défendre la nation etc. Que devons-nous faire lorsque ce sont des confrontations entre différentes éthiques personnelles et collectives qui alimentent les différentes corruptions ? Il faut alors développer une éthique des éthiques, une métaéthique qui seule pourra se confronter à la pieuvre mafieuse qui s'enroule dans tous les esprits présentement.

  • Lise Emond
    Inscrite
    lundi 19 octobre 2009 13h51
    Cammora
    Il y a deux ans, j'ai lu un livre intitulé "Gommora" de Robert Saviano. Il y fait le portrait de la main-mise de la mafia napolitaine sur toutes les affaires gouvernementales de la région et au-delà. Fascinant! Et d'entendre et de lire ce qui se passe dans nos gouvernements municipaux (et probablement autres), je ne peux m'enpêcher de faire un parallèle à la situation décrite en Italie. Que faire? Ils sont partout, dans tout ce qui est "affaires". Des incontournables.

    Lise Emond

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 14h27
    Pauvres soumissionnaires
    Madame Faucher a raison. Ou bien les soumissionnaires honnêtes sont écartés parce que d'autres soumissionnaires crapuleux trichent ou parce que les fonctionnaires chargés d'évaluer les soumissions sont trop incompétents pour mener une analyse objective. Une invitation à tricher... comme tout le monde.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Jacques Morissette
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 14h33
    Est-ce une culture établie dans le milieu?
    Tout un travail de défrichage à faire. Je ne veux pas généraliser, mais l'être humain n'étant pas une simple machine, il peut arriver que ceux-ci tombent dans le piège de la facilité, en faisant des accommodements à l'un ou à l'autre.

    Ce genre de chose peut commencer d'abord par quelque chose de banal. La banalité a peut être engendré des habitudes, des façons de travailler. Les habitudes ont peut-être alors fini par devenir une culture acquise dans le milieu.

    Mais, je ne veux pas généraliser... Oui il devrait y avoir, non pas une omission, mais une commission d'enquête. Histoire de rassurer tout le monde et la démocratie.

  • Stéphane Doré
    Abonné
    lundi 19 octobre 2009 16h43
    Et on nous dit que le privé c'est mieux que le publique.... ok je vois.
    Que les villes et les ministères gèrent donc eux mêmes leurs projets de contruction de A à Z au lieu de donner ça à des firmes corrompues qui, telles des sangsues, nous siffonent le porte-feuille et se remplissent les poches de profits illégitimes.

    Le "Maître Chez Nous!" version construction.

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