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Mourir, mais comment ?

Avec le style à l'emporte-pièce qui caractérise son président, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) réclamait cette semaine la légalisation de l'euthanasie, une pratique qu'elle juge non seulement répandue, mais nécessaire en certaines circonstances. Mais de quoi parle-t-on au juste ici: d'euthanasie, au sens premier du terme, ou de soins de fin de vie mieux balisés?

L'exercice a littéralement fait bondir le directeur du Centre de recherche et d'intervention sur le suicide et l'euthanasie (CRISE), Brian Mishara. « La confusion est déjà grande dans la population, or ce sondage ne fait qu'ajouter à la confusion en faisant d'actes tout à fait légaux des actes d'euthanasie », estime le spécialiste, qui croit que la FMSQ confond ici permis de soulager et permis de tuer.

« L'euthanasie consiste à permettre au médecin de tuer un patient par compassion. Les gens détestent ce mot, mais c'est bien ce dont il est question ici », poursuit le professeur au département de psychologie de l'UQAM. Le Dr Patrick Vinay, chef intérimaire du service des soins palliatifs de l'hôpital Notre-Dame du CHUM, le confirme. « L'euthanasie est un meurtre par compassion. C'est un phénomène provoqué de main d'homme avec une intention, celle de faire cesser une vie qui est jugée comme impossible à continuer. »

Une partie de la population et plusieurs médecins spécialistes croient que la sédation palliative, le refus ou l'arrêt de traitement sont des gestes d'euthanasie. Ils ont tort, croit le Dr Vinay. « Si j'arrête votre dialyseur et que vous mourez deux semaines après, ou encore si j'arrête votre ventilateur et que vous mourez deux heures après, ai-je posé un geste d'euthanasie? Non, aucun de ces gestes n'est de l'euthanasie. C'est de l'arrêt de traitement, c'est tout à fait normal et c'est déjà bien encadré au Canada. »

Or l'interprétation faite par la FMSQ est plus large. Ainsi, selon son président, le Dr Gaétan Barrette, débrancher un polytraumatisé en état de mort cérébrale, c'est aussi l'euthanasier. Idem pour la sédation palliative utilisée pour endormir le patient en fin de vie qui est aux prises avec des douleurs devenues intolérables et intraitables, un protocole qui s'apparente « clairement à un geste d'euthanasie », tranche le Dr Barrette, qui souhaite que ces « zones grises » soient clarifiées une fois pour toutes dans une loi bien balisée.

Pas d'accord, répond le Dr Vinay, qui accompagne au quotidien des patients vers la mort. « Si vous arrêtez le respirateur de quelqu'un qui ne veut plus de respirateur, ce n'est pas ce geste-là qui le fait mourir, c'est son incapacité biologique à continuer. Ce malade n'a plus biologiquement ce qu'il faut pour vivre et il ne souhaite pas qu'on poursuive l'emploi de moyens extraordinaires pour le garder dans une vie qui est misérable pour lui. »

Le principe est le même pour la sédation palliative, estime l'ancien doyen de la faculté de médecine de l'Université de Montréal. « Il n'y a aucune intention de meurtre là-dedans, il y a l'intention de soulager. Ce n'est pas irréversible, c'est réversible. Est-ce que ça va permettre au malade de sortir de l'enfer qu'il vit? Absolument. Il va se retrouver avec une semaine, un mois de plus d'une vie qui est alors tout à fait tolérable. »

Entre dignité et laisser-aller

Tolérable. Le mot fait sortir de ses gonds Yvon Bureau, travailleur social et porte-parole du Collectif mourir digne et libre. Celui qui accompagne les mourants depuis des décennies est pourtant un farouche défenseur des soins palliatifs, qu'il préfère appeler « soins de fin de vie ». Mais seulement quand ces soins restent « centrés sur la personne ». « On veut améliorer la sédation terminale. Demandons-nous d'abord ce que cela veut dire. Je connais une maman qui a été trois semaines à dormir et à mourir. La famille était épuisée, agressive, tannée. »

À son avis, ce ne sont pas les soins qu'il faut d'abord développer, mais la personne. Pour cela, il faut entrer en relation avec le patient, lui laisser les rênes, en quelque sorte. Et lui faire confiance. D'autant que de bons soins palliatifs ne mettront pas un terme à la nécessité de l'euthanasie pour plusieurs, selon M. Bureau. « La philosophie des soins palliatifs, c'est de s'abandonner. Mais les gens veulent garder le contrôle de leur destinée. »

Quand on leur pose la question, bien des mourants s'intéressent moins à la question de la douleur qu'à ce qui fait leur individualité, poursuit M. Bureau. « Les gens veulent conserver leur dignité, leur personnalité, leur identité. Si on te donne toutes sortes de médicaments, on va contrôler ta douleur, mais au prix de quoi? Dans quelle condition vas-tu te retrouver? Les gens ne veulent pas devenir des monstres pour eux-mêmes et pour leurs proches. »

L'expérience du Dr Vinay le porte plutôt à croire que ce genre de discours ne tient plus quand le rideau d'une vie se prépare à tomber. « La pensée d'un bien-portant n'est pas celle d'un malade. Il y a des gens qui disent: "Jamais je ne veux vivre ça". Mais, une fois qu'ils en sont rendus là, ils changent d'idée. Parce que leur qualité de vie, ils ne l'évaluent plus avec une tête de bien-portant, mais avec une tête de malade. »

Le Dr Vinay convient que notre société valorise l'autonomie et condamne son contraire. « Quand tu ne peux plus marcher, que tu restes au lit, au point que tu fais caca dans tes draps ou dans ta couche, on dit que c'est une indignité inacceptable. Mais ces gens-là n'ont jamais fait de soins palliatifs. Ils n'ont jamais vu une fille ou un fils parler à son papa, cloué au lit, tenir une conversation lumineuse. Où il y a des choses qui s'éclairent, des pardons qui se disent, des petits bouts de vie qui continuent à tricoter une relation humaine précieuse. »

Les conditions optimales

Bien campés sur leur position respective, Patrick Vinay et Yvon Bureau s'entendent toutefois sur une chose. Et ce n'est pas un détail. La grande majorité des Québécois ne peuvent s'éteindre dans des conditions optimales. En fait, seulement 15 % des mourants bénéficient de ressources en soins palliatifs. Et, parmi ceux-là, une petite minorité seulement arrivent à pousser leur dernier soupir à la maison, entourés des leurs, sous supervision médicale.

Selon Brian Mishara, le Québec ne pourra faire fi du problème encore longtemps. D'autant que les médecins de famille préparent eux aussi un sondage sur le sujet et que le Collège des médecins est en train de mettre la dernière main à son mémoire, attendu au début de novembre. Sans oublier le projet de loi C-384 présenté par la député bloquiste Francine Lalonde, qui inscrit dans la loi qu'un médecin ne commet pas un homicide s'il aide à mourir dignement une personne qui se trouve en phase terminale ou qui vit des souffrances sans perspective de soulagement.

Mais il faudra, une fois pour toutes, s'entendre sur les termes, prévient le spécialiste. Et ne pas oublier d'inclure le suicide assisté dans notre réflexion collective. « Avant de légaliser l'euthanasie, il faut voir trois choses. Il faut d'abord savoir de quoi on parle. Il faut ensuite déterminer si les actions existantes sont suffisantes. Et, sinon, il faut se demander si le suicide assisté n'est pas préférable à l'euthanasie, puisqu'il laisse plus de place au libre arbitre de la personne. »

Yvon Bureau, lui, refuse catégoriquement de franchir cette ligne. « Je pense qu'on doit garder criminel tout ce qui s'appelle aide au suicide, meurtre par compassion, soit les euthanasies non respectueuses d'un cadre très précis. » Il faut plutôt s'inspirer du modèle belge où chaque geste est balisé, encadré, suivi, croit le travailleur social, qui, au terme « euthanasie », préfère « aide médicale active à mourir » (AMAM).

D'après le Dr Vinay, c'est déjà aller trop loin. « Je pense qu'il faut accepter de se dire que le malade devant soi a son mystère, que sa journée d'aujourd'hui n'est pas celle de demain. Je suis là pour l'aider et je vais tout faire pour l'aider, y compris s'il me demande de s'évader de ce présent. Mais je ne le ferai pas en prenant une 22 et en lui tirant une balle dans la tête, comme je ne le ferai pas en lui injectant du chlorure de potassium intraveineux ou en lui donnant des doses pharmacologiques inappropriées de médicaments. »

Et ce, même si ce même patient est cloué à son lit à attendre la mort dans la plus grande invalidité. « Nous ne sommes pas dignes seulement par ce que nous faisons, mais par ce que nous sommes », croit le Dr Vinay, qui refuse de voir la réflexion entourant l'euthanasie comme un problème strictement médical. Pour lui, l'euthanasie n'est pas un problème d'éthique ou de philosophie, c'est un problème humain, d'abord et avant tout. À la société, donc, de trancher.
 
 
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  • Dominic Pageau
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 05h08
    Je me demande si monsieur Bureau sait de quoi il parle?
    Je crois qu'il va pouvoir me répondre puisqu'il intervient souvent dans ce journal. Non en Belgique où on pratique l'euthanasie et le suicide assisté, même si vous n'aimez pas le mot, il arrive de grave dérive, et il y a de plus en plus de « suicidés » ou d'euthanasiés. Par ailleurs, c'est souvent le médecin qui débute la conversation sur l'euthanasie en Belgique et rien n'empêche pas, ce n'est pas encadré. On vent en pharmacie pour les médecins des kits de « médicaments » pour euthanasier, il y a un suivi sur ça, mais pas tout le temps, et pas très rigoureux. D'ailleurs, les « médicaments » non utilisés ne sont jamais retourné et on crain qu'ils servent à tuer d'autres patients, comme ce fut et c'est encore probablement le cas au pays bas. L'étude de Raphael Cohen-Almagor, détendeur de la chaire en politique de l'Université de Hull En Angleterre, est fort éloquente à propos des nombreux dérapages en Belgique, où il y a un manque flagrant d'encadrement et où les balises fixées sont loin d'être toujours respecté.

    On peut lire cette étude publiée dans la revue Issues in Law & Medicine ici :

    http://www.hull.ac.uk/rca/docs/articles/euthanasia

    La Belgique n'est pas un exemple de bonnes pratiques, ni même les Pays-Bas, comme la écrit le député français Jean Leonetti dans son rapport sur l'euthanasie. On peut lire ici les réponses qu'il donne à des gens qui le questionne dans le Le Monde :

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/03/j

    Selon lui le droit à l'euthanasie ne serait rien d'autre qu'un nouveau pouvoir médical. Au pays-bas, encore aujourd'hui 20% des cas d'euthanasies sont faits dans le secret, donc, l'argument qui veut qu'encadrer l'euthanasie met fin au secret est fausse. L'argument qui veut aussi que ça réconforte les gens en fin de vie de savoir que si il le décide, on va mettre fin à leur souffrance, n'est pas vide de sens, mais, à l'opposer, il fait peur à d'autres personnes, qui craignent qu'on les tue sans leur consentement, encore aujourd'hui, en 2001, c'était près de 1000 cas, je crois que ça a diminué, mais ça reste encore fort problématique. Au point où de nombreux néerlandais agés, quittent le pays pour s'installer en France ou en Allemagne car ils ont peur qu'on les tue si ils ont des problèmes de santé.

    Autre chose, monsieur Bureau joue sur la peur qui nous habite tous d'avoir une mort atroce. Il sait qu'au moins le ¾ des biens portants disent qu'ils vont vouloir mourir sur leur agonie est souffrante. C'est pourtant pas ce qui les mourants pensent, dans les faits 40% des mourants en phase terminal disent qu'ils voudraient pouvoir mourir si leur situation s'agrave et qu'ils ont des souffrances intolérables. De ceux-ci 6% demanderait de mourir si ils le pouvaient et pour la plupart, ce n'est pas en raison de souffrance, mais du à la perte d'autonomie, valeur suprême pour eux, de dépression et de solitude. Cette proportion tombe à 1% dans les hopitaux catholiques ou juifs.

    Les centenaires au Pays-Bas sont rares, la culture de la mort est fort répandue et les controles sont déficients, à un point où ça inquiète même l'ONU dans son rapport sur les droits humains de 2009

    http://daccessdds.un.org/doc/UNDOC/GEN/G09/445/63/

    Oui, on peut soulager les personnes en fin de vie comme le dit monsieur Bureau et non le droit à mourir n'est pas exempt de dérapage, d'ailleurs, je ne crois pas que ça soit un droit, mais bon. Je me demande pourquoi vous niez ces dérapages, je vous lu et entendu souvent le faire. Vous faites parti de Dying With Dignity, qui fait parti de la World Federation of Right to Die Societies, qui font du lobbying dans le monde entier en faveur de l'euthanasie et du suicide assisté de parfois de manière agressive. Ils participent à une mouvance qui est en train de rendre indigne toute perte d'autonomie et insupportable toute douleur. De nombreux handicapés s'opposent à cette vision des choses, car finalement, si on juge leur vie de notre point de vue, leur vie est indigne.... D'ailleurs, on veut ouvrir l'accès à l'euthanasie en Belgique aux jeunes ayant des problèmes mentaux ou souffrant de démence.... Ce n'est pas un exemple à suivre.

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 07h39
    La vision d'un médecin vieillissant.
    J'ai la chance d'avoir une famille qui m'aime et que j'aime et j'ai atteint un âge où on commence à voir venir la mort. Cela me donne une perspective différente au sujet de la mort.
    Médecin spécialiste, j'ai soigné bien des mourants et j'en ai laissé mourir à la demande de la famille lorsque le malade ne pouvait pas exprimer sa volonté et que la technologie ne pouvait que prolonger le mourir. Dans un certain cas de maladie musculaire sévère, ce fut avec une grande tristesse que j'ai dû retenir mon effort de prolonger la vie et ne pas appliquer mon savoir faire. Dans certains cas j'étais d'accord, dans d'autres j'ai refusé parce que la demande ne me semblait pas légitime, le cas n'étant pas désespéré. Si j'avais accepté, j'aurais participé à un meurtre par abandon. Dans un cas où je me souviens très précisément, j'ai pris la décision de cesser les soins et l'ai tout simplement annoncée à la famille: c'est une cruauté injustifiée que de demander à la famille de prendre une décision de laisser aller quand l'alternative n'est pas une option.
    S'il arrive un jour que ma conscience est disparue à jamais alors que mon coeur bat, ma famille a mon approbation pour que les soins autres que palliatifs me soient retirés parce qu'alors ma personne aura cessé d'être. Cette situation est très différente de ce qu'on discute ici. On parle de partir alors qu'on a encore toute sa conscience.
    Je vois mon décès éventuel comme une occasion de croissance personnelle pour les miens. C'est mon dernier cadeau à ceux que j'aime. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas agréable à recevoir que ce n'est pas un très grand cadeau. Quand je serai parti, ce sera pour longtemps. Je ne vois pas l'urgence de devancer le départ.
    La dignité est intérieure; elle est dans toute la vie qui précède la mort. Le processus de mourir, aussi horrible puisse-t-il paraître aux yeux de certains, ne change rien à la dignité. Le processus de mourir n'est pas joli, en général. Il n'est pas pour autant indigne.
    Je respecte les choix de ceux qui ne voient pas les choses de cette façon.
    Je regrette seulement que tant de personnes ne voient pas de sens dans la mort et veuillent l'escamoter.
    Enfin, je crois que la déficience des soins palliatifs (ou l'ignorance de leur existence) est responsable en grande partie de cette mobilisation médiatique pour le suicide assisté et l'euthanasie. Quand la souffrance est tolérable, pourquoi se presser pour mourir ? De toutes façons, une fois mort, on n'en garde aucun souvenir.
    Il y a une grande différence entre vouloir vraiment mourir et vouloir se soustraire au sentiment qu'on est de trop. Le jour où on aura le droit de demander l'euthanasie, on pensera peut-être qu'on en a le devoir. Je ne voudrais pas mourir avec ce sentiment.
    Daniel Beaudry

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 12h08
    quand le docteur se prend pour dieu
    Il est évident qu'une grande majorité des médecins veulent avoir droit de vie ou de mort puisqu'ils ont été éduqués comme cela. Ils décident de ce qui est curatif et de ce qui ne l'est plus. Il n'est pas étonnant de constater qu'ils n'ont jamais envisagé de confier ce pouvoir (s'il devait être) aux tribunaux. J'aimerais qu'on fasse la même enquête auprès des alités vieux et malades. Pas certain que nos bons spécialistes soient contents de la réponse.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 12h29
    M Pageau, je sais de quoi et surtout de qui je parle
    M Pageau, je veux seulement vous dire que je suis membre de DWD-Dying with Dignity-, ET aussi de AQSP-Association québécoise des soins palliatfs-, de l'ACSP-Association canadienne des soins palliatifs- et du CMDL-Collectif
    Mourir digne et libre-. Travailleur social,je suis membre de mon Ordre professionnel, et j'en suis très fier.

    Mes appartenances, mes participations à différents colloques internationaux et nationaux, mes nombreux contacts à travers le monde, mes nombreuses études analysées,
    mes 25 années à placer la PERSONNE en fin de vie au centre des processus d'information et de décision, m'apportent à savoir de quoi je parle, et surtout de qui je parle.

    Placez votre adresse courrielle et la population vous parlera; intelligente elle est.

    Je parle de la PERSONNE en fin de vie. Je parle de sa dignité qui passe par l'expression des ses dernières volontés et par le RESPECT de ses volontés. Je parle de sa dernière volonté, de son ultime liberté.

    Organisez un débat et invitez moi; nous en parlerons. Avec dignité et avec liberté.

  • Yvon Bureau
    Abonné
    samedi 17 octobre 2009 12h32
    M. Pageau, voici mon adresse courrielle
    ybbureau@videotron.ca
    www.yvonbureau.com

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 18 octobre 2009 17h21
    Le risque évident
    Le grand risque ici est que la décision repose finalement sur l'avis des médecins, dont certains n'ont qu'une conscience, celle du peu de temps qu'ils ont pour s'enrichir. Permettre à quelqu'un de mourir au moment et dans les conditions de son choix, c'est perdre un patient, euphémisme pour client. Il ne faut s'étonner que les médecins spécialistes veuillent être à l'avant-garde. Leur contrôle de la mort des autres passe par là.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Yvon Bureau
    Abonné
    dimanche 18 octobre 2009 20h50
    Honorer les mots pour le dire
    Messieurs Mishara et Vinay, ce que vous dites, les mots que vous utilisez pour le faire, me questionnent souvent, me dérangent parfois.

    Venant de grands universitaires comme vous, lorsqu'un médecin pourrait aider activement un mourant, à sa demande expresse, à agoniser moins longtemps et à mieux terminer SA vie, les verbes «tuer, faire meurtre par compassion, donner la mort...» font honte à vos diplômes et à vos professions.

    De grâce, parlons de l'aide médicale active à mourir (AMAM) dans les soins de fin de vie, dans certaines circonstances, si appropriée, si librement demandée, si logique et raisonnable, pratiquée dans un cadre médico-légal bien défini.

    Vous auriez avantage à lire Confucius.
    «Quand les mots ne sont pas exacts, les jugements ne sont pas clairs, les oeuvres ne prospèrent pas, les sanctions tombent à faux, et le peuple ne sait plus où il en est.
    Le noble ne souffre pas la moindre imprécision dans ses discours.»

    Dans vos dires, enfin, ce qui me dérange le plus, c'est ce que vous ne dites pas.

    Ce qui devrait nous arranger le plus, vous et moi, c'est le respect de la PERSONNE en fin de vie, de SA dignité et de SA liberté.

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