dimanche 27 mai 2012 Dernière mise à jour 12h20
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le Québec serait mûr pour un débat sur l'euthanasie

Les médecins spécialistes veulent la légalisation d'un acte courant

Photo : Agence France-Presse Boris Horvat
La loi est claire: l'euthanasie n'est pas permise au Canada. Elle est pourtant devenue pratique courante dans nos hôpitaux, affirme la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). En fait, les mentalités ont à ce point changé qu'une majorité de médecins spécialistes est désormais prête à débattre de la pertinence de l'euthanasie (84 %) alors que les trois quarts sont carrément favorables à sa légalisation dans un cadre législatif balisé, montre un étonnant sondage rendu public hier par la FMSQ.

Son président, le Dr Gaétan Barrette, est formel. Les médecins spécialistes « sont en synchronie avec la population », qui, elle, est « fin prête à en débattre ». Selon lui, les idées cheminent plus vite que la loi et cette dernière doit donc s'ajuster. « L'euthanasie est rendue à un point presque identique à celui de l'avortement il y a 21 ans, à la différence près que les médecins sont aujourd'hui très majoritaires à demander que le débat se fasse et qu'une législation vienne baliser cette pratique », a dit le Dr Barrette.

L'euthanasie est un sujet qui revient fréquemment dans la pratique des médecins spécialistes. Le geste lui-même ferait désormais partie de la panoplie de soins donnés puisque 81 % des répondants affirment haut et fort que l'euthanasie est bel et bien pratiquée dans le réseau québécois. « Au moment où l'on se parle, il est impossible de nier que l'euthanasie se pratique au Québec », fait valoir le Dr Barrette.

Or cet état de fait qui s'est installé au fil des ans contrevient à l'esprit de la loi et ouvre aujourd'hui la voie à de nombreuses interprétations et à encore davantage d'hésitations. « Si les balises étaient claires, les gens pourraient prendre des décisions plus éclairées, estime le Dr Barrette. Actuellement, les décisions sont prises dans une certaine obscurité parce qu'il n'y a pas de cadre. »

Ce flou agace les médecins spécialistes, qui refusent d'avoir à mener ce combat seuls. Pas moins de 91 % des répondants estiment que l'euthanasie est un geste qui doit être fait en concertation avec le patient ou sa famille. Même principe pour les manoeuvres de réanimation, alors que 72 % d'entre eux croient qu'il faut consulter la famille ou les proches si jamais cette question n'a pas été abordée auparavant avec le patient.

« Les médecins spécialistes ne veulent pas du rôle divin qui consiste à choisir entre la vie et la mort, précise le Dr Barrette. Ils veulent travailler de concert avec le patient, sa famille et son médecin de famille. » Ils veulent de surcroît conserver leur libre arbitre et 20 % indiquent que, même si l'euthanasie était légalisée, ils ne la pratiqueraient pas.

Enfin, pour 95 % des membres de la FMSQ, la sédation palliative doit être considérée comme faisant partie des soins appropriés de fin de vie. Ces derniers sont toutefois divisés sur la nature du geste lui-même, alors que 48 % affirment que cette médication de confort en fin de vie constitue une forme d'euthanasie contre 46 % qui répondent par la négative.

Dans l'esprit du Dr Barrette, il n'y a pourtant pas d'ambiguïté, la sédation palliative est non seulement une forme d'euthanasie, elle est aussi la forme d'euthanasie la plus courante au Québec. « Le cas du polytraumatisé est peut-être le plus simple et le plus spectaculaire [exemple d'euthanasie]. Il n'est pas aussi simple ni aussi évident quand il s'agit d'un patient en phase terminale. Et plus on monte en amont, plus ça nécessite des balises. » Autrement, « où s'arrête-t-on »?

À Québec, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, n'a pas voulu se prononcer sur les demandes précises des médecins spécialistes, encore moins répondre à leur embêtante question. Son attachée de presse, Marie-Ève Bédard, a toutefois précisé que le ministre est « sensible » aux questions touchant la fin de vie. Selon lui, ces questions devront faire l'objet de « discussions » au sein de « toute la société » et il se dit « prêt » à les entendre.

Même prudence du côté du Collège des médecins du Québec, qui ne commentera pas la position de la FMSQ avant le dépôt de son propre mémoire sur la question, ce qui devrait être fait à la fin du mois ou au début de novembre. Le Dr Barrette espère pour sa part que son sondage donnera des dents à ce mémoire très attendu. « Le Collège est en mode hésitation parce qu'ils n'ont pas de données factuelles, quantifiées, réelles sur lesquelles s'appuyer pour conclure leur réflexion. Je pense que nos données vont pouvoir nourrir leur réflexion. »

Notons que la position de la FMSQ ne porte que sur l'euthanasie sous l'angle précis des soins de fin de vie et non sur le suicide assisté qui, selon la Fédération, est un autre débat en soi. « Le suicide assisté est un acte décidé et exécuté par l'individu lui-même sans l'interférence médicale par opposition à l'euthanasie où l'acte est posé par le médecin », a expliqué le Dr Barrette.

Pour mener ce sondage auprès de ses membres actifs, la FMSQ a mandaté la firme Ipsos Descarie. Son coup de sonde a été réalisé par Internet et par la poste du 28 août au 15 septembre 2009. Le taux de réponse s'établit à 23 %, soit 2025 répondants, et la marge d'erreur est de 1,9 %, 19 fois sur 20.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires  Chargement ...
  • Georges Allaire - Inscrit
    14 octobre 2009 00 h 29
    "Un jour, ce sera ton tour."
    Quand on aime quelqu'un, on s'attache à sa présence et on lui donne la nôtre. Quand on est conquis par sa souffrance, c'est qu'on donne plus d'importance à la souffrance qu'à la personne. Tant qu'on est solidaire de la personne, on cherche à faire disparaître la souffrance en faveur de la personne plutôt que de faire disparaître la personne en faveur de sa souffrance.

    Dire à quelqu'un: "Je t'aime tellement que je te tue" sert une forme de compassion mais pas notre amour. Mais, franchement, ne sert-on pas alors notre propre désintéressement envers le malade que notre amour de celui-ci?

    Il est normal qu'un monde qui se persuade de la générosité d'une mère envers l'enfant qu'elle fait dépecer en elle se persuade aussi de la générosité des proches heureux de pouvoir quitter la compagnie contraignante de ceux qu'ils ont déjà exilés de leur coeur.

    Mère Teresa accompagnait les gens dans la vie jusqu'à leur mort. Elle ne jouait pas l'Ange de la Mort. Certes les spécialistes... sont mieux payés qu'elle. Tirons-en nos conclusions. Mais méfions-nous de tels amis quand viendront nos derniers moments.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Dominic Pageau - Abonné
    14 octobre 2009 04 h 42
    L'euthanasie un soin?
    On est sur une pente glissante, tuer ne peut être qualifier de soin. Oui, donner une dose massive de sédatif pour précipiter une mort sans douleur ça se fait. Je ne serais pas prêt à dire que c'est si répandu. J'ai l'impression que le docteur Barrette le laisse croire dans le but de banaliser la pratique, le c'est pas grave, tout le monde le fait. Oui c'est grave, ça doit rester des cas marginaux non pas une pratique courante, parce que ça va devenir inévitablement comme au pays bas, où il y a plus de 1000 malades tués par les docteurs sans qu'on leur ai demandé d'agir de la sorte.

    L'opinion des médecins spécialistes me fait peur.

    La réglementation et l'encadrement et les balises et tout ce bla bla, ça vise à convaincre les récalcitrants, mais dans les faits, c'est peu appliquer et il y a peu de surveillances et pas de sanctions. Plus de 1000 meurtres par année de déclarés aux Pays-Bas et aucun médecin n'est arrêté ou sanctionné. C'est dérangeant. Des pertsonnes agées et d'autres malades ou handicapées ont peur pour leur vie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Yvon Bureau - Abonné
    14 octobre 2009 06 h 09
    Collectif Mourir digne et libre : oui à aide médicale active, si voulue
    Québec, le 14 octobre 2009 (p.3 Le Devoir)

    Lettre au Conseil d'administration
    du Collège des médecins du Québec



    L'aide médicale active en fin de vie :
    Médecins, OSEZ svp

    Ces jours-ci, vous débattrez du rapport de votre Groupe de travail en éthique clinique portant sur l'euthanasie. Au départ, nous apprécierions que vous le rendiez disponible sur Internet, car un tel rapport si riche sera des plus utiles pour les personnes, les groupes et les organismes intéressés.

    Nous vous invitons aussi à vous dire favorables à la recommandation de votre Groupe de travail «L'euthanasie pourrait faire partie des soins appropriés dans certains cas particuliers». À près de 80%, sondage après sondage, année après année, la population est favorable à une aide médicale active pour mieux mourir, si librement voulue. Deux personnes sur trois, recevant des soins palliatifs, aimeraient également avoir cette opportunité au cas où... L'AFÉAS y est favorable. Les médecins spécialistes du Québec, à 75 %, sont aussi favorables à une aide médicale à mourir.

    Afin que vous osiez, voici certains impacts fort positifs qui en découleront :
    - diminution du nombre élevé des suicides chez les personnes âgées et très âgées, et chez les personnes avec des maladies dégénératives
    - diminution du nombre des meurtres par compassion et des aides au suicide, toujours dramatiques et douloureux
    - augmentation de la sérénité tant chez les finissants de la vie que chez les proches, les soignants et les établissements de santé et des services sociaux
    - augmentation de la confiance dans la relation patient/médecin-équipe soignante
    - en soins palliatifs, diminution des douleurs et des souffrances incontrôlables, souvent accompagnés d'une succession de situations humiliantes, dégradantes et indignes
    - les finissants de la vie vivront plus longtemps et augmenteront leur qualité de vie
    - le désir des aînés, soit celui de mourir chez soi, sera davantage possible.

    Si vous osez, nous sommes confiants que vous le ferez avec un grand réalisme et avec une généreuse humanité, ce sera un immense pas sur la route de la dignité, de la sérénité, de la compassion et du libre-choix.

    Vous faciliterez la mise sur pied d'une Table québécoise de concertation de même que l'intégration de l'aide médicale à mourir dans la Loi québécoise sur les Services de Santé et les Services sociaux, couvrant ainsi la personne de sa conception jusqu'à sa fin, dans les faits, de la responsabilité exclusive des provinces. Cette aide exceptionnelle sera bien définie, dans un cadre médico-légal, évalué périodiquement.

    Le Collectif Mourir digne et libre vise notamment à promouvoir la décriminalisation et l'intégration de l'aide médicale à mourir dignement et librement dans la Loi québécoise sur les Services de Santé et les Services sociaux. Il entend organiser au printemps prochain, un premier colloque sur l'aide médicale active en fin de vie.

    Chers médecins québécois, MERCI d'OSER, pour le bien de toutes et de tous.

    Louis Blanchet, Yvon Bureau, Ghislain Leblond, membres du CMDL; Québec

    Adhérents et supporteurs, pour nous joindre : collectifmdl@hotmail.com
    www.yvonbureau.com
    www.collectifmourirdigneetlibre.org (mise en ligne prévue début novembre 2009)
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit
    14 octobre 2009 07 h 52
    Inévitables dérives
    On commence par tuer (euthanasier, c'est le mot poli) ceux qui souffrent trop ou qui mourront bientôt, puis on passe à ceux qui coûtent trop cher parce qu'ils sont vieux et inutiles, puis aux malades mentaux (Allemagne nazie, 1934), puis aux «déviants sociaux», et ainsi de suite. Vouloir «baliser» l'euthanasie est le fait d'une société naïve, qui n'a connu ni la guerre, ni le nazisme, ni la dictature. Une société qui a perdu ses repères. Le Québec société distincte? non, société indistincte.

    Pierre Desrosiers
    Val David
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • André Michaud - Inscrit
    14 octobre 2009 08 h 01
    Droit et économie
    L'euthanasie devrait être un droit pour les citoyens. Si la personne est très malade mais lucide et demande de l'aide pour terminer ses jours avec dignité, on devrait l'aider.

    Côté économique l'euthanasie coûterait moins que l'acharnement thérapeutique. En ces temps de vieillissement de la population et de coûts de santé de plus en plus astronomique, si une personne décide librement de mourir on a pas les moyen de l'en empêcher. Cependant ceux qui décident de vivre doivent être pleinement soutenus.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Claude Kamps - Inscrit
    14 octobre 2009 08 h 10
    La fin de la souffrance quand la vie n'est plus qu'un rêve sans futur
    Quand une personne souffre horriblement et que les anti-douleurs ne font plus effet et que la médecine ne peut plus rien faire pour elle, il faut que quelqu'un prenne la décision de donner un " traitement de confort " qui ne tue pas la personne mais endort son mal sans tenir compte que cela pourrait arrêter sa vie ... et des fois, elle revit...

    Je trouve ce geste très humain et j'espère qu'on me traitera de la même façon si je suis devenu légume souffrant...
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • rlemieux99@msn.com - Abonné
    14 octobre 2009 08 h 20
    euthanasie
    je trouves curieux que ce soit le président de la FMSQ qui au nom des spécialistes parlent de ce problème alors que dans la vraie vie ce sont les omnipraticiens qui gèrent ces problèmes.Les médeçins de familles sont sur la première ligne et les médeçins spécialistes s'en occupe peu.D'ailleurs le médeçin de famille connait beaucoup mieux le problème ayant une vue d'ensemble plus largge du problème.On a également tendance à confondre euthanasie et soins palliatifs.Il y a moyen aujourd'hui de soulager les symptômes en fin de vie sans avoir recours à l'euthanasie.

    Raymond Lemieux
    Huntingdon
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Gilles Bousquet - Inscrit
    14 octobre 2009 08 h 21
    Un débat destiné à une mort naturelle
    Comme c'est une responsabilité fédérale et que le gouvernement Conservateur est full-contre l'euthanasie, c'est un sujet qu'on n'aura pas besoin d'euthanasier, il va mourir naturellement.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Carl Bouchard - Abonné
    14 octobre 2009 08 h 45
    Euthanasie assistée!
    Un individu qui commet un suicide par lui-même ne commet pas un suicide-assisté! Il comment un suicide. Mr. Barrette parle encore haut et fort sans réfléchir à ce qu'il dit.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Nestor TURCOTTE - Inscrit
    14 octobre 2009 10 h 49
    Euthanasie: un mot à préciser
    La mort, à moins qu'elle ne soit brutale, est habituellement accompagnée de souffrances généralement insupportables pour le mourant. Certains choisissent, souvent par convictions religieuses, de vivre ces moments difficiles sans assistance de calmants. Pour la majorité des malades en phase terminale (?), il n'en est pas ainsi. Les progrès de la recherche médicale permettent aujourd'hui l'utilisation d'analgésiques qui allègent la souffrance mais, en même temps, accélèrent le moment de la mort. Que faut-il en penser?
    Le mot euthanasie est formé de deux éléments tirés du grec, le préfixe eu, « bien », et le mot thanatos, « mort » ; il signifie donc littéralement bonne mort, c'est-à-dire mort dans de bonnes conditions. En ce sens, il convient de rappeler ici une déclaration, souvent méconnue, du pape Pie XII aux participants du IXe congrès de la Société italienne d'anesthésiologie prononcé le 24 février 1957 et qui lui demandaient : «La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen de narcotiques (...) est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient (même à l'approche de la mort et si l'on prévoit que l'emploi des narcotiques abrégera la vie)?». Le pape répondit : « S'il n'existe pas d'autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n'empêche pas d'autres devoirs religieux et moraux : oui».
    Dans le cas de l'euthanasie passive, il est clair que la mort n'est en aucune façon voulue et recherchée, même si le risque en est raisonnablement couru. On a simplement l'intention de calmer efficacement la douleur en employant dans ce but les analgésiques dont la science médicale dispose.

    Le problème de l'euthanasie passive doit être examiné à la lumière des catégories morales traditionnelles de volontaire direct et de volontaire indirect et du principe à double effet. Dans le cas du mourant, le médecin a l'intention de soulager la souffrance du malade mais, indirectement, involontairement, il accélère sans doute la fin de vie de son patient. Le geste est moralement acceptable.

    Le cas de l'euthanasie active, - ici, le patient souhaite mettre fin à ses jours, par lui-même ou à l'aide d'un autre - est d'un tout autre ordre. Le malade pose ou demande de poser des gestes qui conduisent volontairement à la mort. D'une façon brutale ou accélérée. L'euthanasie active est une action ou une omission qui, de soi ou dans l'intention, donne la mort afin de supprimer toute douleur. Le geste est situé au niveau des intentions et des procédés employés. Cette forme d'euthanasie est-elle acceptable?

    Rien ni personne ne peut autoriser que l'on donne la mort à un être humain innocent. De la conception à la mort. Voilà le grand principe. Personne, au nom du respect même de la personne humaine, ne peut demander ce geste homicide pour soi ou pour un autre confié à sa responsabilité, ni même y consentir, explicitement ou non. Aucune autorité ne peut légitiment l'imposer ou l'autoriser. Le faire, c'est consentir à un crime contre la vie, une sorte d'attentat contre l'humanité.

    Pour faciliter l'application de ce grand principe, on peut apporter les précisions suivantes. Il est permis, il va sans dire, avec l'accord du malade, d'utiliser tous les moyens disponibles que procure la technique médicale pour soulager la souffrance du patient. Il est aussi permis d'interrompre l'application de ces moyens si les résultats sont décevants. Dans ce cas, on tiendra compte du désir raisonnable du malade et de la famille ainsi que de l'avis des médecins compétents. Il est aussi permis de se contenter de moyens normaux que la médecine peut offrir. Certains malades refusent des traitements qu'ils jugent inutiles ou trop onéreux. Ce refus n'équivaut pas à un suicide mais à l'acception volontaire de la condition humaine mortelle. Enfin, dans l'imminence d'une mort inévitable malgré les moyens employés, il est permis en conscience de prendre la décision de renoncer à des traitements qui ne procureraient qu'un sursis précaire et pénible, sans interrompre pourtant les soins normaux dus au malade en pareil cas. Le médecin ne pourrait alors se reprocher la non-assistance à une personne en danger.

    L'euthanasie, tout comme l'avortement, est une question morale très sérieuse. On y traite essentiellement de vie ou de mort. Ce n'est pas rien. Derrière tout ce débat, se pose la question de l'origine et du sens de la vie humaine. L'être humain tire-t-il son origine d'un hasard ou d'un néant indescriptible ou la détient-il d'un Tout autre qui la lui donne? C'est à cette question fondamentale qu'il faut d'abord répondre. La réponse obtenue pourrait bien par la suite atténuer le débat et calmer quelques passions.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Sylvain Auclair - Abonné
    14 octobre 2009 13 h 11
    Comme Pierre-Marc Johnson
    Le fédéral ne bougera pas. Alors, si le gouvernement du Québec était courageux, il annoncerait, comme l'avait fait Pierre-Marc Johnson en 1976 à propos de l'avortement, qu'il ne poursuivra pas un médecin ayant euthanasié une personne consentante en phase terminale. Voilà.
    Les réglementations existent ailleurs. Il suffit de les adapter.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Raymonde Chouinard - Abonnée
    15 octobre 2009 11 h 33
    Une mort douce....
    Ceux qui souffrent d'une maladie incurable devrait pouvoir recourir à l'euthanasie, dans les derniers stades de la maladie, lorsque la médication ne parvient plus à enrayer leurs douleurs.

    Qu'est-ce qui rend la vie intolérable, c'est la douleur sous toutes ses formes. Alors, qu'on commence donc par régler la question de la douleur physique, en milieu hospitalier et autres, au lieu de se plier aux simagrés de certains et certaines qui éprouvent des problèmes de conscience à dispenser aux patients la dose initiale prescrite par le médecin pour soulager leurs douleurs. Certains se permettent même d'en réduire la dose et/ou de la dispenser en deux temps, à une heure d'intervalle, de peur que le patient ne devienne accro; ce qui ne produit pas du tout le même effet sur le soulagement de la douleur.

    Qu'on commence donc par appliquer des méthodes efficaces pour soulager la douleur alors la mort deviendra plus douce et acceptable!!!!

    C'est la peur de la douleur qui poussent les gens à prôner l'euthanasie.
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Michel De Maupeou - Inscrit
    17 octobre 2009 11 h 47
    euthanasie et morale
    Notre société démontre une tendance aux choix moraux selon
    des sondages. C'est une approche risquée menant vers des
    dérives malheureuses.
    Les orientations ne doivent pas être seulement basées sur des
    sentiments mais plutôt sur une autorité morale et les sociétés ont eu recours à celle-ci dans le passé.
    C'était une décision prudente que nous aurions tort de
    délaisser.
    Ainsi le débat sur l'euthanasie doit reposer sur des assises
    morales éprouvées et non pas sur des infractions occasionnelles par des médecins ou même les souhaits de la société pour justifier des modifications légales.
    D'autre part il y a souvent de façon erronée tendance à confondre soins palliatifs, analgésie progressive et proportionnée avec euthanasie où l'intention est d'abréger la
    vie du patient malade, de causer la mort, de renoncer à le traiter, de trahir notre devoir de présence, d'assistance et de traitement.
    Il suffit d'observer la situation dans les pays où l'euthanasie est légale pour constater les abus commis.

    Dr Michel de Maupeou, médecin
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • Monique Khouzam-Gendron - Inscrit
    5 septembre 2010 23 h 02
    L’Euthanasie ! Une réflexion et un choix s’imposent.
    Pour faire le bon choix et répondre au questionnaire en ligne du gouvernement, des clarifications de la part de spécialistes médicaux sur l’euthanasie, le suicide assisté et l’acharnement thérapeutique s'imposent, ainsi qu'une définition du mot dignité à savoir s’il est conçu en fonction de l’Ëtre ou du paraître. Une fois le tout clarifié, nous pouvons décider de:
    1) faire face courageusement à la souffrance et à la mort naturelle pour nous ou nos proches, ou
    2) choisir de hâter notre propre mort soit par peur, pour ne pas déranger nos proches car nous nous sentons seuls, démunis et un fardeau pour notre entourage.
    3) choisir de hâter la mort de nos proches sous prétexte de les empêcher de souffrir, mais est-ce vraiment leur désir ? Ou bien, est-ce plutôt notre décision par peur de cette réalité, par manque de temps, de patience et de force physique pour les accompagner jusqu'au bout, le système médical n’aidant pas.
    Si nous optons pour la première possibilité, nous aurons peut-être l ‘occasion de vivre courageusement notre condition humaine jusqu'au bout, nous saurons apprivoiser la mort et la séparation avec la personne aimée en lui donnant l’affection et l’amour dont elle a besoin et en l’accompagnant par l’écoute et le réconfort moral car n'est-ce pas surtout cela dont elle a besoin? Si nous optons pour une des deux autres possibilités, s’agit-il vraiment de compassion et de qualité de vie dans les termes du dictionnaire ou bien nous tenterons de changer la signification des termes pour nous déculpabiliser ? Ne s’agit-il pas plutôt de meurtre et de qualité de mort ? Si nos gouvernements mettaient sur pied des lieux de soins palliatifs et d’équipe spécialisées pour nous aider nous et nos proches à traverser cette rude épreuve plutôt que d’adopter une loi à la hâte qui donne aux médecins le droit d’achever nos vies plus vite à cause d’un besoin flagrant de lit dans les hôpitaux
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
  •  
  • fermer
    Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
    ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
14 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012