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Religion contre philosophie : une fausse opposition

Jean Grondin: «La réflexion de la philosophie n’a jamais été possible sans la religion, qui l’a précédée. Lorsque la philosophie et la science sont apparues, elles ont conduit à une transformation et à une purification de la religion.»
Jean Grondin: «La réflexion de la philosophie n’a jamais été possible sans la religion, qui l’a précédée. Lorsque la philosophie et la science sont apparues, elles ont conduit à une transformation et à une purification de la religion.»
Deux fois par mois, Le Devoir propose à des professeurs de philosophie et d'histoire, mais aussi à d'autres auteurs passionnés d'idées, d'histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d'actualité à partir des thèses d'un penseur marquant. Cette semaine: conversation avec Jean Grondin, qui vient de faire paraître, dans la célèbre collection «Que sais-je?», La Philosophie de la religion (Presses universitaires de France, 127 pages). À une époque où la religion est souvent présentée comme l'opposée de toute démarche philosophique, comme un «poison» à la source de tous les atavismes humains (haine, intolérance, etc.), comment peut-on concevoir une «philosophie» de la «religion»?

Antoine Robitaille. Certains auteurs — on pense à Léo Strauss — ont associé la philosophie à Athènes et la religion à Jérusalem. D'un côté, l'homme debout, qui se sert de sa raison; de l'autre, l'homme à genoux, qui se prosterne. Dans votre ouvrage, avez-vous réussi à réconcilier Athènes et Jérusalem? Ou croit-on, à tort, qu'elles sont fâchées?

Jean Grondin. Ce n'est évidemment pas à ma très modeste personne qu'il revient de les réconcilier. Je pense qu'elles ont toujours maintenu un dialogue mutuellement fécond. Pour reprendre votre formule, c'est à tort que l'on croit qu'elles sont fâchées (certes, certaines figures têtues à «Athènes» ou «Jérusalem» le seront, mais elles ne sont pas nécessairement représentatives). C'est que la réflexion de l'une (la philosophie) n'a jamais été possible sans l'autre (la religion, qui l'a précédée). Lorsque la philosophie et la science sont apparues, elles ont conduit à une transformation et à une purification de la religion.

Platon et Aristote ne connaissaient pas Jérusalem, mais leur pensée métaphysique (qui tient, très simplement, dans l'idée que le monde est régi par un ordre supérieur accessible à la pensée) devait beaucoup à leur propre tradition religieuse, qu'ils ont traitée avec respect mais qu'ils ont critiquée quand elle racontait des choses déraisonnables.

Or cette critique de la religion a toujours fait partie de l'expérience religieuse elle-même: songeons à la critique des idoles dans le judaïsme, à la critique du «légalisme juif» dans le christianisme, puis à la critique de la trinité chrétienne dans l'islam, sans oublier la Réforme protestante et ses propres «réformes».

- Il y a un peu d'Athènes dans Jérusalem, et vice-versa.

En quelque sorte. J'essaie de rendre compte, dans cet ouvrage, de cette dette de la philosophie envers la religion, comme de la dette de la religion envers les philosophes. Augustin présentait sa religion (la «vraie» religion) comme la meilleure philosophie car elle incarnait à ses yeux l'aboutissement de la quête de sagesse qui donne son nom à la philosophie (philo-sophia). Cicéron distinguait pour sa part la religion de la superstition en disant qu'elle procédait d'une relecture attentive, donc rationnelle (d'où l'étymologie lumineuse qu'il propose du terme re-legere, mais dont on déforme le sens depuis Benveniste: pour lui, relegere voudrait dire «scrupule», alors que le contexte, trop peu pris en considération, montre clairement que l'idée essentielle est celle d'une relecture réfléchie, donc philosophique).

Bref, l'idée d'une rationalité du monde associée à la philosophie («Athènes») a beaucoup à voir avec l'héritage de Jérusalem. Mais quand Jérusalem a eu à exprimer sa sagesse, elle s'est volontiers servie du vocabulaire de la philosophie lorsqu'il existait.

Certes, le dialogue entre Paul de Tarse et les philosophes désabusés d'Athènes, qui n'étaient peut-être pas les meilleurs, n'a rien donné (Actes des Apôtres, 17,32). Mais ses grands textes démontrent qu'il connaissait très bien la philosophie de son temps.

Quant aux philosophes de cette époque, ils procédaient depuis longtemps à une réinterprétation rationnelle de leur tradition mythique. Plus fondamentalement encore, ils concevaient la philosophie comme une école de sagesse (Pierre Hadot et Michel Foucault l'ont rappelé) et savaient que cette «pratique» de la philosophie était très proche de la religion.

Athènes et Jérusalem ne souffrent donc que de s'ignorer. Je le dis, bien sûr, parce qu'une nouvelle ignorance réciproque est en train de s'installer. Et la philosophie et la religion en souffriront et en souffrent: la philosophie n'inspire plus et la religion risque de se replier sur la déraison.

Et Galilée ?

- En cette page, récemment (17 janvier), l'astronome Pierre Chastenay écrivait: «Tout en faisant son mea-culpa [à l'égard de Galilée], l'Église souhaite évidemment renouer le dialogue avec la science... Pour faire mieux, comme l'écrivait le directeur de l'Observatoire du Vatican. Mais la religion peut-elle encore prétendre renseigner la science?» Qu'en pensez-vous?

Le dialogue avec les scientifiques est le plus souvent stimulant; celui avec les scientistes ne l'est guère, car ils se distinguent par leur côté doctrinaire et intolérant. Il y ,a hélas! un intégrisme scientiste, aussi détestable que tous les autres.

Je ne me laisserais évidemment pas entraîner dans un débat insensé où l'on voudrait m'amener à défendre l'Inquisition de cette époque et à critiquer Galilée! Croyez-moi, je suis très pro-Galilée. À moins qu'on veuille parler du Galilée qui a écrit que c'est Dieu qui avait rédigé le livre de la nature en caractères mathématiques? On retrouve la même idée chez Newton et les meilleurs scientifiques, comme Einstein. Mais les scientistes ne lisent pas les superbes textes de Galilée. À son époque, le conflit n'était pas entre la religion et la science.

Il y a là une illusion rétrospective (dont souffrent presque toujours les croisades idéologiques), mais entre deux manières d'expliquer les mouvements des corps célestes, celle de Copernic et de Ptolémée (lequel avait, à l'époque, ses défenseurs et ses raisons «scientifiques»). L'hypothèse de Galilée était bien meilleure et la plupart des scientifiques et des gens cultivés de l'époque le savaient. Même si les actes du procès intenté à Galilée sont en eux-mêmes très intéressants, l'Inquisition s'est couverte de ridicule dès cette époque.

À ce que je sache, il fut d'ailleurs le dernier scientifique de cette envergure à être condamné de cette manière. Il n'est donc pas tout à fait exact de dire, comme l'a écrit Pierre Chastenay dans son très beau texte, qu'à l'époque de Galilée «les bulles papales pesaient plus lourd dans la balance que ce qu'on percevait du monde extérieur». Il faudrait pour cela, et en toute rigueur scientifique, citer des témoignages de scientifiques sérieux qui aient pris au sérieux les bulles papales de cette époque (et lesquelles, au juste?). M. Chastenay reconnaît par ailleurs très justement que Galilée ne s'opposait aucunement à la religion. Bien au contraire, elle était son inspiration majeure. Cela tombe sous le sens si l'on se donne la peine de lire ses textes au lieu d'en rester à des débat idéologiques, nécessairement superficiels.

- Bref, pour vous, la religion ne s'oppose pas à la science.

Voilà. L'une des thèses de mon livre est justement que c'est la religion, avec son idée d'un monde sensé, qui a précédé et rendu possible l'apparition de la science, chez les Grecs d'abord; mais les motifs religieux de la quête scientifique restent très évidents à la fin du Moyen Âge (où le motif de la toute-puissance divine a incité les scientifiques à trouver ses traces dans la création), à la Renaissance et au début des Temps modernes (où tous les scientifiques, est-il besoin de le rappeler, étaient croyants; on serait surpris de constater à quel point cela reste vrai aujourd'hui et j'ai cité dans mon livre les cas d'Einstein et du père Georges Lemaître, l'inventeur de la théorie du Big Bang).

Je voulais ainsi sortir la religion des débats idéologiques dans lesquels on l'enferme souvent et où on en reste à l'opposition manichéenne: «religion = ténèbres, soumission, superstition» et «science = lumière, liberté, vérité». On oublie alors les origines puissamment religieuses de l'idée d'un passage des ténèbres à la lumière, mais aussi celles de l'espoir de libération et de recherche de la vérité.

On méconnaît surtout que la religion est autre chose que la pseudoscience à laquelle de petits débats voudraient la réduire: elle est ce qui reconnaît un sens à la vie, la source des espoirs les plus intimes de l'humanité et ce qui, loin de le rabaisser, élève l'esprit.

Quand on parle de religion aujourd'hui, certains pensent spontanément à Galilée, aux fondamentalistes musulmans ou aux créationnistes. Je pense plutôt au Sermon sur la montagne (je ne connais pas de plus beau texte sur le sens de l'agir humain), aux dix commandements, au commandement de l'amour du prochain, à la solidarité avec les pauvres et les démunis, à Gandhi, Mère Teresa ou Jean Vanier, au Requiem de Mozart et aux Cantates de Bach, à François d'Assise et Maître Eckhart, à l'universalité de la dignité humaine chez saint Paul, à Bouddha, Luther et Jan Hus, à l'Acropole et à la Hagia Sophia, à ses prières remarquables et son sens de la contemplation, et, si je peux prêcher pour ma paroisse, à Platon, Augustin, Maïmonide, Pascal, Hegel et Einstein.

Il me faut ajouter: etc. La philosophie devrait-elle interrompre son dialogue pensant avec cet héritage et cette présence du religieux? Faut-il en priver les jeunes générations au motif que la science aurait démontré que le monde n'avait pas été créé en six jours?

J'y insiste: la religion est non seulement la source et l'inspiration de ce que l'humanité a produit de plus précieux, elle est non seulement responsable, si on aime les chiffres, de 90 % du patrimoine «culturel» de l'humanité et ce que nous admirons le plus dans les cultures étrangères, elle est la fondation de ses plus grands espoirs et porteuse d'une rationalité extraordinaire, sans laquelle la vie risque d'être d'une tristesse infinie, une «passion inutile», comme disait Sartre. Le «Yes We Can» de Barack Obama s'en inspire manifestement, Dieu merci.

Le cours d'éthique et culture religieuse

- La source et l'inspiration de ce que l'humanité a produit de plus précieux, dites-vous. On peut donc penser que vous voyez d'un bon oeil l'implantation d'un cours comme «Éthique et culture religieuse».

Tout dépendra de la manière dont il sera enseigné, bien entendu, en général (que vaudront les manuels?) et en particulier (car l'enseignement dépend tellement plus des personnes qui le donnent que des programmes). Charles Taylor se demandait avec justesse qui serait assez qualifié pour donner un tel cours tant son projet est englobant. Si c'est un gâchis, on rectifiera le tir. Mais donnons une chance au coureur, car cela est beaucoup mieux que rien, et j'entends le terme «rien» au sens le plus littéral, parce qu'il est assez évident que l'éducation qui n'enseigne plus rien débouche sur le rien.

Il en résulte une désorientation dont les effets sont flagrants. Faut-il les nommer? Pensons au suicide, au décrochage, lequel est d'abord spirituel, à ces cas de plus en plus nombreux de carnage domestique, aux tueries à répétition dans les écoles et les universités (il y en a eu trois importantes dans la seule ville de Montréal depuis 20 ans: Polytechnique, Concordia, Dawson), au cynisme généralisé dans les relations humaines, lié à une dissolution du sens des responsabilités et de l'engagement, etc. Au cas où on ne l'aurait pas remarqué, la perte du sens religieux, comme l'apathie face à sa transmission, n'est pas seulement une libération, loin de là.

Le sens de la vie

Mais si j'avais à grincher, j'en aurais, à la rigueur, contre la réduction de la religion à une affaire de culture. Elle fait bien entendu partie de la culture, mais elle est bien plus que cela car le sens de la vie en dépend. La promotion de l'éthique répond par ailleurs à un manque et à un besoin réels puisqu'on observe partout l'effondrement des repères. Mais si on estime que c'est à l'éthique qu'il revient d'y remédier, on lui associe peut-être trop d'espoirs. Historiquement, la religion a été et reste plus forte, plus inspirante pour le commun des mortels.

Les grands leaders moraux de notre époque, de Gandhi au dalaï-lama en passant par Martin Luther King, Elie Wiesel, Mgr Tutu, Edith Stein, Mère Teresa, Hans Küng, l'Abbé Pierre, Jean Vanier, Soeur Emmanuelle, les théologiens de la libération et Jean Paul II, étaient des personnalités profondément religieuses. Au final, les philosophes auront eu infiniment moins d'influence qu'eux sur les esprits.

En rédigeant La philosophie de la religion, j'avais pris soin de noter qu'il fallait aussi entendre l'expression au sens subjectif du génitif (ou du complément de nom): il ne s'agit pas seulement de réfléchir en philosophe sur cet objet qu'est la religion, mais de reconnaître qu'il y a une philosophie et une voie de la sagesse inhérente à la religion elle-même.

C'est qu'elle témoigne d'une expérience de l'être qui suscite de l'admiration et d'autant qu'elle ne se réduit pas aux conceptions simplistes que l'on s'en fait trop commodément. Les leaders que je viens de nommer n'appartiennent pas à un passé reculé de l'humanité, comme vous pouvez le constater.

***

- Jean Grondin est professeur à l'Université de Montréal, spécialiste de la philosophie allemande et de l'histoire de la métaphysique. Ses livres sont traduits en une dizaine de langues.

- Vous avez un commentaire, des suggestions? Écrivez à Antoine Robitaille: arobitaille@lede

voir.com. Pour lire ou relire les anciens Devoirs de philo et d'histoire: http://www.ledevoir.com/societe/devoir_philo.html#.
 
 
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  • Paul Bouchard
    Abonné
    samedi 25 avril 2009 09h05
    Enfin! Un texte rafraîchissant!
    Enfin! Cette entrevue est rafraîchissante et consolante pour ceux qui osent encore croire en Dieu dans le contexte de la culture dominante, plutôt encline à l'athéisme et à l'apostasie collective. Elle devrait être affichée bien en vue dans toutes les salles de presse, chez nous et ailleurs dans le monde. De telle manière que les journalistes et commentateurs, qui discréditent systématiquement la religion, aient l'obligation de méditer ce texte avant de s'adonner à leur passion soi-disant objective de vouer la dimension religieuse de l'humanité aux gémonies. Peut-être hésiteraient-ils à entretenir de leur encre venimeuse les préjugés éculés d'une culture soi-disant moderniste qui refuse toute remise en question de l'hédonisme ambiant. Ainsi, ils auraient quelque chance de guérir de leur cécité qui les incite à appeler bien ce qui est mal et mal ce qui est bien.
    Le commentaire éditorial qui coiffe cet article est d'ailleurs un exemple patent de ce renversement bout pour bout des valeurs. Cher monsieur Robitaille, vous voyez la religion «comme un poison à la source de tous les atavismes humains (haine, intolérance, etc.)». J'espère que votre entrevue avec monsieur Jean Grondin vous aura fait changer votre "capot de bord" et que vous commencerez à la voir comme la source de l'amour, de la fraternité, du respect de l'autre, de la dignité humaine, de la bonté. Peut-être commencerez-vous à la voir comme une grande inspiratrice des oeuvres les plus nobles et les plus élevées qu'ait produit l'esprit humain.

  • Roger Léger
    Abonné
    samedi 25 avril 2009 09h17
    Les dogmes?
    Bonjour,

    Est-ce que Jean Grondin croit aux anges gardiens et à Satan?
    À l'immaculée conception? À la résurrection des morts? À la transmigration des àmes? Au Paradis? À la vie après la mort? À la divinité du Christ? Au caractère néfaste de l'utilisation du condom?

    Ce que je peux croire :

    Un credo post-chrétien


    Mes croyances ne sont pas absolues, mais relatives et progressives;
    on peut les étudier, les remettre en question et les changer.

    Ce que je crois n'est pas basé sur des textes dits révélés,
    sur la fantaisie, le rêve ou une vaine espérance,
    mais sur la réalité,
    quelque obscure et problématique elle puisse être,
    une réalité que nous devons connaître et accepter,
    quellles que soient les conclusions auxquelles nous arrivons
    et quel que soit l'Univers qui nous est ainsi révélé.

    Je ne peux pas prouver tout ce que je crois,
    mais de plus profond de mon être
    je ne peux pas croire autrement.


    Je crois qu'il est souhaitable et possible de connaître les « lois » simples qui gouvernent l'ensemble de l'univers et qui président à son évolution inexorable; que ces lois, ces régularités observées, sont éternelles comme lui, objectives, extérieures à nous, invariables, universelles, et vérifiables.

    Je crois que ces « lois » de l'Univers sont progressivement connues des humains, qu'elles ne sont pas de pures inventions de leur cerveau, et qu'elles ne sont pas la propriété de l'un ou de l'autre sexe, ou de quelques cultures particulières.

    Je crois que tous les humains peuvent y avoir accès et que, si d'aventure il y a d'autres roseaux pensants dans l'univers, ils découvriront les mêmes « lois de la nature » que nous, et expliqueront de la même manière la naissance et la mort des étoiles, l'explosion des supernovas, la formation des trous que l'on dit noirs, et la structure des protons, des atomes ou de l'ADN.

    Je crois que notre destin est de ce monde, où nous pourrions être seuls, et où nous avons fait irruption par la plus grande des chances et le plus incroyable des hasards.

    J'affirme comme Aristote que ce qui est engendré par hasard n'est pas engendré en vue d'un but; et je crois comme Stephen Jay Gould que les humains sur cette planète ne sont que de simples possibles et non pas le but recherché et nécessaire de l'Univers, semblables en cela aux abeilles, aux dinosaures, aux roses et aux nénuphars, aussi bien, hélas, qu'aux rats, à la mouche tsé-tsé, à la peste, à la variole et aux plantes vénéneuses.

    Je crois comme Parménide que l'Univers est incréé et éternel, j'opine comme Martin Rees, Andrei Linde et Lisa Randall qu'un Multivers est possible, et je conclus comme Bertrand Russell et Jacques Monod qu'il est sans compagnon divin inutile.

    Je crois comme Pascal, Lao-Tseu et le Bouddha qu'il y a un infini et que nous en ignorons la nature et la raison d'être; et je crois comme la Bible qu'il ne faut pas invoquer le nom de dieu en vain; je veux dire, ici, qu'il est, en effet, vain et inutile de se référer à un dieu pour expliquer le monde.

    Je crois que la planète Terre et la vie qu'elle abrite sont pour nous ce qu'il y a de plus précieux dans l'Univers, que notre lot, notre devoir, notre souci, ou même notre mission, est de prêter vie, notre vie, si l'on peut, à cet Univers pour le temps qu'il durera dans le Multivers; que c'est là la plus sacrée de nos tâches de Terriens, notre joie, notre passion et notre dramatique aventure.

    Je crois que ce qui subsistera de nous après notre mort seront les descendants et les souvenirs que nous laisserons après nous, et les atomes dont nous étions faits et qui seront recyclés dans l'Univers; je crois que nous serons éternellement anéantis, quoi qu'en pensait Pascal et espérait Socrate, et qu'il faut accepter notre destin sans se plaindre, et sans trop gémir comme Cioran.

    Je pense que nous devons nous reconnaître pour ce que nous sommes, des êtres finis et mortels qui participons tous de l'infirmité commune : jamais rien ne pourra totalement nous satisfaire, et nous serons toujours irrémédiablement ignorants du secret ultime des choses. Nobliau ou grand seigneur de l'Univers, notre destin est fait de joies et de peines terrestres passagères, et de connaissances limitées. Évitons les peines, si l'on peut, et combattons notre ignorance. Sachons nous contenter de notre condition; sortis de l'Univers, connaissons l'Univers. Là est notre tâche et notre destin, là est la sagesse humaine, là, le bonheur des Terriens.

    Je crois que nous ne savons pas pourquoi il en est ainsi. Mais je crois qu'il en est ainsi. Voilà mon credo.

    Je ne crois pas en un dieu qui aurait créé le Ciel et la Terre; on sait assez comment la Terre a été formée et les cieux étoilés ont été allumés au-dessus de nos têtes. Et nous n'avons pas besoin de "cette hypothèse" pour expliquer le Big Bang.

    Je ne crois pas à la fable du dénommé Jésus-Christ, fils unique de ce que l'on appelle le Père Éternel, qu'il ait été conçu d'un Saint-Esprit, et soit né d'une vierge de Palestine il y a 2000 ans pour le salut du genre humain.

    Je peux admettre, à la rigueur, qu'un Galiléen ait souffert sous Ponce-Pilate, ou sous un autre, qu'il ait été crucifié, qu'il soit mort et ait été enseveli; ce sont là des choses que l'on peut vérifier, qui peuvent donc être vraies ou fausses, et qui arrivent lorsque l'on n'est pas raisonnable et que l'on se prend pour le fils de dieu et le roi des Juifs.

    Il est absurde de dire que ce crucifié soit descendu aux enfers, qu'il soit ressuscité, et qu'il ait monté au ciel.

    Il est extravagant d'affirmer qu'un faux prophète de Palestine soit assis à la droite d'un être éternel, et qu'il viendra juger les vivants et les morts.

    Il est inutile de croire à un saint-esprit, troisième personne d'un dieu trine.

    Je n'estime guère l'Église catholique qui se qualifie elle-même de sainte, et je lis son histoire avec tristesse, horreur, colère et indignation.

    J'admire sans réserve les croyants en une divinité qui vouent leur vie au soulagement des maux qui affligent les Terriens, mais je trouve inutile de faire accompagner ce dévouement admirable de dogmes absurdes; j'ai en sainte horreur les fables, les censures, les mensonges, les fabrications de faux, les inquisitions et les excommunications; et je n'ai que faire d'un dieu qui nous menace des feux de l'enfer tout en disant nous aimer.

    Je trouve tout à fait inutile de croire en la communion des saints, mais absolument nécessaire de promouvoir la solidarité de tous les humains sur Terre.

    Il est inadmissible, il me semble, d'affirmer sans preuve qu'il y a une vie éternelle.

    Enfin, je crois que notre vie sera plus belle et plus riche, plus vite nous réaliserons que la mort est un terme, une fin, et non un commencement, que « le ciel est sous nos pas et non au-dessus de nos têtes, que le seul dieu que nous devons adorer est notre frère et soeur en humanité » (Vivekananda), qu'il n'y a pas de Providence qui nous guide et nous protège, pas de Christ qui nous aime et qui nous sauve, pas de résurrection des corps ni de transmigration des âmes, qu'il n'y aura pas de Paradis pour nous accueillir et nous procurer un bonheur éternel, (ni d'enfer pour nous rôtir éternellement), que la vie que nous vivons est la seule qui nous sera donnée. Dura lex, sed lex. Dures vérités, mais vérités tout de même.

    Abandonnons ces mysticismes débilitants qui troublent les coeurs et qui égarent les esprits, ces dogmes et ces dévotions inutiles qui distraient les humains de la vérité la plus haute : l'Univers est comme un temple et la vie est sacrée; il n'y a pas d'autre dieu à chercher; seul est véritablement religieux qui étudie les mystères du monde, et qui sert, qui respecte et qui sauve les vivants.

    Je ne vois pas ce que l'affirmation gratuite d'un dieu caché, silencieux, muet et sourd, donc à toutes fins utiles inexistant, vient ajouter de lumières à ce monde ténébrescent, qu'il nous faut illuminer, ombres noctiluques que nous sommes, de nos désirs et de nos amours, de nos rêves et de nos chants, de nos connaissances et de nos créations.

    Allons, du courage, la vérité nous libérera de dogmes extravagants, de craintes inutiles et de vaines espérances.


    Roger Léger
    6-125, rue Champlain
    Saint-Jean-sur-Richelieu, Qc
    J3B 6V1

  • Normand Chaput
    Abonné
    samedi 25 avril 2009 11h35
    voila, tout est dit
    Merci messieurs Grondin, Bouchard et Léger pour avoir admirablement, avec économie de mots fait le tour de la question et nourri ma réflexion.

    Je dois dire cependant que la plupart des critiques récentes contre les religions s'adressaient plus particulièrement au imposteurs qui disent régenter le monde au nom de Dieu et je pense aux curés, nonces, évêques papes et consorts. Et cet aspect des choses semble faire concensus puisque même les plus fervents défenseurs de leur religion respective ne défendent plus ce qui apparaît de plus en plus indéfendable en ce monde moderne et démocratique.

    Pour la liberté de la religion, j'en suis et je crois n'avoir jamais ridiculisé celui qui croit. Mais on ne peut passer non plus sous silence le ridicule de ces porteurs de robe.

    Dernier exemple en date, le président du Paraguay. Il était évêque et père, illégitime de trois enfants de trois mères (au dernier décompte) et personne ne semblait s'en offusquer. Il se présente à la présidence et le pape menace de l'excommunier. Cherchez l'erreur.

  • lbalthazar
    Abonné
    samedi 25 avril 2009 13h05
    Un regard frais sur la religion
    Grondin porte un regard objectif et décontracté sur la religion. Bravo, mille fois bravo! On dit tellement de sottises sur la religion, en s'appesantissant, comme le fait Roger Léger, sur toutes ses déviations, sur un vocabulaire qu'on ne cherche pas élucider. Le texte de Léger témoigne bien du refus de comprendre, de distinguer le bon grain et l'ivraie.
    Le grand mal de l'humanité ne vient pas des religions mais de l'usage politique qu'on en a fait, y compris, bien sûr, à l'intérieur des organisations religieuses. Il reste tout de même que ce sont des athées qui ont poussé l'ignominie le plus loin au XXième siècle.
    Louis Balthazar
    louis.balthazar@videotron.ca

  • Yves Lever
    Abonné
    samedi 25 avril 2009 15h00
    Et Dieu dans tout ça? par Yves Lever
    Dans ma vie antérieure, quand je fus jésuite, j'ai assez longuement étudié la philosophie et la théologie... Ce qui peut être une voie royale vers l'athéisme...

    Ce qui me tarabuste dans ce qu'écrit monsieur Grondin, c'est que l'idée de religion semble exister sans la référence à un dieu quelconque. Je sais bien que c'est la tendance actuelle, par exemple chez les religiologues de l'Uqam, mais je ne puis embarquer là-dedans. Quand on élimine Dieu de l'idée de religion, on ne fait plus que de la philosophie ou de la sociologie. Et la religion n'est plus qu'une étape dans l'histoire de la réflexion.

    Que dirait monsieur Grondin de l'idée de Dieu? Y en a-t-il un, oui ou non, «in se», et non seulement comme être symbolique? C'est drôle comment cette question, qui devrait être fondamentale, n'est pas abordée dans les facultés de théologie, ou seulement accessoirement, parce que cette foi est un préalable pour la majorité de ceux qui s'y inscrivent.

    Ce que la tradition religieuse a de plus intéressant, elle le doit à l'esprit philosophique de ses pratiquants. À l'inverse, la philosophie morale doit quelques bons principes (l'idée de pardon), et d'autres moins bons (tout ce qu'a provoqué le platonisme) à l'idée de Dieu.

    Je soupçonne que monsieur Grondin n'a pas travaillé très fort pour se donner une formation en sciences, car il ne pourrait sûrement pas affirmer que la religion ne s'oppose pas à la science. Même si on acceptait cela, on ne pourrait accepter l'idée complémentaire que que la science ne s'oppose pas à la religion.

    Le croyant accepte facilement de faire coïncider croyances et connaissances dans son esprit, mais le scientifique n'accepte que de s'en tenir aux connaissances. Le père Noel, c'est une jolie croyance, mais ça passe avec l'âge...

  • Salenson Jacqueline
    Inscrite
    dimanche 26 avril 2009 03h33
    religion et pouvoir religieux
    les idées religieuses qui s'interrogent sont de type philosophiques, je suis d'accord
    le problème des religions est qu'elles sont récupérées plus ou moins par un pouvoir central, qui accumule des richesses au dépend des autres, tout en prônant la pauvreté...
    regardez la richesse du Vatican, la richesse des églises et des temples édifiés de tout temps: certes, cela a permis le développement d'un certain art, d'auteurs inconnus, la plupart du temps impayés pour leur travail, les Eglises demandent d'abord de l'argent aux fidèles pour construire leur pouvoir, elles sont dogmatiques et empêchent la réflexion...
    je ne suis pas opposé à ce que certains croient en ceci ou cela, je suis opposée au pouvoir et au dogme des Eglises qui empêchent comme elles le peuvent la réflexion philosophique
    qu'ne pensez vous?

  • william morris
    Abonné
    dimanche 26 avril 2009 10h15
    Bravo...
    Bonjour,

    Enfin, un très beau texte sur la philosophie et la religion .Qu'on le lise et qu'on le lise bien. Aujourd'hui,l'ignorance est le principal facteur dans les disputes sur la religion et sur les cours qui se donnent maintenant sur l'Histoire des religions ou l'étude comparative des religions.

    Monsieur Grondin doit devenir d'une lecture obligatoire.

    Qu'il continue longtemps son grand'oeuvre de la penséée !

    William Morris
    www.lemont.canalblog.com

  • Philippe Langlois
    Inscrit
    dimanche 26 avril 2009 10h42
    L'inspiration de la raison
    Merci, Monsieur Grondin, de rappeler à une partie du discours ambiant que la raison a une histoire.
    Merci, Monsieur Léger, de corriger le discours de M. Grondin en démontrant que, justement pour cette raison, l'inspiration peut venir de la Raison.

    Philippe Langlois

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    dimanche 26 avril 2009 12h01
    Kant est mort, vive Templeton!!
    Lorsque, jeune étudiante en philosophie à l'université Laval, j'ai découvert la philosophie d'Emmanuel Kant grâce aux excellents cours prodigués par M. Jean Grondin, j'ai su ce que la philosophie critique pouvait enfin apporter au monde. Critique de la raison pure, Critique de la faculté de juger, Critique de la raison pratique... L'oeuvre entière de Kant a été consacrée à départager le propre de la science et de la religion en assignant à la raison philosophique le rôle d'arbitre impartial. Kant est un immense philosophe. À la question "Qu'est-ce que les lumières?" Kant répondait : " Aie le courage de te servir de ton propre entendement!" Kant nous mettait en garde et conseillait d'avancer avec beaucoup de prudence sur le terrain de la Métaphysique. Mais par-dessus tout, on doit à Kant "la pierre de touche" des droits de l'homme, repère universel de la moralité moderne, horizon moral de notre siècle; "Agis de telle sorte que tu traites l'humanité, aussi bien en ta personne qu'en la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme une moyen." Ceux à qui répugne l'idée d'accorder le crédit qui revient à la philosophie en matière de moralité seront tentés d'objecter que Kant lui-même était croyant. Qu'à cela ne tienne, ce grand penseur, d'une rigueur et d'une honnêteté intellectuelle implacables aurait répondu ceci:
    " Or nous voyons ici ( dans le contexte de la législation morale) la philosophie placée dans une situation critique : il faut qu'elle trouve une position ferme sans avoir, ni dans le ciel ni sur terre, de point d'attache ou de point d'appui. Il faut que la philosophie manifeste ici sa pureté, en se faisant gardienne de ses propres lois, au lieu d'être le héraut de celles que lui suggère un sens inné ou je ne sais quelle nature tutélaire." Fondement de la métaphysique des moeurs, Vrin, p. 145.

    Comment, M. Grondin, en spécialiste renommé de la philophie allemande qu'il est, peut-il seulement affirmer ceci:
    "Les grands leaders moraux de notre époque, de Gandhi au dalaï-lama en passant par Martin Luther King, Elie Wiesel, Mgr Tutu, Edith Stein, Mère Teresa, Hans Küng, l'Abbé Pierre, Jean Vanier, Soeur Emmanuelle, les théologiens de la libération et Jean Paul II, étaient des personnalités profondément religieuses. Au final, les philosophes auront eu infiniment moins d'influence qu'eux sur les esprits."?!

    Ce faisant M. Grondin trahit Kant et la philosophie en ramenant à presque rien un corpus philosophique absolument déterminant dans le domaine de l'éthique et en préfèrant accorder tout le crédit de la moralité à des leader religieux?! Je ne peux lire cela que comme une trahison, un désaveu de sa propre discipline d'enseignement. Un désaveu qui ne peut que confirmer par l'absurde le fait que lorsqu'un individu désire défendre la religion à tout prix il peut s'adonner à bien des bassesses.

    Voici d'autres propositions tout aussi indéfendables avancées par M. Grondin: "C'est que la réflexion de l'une (la philosophie) n'a jamais été possible sans l'autre (la religion, qui l'a précédée).", "Or cette critique de la religion a toujours fait partie de l'expérience religieuse elle-même(...).", " Il y ,a hélas! un intégrisme scientiste, aussi détestable que tous les autres.", "(...) la religion est non seulement la source et l'inspiration de ce que l'humanité a produit de plus précieux, elle est non seulement responsable, si on aime les chiffres, de 90 % du patrimoine «culturel» de l'humanité et ce que nous admirons le plus dans les cultures étrangères, elle est la fondation de ses plus grands espoirs et porteuse d'une rationalité extraordinaire, sans laquelle la vie risque d'être d'une tristesse infinie, une «passion inutile» (...)".
    Invité à commenter une diminution des enseignements religieux dans le système scolaire québécois M. Grondin fait écho aux sombres propos de Mgr Ouellet entendus lors des audiences de la Commission Boucahr-Taylor. Tous deux en effet prétendent qu'"Il en résulte une désorientation dont les effets sont flagrants. Faut-il les nommer? Pensons au suicide, au décrochage, lequel est d'abord spirituel, à ces cas de plus en plus nombreux de carnage domestique, aux tueries à répétition dans les écoles et les universités (il y en a eu trois importantes dans la seule ville de Montréal depuis 20 ans: Polytechnique, Concordia, Dawson), au cynisme généralisé dans les relations humaines, lié à une dissolution du sens des responsabilités et de l'engagement, etc."
    Tous ces énoncés sont, lorsqu'on les examine avec un minimum d'esprit critique, tout bêtement faux et ne sont finalement que l'expression des préjugés pro-religieux les plus éculés!
    En continuant d'avancer sur cette voie M. Grondin se place sans doute en bonne position pour se voir décerner, à l'instar de Charles Taylor, le fabuleux prix de 1.5 millions de dollars de la Fondation Templeton.

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    dimanche 26 avril 2009 12h37
    Propos diffamatoires de M. Balthazar envers les Athées
    Lettre à la rédaction du Devoir

    Bonjour,
    Je désire porter à l'attention de la rédaction du Devoir les propos diffamatoires tenus par Louis Balthazar dans qui apparait à la suite de l'édition électronique du texte intitulé Religion contre philosophie : une fausse opposition paru le 25 avril 2009.
    M Baltazar s'en prend aux athées en général dans les termes suivants : " Il reste tout de même que ce sont des athées qui ont poussé l'ignominie le plus loin au XXième siècle."
    Les attaques sans fondement envers les personnes non religieuses ne sont pas anodines. Comme tous les discours haineux, elles incitent à la discrimination et éventuellement à la violence physique. Je suggère le test suivant pour en juger.
    Auriez-vous publié un texte qui, en lieu et place du terme "athée" aurait nommé l'une ou l'autre des religions connues comme " les juifs", "les mulsulmans" ou "les "catholiques"? Reformulé de la sorte, le caractère abjecte des propos de M. Baltazar devient aussitôt évident.
    Je pense que la bonne réputation du Devoir commande de ne pas autoriser la publication de tels propos qui ne font en rien avancer les débats publics mais confortent plutôt les plus fanatiques dans leurs pires préjugés envers une part importante de la population qui ne mérite en rien les insultes qu'elles doivent encaisser trop souvent, hélas, dans l'indifférence générale.

    Marie-Michelle Poisson
    Professeure de philosophie au Collège Ahuntsic

  • Jacques Lalonde
    Abonné
    dimanche 26 avril 2009 13h13
    Un texte lumineux qui amorce une réflexion à poursuivre
    Juste avant de lire le texte du professeur Grondin, voici que je tombe par pur hasard sur un article de Umberto Eco où il fait l'éloge de Saint Thomas et se demande ce que ferait Thomas d'Aquin s'il vivait aujourd'hui. Et Umberto Eco de répondre "qu'il s'agit d'apprendre de lui ce qu'il faut faire pour penser avec honnêteté en homme de son temps". S'il vivait aujourd'hui, Thomas "s'apercevrait qu'il ne peut ni ne doit élaborer un système définitif". Je pense que le professeur Grondin chemine aux côtés de Thomas dans sa recherche de la vérité.

    Le passage le plus émouvant et impressionnant du texte du professeur Grondin réside dans son éloge de l'Évangile et des valeurs et points de repères qu'il nous propose. Il y a là matière à réflexion pour évaluer l'importance, voire la nécessité du nouveau cours Éthique et culture religieuse et aussi, en ces jours où nombre de croyants sont menacés par la tentation de l'apostasie pour des raisons fort compréhensibles d'humanité, pour éviter de sacrifier l'Évangile sur l'autel des intransigeances vaticanes.

    Mais quand on considère ce qui s'est passé et se passe au Québec dans le domaine des oppressions religieuses et morales, la réflexion amorcée par le professeur Grondin doit se poursuivre et accompagner cette réflexion. On n'a qu'à évoquer les créations présentes ou passées de nos artistes pour comprendre à quel point les périodes de noirceur ont laissé de séquelles dans l'esprit des gens.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net

  • Roger Léger
    Abonné
    dimanche 26 avril 2009 15h30
    Le credo catholique
    Pour le bénéfice des lecteurs du Devoir, voici tel que promulgué en 2005 le Credo officiel de l'Église catholique.

    Je cite le dernier paragraphe de la

    Lettre apostolique en forme de
    MOTU PROPRIO
    pour l'approbation et la publication du
    Compendium du Catéchisme de l'Église catholique:

    « En lisant cet instrument autorisé qu'est le Compendium, chacun pourra, grâce notamment à l'intercession de la Très Sainte Vierge Marie, Mère du Christ et Mère de l'Église, reconnaître et accueillir toujours mieux la beauté, l'unicité et l'actualité inépuisables du Don par excellence que Dieu a fait à l'humanité : son Fils unique, Jésus Christ, qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). »

    Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 28 juin 2005, veille de la Solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, en la première année de mon Pontificat.
    BENEDICTUS PP XVI

    Vous pouvez lire tout le texte du Compendium, qui avait été préparé par une Commission spéciale présidée par le Cardinal Ratzinger, en allant sur le site du Vatican. Il résume la doctrine catholique telle que définie par le Pape actuel et à laquelle on est invité de croire. En voici le résumé du résumé : le Symbole des Apôtres et le Credo de Nicée-Constantinople. Vous y croyez ou vous n'y croyez pas. Je n'y crois pas. Pas un mot.

    LE CREDO

    Symbole des Apôtres

    Je crois en Dieu, le Père tout puissant, Créateur du ciel et de la terre.
    Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur; qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d'où il viendra juger les vivants et les morts.
    Je crois en l'Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

    Credo de Nicée-Constantinople

    Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, de l'univers visible et invisible. Je crois en un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; par l'Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s'est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n'aura pas de fin. Je crois en l'Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie; il procède du Père et du Fils; avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes. Je crois en l'Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J'attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. Amen.

    Je demande donc à Jean Grondin de nous dire s'il faut accorder créance à ce Credo et s'il est bénfique d'y croire.

  • Roger Léger
    Abonné
    dimanche 26 avril 2009 15h44
    Le credo d'Einstein
    Science et religion

    Albert Einstein

    New York Times Magazine, 9 novembre 1930

    Tout ce que les êtres humains ont fait et pensé au cours de leur histoire a toujours consisté à rechercher une réponse à leurs besoins les plus profonds et un soulagement à leurs peines. On doit constamment avoir cela à l'esprit si l'on veut comprendre les mouvements spirituels de l'humanité ainsi que leur développement. Les émotions et les désirs sont la force qui a inspiré toutes les réalisations et toutes les créations humaines, sous quelques formes élevées et nobles qu'elles puissent se présenter à nous. Quels sont donc ces sentiments et ces besoins qui ont conduit les êtres humains à leurs croyances et à leurs pensées religieuses, dans le sens le plus fort du terme ?

    Une réflexion sommaire suffira à montrer que plusieurs émotions différentes sont à la source de l'expérience et de la pensée religieuses. La peur était pour l'homme primitif à la base de sa démarche religieuse, la peur de la faim, des bêtes sauvages, de la maladie, de la mort. Comme à cette époque la compréhension des liens de causalité était peu développée, l'esprit humain créait des êtres fictifs plus ou moins analogues à lui-même, et dont la volonté et les gestes étaient sensés être à l'origine des expériences douloureuses de chacun. Les hommes espéraient s'attirer les faveurs de ces êtres imaginaires par des rites et des offrandes sacrificielles qui, selon une tradition transmise de générations en générations, devaient les apaiser ou les mieux disposer à l'égard d'un mortel.

    C'est en ce sens que je parle d'une religion de la peur. Celle-ci, bien que non créée de toute pièce par elle, a été à un degré important façonnée par une caste de prêtres, qui s'est érigée en médiatrice entre le peuple et les êtres qu'il craignait, et qui a assuré ainsi son hégémonie sur cette base. Souvent, un chef ou un dirigeant, ou une classe privilégiée dont la position sociale était assurée par d'autres facteurs, réunissaient les fonctions religieuses et l'autorité politique afin de rendre cette dernière plus sûre; ou bien, encore, les dirigeants politiques et la caste des prêtres faisaient cause commune pour la défense de leurs intérêts.

    Les forces sociales sont une autre source de la cristallisation religieuse. Les chefs de famille et les dirigeants de communautés plus grandes sont mortels et faillibles. Le besoin de direction, d'amour et de support a poussé les hommes à développer une conception morale et sociale de Dieu. C'est alors que le Dieu Providence fait son apparition, un dieu qui protège, récompense et punit, un dieu qui, selon les limites de la vision du croyant, aime et chérit avant tout la vie de la tribu ou de la race humaine, ou même de la vie dans sa totalité; un dieu consolateur des peines et des aspirations insatisfaites; celui qui reçoit les âmes des morts. C'est ainsi que s'est formée la conception sociale et morale de Dieu.

    Les écritures juives illustrent admirablement ce passage d'une religion basée sur la peur à une religion basée sur la morale - un développement qui se continue dans le Nouveau Testament. La religion de tous les peuples civilisés, particulièrement les peuples d'Orient, est d'abord une religion morale. Le passage d'une religion de la peur à une religion morale est un pas important dans la vie des peuples. Mais que les religions primitives soient basées uniquement sur la peur et les religions des peuples civilisés sur la seule morale est un préjugé dont il faut se garder. La vérité est que toutes les religions sont un amalgame des deux types de religion, avec cette caractéristique cependant que la religion morale prédomine généralement au plus haut niveau de la vie sociale.

    Commun à tous ces types de religion est le caractère anthropomorphique de la conception de Dieu. En général, seuls des individus exceptionnels et des communautés aux sentiments nobles et élevés se hissent au-dessus de cette conception. Il y a donc ainsi un troisième stade de l'expérience religieuse qui appartient à toutes les religions, quoiqu'on la trouve rarement dans une forme pure : je l'appellerai le sentiment religieux cosmique. Il est très difficile de l'expliquer à quiconque en est dépourvu, ne l'a jamais expérimenté, en particulier parce qu'il n'y a pas de conception anthropomorphique de Dieu qui lui est associée.

    L'individu ressent la futilité des désirs et des buts humains à la vue de l'ordre sublime et merveilleux qui se révèle à la fois dans la nature et dans le monde de la pensée. L'existence individuelle lui apparaît comme une prison et il désire voir et sentir l'univers comme un tout. Les premières manifestations du sentiment religieux cosmique sont apparues tôt dans le développement du sentiment religieux, dans plusieurs des psaumes de David, par exemple, et chez quelques prophètes d'Israël. Le Bouddhisme, comme on peut le voir dans les écrits admirables de Schopenhauer, contient une description encore plus profonde et solide de cette vue des choses.

    Les génies religieux de toutes les époques possèdent cet aspect du sentiment religieux, qui ne connaît aucun dogme ni aucun dieu conçu à l'image de l'homme; ce qui revient à dire qu'il ne peut y avoir d'Église dont les enseignements autoritaires soient basés sur lui. C'est donc chez les hérétiques de chaque époque que l'on trouve des êtres remplis de ce sentiment religieux élevé et qui étaient souvent considérés par leurs contemporains comme des athées et quelquefois comme des saints. Vus sous cet angle, des hommes comme Démocrite, François d'Assise et Spinoza sont très près l'un de l'autre.

    Comment le sentiment religieux cosmique peut-il être communiqué d'une personne à une autre, s'il ne peut donner lieu à aucune notion bien précise de Dieu ni à aucune théologie? Selon moi, c'est la fonction la plus importante de l'art et de la science de susciter ce sentiment et de le garder vivant chez ceux qui lui sont réceptifs.

    Nous arrivons ainsi à une conception des relations de la science et de la religion très différente de celle communément admise aujourd'hui. Si nous adoptons une vue historique en cette matière, on est enclin à regarder la science et la religion comme d'irréconciliables antagonistes, et cela pour une raison bien évidente. Celui qui est totalement convaincu de l'universelle validité de la loi de causalité ne peut un seul instant accepter l'idée d'un être qui interfère dans le cours des choses de ce monde - pourvu qu'il prenne, bien sûr, au sérieux l'hypothèse de la causalité. Il n'a que faire de la religion de la peur et très peu de la religion morale et sociale. Un dieu qui punit et récompense lui est incompréhensible pour la simple raison que les actions des hommes sont déterminées par la nécessité à la fois externe et interne, de telle sorte qu'aux yeux d'un dieu ainsi conçu il ne peut pas être tenu responsable, pas plus que des objets inanimés ne sont responsables des mouvements qu'ils subissent. La science a donc été accusée de détruire la morale, mais l'accusation est injuste et non fondée. Le comportement éthique d'un homme devrait être efficacement basé sur la compassion, l'éducation et sur les liens et les besoins sociaux; aucune base religieuse n'est nécessaire. L'être humain serait dans une bien piètre situation s'il était obligé d'agir contraint par la peur d'une punition ou l'espoir d'une récompense après la mort.

    Il est ainsi très facile de comprendre pourquoi les religions ont toujours combattu la science et persécuté ses défenseurs. Par contre, je maintiens qu'à la base de la recherche scientifique le sentiment religieux cosmique est la motivation la plus forte et la plus noble qui soit. Seuls ceux qui prennent conscience des efforts immenses nécessaires et, par dessus tout, de la dévotion profonde sans laquelle le travail accompli dans la recherche fondamentale en science théorique ne peut être fait sont capables de saisir la force de l'émotion par laquelle un tel travail, aussi éloigné qu'il soit des réalités immédiates de la vie, peut se faire et se poursuivre. Quelle profonde conviction de la rationalité de l'univers et quel désir de comprendre! Ne serait-ce que d'un mince reflet de l'intelligence se révélant dans ce monde Kepler et Newton ont dû avoir conscience qui leur permit de passer des années en un labeur solitaire afin de déchiffrer les principes de la mécanique céleste! Ceux dont la connaissance de la recherche scientifique provient uniquement de ses résultats pratiques développent facilement une conception totalement erronée de l'esprit des hommes qui, entourés d'un monde sceptique, ont montré la voie aux âmes soeurs éparpillées de par le monde et à travers les siècles. Seul celui qui a voué sa vie à des buts similaires peut avoir une vive conscience de ce qui a inspiré ces hommes et leur a donné la force de demeurer fidèles à leur mission malgré de nombreux échecs. C'est le sentiment religieux cosmique qui donne à l'homme une telle force. Un contemporain a dit, non sans raison, que dans cet âge matérialiste qui est le nôtre les vrais chercheurs scientifiques sont les seuls qui soient profondément religieux.


    Traduction : Roger Léger
    28 - 31 octobre 2007

  • Michel Virard
    Inscrit
    dimanche 26 avril 2009 17h10
    Le commun des mortels de moins en moins commun
    "Historiquement, la religion a été et reste plus forte, plus inspirante pour le commun des mortels"

    Oui, Monsieur Grondin, la religion a été plus forte et plus inspirante à proportion directe de l'ignorance des masses. Mais cela est de moins en moins vrai. Au fur et à mesure que celles-ci se trouvent de plus en plus éduquées, les religions leur apparaissent inéluctablement pour ce qu'elles sont: des fables consolatrices qui procurent des sinécures à certaines personnes. Ces masses désormais éveillées ont sans aucun doute perdu certains repères, les vôtres, mais elles en ont trouvé d'autres, n'en doutez pas, qui les valent bien. En fait, nos sociétés, aussi imparfaites soient-elles, n'ont historiquement jamais montré autant de sollicitude vis à vis des démunis, des mal-pris, des victimes d'injustice qu'aujourd'hui. Et cela s'est fait en parallèle avec la sécularisation et l'abandon des pratiques religieuses.

    Le meilleur prédicteur d'abandon de religion demeure le niveau d'éducation et ce qui mine la religion n'est pas tant la philosophie que la science (nonobstant le douteux double magister de Gould). C'est ce qui fait paraître ce débat "La Religion opposée à la Philosophie" comme une tentative maladroite de ramener les projecteurs de la zone savoir vers la zone croire.

    Enfin, il faut avoir du front tout autour de la tête pour embrigader Einstein comme croyant. Cela éclaire votre procédé et je ne vous félicite pas.

  • Jean Pageau
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 00h05
    le choc des idées
    mr robitaille je tiens a vs félicité pour avoir eu cette brillante idée de demander ades penseurs d écrire un mot sur sujet qui les passsionnent je szuis né dans la période de la grande noirceur j y ai gradi en apprenant par coeur mon petit catéchisme a la fin de la guerre de 38 45 truman président des u sa décida de bombardé hiroshima et nasagaqui de la bombe atomique des milliers morts furent brulés pour se souvenir les japonais ont batis un muse avec les cadavres qui sont actifs une femme jardinant l homme fendant son bois de chauffage c est tres étrange j ai eu comme l impression qu ils étaient encore vivants les cadavres intsacts l horreur a l état pur jeanpageau@globetrotter net

  • Sirqris Sirqris
    Inscrit
    lundi 27 avril 2009 02h09
    La Philosophie ?
    SirQriS
    (ô*ô)

    La Philosophie ?

    Avant de répondre je vais dabord examiner la question, comme tout Philosophe le ferait. Que ce soit Lambprick ou Saint Jude, Les Septs Lettres de Saint Paul, le Livre de la Révélation, l'ensemble de tous les écrits d'ante et post déluvien de Noé, la Philosophie s'exerce dans un climat naturel, dans la Nature, dans la Forêt d'Hermès ou dans un Marais de Dieu comme insecte de Jean de LaFontaine le Très Grand.

    Avant d'aller vers la Coupe du Saint Grâal et le terminus de la Lance de Longinus, Permettez-moi seulement de me présenter à vous et que de mieux que mon Forum de discussions pour ce faire.

    http://sirqris.xooit.com/index.php

    Je suis heureux de vous annoncer Mon Retour après toutes ces années passée en expéditions autour du Globe Planét5aire pour voir ce que le Monde avait l'Air.

    Donc, depuis 1996, j'ai voyagé et je reviens au Bercail du Ke8eK.
    Je profite de cette occasion pour souhaiter la bienvenu à tous les Séminaristes de Monsieur Bernard B de Montréal et du Dr Daniel Kemp.

    Parce que j'ai eu la chance d'Oeuvrer avec ces deux Hommes Remarquables, il en va de soi que je souhaites une rencontre entre tous ceux et celles dont la Survie de l'Âme intéresse votre Conscience d'être autre chose qu'un EGO et tout est possible lorsque l'Ego le comprend une fois pour toute.
    Toute question Intelligemment formulée sera répondue, traitée, décortiquée, lavée, brassée, colmatée et bien sûr résolue et ce à travers tous les plans de sa Réalité dans l'Humanité

    Je m'adresse aux gens qui travaillent dans la profondeur de l'Âme a essayer de sortir de cette Prison Intérieure, ce corps plus très fiable que SATAN Lui même Utilise pour morfondre nos 17 enfants qui meurent de faim à la minute dans le monde en s'employant à manipuler le Monde en se servant des profits faits sur le dos des enfants, comme les cochonneries vendues à outrance dans les Dépanneurs du Québec ou ailleurs, provenant de Chine sans passer les test de la MAPAQ et peut-être toxique, faisant faire plus de profits aux Importateurs Étrangers qui en sommes exportent des produits achetés ailleurs via leur Ordinateur branché dans la Matrice de la Bourse Financière dans laquelle Des Jardins Sataniques y récoltent la moisson des Pauvres.

    Être conscient, c'est être conscient tout le temps que la terre tourne et que nous y marchons de long en large en essayant de faire le Tour de la Question du réchauffement planétaire par exemple, alors que la solution serait celle de TERMINER les ÉMISSIONS de MICRO ONDES...!

    Vrai?

    Les Micro Ondes....Ça ne fait pas seleument détecter la vitesse des véhicule ou réchauffer votre pâté-chinois, ça fait bouillir l'EAU de votre Corps Physique aussi, ce qui fait se détériorer le corps Vital, et qu'ainsi le Corps Astral s'entrouve perturber et les gens commencent à faire des cauchemar, ça fait Bouillir les neurones du Cerveau et des maladies mentales sans suie s'ensuit rapidement et épidémiquement comique en ce moment apocalyptique, fait du tors à tous les mamifères et tous les oiseaux et tout ce qui est vivant sur et dans la Terre et les Eaux du Ciel...Même notre Âmes se fait atteindre par des composantes atomiques contenues dans les rayons du soleil et traversant la Couche d'Ozone parce qu'elle s'amincie de plus en plus à cause du réchauffement planétaire qui est lui causé par l'Émission de Micros Ondes de toutes façons.

    Alors agissons pour le bien du Monde et éteint ions et phare à ion et en arrêtant l'Émission de Micro Ondes on cessera de CUIRE comme du Maïs.

    Autour des stations radar, les Techniciens se faisait pousser du Maïs dans leur potager. Et ils se sont aperçus que les micros ondes de leur radar faisait éclater le maïs séché de la fin septembre. C'est comme cela que l'on a découvert les vertus Cuisantes du Micro Ondes. Et l'Air en est saturés et nos corps physiques aussi.

    Avant de tous devenir Alzeimer, Cancéreux, atrophié, irradié à cause des Contrôleurs Boursiers Mondiaux?

    Les Fours Micros Ondes sont la causes du Cancer du Sein car les femmes veillent devant leur four micro-ondes en s'y collant trop la poitrine.

    Ne pensez pas que l'Intelligence n'a rien à Faire avec ça. Au contraire. L'Intelligence elle s'exprime dans la Nature et dans tout ce qui est vivant. Et quand le Vivant meurt trop souvent, ou trop avant son Temps le Temps supposé bienfaisant dans cette nature agonisante, bien elle va s'arranger pour laver les saletés qu'elle a sur Elle comme une coccinelle qui laverait dans un lavabo. La lave a beau couler sur les péchés du monde rien ne subsistera si la Nature se déchaîne à notre Place, elle l'a fait au temps de la Ninive Prostituée et le fera encore.

    Et la fin des temps doit se ressentir dans l'être animal comme par instinct qu'un feu de forêt s'en vient demain ou dans une semaine dépendamment des biches à ressentir le futur.

    Le chat ressent son futur 20 minutes avant l'arrivée de sa Maitresse, quelque soit l'heure de son arrivée parce que le chat est télépathe et qu'il reçoit les pensée de sa maitresse qui le cajole déjà avec son mangwer entre ses cuisses réchauffées par le soleil de l'après midi d'été du retour à la maison.

    C'est à l'Humain de prendre cette responsabilité d'ÊTRE autre chose qu'un esclave dans cette Matrice Bâtie et Érigée pour nous pour mieux nous contrôler de la Naissance à notre Mort en ne faisant que grossir le compte en Banque de la Bête aveulisssant l'Humain à sa Guerre sans FIN.

    Faut y mettre un Terme et c'est à l'Élu de le Faire et pas à d'autres et Seul l'Élu le sait qu'il est l'Élu lorsque son Temps Arrive à son Terme. Comme l'Egrégore d'un dieu quelconque ne veux pas mourir autant le Maître du Monde a la FORCE en lui pour dominer tous ses présents temps lorque l'un de ceux-ci est menacé par les manipualtions fortes des FORSSSSSSSS qui ont été appelées par Hitler par exemple. et depuis quand que le radar micro onde existe? et qui l'a inventé? et dans quel but? Cuire les humains plus rapidement que les fours Crématoires. C'est ça le mensonge comique derrière tout ça?

    Les FORSSSSSSS de la GUERRE Sans Son pris à tous les humains au contraire de l,Appel d'Hitler qui a réveillé la Bête en lui assénant un coup de lance de Longinus dans les Flancs. Ben Laden a réussi à lui couper une de ses têtes mais elle a repoussé ailleurs sur la Planète.

    Là Où justement les deux Conscientisateurs et Antenne Supramentale décrit par Rudolf Steiner ou Aurobindo, Daniel Kemp et Bernard de Montréal ont donné tous deux le même genre de Conférences et Séminaires amenant l'Humain à vivre sa Vie plus Intelligemment.

    C'était donc normal que ces deux Êtres Révélateurs, comme Jean le Baptiste ou Jésus son cousin qui l'étaient aussi des Révélateurs de conscience dans leur époque, nous retrouvons le même scénario parce que dans le même faisceau d'Énergie Supramentale, cé donc normal d'y retrouver nos amis et ce dans le Plan Morontiel je veux dire car participants de l,Avènement du Christ Lui Même et qui s'En Vient en Grande Pompe et Pompé à Block car le Christ l'a dit qu'il "HAÏSSAIS LES NICOLAÏTES" faut-il juste trouver en notre temps cette référence transtemporelle écrit dans les textes pour donner à l'Élu du Peuple de Dieu une reconnaissance dans tous ses temps entre l'Ascension et l'Avènement du Retour de la Balle de Ping Pong envoyer dans le Monde de la MOrt en guise de Bouée de sauvetage pour les Croyant en Lui et en sa Glorieuse Venue.

    Cessons immédiatement d'Émettre des Micro Ondes et nous pourrons peut être espérer survivre au delà de 33 ans...
    Sinon, Ce sera l'Apocalypse avant la Fin des temps.
    C'est pour cela que Je vous parle maintenant...car il faut agir et VITE...

    Dans la Trilogie The Matrix, qu'est-ce que l'ORACLE a le plus de facilité à deviner chez les autres?.Chez les humains je veux dire..les humains et les futur Néo, les nouveaux venus dans notre Monde qui est celui de l'Éveil des Êtres de Lumière, demandez à Seraphin ce qu'il en pense lui du Cherubin ?

    Et pourquoi même si Séraphin l'a déjà battu pourquoi Smith est soudainement capable de le battre? De plugger tout le monde?

    Tout l'Amour de la Grande Maman et Tout l'Amour de Trinity permet`à Néo suite d'être morte de lui donner les 2 clés donc les deux ailes qu'il faut à l'ARC ANGE pour s'envoler de Nouveau en Tant que Maître du Monde.

    La fin du film de la Matrice correspond à l'Ascension du Christ.

    Il reste maintenant à FAIRE le 4e film The Matrix équivalent à la Résurrection de Ripley dans ALIEN et son retour sur Terre en tant qu'être Fusionné avec son EGO qui a été transformé à travers les 3 autres films, en débutant comme ALIEN et terminant comme accompagnateur et disparaissant dans le trou Blanc du Monde de la Mort pour laisser l'Âme de Ripley s'abandonner sur Terre pour créer une Nouvelle Société, car c'est à cela que ça sert la Fusion des corps planétaires.

    Avez-vous des questions ou un partage ou un témoignage de votre vie pouvant s'accorder aux propos de l'Intelligence exprimée?

    Bienvenu à Bord du *s*I*R*(ô*ô)*R*I*s* et Bonne Navigation à tousses.

    Dans mon Pays Blanc l'hiver et vert en été, le CANADA, plus précisémént dans la Belle Province de Québec, les Peuples Natifs qui y vivaient en symbiose avec la Nature, sont presque tous disparus, comme les animaux ayant disparus et/ou en voie d'extinction.

    Tout Philosophe sait que l'Oeuvre de l'Apprenti dure le temps de sa vie et qu'après un murissement du legs traditionnel de ses ébats avec Dieu, il devient Sage et prudent devant les insensés ignares de la dualité de l'existence de l"âme partageant le même corps physique et meurent sans le savoir.

    Nous sommes tous conscients que notre belle planète bleue tourne sans cesse sur elle-même et dans l'Univers, dans une évolution naturelle s'accordant par elle-même vers les confins du temps et de sa dégradation perpétuelle comme il en est de nos corps physiques qui subissent tous les effets de l'expansion de cet Univers donnant lieu de croire que nous subissons aussi le fait que tout Grandi en s'accordant sur les études faites pour la comprendre cette expansion.

    Par exemple, toutes les tours ou hauts édifices, subissent les forces contraires dûes au fait de la rotation planétaire et que le Haut s'effrite plus rapidement que sa base, parce que plus nous sommes en hauteur et plus nous devons nous ajuster pour regagner le sens propre de la réalité terrestre par rapport à l'élévation perpendiculaire et vaut mieux pour l'insecte de gravir les hauteurs sur un roseau que n'importe quel tour à bureaux ou Gratte-Ciel...

    La conscientisation dans l'Intelligence nous permet de voir clair dans le fait que les Tours Jumelles du World Trade Center, par exemple, se devaient un jour ou l'autre, de se désagréger dû à cette force multipliée par ses hauteurs.

    C'est certain que les Architectes en avaient calculé la façon de faire pour pallier à la résistance des vents et/ou des séismes, mais que le mortier utilisé était composé d'Amiante-Ciment provenant de notre mine d'Asbestos et qu'il était non seulement toxique mais plus friable que le mortier conventionnellement utilisé dans d'autres construction plus anciennes et toujours debout.

    Il est malheureux que ces deux tours aient subies ces attaques insensées et difficiles à comprendre pour les simples mortels que nous sommes.

    Sans poser de questions ou entreprendre un débat sur cette catastrophe du millénaire Aquarien, il arrive que les Diamants entreposés dans l'une ou l'autre de ces Tours, se sont retrouvés dans les Monts Otish, dans le Nord du Québec et que dans ces hautes montagnes s'y trouve aussi des pouvoirs électrique pouvant donner les GIGOWatts nécessaires à faire fonctionner une nouvelle Jérusalem par exemple.

    C'est un peu ce que nous déplorons au Québec de voir s'installer et voir se dessiner cette Mégapole encore plus grande que la Ville de New-York.

    Je pose donc cette question légitime et très pertinente à savoir Qui au Juste tente de prendre de force un territoire aussi grand sans que personne du petit monde ne semble être au courant?

    Comme Peuple Pacifique, nous avons toujours accueilli et aider les nouveaux arrivants à s'installer sur nos terres.

    Depuis 1534, la découverte de notre Terre des Nations Autocthones par Jacques Cartier et autres avant lui, a donné lieux à des affrontements injustifiés de la part des Commerçcants des autres pays des côtés des 2 Grands Océans.

    Le contrôle monétaire Mondial en serait-il la raison principale selon vous?

    Merci de nous aider à mieux comprendre les envahisseurs qui veulent nos terres pour leur survie planétaire. Car faut bien le dire, les eaux vont monter de 14 ou 20 mètres d'ici quelques temps...

    Nos Hautes Terres, comme les HAM (High Appalaches Mountains) pourraient accueillir beaucoup de peuples si des changements climatiques devenaient des éléments destructeurs à la survie de notre espèce humaine...

    Aidez-nous à mieux comprendre dans un langage de Paix, d'Amour et d'Amitié


    Christ Vivant Noël 2008
    http://fr.youtube.com/watch?v=uhORN1rhkGo

    http://sirqris.xooit.com/index.php

    Voyage Transemporel (2003)
    http://www.atlantyd.org/article000749.html

    Vos probabilités de Fusion Etherique (2003)
    http://forum.francite.com/fr/message.asp?no_forum=

    2003 Apparition publique de SirQriS sur le Forum de Francité

    http://forum.francite.com/fr/message.asp?no_forum=

    Site Officiel de SirQriS
    http://sirqris.xooit.com/index.php

    (-*-)
    SirQriS

  • Dany Leblanc
    Abonné
    lundi 27 avril 2009 08h12
    Albert Einstein
    http://www.matin.qc.ca/articles/20080516140915/une

    « Albert Einstein avait adressé cette missive en allemand en janvier 1945, un an avant sa mort, au philosophe Eric Gutkind. Il y écrivait notamment: "Le mot de Dieu n'est pour moi rien de plus que l'expression et le produit des faiblesses humaines, et la bible un recueil de légendes, certes honorables, mais primitives, et qui sont néanmoins très puériles". »

  • Telesphore Gagnon
    Inscrit
    lundi 27 avril 2009 22h47
    Sur la "déraison"
    Comme on peut le constater dans les commentaires publiés ici jusqu'à maintenant, ce ne sont pas les plus religieux qui "déraisonnent" le plus!

  • Yvon Thivierge
    Inscrit
    jeudi 30 avril 2009 00h33
    Les gais reçoivent des excuses pontificales
    Le Pape Benoît XVIIe siècle, successeur du Pape Ratzinger, s'est excusé du bout des lèvres pour les componctions commises par lui et ses bonzes contre les homosexuels au cours de l'histoire de l'Église et de l'humanité.

    Le président de la Conférence des évêques catholiques du Monde a déclaré à la presse que le pape s'est dit « désolé de ce qui s'est passé, personnellement et au nom de l'Église », contre les homos, pédés, pédales et autres tantouzes. Il ne s'est toutefois pas excusé, comme l'ont fait depuis plus de 10 ans les Églises anglicane, presbytérienne et unie.

    « Considérant les souffrances que certains homos et pédés ont connues dans tous les pays du monde, le pape a exprimé son chagrin pour l'angoisse provoquée par la conduite déplorable de certains membres de son Église et offert sa sympathie et sa solidarité dans la prière », indique un communiqué du Vatican.

    Environ 150 000 000 homos, lesbiches, pédales et tantouzes ont été discriminés, malmenés, battus, torturés et tués pendant des centaines d'années, à compter de l'an 325, pour être envoyés dans environ 135 prisons créées par les États civils et religieux de ces différentes époques.

    Selon la Commission de vérité et de réconciliation des personnes homosexuelles, quelque 135 centres de concentration ont été ouverts par eux au fil des siècles dont 25 en France, 18 en Espagne, 17 en Italie, 15 au Maroc et en Allemagne, 13 au Royaume-Uni et 10 au Pérou. Environ 75 % d'entre eux étaient gérés par l'Église catholique.
    En entrevue, après cette audience, le chef de l'Association Internationale Gaie et Lesbienne a dit espérer que les regrets du pape permettront de clore l'histoire. « Le fait que le mot "excuse" n'ait pas été utilisé ne devrait pas diminuer [l'importance] de ce moment d'aucune façon », a-t-il dit.
    Nous voulons reconnaître ce fait. [...] Nous voulons nous excuser d'une manière ou d'une autre pour toute cette histoire.

    Des agressions de toutes sortes, dont plusieurs de nature sexuelle, ont déjà été reconnues par l'Église canadienne, pour qui l'audience avec le pape devrait sceller la réconciliation. De nombreux groupes réclament des excuses du pontife, qui ne le fait jamais parce qu'il est suffisant, arrogant, outrecuidant et ne s'est jamais excusé de sa sacrée vie.
    Avant la rencontre, le représentant gai avait déclaré depuis Place Saint-Pierre que cette homophobie était l'expression d'une politique catholique fasciste, « une politique qui visait à tuer l'homosexuel et la lesbienne dans l'oeuf de l'enfant ».

    Les homosexuels ont reçu des excuses officielles des différents pays et des compensations pouvant aller jusqu'à 6 milliards de dollars. Pour le chef des gais et lesbiennes, cette question est définitivement close. Il affirme qu'il ne s'est pas rendu au Vatican pour l'argent ni pour établir une responsabilité légale, mais pour une question morale qui échappe, de toute évidence, aux autorités du Sanhédrin qui ont crucifié Jésus.

  • René Girard
    Abonné
    vendredi 1 mai 2009 01h11
    La philosophie a le dos large
    Monsieur Grondin votre texte est truffé d'affirmations sans preuve, dont un esprit scientifique pourrait se permettre de douter. Vous accordez préséance à la religion sur la philosophie, sans en faire la preuve, donc en supposant qu'il s'agit là d'une vérité connue et indiscutable. Rien n'est moins scientifique que de mentionner des généralités comme vous le faites. Vous ne spécifiez pas de quelle religion il s'agit mais on subodore qu'il s'agit principalement du christianisme. Vous réduisez la philosophie à un seul de ses nombreux aspects, soit l'idéalisme qui évidemment est proche parent de la religion. Mais vous oubliez tous les philosophes matérialistes dont les textes nous sont tout de même parvenus malgré les efforts de l'Église de les éliminer en autodafé qu'il s'agisse d' Épicure, de Lucrèce, de Hobbes, de La Mettrie, d'Helvétius, de Diderot, d'Holbach et qui eux démontrent l'absurdité des dogmes religieux. Ainsi vous faites un amalgame malhonnête et trompeur entre philosophie et religion. Par ce procédé vous faites l'économie d'une saine comparaison entre science et religion dont il aurait été beaucoup plus difficile de démontrer une fausse opposition.

    Enfin devant l'affirmation mensongère qui fait de tous les scientifiques, de la Renaissance aux Temps modernes, des croyants, je propose de lire ces quelques citations d'un certain Darwin, Charles de son prénom :

    "Ainsi, l'incrédulité s'insinua en moi très lentement, mais elle fut à la fin, complète [...] Cela se fit si lentement que je ne ressentis aucune détresse, et que je n'ai jamais douté depuis, même une seule seconde que ma conclusion ne fut correcte."
    (Charles Darwin / 1809-1882 / Autographie / 1876, publiée en 1888)

    "La science et le Christ n'ont rien à voir l'un avec l'autre, sinon dans la mesure où l'habitude de la recherche scientifique enseigne la prudence au moment d'accepter une preuve quelle qu'elle soit. En ce qui me concerne, je ne crois pas qu'une révélation ait été faite. Face à la question de l'au-delà, il appartient à chacun de tirer ses propres conclusions, à partir de probabilités vagues et contradictoires."
    (Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879)

    "Le vrai matérialisme fait de Dieu une impossibilité, de la révélation une vue de l'esprit, et de la vie future une absurdité."
    (Charles Darwin / 1809-1882 / juin 1879)

    René Girard

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