Catholique, mais pas chrétien
Oublions l'évêque nazi que Benoît XVI voulait réintégrer dans sa «sainte» Église, probablement pour augmenter sa clientèle de fidèles en Occident, car elle rétrécit comme peau de chagrin. Seuls les intégristes rêvent de le rejoindre, et le pauvre manque de clients. On peut pardonner une erreur de marketing. Peut-on pardonner des erreurs morales? Je ne le sais pas, surtout quand elles sont le fait d'un homme qui fait la morale à la planète.
N'oublions pas la petite fille avortée et ses médecins excommuniés. Elle avait neuf ans, avait été violée. Nous sommes ici dans le surréalisme, l'horreur codifiée, dans l'inhumanité absolue. Mais cette «Église» approuve. L'Église, nous disent les marchands de leur temple, ne peut avoir de sentiments. Les évêques pleurent de leur corps d'humains, mais ils tuent de leur tête dogmatique. Ils ont de la compassion, mais ne sauraient tolérer quelque variation, quelque modification à leur dogme.
Il faut comprendre que, dans les religions, le dogme ne doit rien à Dieu, à son Prophète ou à son Fils. Le dogme est une construction des hommes, uniquement des hommes, nulle femme n'a contribué à ces lois qui tuent et excluent. Le dogme est un procédé industriel, une marque de commerce, un moyen de fidélisation comme la carte Air Miles. Le dogme et toutes ses réglementations n'a jamais été approuvé par Dieu ou Allah. Il fut le fruit, dans chaque religion, de combats, de luttes de pouvoir entre des hommes qui recherchaient le pouvoir sur les gens qui croyaient comme eux. Le dogme qui excommunie les médecins brésiliens, il fut discuté vertement à Byzance ou à Trajan. On s'y échangeait autant de châteaux et de richesses que de pensées spirituelles. Un pape Médicis militait sûrement contre l'avortement, mais empoisonnait ses rivaux et avait des relations homosexuelles. Et il priait Dieu tous les matins.
Puis ce pape, avant même de poser un pied sur le sol africain, s'est permis, comme le Blanc moralisateur et supérieur, comme le dépositaire de toutes les vérités, de dire des bêtises énormes. Pas content de réintégrer un nazi, pas satisfait de quelques excommunications brésiliennes, le voilà qui explique au monde que le condom encourage la propagation du sida. Au moment où cet ayatollah catholique prononce ces mots, je vous le jure, la Terre cesse de tourner. Les médecins ferment leurs labos, les ONG quittent l'Afrique, les chrétiens qui vivent avec les malades se suicident. Ce pape est malade, il faut l'enfermer. Et tous ses évêques devraient le suivre en prison.
***
Je sais, ce sont des propos violents, mais ceux du pape étaient criminels. S'il y a un sujet que je connais un peu, c'est celui du sida en Afrique. Contrairement au pape et à ses évêques silencieux, j'ai marché dans les couloirs des mouroirs africains, vu les femmes maigres comme des chicots râler et cracher, et pourrir lentement jusqu'au dernier souffle. J'ai vu les hommes jeunes pleurer sur leur fin annoncée. J'ai rencontré des chrétiens, des chrétiennes, des prêtres et des religieuses qui distribuaient des condoms, car tous savent bien que c'est le seul moyen de lutter contre le sida en Afrique ou ailleurs dans les pays pauvres.
L'Église n'a pas de sentiments. Le pape dans ses vêtements immaculés annonce la mort nécessaire, la mort ne le dérange pas. Il croit sûrement qu'il sera admis au paradis. Eh bien non; si Dieu existe, le pape ira en enfer, comme le meurtrier qu'il est. Car le pape tue sans se soucier de ses victimes. Pourquoi le fait-il? Parce qu'il est un pape honnête et qu'il applique le dogme.
Dans toute activité, dans toute organisation, existent l'esprit et la lettre. L'esprit, c'est l'âme, le coeur, les réflexes humains de l'organisation. La lettre, c'est le code de référence, le dogme, le refuge des sclérosés, des craintifs, des bureaucrates et des intégristes. Ces gens préfèrent le code plutôt que la justice, le rejet plutôt que la charité. L'esprit, c'est l'empathie, l'ouverture, l'inclusion, la compréhension.
***
Le catholicisme du pape exclut, punit, sanctionne. Son Église est un gouvernement, une entreprise de vieillards sclérosés qui ne connaissent de la vie que les chapelles et les cierges. Les chrétiens, par contre, inspirés par les Évangiles, distribuent des condoms, favorisent les avortements en cas de viol et accueillent en leur sein les homosexuels. Ils croient en Jésus plus qu'en ce pape qui se prend pour Dieu. Ils ne sont plus catholiques, mais chrétiens, généreux, ouverts, perdus certes, mais finalement bons et respectables.
J'écoute avec tristesse les réponses évasives des messeigneurs d'ici qui persistent dans le dogme et refusent la douleur humaine, car elle serait inscrite dans le chemin tracé par Dieu. La douleur serait nécessaire au salut. Quel imbécile a inventé cela qui interdit le bonheur? Vous savez: «Il faut mériter son ciel.» Ce qui sous-entend qu'on doit souffrir ou être pauvre, ou préférablement les deux.
Tout cela est faux. Et le chrétien le sait bien. Le catholique qui suit le pape l'ignore. Le catholique d'aujourd'hui ressemble à Madame Avon, qui se fait des amis et quelques sous. Le catholique qui suit le pape et le dogme engrange des indulgences, mais rien ne le relie aux Évangiles et à la véritable foi chrétienne, surtout pas à la vie. Jésus serait le plus grand distributeur de condoms en Afrique. Et son papa, que le pape appelle Dieu, lui écrirait en texto: «Bravo mon fils. Nous servons enfin à quelque chose.»
Jésus possède un téléphone portable.
N'oublions pas la petite fille avortée et ses médecins excommuniés. Elle avait neuf ans, avait été violée. Nous sommes ici dans le surréalisme, l'horreur codifiée, dans l'inhumanité absolue. Mais cette «Église» approuve. L'Église, nous disent les marchands de leur temple, ne peut avoir de sentiments. Les évêques pleurent de leur corps d'humains, mais ils tuent de leur tête dogmatique. Ils ont de la compassion, mais ne sauraient tolérer quelque variation, quelque modification à leur dogme.
Il faut comprendre que, dans les religions, le dogme ne doit rien à Dieu, à son Prophète ou à son Fils. Le dogme est une construction des hommes, uniquement des hommes, nulle femme n'a contribué à ces lois qui tuent et excluent. Le dogme est un procédé industriel, une marque de commerce, un moyen de fidélisation comme la carte Air Miles. Le dogme et toutes ses réglementations n'a jamais été approuvé par Dieu ou Allah. Il fut le fruit, dans chaque religion, de combats, de luttes de pouvoir entre des hommes qui recherchaient le pouvoir sur les gens qui croyaient comme eux. Le dogme qui excommunie les médecins brésiliens, il fut discuté vertement à Byzance ou à Trajan. On s'y échangeait autant de châteaux et de richesses que de pensées spirituelles. Un pape Médicis militait sûrement contre l'avortement, mais empoisonnait ses rivaux et avait des relations homosexuelles. Et il priait Dieu tous les matins.
Puis ce pape, avant même de poser un pied sur le sol africain, s'est permis, comme le Blanc moralisateur et supérieur, comme le dépositaire de toutes les vérités, de dire des bêtises énormes. Pas content de réintégrer un nazi, pas satisfait de quelques excommunications brésiliennes, le voilà qui explique au monde que le condom encourage la propagation du sida. Au moment où cet ayatollah catholique prononce ces mots, je vous le jure, la Terre cesse de tourner. Les médecins ferment leurs labos, les ONG quittent l'Afrique, les chrétiens qui vivent avec les malades se suicident. Ce pape est malade, il faut l'enfermer. Et tous ses évêques devraient le suivre en prison.
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Je sais, ce sont des propos violents, mais ceux du pape étaient criminels. S'il y a un sujet que je connais un peu, c'est celui du sida en Afrique. Contrairement au pape et à ses évêques silencieux, j'ai marché dans les couloirs des mouroirs africains, vu les femmes maigres comme des chicots râler et cracher, et pourrir lentement jusqu'au dernier souffle. J'ai vu les hommes jeunes pleurer sur leur fin annoncée. J'ai rencontré des chrétiens, des chrétiennes, des prêtres et des religieuses qui distribuaient des condoms, car tous savent bien que c'est le seul moyen de lutter contre le sida en Afrique ou ailleurs dans les pays pauvres.
L'Église n'a pas de sentiments. Le pape dans ses vêtements immaculés annonce la mort nécessaire, la mort ne le dérange pas. Il croit sûrement qu'il sera admis au paradis. Eh bien non; si Dieu existe, le pape ira en enfer, comme le meurtrier qu'il est. Car le pape tue sans se soucier de ses victimes. Pourquoi le fait-il? Parce qu'il est un pape honnête et qu'il applique le dogme.
Dans toute activité, dans toute organisation, existent l'esprit et la lettre. L'esprit, c'est l'âme, le coeur, les réflexes humains de l'organisation. La lettre, c'est le code de référence, le dogme, le refuge des sclérosés, des craintifs, des bureaucrates et des intégristes. Ces gens préfèrent le code plutôt que la justice, le rejet plutôt que la charité. L'esprit, c'est l'empathie, l'ouverture, l'inclusion, la compréhension.
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Le catholicisme du pape exclut, punit, sanctionne. Son Église est un gouvernement, une entreprise de vieillards sclérosés qui ne connaissent de la vie que les chapelles et les cierges. Les chrétiens, par contre, inspirés par les Évangiles, distribuent des condoms, favorisent les avortements en cas de viol et accueillent en leur sein les homosexuels. Ils croient en Jésus plus qu'en ce pape qui se prend pour Dieu. Ils ne sont plus catholiques, mais chrétiens, généreux, ouverts, perdus certes, mais finalement bons et respectables.
J'écoute avec tristesse les réponses évasives des messeigneurs d'ici qui persistent dans le dogme et refusent la douleur humaine, car elle serait inscrite dans le chemin tracé par Dieu. La douleur serait nécessaire au salut. Quel imbécile a inventé cela qui interdit le bonheur? Vous savez: «Il faut mériter son ciel.» Ce qui sous-entend qu'on doit souffrir ou être pauvre, ou préférablement les deux.
Tout cela est faux. Et le chrétien le sait bien. Le catholique qui suit le pape l'ignore. Le catholique d'aujourd'hui ressemble à Madame Avon, qui se fait des amis et quelques sous. Le catholique qui suit le pape et le dogme engrange des indulgences, mais rien ne le relie aux Évangiles et à la véritable foi chrétienne, surtout pas à la vie. Jésus serait le plus grand distributeur de condoms en Afrique. Et son papa, que le pape appelle Dieu, lui écrirait en texto: «Bravo mon fils. Nous servons enfin à quelque chose.»
Jésus possède un téléphone portable.
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