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La liberté est un instrument dangereux

Le conseil scolaire de Toronto, organisme public, acceptait il y a une dizaine de jours la création d'une école réservée exclusivement aux Noirs. À Sherbrooke, récemment, quelques profs de cégep bien intentionnés prétendant défendre l'espace public et laïque, s'insurgeaient contre la tenue d'une conférence sur le créationnisme dans les locaux de leur établissement. À Montréal, dimanche dernier, le Collectif contre la brutalité policière organisait son happening annuel pour provoquer de la violence policière, piège dans lequel, on ne sait trop pourquoi, la police tombe toujours un peu. Ce qui relie ces trois événements, c'est la lecture qu'on peut faire de la notion de liberté et, surtout, cette croyance que la liberté ne peut avoir que des effets positifs.

Nous sommes tous libres de nous regrouper, de resserrer les liens communautaires ou identitaires, libres de ne fréquenter que des gens qui partagent les mêmes valeurs et une vision identique du monde. Libres, en tant que groupes et collectivités, de perpétuer des valeurs et une histoire, des coutumes et des rites. C'est bien ce qu'on fera dans cette école «publique» réservée aux Noirs. Ce qu'il faut se demander est simple: les enfants qui sortiront de cette école seront-ils plus libres, plus affranchis, ou seulement plus Noirs? Les historiens savent que l'Histoire est une montagne qui possède de multiples versants et que, selon la lumière, l'image de la montagne diffère. Dans ces écoles communautaristes, la montagne est un miroir apaisant. Nulle aspérité, nul défaut. L'enfant qui grandit dans ce genre de ghetto scolaire en sort éminemment informé de la grandeur de ses origines, ce qui est bien. Il en sort aussi avec la notion de tout ce qui est nauséabond dans la culture de l'autre, en particulier du Blanc. L'école a la liberté de créer des aveugles. Les élus n'ont pas le droit de donner à l'école la liberté de conforter les ghettos et leur pensée. Mais ils sont libres.

***

Le créationnisme est à la raison et à la science ce que Star Académie est à la création artistique. Une sorte d'aberration folklorique que pratiquent surtout aux États-Unis des millions d'évangélistes qui changent de trottoir quand ils croisent un homosexuel. Ils ne font de mal à personne, sauf quand ils votent et bloquent l'entrée des cliniques d'avortement. Ils sont libres de croire que Darwin est le diable, et je suis libre de croire qu'ils se trompent. Voilà donc que quelque jeunes croyants de la Bible veulent exprimer leurs convictions dans un établissement scolaire public. Grand brouhaha de laïcisme à Sherbrooke. L'espace public et laïque ne saurait accepter un tel viol. Dieu n'a pas le droit de pénétrer dans les locaux grisâtres de la laïcité et de la science. Autrement dit, ceux qui croient en Dieu n'ont pas la liberté de s'exprimer chez ceux qui croient en la science. On pourrait comprendre un tel sursaut de protestation si le conférencier invité niait l'existence des chambres à gaz, s'il était connu pour tenir des propos haineux et encourager la violence, toutes choses interdites par nos lois. Mais nous sommes libres de croire que Dieu a créé l'homme et la femme, qu'il y avait un serpent, une pomme, et qu'aucun des susnommés n'est le fruit de l'évolution de Darwin. Nous sommes libres de le penser, de le dire et de défendre nos convictions partout, y compris dans un collège de Sherbrooke. La liberté de penser et de dire s'applique aussi à ceux qui ne pensent pas comme nous. Ce sont là matière de croyances, pas de lois. Les pauvres petits créationnistes, devant la colère «publique», ont plié bagage et ont tenu leur conférence dans une église devant des créationnistes convaincus. Nul élève du collège n'eut la liberté d'aller entendre ce discours, de le discuter, de le ridiculiser, de le découvrir ou de l'adopter. Pourrait-on parler d'obscurantisme post-moderne? Tu es libre de dire ce qui convient scientifiquement. Salut Copernic.

***

Nous sommes libres de manifester et la police est libre d'encadrer les manifestations au nom de l'ordre public dont elle est dépositaire. Non, la police n'est pas libre, elle est dans l'obligation de le faire. Depuis dix ans environ, un petit groupe d'anarchistes manifeste contre la brutalité policière. Ils sont libres de le faire, libres aussi de comparer les policiers montréalais aux tortionnaires de l'Amérique centrale. Ils partagent ce droit au mensonge et à la démagogie avec des gens qui nous dirigent. Nous sommes libres de croire en leurs maigres slogans et de prendre leur défense. Mais ont-ils le droit, même s'ils récusent officiellement la violence, d'organiser un événement qui en a toujours entraîné? Le collectif est-il responsable? Oui, la police est souvent imparfaite et raciste, comme les dépanneurs et les propriétaires, comme mon père et son voisin. Ils sont libres de manifester, les anarchistes, et on ne saura jamais les encadrer, leur demander un parcours. Ce sont des anarchistes et leur credo, c'est la création du désordre, la destruction gratuite, le bordel. La brutalité policière n'est qu'un prétexte. Chacun peut choisir son prétexte. Mais leur liberté diminue celle des autres, en particulier la liberté de ceux qui peinent dans les couloirs du droit pour établir les preuves de la brutalité occasionnelle et de l'irrationnel policier, comme dans l'affaire Villanueva.

La liberté est un idéal et aussi le pire des pièges. La liberté de se regrouper peut mener à l'enfermement; celle de proclamer la vérité, à l'exclusion; et celle de dénoncer violemment peut entraîner la répression. La liberté est un instrument dangereux quand elle n'est pas accompagnée par la réflexion.






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 04h39
    La liberté en pleine dérive ou la dérive en pleine liberté
    La liberté d'être stupide.
    La liberté d'être raciste.
    La liberté d'être violent.

    Étrange ce mélange, cette confusion.
    Pourquoi pas la liberté de tuer?
    La liberté sans morale?
    La liberté d'adorer l'imbécillité?
    La liberté d'avoir une femme comme animal de compagnie?
    La liberté de la tenir en laisse (psychologique) et de l'emballer dans une burqa?

    Il ne faut tout de même pas charrier la notion de liberté.
    La liberté totale vient avec la responsabilité totale.
    L'anarchie est, selon moi, le meilleur des systèmes que la société pourrait avoir. Mais il est complètement farfelu de penser à vivre dans un monde anarchique.
    L'Être Humain ne sera jamais suffisamment responsable, suffisamment à l'écoute et suffisamment respectueux de son voisin pour vivre dans un système anarchique.

    Mise au point: Anarchie ne signifie pas désordre, comme on nous l'a toujours signifié, anarchie signifie absence de loi. Comme le disait le Français, Proudhon (1809 - 1865), l'anarchie c'est « l'ordre sans le pouvoir ».

    Lois et règlements sont en fait, un signe d'abrutissement. Plus on fait de lois, plus on abrutit la société. Les gens agissent pour respecter la loi et demeurent trop abrutis pour agir de façon responsable sans loi. On s'arrête au feu rouge parce que c'est la loi et non pas parce que cela peut causer un accident. On met sa ceinture de sécurité parce que c'est la loi, non pas parce que cela peut nous sauver la vie. On cesse de faire du bruit à 23h00 parce que c'est la loi, non pas parce qu'on est conscient qu'on dérange le voisin, etc.

    Mais « l'ORDRE SANS LOI » est une vue de l'esprit, un noble (vraiment noble) principe philosophique, mais malheureusement l'Être Humain n'atteindra jamais ce niveau de conscience et de respect permettant un tel système.
    L'Être Humain ne sera jamais assez responsable pour que l'on puisse vivre dans l'anarchie, c'est-à-dire dans un monde où l'ordre règne sans loi ni règlement.

    Je parle d'anarchie, parce que si on parle de liberté, on ne peut éviter de parler d'anarchie.
    L'anarchie représente la liberté totale.

    Je trouve que vous dérivez un brin, M. Courtemanche. Mêler les dangers d'une société de clan, de ghettos, avec le droit de croire l'absurdité, et le droit de tout casser... ouf! N'est-ce pas un brin exagéré?
    Et en plus, tout foutre ça dans le sac de la liberté!
    Vraiment, j'ai de la difficulté à vous suivre.

    Je crois que ces trois notions, thèmes, concepts, sujets, je ne sais trop comment les appeler iraient peut-être mieux dans le sac de la morale.
    Et la morale... ouf! Nous ne sommes pas sortis du bois.
    La morale mes amis! Mon dieu, mon allah et qu'en pense yahvé et Bush et Benny?
    On met un condom ou on n'en met pas?
    Ça protège du sida ou ça le propage?

    Une belle histoire de cul... et le cul... ouf! ça non plus... la liberté dans le cul... ouf! On ne dirait pas que c'est le geste qui fait survivre la race tellement le cul... c'est... c'est... c'est pas beau. C'est même une maladie. C'est même plusieurs maladies.
    Pensons à ses malades d'homo??? Ah! Le cul! Si nous étions tous comme Benny et que nous n'en ayons pas!!! Mais nous en avons un... alors le cul et la liberté... faudrait demander à Mmme Bombardier... quand l'occasion se présente, elle aime bien ça disserter sur ce sujet un peu... dégradant.

    La liberté...
    La morale...
    La société...

    La société, voilà le problème! C'est la société le problème. Vivre avec d'autres! L'enfer!
    Oui, l'enfer c'est les autres, il n'y a pas de doute, Sartre avait bien raison.

    Sans les autres, on pourrait croire et adorer une crotte de chien et se dire qu'elle est la merde avec laquelle le saint-dieu tout puissant nous a créés. Nous sommes issus de cette merde mes amis. Agenouillé vous et adorer. Cette merde est la matière que dieu a prise dans ses mains et vous a fait à son image. Pour ce qui est de la femme, je n'ose vous le dire. Tout ce que je peux dire c'est que la femme vient de l'homme... alors, vous devinez... l'homme du chien, la femme de l'homme et ainsi c'est fait le monde, et hop! Voilà tout!

    Comment, vous dites que je n'ai pas la liberté d'aller me recueillir avec mes fidèles indécrottables au Cégep de Sherbrooke? Non, mais pour qui ils se prennent ces fascistes. Ces athées, ces gens non civilisés?&%*?

    Ah! La liberté, la morale, la société, l'imbécillité.
    Sommes-nous obligés de respecter l'imbécillité?
    Pouvons-nous tirer une chaussure à Benny ou à sonseigneur saint-sourire se promenant la bague?
    La simple civilité nous l'interdit. Par contre eux, ont toute la liberté d'abreuver le monde entier d'insanité.
    Il faut respecter l'insanité de ces saints autoproclamés.
    Une chaussure au pape ou à l'ayatollah et vous n'êtes pas mieux que mort.

    Une chaussure à ces saints (sic), c'est plutôt violent. On pourrait même les faire saigner du nez. Imaginez du rouge sur leurs beaux habits blancs!
    La violence c'est vraiment inadmissible, bah! sauf lorsqu'il s'agit d'aller tuer du barbare ou du Labeaume. Voyons qu'est-ce que je dis... tuer du Labeaume... voyons le maire de Québec n'est pas un barbare, il sait sûrement que l'homme vient de la crotte de chien et il respecte les saints! Enfin, sûrement certains saints sans seins.

    En parlant de liberté, tant qu'à y être, pourquoi donc les femmes ne peuvent pas se baigner les seins nus dans les piscines publiques et qu'elles le peuvent chez-nous dans ma cour (depuis que je me suis installé un mur de Jérusalem tout autour)? Hein, je vous le demande? Pourquoi cacher ce sein que le saint ne saurait voir, car le saint bande et ça paraît sous sa robe?
    Ah! La liberté!
    Quelle folie M. Courtemanche de parler de liberté!

    Juste d'en parler, on risque parfois de se la faire enlever.
    Vous savez qu'on scrute mes courriels... bah! c'est "normal", avec tout ce que je dis, mieux vaut ne pas prendre de chance, quitte à brimer un peu mes libertés pour protéger la société.

    Parfois quand je vois des papes faire chier le monde, ou des policiers armés de matraques et se prenant pour des saints en devoir, matraquer et humilier leurs inférieurs qui n'ont pas d'uniforme, ou des crétins qui peuvent adorer une crotte de chien, j'aimerais avoir la liberté de devenir violent et de tous leur casser la gueule.
    Mais on n'a pas la liberté de tabasser un policier, la loi est avec lui.
    On ne peut pas non plus tabasser un sonseigneur, dieu lui-même est avec lui.
    On ne peut pas non plus botter le cul à ceux qui font des simagrées à tout bout champ pour adorer leurs niaiseries.
    On n'a même pas le droit de dire que ce sont des niaiseries, on risque de se faire tuer.

    Mais avec des écoles de Noirs peut-être va-t-on redonner la liberté d'enfiler une cagoule blanche et pointue et permettre d'en brûler quelques-uns, question de festoyer un peu.

    Tiens, sonseigneur Ouellet accepte que je prenne sa cathédrale pour mon festival Darwin. Un festival où tout le monde sera tout nu et où l'on peut et même l'on doit amener son singe. C'est pour donner l'exemple au Cégep de Sherbrooke, comme quoi il faut être ouvert aux autres croyances. Il prévoit même venir saluer la foule lors du festival en ses murs, mais me souligne qu'il veut garder sa soutane. (je suis sûr que ce sacripant veut saluer la foule simplement pour se rincer l'oeil!).

    Il m'écrit: «Voilà donc que quelques jeunes croyants de Darwin veulent exprimer leurs convictions dans un établissement de culte public. Eh bien soit! Ils sont les bienvenus dans ma cathédrale qui est aussi la leur! »

    Wow! Et dire qu'il y en a qui dise qu'il n'est pas «à la mode»?
    Hein! Ça vous en bouche un coin!

    Mais pour terminer, vous avez bien raison M. Courtemanche, ceux qui croient, ils sont libres de croire et ils sont libres de dire les conneries qu'ils veulent dans les lieux publics qui sont faits pour débattre et exprimer nos opinions et nos croyances. La liberté d'expression, la liberté de pensée et la liberté de croyance doivent primer.

    Vous avez aussi raison que la provocation pour engendrer la violence policière est totalement condamnable et nuit considérablement aux vrais abus. Mais il est aussi vrais que ces mises à l'épreuve de nos (sic) forces de police fait que ceux-ci deviennent rapidement hors contrôle et vargent dans le tas sans distinction de qui ou de quoi que ce soit. Nos (sic) forces policières ont la faculté de traiter les gens comme du bétail. La loi le permet et la morale (!) le justifie.
    La provocation dans ces manifestations n'est pas à sens unique. Un rambo avec matraque qui vous défie, ça peut provoquer autant que des chevelures punks et des cris.

    Pour les écoles ghettos Noirs, je crois que la communauté Noire devrait s'occuper de ce grave problème. Je dis communauté Noire, mais la communauté de toutes les couleurs devraient s'occuper de ce problème. Il faut un jour que la couleur disparaisse de nos rapports humains. Il faut un jour qu'on soit conscient que peu importe la couleur des yeux, des cheveux ou de la peau, nous avons tous le même sang rouge bien humain.
    On doit combattre le racisme. Les écoles noires sont selon moi, un pas vers une société raciste.
    On doit débattre sérieusement de ce sujet, tout comme on doit débattre sérieusement de la lutte entre la croyance qui prône l'ignorance et la fermeture et la connaissance qui prône le savoir et l'ouverture.
    On doit aussi débattre de l'abus de pouvoir. On peut vous arrêter sans ménagement parce que vous êtes là au mauvais endroit au mauvais moment. Rien ne vous protège, vous pouvez être humilié et tous vos droits sont suspendus, vous devenez un être humain qu'on écrase et qu'on humilie.
    Les casseurs provocateurs sont condamnables, mais les policiers qui traitent leurs semblables comme s'ils étaient des êtres inférieurs à écraser parce qu'ils en ont le pouvoir légal sont tout aussi condamnables.
    Je considère ces derniers encore plus condamnables que les premiers. Parce que ces derniers sont des professionnels diplômés, formés et qui, normalement, devraient avoir appris à discerner et à contrôler leur force brutale.


    Serge Charbonneau
    Québec

    P.S.: Pour ceux qui ont compris que j'étais raciste avec mon histoire de cagoule et de brulage pour s'amuser, cherchez rapidement ce que signifie «ironie» dans le dictionnaire.
    Non JE NE SUIS PAS RACISTE. Il faut que je le dise, il y a tellement d'abrutis qui ne comprennent jamais rien. Et même en l'écrivant en lettres majuscules, je risque de ne pas être compris! C'est fou, hein! C'est sans doute pour cela qu'on limite les libertés.

    P2.S2.: Pour la lettre de sonseigneur Ouellette, c'est une farce, il ne m'a jamais écrit! Pour le festival Darwin tout nu, c'est aussi une farce. Oui, je sais, c'est décevant.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 04h59
    Ce titre est dangereux pour la liberté
    La liberté est un instrument dangereux, mais le pouvoir est un instrument puissant et menaçant.

    Il est dangereux de dire que la liberté est un instrument dangereux.
    On peut facilement vous enlever vos libertés en vous disant que votre liberté est dangereuse.

    C'est d'ailleurs ce que le Patriot Act fait.
    C'est d'ailleurs ce que la loi « antiterroriste » fait.

    La liberté d'informer c'est aussi dangereux.

    On peut dire: « LA LIBERTÉ UNE ARME À DEUX TRANCHANTS »


    Mais on ne peut pas dire: « La liberté est un instrument dangereux »

    La liberté est un des plus puissants outils pour faire valoir la dignité humaine.
    Comme tous les outils, il faut l'utiliser intelligemment, mais il n'est pas dangereux en soi.

    Un marteau aussi est dangereux.

    Non, la liberté même si on peut en faire un mauvais usage, n'est pas dangereuse.
    La liberté est un outil sacré.

    Il faut faire bien attention pour ne pas qu'on nous l'enlève.
    Il y a tant de gens sur cette planète qui en sont privés!


    Ce titre est dangereux pour la liberté, M. Courtemanche.


    Serge Charbonneau
    Québec

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 06h10
    Liberté, liberté chérie
    La liberté de s'exprimer est certes un grand acquis d'une civilisation moderne. C'est la révolution française qui a mis la liberté à son pinacle et depuis elle se retrouve dans la devise de la France: « Liberté, Égalité, Fraternité » Un beau trio idéaliste de valeurs qui pourraient s'étendre à l'ensemble du monde, mais qui sont encore loin d'être toujours respectées. Et il faut prendre le mot liberté au sens large, pas seulement la liberté de s'exprimer ou de manifester, mais la liberté d'exister. Il y a encore de par le monde trop de geôles obscures où croupissent des innocents ou des suspects dont on ne sait s'ils le sont.
    Pour en revenir à la liberté d'expression dont nous parle avec talent et persuasion Guy Courtemanche, il faut reconnaître qu'elle se trouve parfois sur le fil du rasoir, entre l'expression d'une conviction et la volonté de l'imposer. Guy Courtemanche aurait pu prendre dans l'actualité récente un exemple qui illustre ce point, les propos du pape concernant le préservatif, censé aggraver la dissémination du sida. Que ce soit sa conviction intime, c'est possible, même si on peut se demander sur quelles statistiques il se base si tant est qu'il se base sur quelque chose. Mais en exprimant son opinion personnelle du haut de sa sedia gestatoria, il impose ses convictions au nom de la croyance que l'on peut avoir en ses dires.
    Du temps de Galilée, dont on commémore cette année le 400e anniversaire de son invention d'une lunette astronomique, ce chercheur scientifique n'avait pas la liberté d'exprimer sa conviction, basée notamment sur l'observation des phases de la lune, que la Terre tournait autour du soleil. Exprimer cette conviction scientifique l'aurait conduit sur le bûcher, comme Savonarole, et il a préféré dénier sa conviction.
    L'exemple est ancien, mais les opinions ont-elles si radicalement changé au fil du temps? On ne risque plus le bûcher en exprimant des vues personnelles scientifiques, philosophiques, religieuses ou politiques, mais pas partout. Il suffit de lire les communiqués de presse pour découvrir que l'on emprisonne encore pour ne pas être d'accord avec le régime politique en place, quand tout simplement on n'y laisse pas sa vie.
    Les thèmes dont parle Guy Courtemanche sont anodins en apparence. La question de fond reste de savoir s'il existe un lieu d'expression réservé ou interdit à certaines formes d'expression. En soi, le créationnisme est une absurdité qui n'effraie plus personne. Mais où peut-on en discuter librement? Dans une enceinte scientifique? Dans un contexte philosophique? Dans un cadre religieux? Le but en est-il d'exposer une opinion ou d'entraîner des adhésions ou de recueilli des fonds? C'est aussi la question de cette école ghetto réservée à des élèves de couleurs. La liberté d'expression comporte des paramètres qu'il faut aussi évaluer pour juger de ses modalités d'expressions. C'est un sujet de discussion et d'étude intéressant, mais complexe en dehors des cas tranchés.
    « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui », est-il écrit dans la « Déclaration universelle des droits de l'homme » de 1789, à la suite de la Révolution française qui a abattu la monarchie. Ceci signifie que seule la liberté doit arrêter la liberté. Ce n'est qu'au nom de la liberté qu'il est admissible, légitime et nécessaire de poser des limites à la liberté. Comme l'a dit aussi je ne sais quel philosophe » « Trop de liberté tue la liberté.. » Vraiment, un beau sujet de réflexion.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 07h20
    A-t-on la liberté de ne pas respecter la vérité?
    M. Courtemanche,
    Vous êtes libre de croire que la Terre est plate, mais l'État n'a pas à vous prêter des locaux pour que vous y fassiez une prédication qui n'a aucun fondement.
    On peut ne pas croire en la science, mais s'il faut respecter la liberté, il faut aussi respecter la vérité.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 07h30
    "si le conférencier invité niait l'existence des chambres à gaz"
    On permait des conférences sur le créationisme, mais pas sur le révisionisme. Cherchez l'erreur

  • Bernard Gervais
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 08h12
    La liberté : à surveiller quand elle permet de brimer celle des autres
    Comme nous vivons en démocratie, nous avons donc, par exemple, le droit de croire ce que nous voulons, d'être d'accord ou non avec les autres sur des questions précises. Cependant, celle liberté peut devenir dangereuse quand elle permet à certains de pouvoir imposer aux autres leurs idées haineuses.

    On a vu ça en Allemagne quand, dans les années 1930, la population a librement et démocratiquement élu l'un des êtres les plus ignobles de toute l'histoire de l'humanité !

  • Gilles Bousquet
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 08h48
    @ M. Serge Charbonneau
    D'accord avec vous, la liberté est plus une arme à deux tranchants qu'un instrument dangereux.

  • THYS Michel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h04
    Ce n'est pas la liberté qui est en cause, mais l'usage que l'on en fait ...
    Chacun est libre, soit de s'enfermer dans un ghetto communautariste, soit de s'ouvrir à la diversité et à la différence enrichissante de l'autre. En fait, choisit-on vraiment ? Tout va dépendre du projet éducatif et de la volonté de rechercher, ou non, un consensus de valeurs communes, si pas unniverselles, du moins universalisables parce que bénéfiques à tous les humains, au-delà de leurs divergences.

    " Ceux qui croient en Dieu n'ont pas la liberté de s'exprimer chez ceux qui croient en la Science" . Non : on ne CROIT pas en la science. Elle n'a rien de commun avec une religion : c'est une méthode de recherche visant, non pas la recherche de la "vérité", de toute manière partielle et provisoire, mais à confirmer ou à infirmer des hypothèses par l'observation et l'expérimentation, selon la méthode de Claude BERNARD et de Karl POPPER.

    Certes, " nous sommes libres de croire que Dieu a créé l'homme et la femme (...)", mais il n'est pas acceptable de favoriser la diffusion de telles conceptions simplistes et anthropomorhiques vieilles de 2000 ans, en contradiction totale avec toutes les constatations des évolutionistes et de tous les scientifiques, non croyants s'entend ! Le tolérer reviendrait à favoriser la régression au dogmatisme d'antan ! Prôner le créationnisme dans une école serait évidemment un comble : elle n'est pas faite pour cela. Mais, à l'intention des adultes, rien n'empêche les créationnistes d'utiliser les media ou les forums pour tenter de convaincre qu'ils ont "raison" ...

    Il me semble que vous considérez l'athéisme comme une croyance. C'est inexact : cette option philosophique est le résultat d'une libre réflexion intellectuelle, à partir d'alternatives, alors que la croyance religieuse est le fruit d'une éducation religieuse affective unilatérale et le plus souvent non remise en question. Il est vrai que seuls les parents agnostiques ou athées savent, a contrario, qu'en l'absence d'éducation religieuse, confortée par un milieu croyant, la foi n'apparaît pas spontanément.

    Une véritable école pluraliste serait celle qui permettrait la libre confrontation pacifique des cultures et des convictions, sans aucun prosélytisme, ni philosophique, ni religieux, ni bien sûr politique. Je constate qu'on en est encore loin ...

  • THYS Michel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h04
    Ce n'est pas la liberté qui est en cause, mais l'usage que l'on en fait ...
    Chacun est libre, soit de s'enfermer dans un ghetto communautariste, soit de s'ouvrir à la diversité et à la différence enrichissante de l'autre. En fait, choisit-on vraiment ? Tout va dépendre du projet éducatif et de la volonté de rechercher, ou non, un consensus de valeurs communes, si pas unniverselles, du moins universalisables parce que bénéfiques à tous les humains, au-delà de leurs divergences.

    " Ceux qui croient en Dieu n'ont pas la liberté de s'exprimer chez ceux qui croient en la Science" . Non : on ne CROIT pas en la science. Elle n'a rien de commun avec une religion : c'est une méthode de recherche visant, non pas la recherche de la "vérité", de toute manière partielle et provisoire, mais à confirmer ou à infirmer des hypothèses par l'observation et l'expérimentation, selon la méthode de Claude BERNARD et de Karl POPPER.

    Certes, " nous sommes libres de croire que Dieu a créé l'homme et la femme (...)", mais il n'est pas acceptable de favoriser la diffusion de telles conceptions simplistes et anthropomorhiques vieilles de 2000 ans, en contradiction totale avec toutes les constatations des évolutionistes et de tous les scientifiques, non croyants s'entend ! Le tolérer reviendrait à favoriser la régression au dogmatisme d'antan ! Prôner le créationnisme dans une école serait évidemment un comble : elle n'est pas faite pour cela. Mais, à l'intention des adultes, rien n'empêche les créationnistes d'utiliser les media ou les forums pour tenter de convaincre qu'ils ont "raison" ...

    Il me semble que vous considérez l'athéisme comme une croyance. C'est inexact : cette option philosophique est le résultat d'une libre réflexion intellectuelle, à partir d'alternatives, alors que la croyance religieuse est le fruit d'une éducation religieuse affective unilatérale et le plus souvent non remise en question. Il est vrai que seuls les parents agnostiques ou athées savent, a contrario, qu'en l'absence d'éducation religieuse, confortée par un milieu croyant, la foi n'apparaît pas spontanément.

    Une véritable école pluraliste serait celle qui permettrait la libre confrontation pacifique des cultures et des convictions, sans aucun prosélytisme, ni philosophique, ni religieux, ni bien sûr politique. Je constate qu'on en est encore loin ...

  • Jasette
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 09h18
    Pour moi, liberté va avec tolérance.
    Une personne ou un groupe qui prétend à la liberté au nom de ses croyances peut le faire tut en affirmant honnêtement sa tolérance envers ceux qui pensent le contraire. Liberté et tolérance envers les autres sont deux mots qui se marient bien...

    JM (Montréal)

  • Yvan Bélanger
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 09h39
    dogmatisme
    Quand la liberté laisse entrer le dogmatisme, il n'y a plus de liberté.
    Yvan Bélanger

  • Daniel Laflamme
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h53
    La dérive...
    Très bon texte M. Charbonneau

    Merci!

    Daniel Laflamme

  • Christian Montmarquette
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h55
    « Liberté et pauvreté » : Vive le Québec libre... Quelle liberté...?
    Monsieur Courtemanche est toujours intéressant. Et cette réflexion sur la notion de la liberté n'y fait pas exception. La démarche ici n'est ne consiste donc pas tant à «critiquer», mais à «compléter» ou à tout le moins nous proposer une réflexion...

    Mais, je m'étonne toujours que les gens de manière générale, lorsqu'ils abordent le sujet, négligent souvent pour ne pas dire «toujours» de mentionner ou d'aborder ou de mettre en référence la dramatique perte de liberté que subissent les personnes en situation de pauvreté.

    Si je prends la peine ici d'en parler ici, c'est que ces personnes sont tellement exclues de notre société, qu'elles en sont même au point d'être éjectées de nos discours et de nos réflexions.

    La plupart du temps, lorsque l'on aborde le sujet de la liberté, on fait références aux anarchistes, à la liberté de s'associer, d'expression, aux noirs, à la religion, au droit, à la loi, aux policiers etc.

    Mais rarement, pour ne pas dire «jamais» avons-nous vu faire les corrélations entre la liberté et la pauvreté. Et je ne parle pas ici d'une pauvreté choisie en toute liberté... bien évidemment. Mais d'une pauvreté violente, subie et endurée où il ne manque plus guère que le fouet du marchand d'esclaves pour compléter le tableau...

    Nous qui nous prétendons une société libre et dite évoluée, avons pourtant créé une classe de citoyens de seconde zone et prisonniers de la pauvreté.

    Liberté et pauvreté...

    Dans nos sociétés, la liberté est à ce point associée au revenu et qu'il est parfois plus facile d'en faire la démonstration par l'inverse...

    À ce titre on parlera même de «liberté 55» dans les publicités comme vous le savez. À condition bien évidemment, d'avoir été suffisamment nanti de la vie pour se payer une telle retraite... une telle... liberté...

    La personne pauvre elle, n'as pas de retraite pour ses vieux jours... Elle demeurera avec un maigre subside minimal de survie lui permettant d'assurer les strictes fonctions vitales de son organisme... Puis... d'attendre... Attendre quoi...? On se le demande... Sans doute le prochain chèque de pension... Pour... recommencer... à survivre...

    Une des premières pertes de liberté que subira la personne pauvre est, ce qui nous apparaît à généralement à tous acquis, est la perte de son mouvement et du pouvoir de se déplacer.

    Ne perdons pas de vue que les personnes pauvres et à l'aide sociale pour ne pas les nommer, qui doivent survivre avec 588.94$ par mois, doivent consacrer la majeure partie de leur maigre revenu dans le paiement du loyer.

    Par ailleurs, si elles éprouvent des problèmes de tous ordres : bruits, oppression d'un concierge ou du propriétaire, problèmes d'infiltration de froid... milieu malsain, violent etc. Elles n'ont pas la liberté de déménager... Parce que d'une part, elles n'en ont pas les moyens et d'autre part, il est très difficile de se re-localiser lorsqu'on ne peut présenter que son chèque d'aide sociale pour démontrer sa solvabilité. Ainsi la personne pauvre, n'est pas libre de déménager.

    À ce point, je crois, ou du moins je l'espère, certains doivent commencer à comprendre où je veux en venir...

    La personne pauvre et ne recevant que la prestation minimum de l'État à l'aide sociale, n'est pas non plus libre de se déplacer. Très souvent elle aura à choisir entre manger et la passe d'autobus.

    Elle ne sera donc pas libre de fréquenter ses amis ou sa famille, de recevoir à souper et de socialiser et encore moins de prendre des vacances.

    Elle n'est pas libre de prendre son passeport à cause des 150$ de frais. Elle ne sera donc pas libre de franchir les frontières pour se rendre aux États-unis ou ailleurs. De plus, la loi de l'aide sociale interdit de quitter le pays plus de 30 jours. Elle n'est donc pas libre de partir.

    À l'aide sociale, la personne pauvre n'est pas non plus libre de sortir un petit pécule de son fonds de pension ou de son REER s'il elle était parvenue péniblement à en acquérir, pour payer ses dettes et doit donc payer des intérêts que les autres ne paieraient pas et reste donc prisonnière de ses dettes. La personne pauvre n'est pas libre dépenser son argent.

    Elle n'est pas non plus libre de calculer son revenu annuellement comme les autres. Le revenu de la personne à l'aide sociale est calculé «mensuellement», ce qui lui retire à toute fin pratique la liberté de travailler.

    À ce titre la personne pauvre est imposée plus que les autres. Ainsi, si elle a reçue une somme dépassant 100$ ou 200$ durant le mois, elle sera imposée à «100%» et n'est pas libre de payer ses impôts annuellement comme tout le monde.

    Il n'y pas même pas si longtemps, durant des années, la personne pauvre n'avait même pas le droit de cohabiter sans se faire couper le « chèque». Elle n'était donc même pas libre d'avoir une vie affective normale avec son ami, sa compagne ou son conjoint.

    Les personnes pauvres ne sont pas non plus libres d'aller aux études à plein temps, puisque c'est interdit à l'aide sociale.

    La personne pauvre ne peut se permettre la liberté de sortir ou de socialiser et de participer comme les autres à la société. Elle doit rester autant que possible immobile pour ne pas engendrer de frais imprévus.

    La personne pauvre n'a pas la liberté de choisir son menu. Elle mange ce que la banque alimentaire accepte de lui donner ou achète strictement ce qui est en vente et dans la mesure où elle est capable de le transporter. Car la personne pauvre n'est pas libre de se payer une auto pour chercher des aubaines, elle n'a même pas la liberté de se payer des assurances ou ne serait-ce que les frais de permis de conduire ou d'immatriculation.

    La personne pauvre payera souvent plus cher d'intérêts que les autres, car, à l'aide sociale, elle n'est plus libre de changer de compagnie de crédit.

    La personne pauvre n'est pas non plus libre de conserver ses dents avec un traitement de canal. Car elle n'est pas libre de se payer les frais supplémentaires du dentiste.

    Beaucoup de personnes pauvres et identifiées comme telles, se voient remettre des contraventions et ont même perdu la liberté de s'arrêter dans un parc. On les accusera alors, de «vagabondage». Si elles récidivent, elles perdrons alors toute liberté et iront en prison.

    De nos jours, même au Québec, les coûts du chauffage sont chers et les pauvres n'ont pas la liberté de chauffer décemment. Les pauvres ne sont donc pas libres de ne pas geler.

    De plus, les pauvres ne peuvent souvent pas se vêtir décemment. Ainsi ils en perdent aussi leur dignité, leur estime de soi et la liberté de se vêtir convenablement. Ils ne sont souvent pas libres d'entrer dans des endroits où une certaine tenue vestimentaire est requise.

    Les pauvres ne sont pas non plus libres de participer pleinement à la vie politique, car ils ne peuvent se payer le luxe des déplacements aux assemblées en région ou loin de chez eux, pas plus que les frais d'entrée aux conseils nationaux ou aux congrès.

    Les pauvres ne sont pas aussi libres que les autres de choisir les médias qu'ils écoutent. Cloués à la maison, ils doivent endurés les pires postes de télévisions inondés d'annonces de marchandises et de services qu'ils n'ont pas la liberté de se payer.

    Et je pourrais continuer fort longtemps la litanie...


    Mais je suis toujours pétrifié de constater que les gens ne font pas le rapport entre la pauvreté et la perte dramatique de la liberté...

    Car s'il est deux notions dépendent presque intrinsèquement l'une de l'autre... C'est bien celles de la liberté et de la pauvreté...


    - Oui... très certainement...

    - Vive le Québec libre...

    - Oui, mais encore...

    - Quelle liberté...?




    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec


    Citations :


    «L'aide à celles et ceux qui ont une contingence dans la vie - pauvreté, maladie, etc. - est due en droit et non en charité privée. » - Léo-Paul Lauzon


    « Les pauvres ne meurent pas... Ils crèvent...»
    - Patrice Débiens / Poète


    « J'en suis venu à la conclusion, au fil des ans, qu'il n'y a qu'un problème majeur dans notre monde : c'est la pauvreté.» - Pierre Bourgault

    « La dignité d'un peuple est fonction de son aptitude à s'indigner» - George Elgozy

    « La liberté ne procède pas de la seule ratification d'une entente constitutionnelle intervenue entre deux États, mais aussi de la libération du peuple de l'oppression économique et de la prison de la pauvreté. » - C. Montmarquette

    « La pauvreté n'est pas naturelle. Ce sont les hommes qui la créent et la tolèrent, et ce sont les hommes qui la vaincront. Vaincre la pauvreté n'est pas un acte de charité,
    c'est un acte de justice.» - Nelson Mandela

    « Ce qui m'éffraie, ce n'est pas l'oppression des méchants,
    c'est l'indifférence des bons ». - Martin Luther King.


    Articles traitant du même sujet :

    Les bals de la pauvreté Léo-Paul Lauzon :
    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&am

    Vigile sous la tente devant l'Assemblée nationale :
    http://www.vigile.net/Une-reussite-mediatique

    Vive le Québec libre... Quelle liberté ?
    http://www.vigile.net/Vive-le-Quebec-libre-Quelle

    «Quand j'ai rencontré Madame Marois...»
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938

    Tous mes articles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_









    « Liberté et pauvreté » : Vive le Québec libre... Quelle liberté...?


    Monsieur Courtemanche est toujours intéressant. Et cette réflexion sur la notion de la liberté n'y fait pas exception. La démarche ici n'est ne consiste donc pas tant à «critiquer», mais à «compléter» ou à tout le moins nous proposer une réflexion...

    Mais, je m'étonne toujours que les gens de manière générale, lorsqu'ils abordent le sujet, négligent souvent pour ne pas dire «toujours» de mentionner ou d'aborder ou de mettre en référence la dramatique perte de liberté que subissent les personnes en situation de pauvreté.

    Si je prends la peine ici d'en parler ici, c'est que ces personnes sont tellement exclues de notre société, qu'elles en sont même au point d'être éjectées de nos discours et de nos réflexions.

    La plupart du temps, lorsque l'on aborde le sujet de la liberté, on fait références aux anarchistes, à la liberté de s'associer, d'expression, aux noirs, à la religion, au droit, à la loi, aux policiers etc.

    Mais rarement, pour ne pas dire «jamais» avons-nous vu faire les corrélations entre la liberté et la pauvreté. Et je ne parle pas ici d'une pauvreté choisie en toute liberté... bien évidemment. Mais d'une pauvreté violente, subie et endurée où il ne manque plus guère que le fouet du marchand d'esclaves pour compléter le tableau...

    Nous qui nous prétendons une société libre et dite évoluée, avons pourtant créé une classe de citoyens de seconde zone et prisonniers de la pauvreté.

    Liberté et pauvreté...

    Dans nos sociétés, la liberté est à ce point associée au revenu et qu'il est parfois plus facile d'en faire la démonstration par l'inverse...

    À ce titre on parlera même de «liberté 55» dans les publicités comme vous le savez. À condition bien évidemment, d'avoir été suffisamment nanti de la vie pour se payer une telle retraite... une telle... liberté...

    La personne pauvre elle, n'as pas de retraite pour ses vieux jours... Elle demeurera avec un maigre subside minimal de survie lui permettant d'assurer les strictes fonctions vitales de son organisme... Puis... d'attendre... Attendre quoi...? On se le demande... Sans doute le prochain chèque de pension... Pour... recommencer... à survivre...

    Une des premières pertes de liberté que subira la personne pauvre est, ce qui nous apparaît à généralement à tous acquis, est la perte de son mouvement et du pouvoir de se déplacer.

    Ne perdons pas de vue que les personnes pauvres et à l'aide sociale pour ne pas les nommer, qui doivent survivre avec 588.94$ par mois, doivent consacrer la majeure partie de leur maigre revenu dans le paiement du loyer.

    Par ailleurs, si elles éprouvent des problèmes de tous ordres : bruits, oppression d'un concierge ou du propriétaire, problèmes d'infiltration de froid... milieu malsain, violent etc. Elles n'ont pas la liberté de déménager... Parce que d'une part, elles n'en ont pas les moyens et d'autre part, il est très difficile de se re-localiser lorsqu'on ne peut présenter que son chèque d'aide sociale pour démontrer sa solvabilité. Ainsi la personne pauvre, n'est pas libre de déménager.

    À ce point, je crois, ou du moins je l'espère, certains doivent commencer à comprendre où je veux en venir...

    La personne pauvre et ne recevant que la prestation minimum de l'État à l'aide sociale, n'est pas non plus libre de se déplacer. Très souvent elle aura à choisir entre manger et la passe d'autobus.

    Elle ne sera donc pas libre de fréquenter ses amis ou sa famille, de recevoir à souper et de socialiser et encore moins de prendre des vacances.

    Elle n'est pas libre de prendre son passeport à cause des 150$ de frais. Elle ne sera donc pas libre de franchir les frontières pour se rendre aux États-unis ou ailleurs. De plus, la loi de l'aide sociale interdit de quitter le pays plus de 30 jours. Elle n'est donc pas libre de partir.

    À l'aide sociale, la personne pauvre n'est pas non plus libre de sortir un petit pécule de son fonds de pension ou de son REER s'il elle était parvenue péniblement à en acquérir, pour payer ses dettes et doit donc payer des intérêts que les autres ne paieraient pas et reste donc prisonnière de ses dettes. La personne pauvre n'est pas libre dépenser son argent.

    Elle n'est pas non plus libre de calculer son revenu annuellement comme les autres. Le revenu de la personne à l'aide sociale est calculé «mensuellement», ce qui lui retire à toute fin pratique la liberté de travailler.

    À ce titre la personne pauvre est imposée plus que les autres. Ainsi, si elle a reçue une somme dépassant 100$ ou 200$ durant le mois, elle sera imposée à «100%» et n'est pas libre de payer ses impôts annuellement comme tout le monde.

    Il n'y pas même pas si longtemps, durant des années, la personne pauvre n'avait même pas le droit de cohabiter sans se faire couper le « chèque». Elle n'était donc même pas libre d'avoir une vie affective normale avec son ami, sa compagne ou son conjoint.

    Les personnes pauvres ne sont pas non plus libres d'aller aux études à plein temps, puisque c'est interdit à l'aide sociale.

    La personne pauvre ne peut se permettre la liberté de sortir ou de socialiser et de participer comme les autres à la société. Elle doit rester autant que possible immobile pour ne pas engendrer de frais imprévus.

    La personne pauvre n'a pas la liberté de choisir son menu. Elle mange ce que la banque alimentaire accepte de lui donner ou achète strictement ce qui est en vente et dans la mesure où elle est capable de le transporter. Car la personne pauvre n'est pas libre de se payer une auto pour chercher des aubaines, elle n'a même pas la liberté de se payer des assurances ou ne serait-ce que les frais de permis de conduire ou d'immatriculation.

    La personne pauvre payera souvent plus cher d'intérêts que les autres, car, à l'aide sociale, elle n'est plus libre de changer de compagnie de crédit.

    La personne pauvre n'est pas non plus libre de conserver ses dents avec un traitement de canal. Car elle n'est pas libre de se payer les frais supplémentaires du dentiste.

    Beaucoup de personnes pauvres et identifiées comme telles, se voient remettre des contraventions et ont même perdu la liberté de s'arrêter dans un parc. On les accusera alors, de «vagabondage». Si elles récidivent, elles perdrons alors toute liberté et iront en prison.

    De nos jours, même au Québec, les coûts du chauffage sont chers et les pauvres n'ont pas la liberté de chauffer décemment. Les pauvres ne sont donc pas libres de ne pas geler.

    De plus, les pauvres ne peuvent souvent pas se vêtir décemment. Ainsi ils en perdent aussi leur dignité, leur estime de soi et la liberté de se vêtir convenablement. Ils ne sont souvent pas libres d'entrer dans des endroits où une certaine tenue vestimentaire est requise.

    Les pauvres ne sont pas non plus libres de participer pleinement à la vie politique, car ils ne peuvent se payer le luxe des déplacements aux assemblées en région ou loin de chez eux, pas plus que les frais d'entrée aux conseils nationaux ou aux congrès.

    Les pauvres ne sont pas aussi libres que les autres de choisir les médias qu'ils écoutent. Cloués à la maison, ils doivent endurés les pires postes de télévisions inondés d'annonces de marchandises et de services qu'ils n'ont pas la liberté de se payer.

    Et je pourrais continuer fort longtemps la litanie...


    Mais je suis toujours pétrifié de constater que les gens ne font pas le rapport entre la pauvreté et la perte dramatique de la liberté...

    Car s'il est deux notions dépendent presque intrinsèquement l'une de l'autre... C'est bien celles de la liberté et de la pauvreté...


    - Oui... très certainement...

    - Vive le Québec libre...

    - Oui, mais encore...

    - Quelle liberté...?




    _______________________

    Christian Montmarquette
    Membre de Québec solidaire
    Militant pour l'éradication de la pauvreté et l'indépendance du Québec


    Citations :


    «L'aide à celles et ceux qui ont une contingence dans la vie - pauvreté, maladie, etc. - est due en droit et non en charité privée. » - Léo-Paul Lauzon


    « Les pauvres ne meurent pas... Ils crèvent...»
    - Patrice Débiens / Poète


    « J'en suis venu à la conclusion, au fil des ans, qu'il n'y a qu'un problème majeur dans notre monde : c'est la pauvreté.» - Pierre Bourgault

    « La dignité d'un peuple est fonction de son aptitude à s'indigner» - George Elgozy

    « La liberté ne procède pas de la seule ratification d'une entente constitutionnelle intervenue entre deux États, mais aussi de la libération du peuple de l'oppression économique et de la prison de la pauvreté. » - C. Montmarquette

    « La pauvreté n'est pas naturelle. Ce sont les hommes qui la créent et la tolèrent, et ce sont les hommes qui la vaincront. Vaincre la pauvreté n'est pas un acte de charité,
    c'est un acte de justice.» - Nelson Mandela

    « Ce qui m'éffraie, ce n'est pas l'oppression des méchants,
    c'est l'indifférence des bons ». - Martin Luther King.


    Articles traitant du même sujet :

    Les bals de la pauvreté Léo-Paul Lauzon :
    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&am

    Vigile sous la tente devant l'Assemblée nationale :
    http://www.vigile.net/Une-reussite-mediatique

    Vive le Québec libre... Quelle liberté ?
    http://www.vigile.net/Vive-le-Quebec-libre-Quelle

    «Quand j'ai rencontré Madame Marois...»
    http://www.pressegauche.org/spip.php?article2938

    Tous mes articles chez Vigile.Net :
    http://www.vigile.net/_Montmarquette-Christian_

  • Michel Mongeau
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 10h21
    Liberté et sens critique: un couple inséparable
    Monsieur Courtemanche,
    Voilà un bien curieux texte que vous nous livrez aujourd'hui. On peut comprendre vos intentions mais un peu moins la dialectique qui envisage de les servir. Savez-vous ce qu'est un cégep en 2009? Et les élèves qui les fréquentent, ce qu'ils pensent, comment ils occupent leur emploi du temps, la place et le temps qu'ils octroient à autre chose qu'une culture émancipatrice? Combien il leur est difficile d'échapper au relativisme mièvre qui tient lieu de préjugé à tant de nos contemporains. Difficile aussi de leur faire comprendre que l'acceptation du droit à la liberté des opinions ne signifie nullement que toutes les opinion se valent. Que la médecine scientifique ne serait pas plus valable que l'homéopathie, que l'évolutionisme ne serait, finalement, qu'une opinion de même consistance que le créationisme béat? À une époque où nous avons un ministre de la culture, s'cusez, du patrimoine, qui ne connait pas notre grand fou de l'île d'Orléans ou que son collègue aux sciences et à la technologie, s'avèrerait un créationiste, ne croyez-vous pas que les cégeps soient en droit d'exlure de leurs enceintes fragiles les propagateurs d'opinions dénuées de fondement et de rigueur, qui peuvent bénéficier, à l'extérieur, de tant de tribunes et d'occasions pour confondre le citoyen?

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 10h28
    L'ignorance est dangeuseuse, pas la liberté
    "On pourrait comprendre un tel sursaut de protestation si le conférencier invité niait l'existence des chambres à gaz, s'il était connu pour tenir des propos haineux et encourager la violence, toutes choses interdites par nos lois." (Gil Courtemanche)

    Nier les chambres à gaz n'est pas interdit ici, le créationnisme n'appartient pas qu'aux évangelistes de la Bible Belt et l'évolution de Darwin n'a rien du sens "progressiste" que trop d'athées veulent lui donner.

    L'ignorance mène au dogmatisme et seule la liberté en est le remède.

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 11h03
    Liberté...et Vérité C.Pelchat tahcl@axion.ca
    Vous touchez ce matin un bien grave sujet qui remplit nos bibliothèques depuis longtemps et qui n'a pas fini de faire jaser. Pour commencer par le bon bout,il faudrait se demander si la liberté existe,de quelle nature elle est et à qui elle peut être appliquée. Voyez-vous, déjà là,nous entrons en pleine spéculation. Pas facile ce sujet,parce qu'il exige des ``a priori``et que ces préliminaires ne font pas l'unanimité entre les discuteurs. En effet,pour discourir de la liberté,il faut nécéssairement la rattacher à la VÉRITÉ et surtout en notre siècle orgueilleux et égotiste,personne n'est prêt à concéder à l'autre la possession de la vérité.Lisez les écrits de nos journaux,écoutez les commentaires de la rue,les bla-bla des médias,chacun a ``sa vérité``. Autrement dit,selon la tendance naturelle de l'homme à chercher la vérité sur toutes choses,il se forme au mieux une opinion qu'il prétend être ``la vérité``. Personne n'aimerait savoir en effet que l'idée qu'il s'est fait sur quelque chose est fausse; car là,rien ne marcherait plus,nous serions dans le mensonge systématique. Or,pourquoi la Vérité est-elle préalable à la liberté ? Parce que,comme l'écrivait Mme Bombardier ce matin:``L'HOMME EST UN ÊTRE MORAL``. Avec plusieurs interlocuteurs,notre analyse de ce sujet peut et je dirais même ``doit``s'arrêter là. Pourquoi ? Parce que beaucoup prétendent que l'homme n'est pas un être moral;beaucoup de scientistes affirment qu'ils n'est qu'un `` paquet de neurones``qui,elles, n'obéissent qu'à des relais moléculaires et atomiques incrits dans la matière dont nous sommes faits.
    Et je rejoins ainsi,sans l'avoir cherché un exemple de liberté pour une conférence sur la Créationnisme. Si L'homme n'est pas un être moral(CE QUE TEND À FAIRE VALOIR EN DERNIÈRE ANALYSE LA CONCEPTION ÉVOLUTIONNISTE DE DARWIN),alors,nous sommes le résultat de la combinaison de tous nos atomes et molécules et les exécuteurs aveugles de forces qui nous dominent et que nous ne comprenons pas.SUR CETTE VOIE,NE PEUT SE TROUVER AUCUNE LIBERTÉ. Cependant,si l'homme est un être moral(donc,un être dominé principalement,mais non exclusivement,d'un principe immatériel),donc capable d'action spéculative et décisive,alors là,tout s'éclaire.L'HOMME PEUT CHOISIR CE QU'IL VEUT FAIRE;IL EST LIBRE. Entendons-nous,il ne peut pas tout faire;il ne doit pas non plus tout faire.En fait,quand il exerce ses choix,il doit se modeler sur LA VÉRITÉ,c'est-a-dire,selon la lumière qui a été infusée naturellement par l'auteur de la VÉRITÉ en notre principe vital,i.e.la doite raison. Pratiquement,C'est la droite raison,éclairée des lumière de la VÉRITÉ qui est perceptible en toute personne
    de bonne volonté qui devient le critère de l'exercice de la vraie liberté;celle des enfants du Créateur... Oh,je sais bien ce qu'on va me répondre.On dira que c'est du religieux qui revient par la porte d'en arrière.Pourtant,pas du tout !
    Avant même que d'être un être religieux,l'homme est d'abord un être pensant et à ce seul titre,il peut dès lors
    exercer une certaine liberté qui, s'il la réfère à la VÉRITÉ,est un gage d'exercice lucide et sain de la liberté.
    Quant à l'application pratique de la liberté dont
    dont M.Courtemanche s'est fait le questionneur ce matin,elle
    doit s'exercer dans les lignes rationnelles propres aux êtres
    pensants,mais en se rappellant que les effets d'une application trop restrictive de la liberté sont généralement plus pernicieux qu'une restriction trop laxiste. Liberté! Liberté!que de palabres ne fait-on pas en ton nom! Liberté chérie,grâce à Dieu.
    Cécilien
    Lac-Mégantic

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 11h12
    Les ignorer c'est les nier
    De véritables chambres à gaz, avec des véritables restes de véritables victimes:

    http://www.dailymail.co.uk:80/news/worldnews/artic

    C'elles-là sont ignorées et donc niées, pendant qu'on emprisonne ceux qui refusent de croire à c'elles qui n'ont comme preuve que des histoires.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 11h16
    La liberté...
    ...n epeutr e aucun cas être un isntrument. le mot utile vient du mot outil. Ce qu'on utilise ce sont les machines et des hommes et des souris. La liberté est loin dêtre et utile et utilisée. Elle est liberté. C'est le propres de la liberté de ne pas avoir d'adjectifs. On instrumente pas la liberté puisqu'elle n,est ni machine ni homme ni animal. Le monde est suffisamment instrumentisé pour que nous fassions la même chose avec la liberté. Vous vous plantez aujourd'hui et ça nous dérange car à voir votre texte, on ne peut comprendre pourquoi vous avez écrit les autres allant à contre sens de celui-ci? Contradictions?

  • Martin Barrette
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 12h03
    Vive la liberté d'expression, mais pas à n'importe quel prix !
    M. Courtemanche,

    Je suis un des enseignants ayant signé la lettre demandant à la direction du Cégep de Sherbrooke d'annuler, sur son campus, la conférence de Michel Couillard portant sur le créationnisme.

    J'aimerais répondre à votre article en soulignant pourquoi cette conférence ne devait pas avoir lieu dans une institution publique.

    1) Selon votre expression, les « pauvres petits créationnistes » ont pu assister à la conférence de Michel Couillard dans une église de Sherbrooke. Donc, ils n'ont pas subit le bâillon ou une autre forme de censure. Ce qui pourrait être dénoncé dans votre article par contre, c'est que la conférence en question n'était qu'à sens unique. Elle ne permettait pas un échange, un débat ou une discussion. Une liberté d'expression n'est pas qu'un sens unique. Si nous avons le courage de nos opinions, nous devons avoir le courage d'en recevoir la critique aussi.

    2) Je suis un enseignant du Cégep de Sherbrooke parmi les 450 autres professionnels enseignants de cette institution. Nous travaillons dans un milieu où la rigueur intellectuelle est importante. Nous devons démontrer ce que nous soutenons. Si je devais être un créationnisme ou un négationnisme je ne travaillerais pas pour le Cégep de Sherbrooke, et avec raison. Comment aurions-nous pu accepter au Cégep un conférencier créationnisme sans pouvoir contre-argumenter ? Je demande à mes étudiants d'avoir un esprit critique, de douter, de chercher la vérité. Comment pourrais-je me présenter devant mes étudiants s'ils ne pouvaient pas y un esprit critique ?

    La liberté d'expression se joue dans les deux sens. Devrais-je me taire parce que je ne suis pas d'accord par la manière de discuter ou d'argumenter sur le créationnisme ? Non je n'ai pas à me taire, mais à réagir vivement contre ce qui peut s'avérer être une aberration pour l'intelligence humaine.

    3) Quelques collègues en philosophie et moi-même abordons le créationnisme dans nos classes. Mais nous comparons les arguments de ce mouvement de pensée avec ceux de la Théorie de l'évolution de Darwin. Nos discussions et présentations ne sont pas dans un sens unique. Les étudiants ont la possibilité d'apporter leurs arguments, de réfuter et de prendre position. Mais le tout se fait dans un esprit critique. Par exemple, une de mes étudiantes tentait de me démontrer que l'homme et les grenouilles n'évoluaient pas car si s'était le cas nous verrions cette dite évolution. Comment pouvons-nous supporter de tels arguments alors que nous connaissons tellement de diversité de grenouilles et d'humains (noir, blanc, jaune, poilu, non-poilu, cheveux châtains, blonds, noirs etc) ? Comment pouvons-nous nier la présence des squelettes d'humains datant de plusieurs centaines de milliers d'années ? L'anthropologie a fait ces démonstrations. Est-ce que nier ce que l'anthropologie a découvert est une forme de liberté d'expression ? Non M. Courtemanche, les créationnistes soutiennent la venue de l'homme sur Terre qu'à seulement 10 000 ans et qu'il n'a pas évolué. Il s'agit d'une propagande servant à pervertir les esprits car leur discours n'est nullement rationnel.

    J'ai d'autres exemples pour vous. Il est écrit dans la Bible que le Soleil fut arrêté dans le ciel pendant plus d'une journée. Josué ordonna au Soleil d'arrêter sur Gabaon (**Josué, Bible, chapitre 10,12-13). De plus nous retrouvons dans la Bible des gens qui furent changés en statue de sel, l'Arche de Noé qui sauva tous les animaux d'un déluge sur l'ensemble de la Terre, et la fameuse tour de Babel qui permit à tous les hommes, sous l'ordre de Dieu, de parler les différentes langues du monde.

    Est-ce qu'un créationniste, tel que M. Couillard, discuterait de la symbolique biblique de ces évènements ? Non M. Courtemanche, il emploierait un langage pseudo-scientifique pour tenter de nous expliquer ces évènements rejetant toute symbolique biblique.

    5) M. Courtemanche, permettriez-vous de faire la promotion de l'abolition des droits des femmes, des homosexuels et des minorités ethniques parce que ces droits ne sont pas écrits dans la Bible ? Je ne crois pas. Le mouvement créationnisme supporte des idées retournant la femme au Moyen-âge dans un rôle dont nous ne reconnaissons plus au XXIe siècle.

    La liberté d'expression est permise, est souhaitable et elle démontre un niveau de l'évolution de l'homme jamais égalé dans l'histoire de l'humanité. Protéger la vérité est une forme de liberté d'expression. Protéger les créationnismes n'est pas une forme de liberté d'expression. C'est une perversion de l'esprit critique dont les conséquences sont majeures et dangereuses pour l'identité de l'être humain.

    Martin Barrette
    Enseignant
    Département de philosophie
    Cégep de Sherbrooke

    **Alors Josué parla à l'Éternel, le jour où l'Éternel livra les Amoréens aux enfants d'Israël, et il dit en présence d'Israël : « Soleil, arrête-toi sur Gabaon, Et toi, lune, sur la vallée d'Ajalon ! »
    Et le soleil s'arrêta, et la lune suspendit sa course, Jusqu'à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis. Cela n'est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le soleil s'arrêta au milieu du ciel, Et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour.
    Josué, Bible, chapitre 10,12-13

  • Claude Archambault
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 12h21
    @ M Noel
    Vous semblez mélanger les choses, les chambres à gaz ont existé, il y a des preuve tangible de leur existence, donc tout révisionnisme n'est qu'une tentative de changer la réalité.

    Alors que l'évolution et le créationnisme ne sont que des théories. Certe il y a des point qui semble très logique et plus facile à accepter dans certaine théorie que dans l'autre. Aussi ile se peu très possiblement que l'une n'exclus pas totalement l'autre et qu'au contraire les deux peuvent se complémenter.

    Non on n'a pas droit au divisionnisme, mais oui on peu discuter de théorie car c'est tout ce qu'elle sont que des théories.

  • Andrée Ferretti
    Abonnée
    samedi 21 mars 2009 13h35
    confusion
    Aussi bien l'article de monsieur Courtemanche que les commentaires qu'il suscite jusqu'à maintenant sont confus, pour la seule et simple raison qu'ils ne font pas la distinction entre liberté et licence. La première entraîne nécessairement la responsabilité, la seconde la fuit.

    Un exemple entre mille possibles: les premiers prônent l'indépendance du Québec parce qu'ils revendiquent la responsabilité pour la nation québécoise de se gouverner elle-même, tant pour se féliciter de ses bonnes décisions que pour se blâmer des mauvaises; les seconds aiment la dépendance, parce qu'elles leur permet, non seulement de se soustraire à leur responsabilité collective de l'avenir de la nation, mais les autorise à s'en "ficher" pourvu qu'elle protège immédiatement (sans vision de la réalité à long terme) leurs intérêts strictement personnels.
    Andrée Ferretti.

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 13h39
    La liberté des uns et des autres.
    Vous soulevez une question très pertinente mais qui reste peut-être sans réponse. Il arrive que la liberté de l'un enfreigne celle de l'autre - où doit-on tirer le trait? Par exemple, les peuples autochtones au Canada sont victimes depuis quelques centaines d'années d'une politique d'assimilation et d'éradication de leurs cultures par les gouvernements coloniaux et le système d'éducation de l'état a contribué à ces politiques ethnocidaires (les pensionnats «indiens»). Maintenant ils veulent leurs propres écoles qui enseignent leur propres cultures dans leurs propres langues; selon vous cela serait-il aussi analogue au cas des écoles pour les noirs? Serait-ce une atteinte à la liberté de la société dominante?

    D'autre part, le créationnisme est une création de groupes religieux et n'a aucun fondement scientifique. Alors pourquoi un établissement d'éducation publique, financé par les taxes de tout le monde et qui se veut laïc devrait contribuer à la promotion d'un concept religieux en particulier? En fait cette présentation s'est faite là où elle devait se faire, à savoir dans une église, l'endroit idéal pour discuter de ce sujet. Il n'est pas exact de dire que «Nul élève du collège n'eut la liberté d'aller entendre ce discours, de le discuter, de le ridiculiser, de le découvrir ou de l'adopter» puisqu'on a pu voir aux informations des entrevues avec des jeunes qui ont assisté à la présentation et qui ont librement exprimé leur scepticisme. Est-ce que le collège ne pouvait exercer sa liberté de protéger sa laïcité?

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 13h55
    @ Serge Charbonneau
    Je ne sais pas ce que vous fumez, mais j'en veux!"

    (Ce n'est pas dans mes habitudes de faire des "one-liner", mais ce fut plus fort que moi, cette fois-ci.)

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 15h40
    Mais, M. Gabriel RACLE, vous dites bien des choses qui ne sont pas justes...
    La liberté d'expression et les autres droits de la personne n'ont pas été inventés en 1789,suite à la Révolution française, ils avaient d'abord été exprimés dans la déclaration d'indépendance des États-Unis en 1773 et décrits en détails dans la déclaration des droits du citoyens en 1786.
    Par ailleurs, Gallilée n'a pas renié sa croyance scientifique dans le fait que la terre soit ronde. Il a persisté et a été excommunié par l'Église catholique. De là son exaspération: "Et pourtant elle tourne". Cette excommunication n'a d'ailleurs été levée qu'en 1994.

  • Georges Paquet
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 17h50
    Les imprécisions volontaires de Mme Andrée Ferretti
    Sous prétexte d'éclairer notre confusion, Mme Ferretti se lance dans l'apologie de ceux qui préféreraient la liberté à la dépendance "les premiers, dit-elle, prônent l'indépendance du Québec parce qu'ils revendiquent la responsabilité pour la nation québécoise de se gouverner elle-même". Cette notion d'indépendance, appliquée au Québec a revêtu tellement de concepts que Mme Ferretti rendrait un grand service à ses lecteurs en ne laissant pas planer des imprécisions volontaires. Ainsi, l'indépendance dont elle parle est-elle une indépendance complète? Si son indépendance contient plusieurs domaines d'association, elle devrait le dire. Ainsi, à supposé que le projet de Mme Ferretti soit réaliste et ne propose pas une monnaie propre au Québec indépendant, pourrait-elle nous dire qui du Canada ou du Québec indépendant déterminerait la politique monétaire relative aux taux d'intérêt et à la dimension de la masse monétaire? Qui déterminerait le coût des passeports et les conditions d'éligibilité? Qui participerait aux discussions à l'intérieur du consortium qui gère la Station spatiale internationale? Je m'arrête là. Mais si les réponses à ces questions sont plutôt en faveur du Canada, et ne donnent pas beaucoup plus de latitude au Québec qu'il n'en a déjà, je me demande s'il faut consacrer autant de temps et d'énergie à cette indépendance-association.

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 18h49
    création d'un être stupide
    dring... allo!... qui????... NON, DIEU n'est pas là aujourd'hui... quoi?... mais je peux vous passer Obamma... euh... heu...à bien y penser, pourquoi Dieu aurait-il créé un être aussi stupide que l'humain... donc , euh par conséquent si l'humain stupide existe ... Dieu euh... heu heu heu

  • Jacques Baril
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 23h37
    Pic, pic , pic et télégramme... (!)
    «Liberty may be endangered by the abuses of liberty as well as by the abuses of power.»
    Qui a osé dire cela?

    C'est limite!

  • Claude Savard
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 06h55
    NOIR, noir ou nouar
    À la lecture de quelques-uns des textes commentant la chronique de M. Courtemanche, j'ai soudain eu une "illumination" (suis-je admissible à la sainteté pour ça? j'invite les lecteurs éclairés sur le sujet à m'en faire part): qu'est-ce qu'un "noir"? Quelle est la "vraie" couleur d'un "noir"?

    Que ces ancêtres proviennent du nord, du centre ou du sud de l'Afrique "noire" et la couleur de sa peau sera différente... Qu'il y ait un asiatique - plus ou moins "jaune" - ou un européen - plus ou moins "blanc" - parmi ses ancêtres et le "noir" sera plutôt "nouar". (Je prends des raccourcis, bien sûr. Vous excuserez tout le non-dit de mon commentaire.)

    À n'en pas douter, il y aura donc dans une école pour "noirs" des gens de différentes couleurs de peau... Tant qu'à y être, pourquoi, au nom d'une incontournable liberté, ne pourrait-il pas y avoir des élèves "blancs" - plus ou moins "jaune", plus ou moins "rouges" (mon salut jovial à la communauté amérindienne), plus ou moins "basanés" - dans cette école? Leurs cheveux devront-ils absolument être crépus? Et si oui, sera-t-il permis aux élèves de les teindre en blond? Quel forme de nez exigera-t-on? Devra-t-on énoncer une description du "noir standard"?

    L'exclusion n'est-elle pas, à la base, un comportement raciste? Le racisme envers "les autres" est-il une solution au racisme envers les "noirs"?

    Tout cela me conduit au doute sur l'intelligence humaine... Elle existe bel et bien, cette intelligence, mais qu'en faisons-nous? J'ai des doutes... Mais, me direz-vous, "comment peut-on identifier un doute avec certitude?" (Raymond Devos) Sans l'ombre d'un doute, j'ai tout à fait le droit de refuser de répondre à votre question...

    Claude Savard
    St-Jean-sur-Richelieu

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 07h37
    À Claude Archambault, l'évolution n'est pas une théorie, c'est une donnée scientifique.
    Cher Monsieur,
    L'arrivée et l'évolution de la vie sur notre planète s'explique totalement par des données scientifiques irréfutables. Il y a tellement longtemps que cette certitude existe que l'on serait tenté de la rapprocher de la certitude que la Terre est ronde. Ces deux certitudes ne sont pas des théories. Et, à moins de pouvoir contredire scientifiquement ces certitudes scientifiques, il faut qu'elles fassent partie du baggage de connaissances de chacun et surtout de nos enfants.
    Les religions et les croyances... c'est autre chose.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 09h06
    La confuserie de Madame Ferreti.
    Parce qu'elle fait exactement ce qu'elle critique, elle pense en fonction de ses « intérêts strictement personnels » politiques. Pourquoi ne pas avoir pris en autre exemple plus universel pour comprendre le terme liberté qu'elle laisse sans explication comme M Courtemanche? À l'université on dirait : « argumentez, développez. » (Kant serait content mais Alain se mettrait à pleurer de tant de vides argumentatifs.) Là, la pensée est nombrilo-québécoise comme si il n'y avait que des québécois et leur problématique sur terre. Quelle confusion, ça on peut le dire mais aussi quelle aliénation et manque absolu de liberté d'esprit. Elle n'est pas elle, elle est québécoise. C'est tout à fait différent. Platon remue, je l'entends de loin mais je l'entends.

    « Un exemple entre mille possibles », cela voudrait-il dire que les 999 autres possibles concernent le Québec ou l'universel oui ou non? Là encore Kant dirait : « publicité! », dans sa CRP pour que la pensée puisse être claire et compréhensible par tous. Parce qu'à la lire, on a l'impression que l'Universel est aussi québécois non humain. Mais alors, y-aurait-il une distinction ou non entre québécois et universel??? C'est une question inédite à la saint Anselme si vous voyez ce que je veux dire. Un argument ontologique des plus classiques mais là, c'est au nom de la théologie souverainiste québécoise.

    Non, le monde existe, je l'ai rencontré. La liberté n'est pas une notion de responsabilité, elle n'a rien à voir avec la réponse et l'appel, c'est son problème éthique, elle n'a pas à répondre à la présence d'autrui. Madame Ferreti me fait penser à Dostoïevski quand il nous dit au sujet de la liberté : « Il n'y a jamais eu d'état plus intolérable aux hommes et à la société que la liberté. » C'est ce à quoi je pense lorsque je lis des commentaires aussi confus que le sien.

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 09h19
    M. Dupuis, je l'avoue...
    Effectivement, M. Dupuis, vous avez vu juste.

    J'avais fumé un joint de réalité.
    Une drogue hallucinante!

    Nous l'avons tous sous le nez, il suffit d'en rouler un peu et de l'aspirer.
    Respirer un peu de «réalité» vous fait rapidement halluciner et vous en sortez comme "conscientisé"!

    Je ne comprends pas pourquoi tant de gens n'osent respirer la réalité.
    Elle est là, nous entoure et en plus c'est gratuit, absolument gratuit, il suffit de lever le nez, s'ouvrir un oeil (juste un) et s'en prendre un peu.

    Lorsqu'on s'allume à la réalité, celle-ci vous révèle des choses bien avant les études ou les sondages-qui-révèlent.

    Si les journalistes fumaient un brin plus de réalité, je vous jure que l'information s'en trouverait améliorée.

    Ils préfèrent tous attendre l'étude ou le sondage-qui-révèle ou alors avoir recours aux grands prêtres, aux dits "experts" qui eux, dans bien des cas, sont payés pour brouiller la réalité plutôt que de l'éclaircir.

    Bien sûr que cette drogue "gratuite" et puissante n'est pas publicisée. Imaginez si le monde était conscientisé, ce serait la révolution. Cette drogue est un vrai danger, les religions le savent trop bien. Imaginez que le pape dise à des gens ayant respiré un peu de réalité que le condom propage le sida!!!
    J'ai l'impression que les gens se révolteraient au point de lui en enfiler un, condom.

    En respirant un peu de réalité, on voit clairement que les hommes et les femmes même s'ils sont différents (pour mon plus grand bonheur) sont totalement égaux. Les négationnistes de cette réalité peuvent aller se rhabiller comme du vrai monde!

    On voit aussi que ce que l'on appelle la pire crise de l'Histoire est en fait la plus grande arnaque de l'Histoire.
    Juste un exemple, prenons la "LOI" du marché, qui est, un peu, et même beaucoup, comme une LOI de dieu. En respirant la réalité, on voit que lorsqu'on réduit l'offre de 4,2 millions de barils par jour (ce que l'OPEP a fait depuis l'automne dernier), le prix chute. La "LOI" ne tient plus, c'est comme le créationnisme. L'église économique s'écroule. 4,2 millions de barils DE MOINS PAR JOUR et le prix passe de 147 $ à 35$ (si la pompe avait suivi!!!!). La LOI dit que lorsqu'on raréfie, le prix augmente.

    Toutes les églises nous masquent la réalité pour nous empêcher de la respirer.
    Si le monde devenait plus conscient, elles perdraient toutes (les églises) leur immense pouvoir.

    Les églises religieuses, économiques et politiques, tous ces manipulateurs du monde, veulent vous empêcher de respirer la réalité, mais vous avez la «LIBERTÉ» de vous en rouler tant que vous voulez. Une drogue absolument pas dommageable. Cependant, une drogue qui peut vous perturber considérablement, mais pour votre plus grand bien.


    Allez, suivez mon conseil, roulez-vous un bon joint de réalité.
    Ça ne vous fera pas de tort!




    Serge Charbonneau
    Québec

  • martin dubois
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 09h46
    limiter la liberté est un exercice dangeureux
    Réflexion ou pas, votre texte, M. Rémillard, explore le bien fondé d'une liberté sans limites, ou la nécessité d'en restreindre l'exercice.
    Ce que j'ai pensé en vous lisant, c'est à quel point limiter la liberté est un exercice dangereux. En effet, contrairement à ce qui se dégage de votre réflexion, je suis en accord avec la décision du collège de Sherbrooke d'interdire l'activité créationniste qu'on voulait y présenter. Aussi, je suis plutôt en faveur d'écoles réservées à des noirs, des homosexuels, ou d'autres minorités. Quant aux manifestations du collectif contre la brutalité policière, je serais tout-à-fait en faveur de l'interdire.
    Mais mes opinions, comme les vôtres, sont entremêlées de considérations et surtout d'émotions différentes, issues de notre vécu et de notre vision de la liberté. Cette diversité de points de vue expliquent pourquoi la restriction de la liberté est un exercice si dangereux. Sur le plan intellectuel, toutes les balises et interdits sont contestables, ou justifiables. De plus, plusieurs propositions de limites rallient une majorité populaire. Par ailleurs, plusieurs de ces balises mènent à un déséquilibre des forces sociales, ainsi qu'à des abus de toutes sorte qui finissent immanquablement par réduire l'espace de liberté individuelle comme une peau de chagrin.
    Voilà donc l'embêtant dilemme qui ronge notre société.
    Ce qui est étrange, c'est notre incapacité chronique à aborder ce dilemme comme un ensemble de problèmes reliés. Nous sommes empêtrés dans le micro, dans la gestion du cas par cas.
    Mais il y a quelques questions plus globales auxquelles nous nous devons de réfléchir. Dont celles-ci : La liberté survivra-t-elle à long terme si notre société continue à permettre que des individus, quels qu'ils soient, exercent et prônent la violence ?
    La liberté survivra-t-elle à long terme si nous continuons à appliquer des restrictions variables d'un groupe à l'autre, et surtout variables en fonction du pouvoir de ces différents groupes ?
    La liberté survivra-t-elle à long terme si nous nous avérons incapables de privilégier la recherche de la connaissance, et incapables de marginaliser le dogmatisme par une éducation privilégiant le questionnement ?
    La liberté survivra-t-elle à long terme si nous continuons à agir de manière inéquitable, en combattant le dogmatisme qui nous embête, tout en protégeant les dogmes que nous privilégions (que ceux-ci soient spirituels, sociaux, politiques ou scientifiques)?
    Ces questions, nous ne nous les posons pas encore parce que nous sommes tous encore trop empêtrés dans nos hésitations sur la vraie nature de la liberté.
    Si nous savions reconnaître en nous la partie qui veut empêcher la remise en question, et sachions la neutraliser, alors nous n'hésiterions pas à limiter certaines libertés, parce que nous saurions alors mieux distinguer lorsqu'une liberté est exercée pour empêcher la remise en question et la connaissance, lorsqu'elle est réclamée pour figer l'humanité.
    Nous n'y sommes pas encore. Nous n'avons pas encore intégré la vraie nature de la liberté : qui est fondamentalement la recherche de la connaissance.

  • Jean Maxime
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 10h18
    Pas trop
    Cher M. COURTEMANCHE,

    Je suis passablement embêté par votre texte.

    Je ne suis pas trop le sujet sur lequel vous insistez, ou vous voulez apporter notre attention. La liberté de croire en Dieu, la liberté de croire n'importe quoi, l'organisation de la vie en société, la [manipulation...] exercée par certaines évangélistes, la crédibilité universitaire...?

    Pardonnez-moi, je suis tout mêlé.

    La première question que vous soulevez c'est : les enfants qui sortiront de cette école seront-ils plus libres, plus affranchis, ou seulement plus Noirs? La réponse est immensément simple. Cela dépend essentiellement de la perspective des éducateurs. Cela dépend essentiellement de la présence à soi que les profs sont en mesure d'exercer pour prendre en considération la perspective de l'autre...! Malheureusement, cette présence à soi, ne s'acquiert pas à travers les mots mais plutôt en la mettant en pratique, en devenant un observateur observé, non juge.

    Cette présence à soi, sans porter de jugement consiste à porter attention, moment par moment à son corps, ses pensées, ses émotions, ses croyances et ses attitudes. Ainsi nous devenons plus habiles à nous connecter avec nous-mêmes pour mieux se connecter avec le monde qui nous entoure. Faire cette connexion renverse l'état de déconnexion engendré par le stress dans lequel on s'emprisonne, qu'on soit noir, qu'on soit rouge ou qu'on soit blanc. Désamorçant les mécanismes de pilotage automatique, cette présence à soi favorise :

    · L'amélioration de la santé physique et émotionnelle;
    · L'atteinte d'un état de calme intérieur et d'une capacité d'attention nécessaire à l'atteinte d'une expérience optimale, dans chaque aspect de notre vie, qu'il soit relationnel, académique, commercial, sportif, ou artistique.

    Ainsi un personne peut non seulement être en contact avec tout ce qui est nauséabond dans la culture de l'autre, mais aussi ce qu'il y a de positif dans ce qui lui apparaît nauséabond.

    Vous faites un parallèle entre Star Académie, les évangélistes et les créationnistes. «Le créationnisme est à la raison et à la science ce que Star Académie est à la création artistique». Votre propos demande d'élucider une certaine confusion, pour ne pas dire une confusion certaine.

    A moins que je ne me trompe, les créationnistes contribuent à la promotion de l'existence du mythe DIEU dans la société. L'existence de ce mythe dans la société, l'évidence scientifique de son origine, ou la réalité factuelle à l'origine du mythe, sont des choses bien bien différentes.
    La Genèse est le prologue de toute la Bible. Elle contient des écrits à base de récits mythiques sur les origines du monde et de l'humanité. On parle bien ici de «récits mythiques» dans le sens de mythe. C'est-à-dire un récit porté par une tradition. D'après l'Académie française, le mythe est un récit fabuleux, contenant généralement une morale.
    Là où cela pose problème c'est l'intensité avec laquelle, un évangéliste, un disciple, un groupe, une société, s'attache à un mythe en le prenant au pied de la lettre, en le prenant comme une description exacte du déroulement d'événements plutôt que comme un récit mythiques riche en enseignements. Cela finit par jammer parce que ce n'est pas la même partie du cerveau qui se met à l'oeuvre ou que l'on imprègne d'une information.
    En conclusion à cet aspect de votre propos, le récit mythique existe, certains évangélistes sont aussi efficaces que Star Académie pour développer des agents de transmission. Ceux-ci peuvent devenir aux yeux de téléspectateurs, des représentants d'un Dieu qui peut être mythique ou rationnel, voir même mystique.
    En terminant vous en appelez de, la liberté de dénoncer violemment, en ce qu'elle peut entraîner la répression. La personne qui dénonce violemment est-elle vraiment libre? Je crois plutôt qu'elle est enfermée dans un agir inconscient. Agir inconscient que seul, l'entraînement rigoureux à davantage de présence à soi nous permettra de sortir de ce guêpier qui plus souvent qu'autrement, qu'on soit policier, manifestant, ou chroniqueur, nous empêche d'être suffisamment présent à l'autre.

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 11h24
    Mais, M. Georges Paquet, vous dites bien des choses qui ne sont pas justes...
    Mise au point
    Galilée n'a jasmin été excommunié et après son procès pour suspicion d'hérésie, au cours duquel il s'est rétracté, il n'a jamais dit « Et pourtant elle tourne! » C'est une légende bien connue. J.-P. II l'a simplement réhabilité pour cause de procès injustifié.
    Je n'ai pas écrit que la liberté d'expression et les autres droits de la personne ont été inventés en 1789, j'ai simplement cité un extrait de la « Déclaration universelle des droits de l'homme » de 1789, sans préjuger de son antériorité. Il faut lire ce qui est écrit et non ce qui ne l'est pas.

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 22 mars 2009 20h33
    M. Gabriel RACLE, vous avez raison, Galilée n'a pa subi l'excommunication, il a eu pire, il a eu droit au tribunal de l'Inquisition et à la résidence surveillée jusqu'à la fin de ses jours..
    Et la repentance de l'Église à son égard n'a pas eu lieu en 1994, mais bien en 1992.

    Et pour "la liberté portée à son pinacle" en 1789, on repassera.

  • Guillot Sophie
    Inscrite
    lundi 23 mars 2009 11h29
    Liberté ...
    Cetains parlent de Vérité (majuscule s'il vous plaît), alors que chaque Vérité est réelle pour chaque défenseur d'une Vérité qui lui est propre. Je fais personnellement l'apologie des Vérités multiples comme un cristal de roche a de multiples facettes, chacun de son point de vue regarde une facette qui est bien réelle, et chaque facette a son existence propre, réelle.

    D'autres parlent d'une liberté qui s'arrêterait là où celle des autres commencerait. Toute la difficulté en la matière consiste à ce que chacun soit conscient des limites des libertés des autres autour de soi, ce dont nous semblons être assez loin.

    Il me semble que cette notion de liberté est extrèmement vaste, pour ne pas dire vague. Les exemples pris par Monsieur Courtemanche sont volontairement extrèmes. Oui, les créationnistes sont libres de croire en leur dogme, même si l'autre théorie de l'évolution comporte de très nombreux points qui collent le mieux à la réalité des recherches archéologiques. Ils sont libres d'y croire, mais je comprend fort bien que les professeurs du Cegep se soient opposés à ce que les théoriciens soutenant une telle thèse profondément contraire à tous les éléments objectifs à disposition de tous viennent tenir conférence pour essayer de convertir quelques nouveaux naïfs. Imaginons une conférence organisée dans une université de médecine tentant de défendre l'indéfendable, que le préservatif ne protège pas du sida bien au contraire.... Le tollé international que la position de Benoît XVI a provoqué est parlant. ( et justifié ) . Benoît XVI est libre de penser cela mais pas de l'exprimer publiquement parce que c'est un leader religieux et que cette déclaration met potentiellement en danger des milliers de vies.

    Le cas de l'école publique de Toronto me laisse songeuse. En effet on peut se demander sur quels critères exacts seront admis certains élèves et sur lesquels d'autres seront rejettés. Je crois que la meilleur façon de lutter contre le racisme est d'intégrer dans toutes les strates de la société des gens de toutes origines indépendamment de la couleur de leur peau, de leur religion, nationalité ou croyances. Si cependant une communauté noire ressent le besoin de créer une telle école, c'est selon moi l'échec cuisant d'une intégration ratée, c'est sans doute que ces gens là dans leur quotidien souffrent d'une exclusion. Le remède ne réside pas à mon sens dans une autre forme d'exclusion.

    Le collectif créé pour protester contre les violences policières me semble défendre une cause juste, peut-être que leur façon de la défendre justement n'est pas adéquate, mais encore une fois, on peut se demander pourquoi les policiers, au nom de quels ordres qu'ils exécutent, se permettent-ils autant de violence sur des manifestants. C'est comme si on admettait une certaine forme de protestation mais pas une autre, donc on peut considérer que le dit collectif est légitime. Je me méfie toujours de l'étiquette "anarchiste" collée par le pouvoir sur tout ce qui le dérange par trop; on veut par là marginaliser un groupe, les montrer du doigt comme de dangereux terrorristes, ce qui est aussi une forme de terrorrisme intellectuel qui ne vient pas nécessairement de là d'où l'on voudrait que nous croyons qu'il vienne. Par analogie je pense à l'affaire de cet automne en France à propos de cathéraires de la SNCF, à ce jour depuis décembre un homme croupit toujours en prison sous aucune inculpation, simplement au prétexte qu'un groupe de personnes se réunissait pour discuter de politique par tout à fait correcte selon le gouvernement de Sarkozy, et puis aussi parce qu'il faut bien le reconnaître, il fallait à tout prix trouver un bouc émissaire à ce désordre qu'était le retard permanent de trains. Sarkozy n'a t il pas été élu en mettant en avant son activité débordante? Faut que ça bouge, par toutatis ! ( à la limite peu importe comment et dans quel sens, tout sauf de l'immobilisme semblant être sa devise )

    Alors oui, nous avons la liberté de penser à peu près tout, y compris le négationnisme, mais en tous cas, suivant la position que l'on occupe et la tribune que nous avons, certains points de vue ne sont pas admissibles. En France, un négationniste est poursuivi par les tribunaux et condamné. Le Pen et certains de ces "amis" le savent.

    Si seulement chacun avait en permanence à l'esprit la devise suivante: "Se respecter soi, respecter l'autre"... Les limites de la liberté de chacun sont là. Nous avons encore beaucoup de travail pour en arriver là, simplement parce que parfois nous nous mettons nous-mêmes de barrières et des interdits qui n'ont pas toujours lieu d'être et que de ce fait, nous tentons d'enfermer les autres dans les mêmes barrières injustifiées.

  • Jacques Lasnier
    Abonné
    lundi 23 mars 2009 16h31
    Liberté, je crie ton nom !
    Votre papier, M. Courtemanche, intitulé « La liberté est un instrument dangereux » semble lier le conseil scolaire de Toronto, les créationnistes de Sherbrooke et le Collectif contre la brutalité policière dans un même paquet ! Essentiellement, votre propos tient à ceci : dans les trois cas, il y a danger de susciter l'enfermement, la répression, l'exclusion ... Il faut dénoncer la ghettoïsation. Vive la liberté ! Je ne peux dire grand-chose des cas de Toronto et de Montréal, car je ne connais pas assez bien les données. Par contre, en ce qui concerne Sherbrooke, j'ai relevé un certain nombre de faussetés à la lecture de votre texte.

    D'abord, il est très naïf de prétendre que le créationnisme n'a pas d'effets néfastes. Le créationnisme n'est pas une science, mais une doctrine. Qui plus est, une doctrine qui soutient un discours moralisateur très dégradant à l'égard de citoyennes et citoyens « libres », ne serait-ce que les gais et lesbiennes, les pro-choix, les athées, etc. Curieux hasard, dans la même semaine où se produisaient ces événements à Sherbrooke, les medias publiaient des articles sur le Congrégation de l'Esprit Saint, qui prétend que la Terre a la forme d'une poire. Et le 8 mars, journée internationale des femmes, une des membres faisait une sortie très troublante sur sa vie dans la secte. Il y a des torts et des dommages dans les cas des personnes qui suivent aveuglément ou qui sont forcées de suivre n'importe quel gourou, n'importe quel enseignement charismatique.

    Ensuite, vous affirmez que « nul élève du collège n'eut la liberté d'aller entendre ce discours, de le discuter, de le ridiculiser, de le découvrir ou de l'adopter ». Ceci est erroné. La conférence s'est tenue dans une église de Sherbrooke et de nombreux étudiants s'y sont rendus. La publicité inespérée qu'a reçue Michel Couillard, de Origine Création, a très bien fait son affaire et tout ce beau monde s'en est même réjoui publiquement. Il est faux de dire que la conférence n'a pas eu « lieu », elle a tout simplement « changer de lieu ». Alors la liberté de parole n'a absolument pas été entravée, empêchée, bafouée, réprimée, etc.

    Par ailleurs, le Groupe évangéliste étudiant a un local -un lieu- bien à lui fourni par le collège, où on est libre de prier quand on veut, d'y affirmer ses convictions autant qu'on veut, de même que les catholiques ont leur local de pastorale. Alors affirmer que « Dieu n'a pas le droit de pénétrer dans les locaux grisâtres de la laïcité et de la science » est un manque flagrant d'information de votre part. De plus, on a l'impression à vous lire que pour vous, laïcité et science semblent tout à coup devenues des instruments de répression de la liberté de parole. Bien voyons ! Vous venez tout juste de vous en apercevoir ? Qu'est-ce que les profs de philo ou de bio font depuis des années dans le réseau des cégeps sinon que de la répression ? Évidemment, en faisant semblant de parler de l'esprit critique, ou de la méthode scientifique. Pour ce qui est de la grisaille de nos locaux, je ne saurais dire si les vôtres sont sombres ou illuminés, et franchement, je m'en fous.

    Je termine enfin en soulignant le fait suivant. Vous brandissez vous-même le drapeau de la liberté comme étant un idéal. Mais vous dites aussi clairement que nous serions justifiés de refuser l'accueil à un négationniste, par exemple. Pourquoi ? Pourquoi ne pas laisser aux élèves l'opportunité « de le discuter, de le ridiculiser » sur la base des faits historiques? Et qu'en serait-il de Raël, de la biologie totale, etc. ? Quelle est la ligne qui démarque ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas ?
    Vous soulignez à juste titre que la liberté « peut être un instrument dangereux quand elle n'est pas accompagnée par la réflexion ». Et je suis tout à fait d'accord avec vous. Mais j'entends encore, comme en sourdine, le « Liberté, je crie ton nom », de Jeff Fillion et de CHOI-FM.

    Pierre Paul Charlebois
    Département de philosophie
    Cégep de Sherbrooke

  • Philippe Langlois
    Inscrit
    mardi 24 mars 2009 08h26
    Une analyse insuffisante des «pauvres petits créationnistes»
    Monsieur Courtemanche,

    J'ai lu avec intérêt votre colonne de samedi dernier sur la notion de liberté. J'avoue ne pas avoir été convaincu par la démarche générale du texte, en particulier par le lien entre les deux premiers cas et le troisième - celui sur la brutalité policière. Toutefois, c'est au sujet de ce que vous écrivez sur l'affaire du créationnisme au Cégep de Sherbrooke que j'aimerais vous répondre. Étant donné que j'ai été aux premiers rangs de cette petite lutte contre la tenue de la conférence, je crois en effet être en bonne position pour vous donner la réplique.

    La première chose que j'ai à reprocher à votre compréhension du problème, c'est de sous-estimer et de méconnaître la démarche des créationnistes. Ainsi vous les présentez tour à tour comme des «aberrations folkloriques», comme de «pauvres petits» et comme des gens qui «changent de trottoir lorsqu'ils croisent un homosexuel.» Au fond, vous les dépeignez comme de gentils badauds, un peu arriérés mais inoffensifs. Je commencerais par rectifier les faits quant à leur homophobie : les créationnistes ne «changent pas de trottoir» lorsqu'ils croisent un homosexuel. Ils sont connus pour militer activement contre la reconnaissance des droits des gais et des lesbiennes et pour l'aggravation de leur stigmatisation. Vous n'ignorez certainement pas à quel point ils talonnent, aux Etats-Unis, les programmes éducatifs des établissements publics afin qu'ils enseignent des contenus plus créationnistes, moins évolutionnistes. Vous ignorez peut-être, toutefois, qu'ils sont au Québec très actif dans le développement de l'école à la maison (voyez http://www.acpeq.org/ vers lequel nous oriente http://www.origine-creation.org/conferences.html). Ils encouragent ainsi des parents à enfermer leur enfant dans un parcours éducatif qui met les valeurs de leur famille à l'abri de toute remise en question sociale. L'effet n'est même pas ici l'effet de ghetto que vous avez raison de redouter dans le cas de l'école noire de Toronto ; c'est carrément d'un effet de secte dont il faut parler. L'éducation de dizaines d'enfants est cloisonnée dans un espace familial et religieux pur et protégé de toute altérité - cette altérité au nom de laquelle vous formulez vos arguments dans votre texte. Ainsi, premier point : les créationnistes ne sont pas de gentils badauds mais sont un groupe organisé en haut lieu avec un agenda politique. Qu'ils soient politiquement relativement faibles au Québec en comparaison aux Etats-Unis ne justifie pas qu'on se contente de les trouver «rigolos».

    Vous décrivez plus loin notre intervention en termes d'un «grand brouhaha de laïcisme», sans en dire davantage. Pourquoi réduire l'enjeu de la laïcité à du brouhaha ? Dites-moi M. Courtemanche, que vaut à vos yeux le principe de la laïcité ? Pourriez-vous vous exprimer clairement à ce sujet ? Vous n'ignorez certes pas que le débat sur la place de la religion à l'école se joue dans une large mesure entre les défenseurs d'un certain communautarisme - que vous dénoncez comme étant fermé à la différence - et les défenseurs de la laïcité - que vous dénoncez à leur tour comme étant fermés à la différence. Au-delà de votre verve critique, pourrait-on savoir où vous vous situez dans ce débat ?

    Vous opposez deux lignes plus loin «ceux qui croient en Dieu» à «ceux qui croient en la science». Or ici vous escamotez une distinction fondamentale. On ne «croit» pas en la science comme on «croit» en Dieu. Je ne parle pas ici d'idéologies techno-scientifiques ou de dérives scientistes. Je parle simplement d'établir une distinction de base entre la foi et la raison. La foi croit alors que la raison démontre. Mais la raison ne «croit» pas dans les vérités qu'elle démontre ; elle les connaît. Bien sûr, la formule que vous avez employée, qui oppose science et religion comme deux croyances symétriques, est bien jolie. Elle frappe, elle marque des points auprès du lecteur. Seulement, elle est fausse. Elle induit en erreur sur la nature de la relation entre foi et raison. C'est là où vous manquez le débat de fond qui a été soulevé dans l'affaire du créationnisme au Cégep de Sherbrooke.

    Le problème, en effet, avec le créationnisme est le suivant : il s'agit d'une position sur la nature de la vie, et particulièrement de la vie humaine, qui s'appuie purement et simplement sur la foi mais qui se travestit en théorie scientifiquement, rationnellement justifiée. Ainsi vous faites preuve d'une naïveté à laquelle je ne m'attendais pas venant de votre part lorsque vous écrivez que les créationnistes veulent simplement «exprimer leurs convictions». C'est aller pas mal vite et oublier deux autres aspects de l'affaire. 1) Ils veulent surtout faire passer des convictions religieuses pour des hypothèses scientifiques - et ceci relève d'une démarche à la fois malhonnête et mal venue dans un établissement scolaire 2) Ils veulent vampiriser, pardon, s'associer à la crédibilité scientifique de l'institution dans laquelle ils sont «invités», comme vous le dites, à «s'exprimer». Cette crédibilité, ils ne peuvent pas l'acquérir par les voies protocolaires de la recherche scientifique (publier dans une revue avec comité de lecture, par exemple). Toutefois, ils en ont besoin de cette crédibilité scientifique. Solution ? Se faire inviter par des petits groupes appartenant à des institutions d'enseignement supérieur, mettre le logo du cégep ou de l'université sur les documents distribués à la conférence et ne pas oublier d'ajouter une ligne à son CV de conférencier. Question de faire ensuite valoir à la population que leurs idées sont reçues dans les sphères autorisées. La vérité est que rien ni personne de sérieux dans le domaine de la recherche scientifique ne valide le point de vue créationniste. Toutefois, toute la stratégie des créationnistes - c'est du marketing politique - est orientée vers cet unique objectif : mettre au coude à coude les recherches évolutionnistes et la doctrine religieuse créationniste. En faisant cela, on sous-entend que le créationnisme est une alternative à l'évolutionnisme, et qu'il a donc le statut d'une théorie scientifique.

    Vous expliquez plus loin que la liberté d'expression «s'applique aussi à ceux qui ne pensent pas comme nous». Je ne peux qu'être en accord avec cette évidence, mais vous passez, ici encore, par-dessus une distinction qui est au coeur de notre argumentaire. Le droit à s'associer avec les autres fidèles de sa communauté pour exprimer en public les dogmes en lesquels on croit n'est pas compromis par le principe suivant lequel cela ne devrait pas se faire dans une maison d'enseignement laïque. On peut en effet très bien le faire ailleurs : dans une église, bien entendu, mais aussi dans d'autres institutions, lors d'une manifestation, dans un événement festif public, etc. ; ce droit est garanti par la loi et je m'en réjouis, bien entendu. Toutefois, le fait que la tromperie que j'ai décrite plus haut soit tenue à l'intérieur des murs d'une institution d'enseignement est problématique pour au moins deux raisons importantes. 1) C'est donner illicitement aux créationnistes la crédibilité scientifique qu'ils cherchent à afficher, comme je l'ai déjà expliqué. C'est donc cautionner leur jeu politique. De manière générale, votre argumentaire, basé sur la liberté d'expression et une éthique de la différence, manque la question politique. 2) Cette tromperie autorisée par le Cégep brise un lien de confiance fondamental entre les étudiants et le Cégep. Une telle confiance est basée sur le fait que les étudiants viennent au cégep pour acquérir des connaissances crédibles. Ils font confiance au jugement des personnes qui travaillent au Cégep (profs, administration, etc.) pour transmettre les connaissances recevables et filtrer les pseudo-connaissances, celles qui relèvent du charlatanisme par exemple, ou encore celles qui sont tout simplement des croyances religieuses et doivent être présentées comme telles. En ce sens, la démarche des opposants à la conférence sur le créationnisme a été fidèle à ce lien de confiance, elle l'a préservé, et nous sommes très fiers de l'avoir fait.

    Avant-dernier point : vous prétendez que, par notre faute, aucun étudiant du Cégep n'a pu aller au contact des idées créationnistes. Ceci est faux. La conférence est demeurée ouverte à tous, même une fois déménagée à l'église, c'est-à-dire à la place qui lui revient.

    Finalement, vous posez la question rhétorique à savoir si on ne pourrait pas qualifier notre démarche d'«obscurantisme post-moderne». La faculté de renverser la réalité et de la faire marcher sur la tête est un grand pouvoir, un pouvoir que j'admire. Mais comment ne pas sourciller lorsque vous arrivez au résultat suivant lequel la vigilance critique est coupable d'obscurantisme alors que l'obscurantisme est victime de puissante censure ? Peut-être trop occupé à prendre plaisir à cette expression, vous ne réalisez pas que vos idées prennent ici le dessus sur vous, et que vous dérapez complètement. Le post-moderne, soit dit en passant, se rapproche pas mal plus de l'individualisme des droits que vous défendez que de la responsabilité envers les institutions communes que nous avons défendu.

    J'espère que ces arguments vous aideront à raffiner votre position. Je tiens à préciser que je partage ce que je comprends être votre inquiétude fondamentale : maintenir des canaux de communication entre les divers groupes qui composent la société. Mais l'esprit de la laïcité n'est pas étranger à ce souci, au contraire. Les principes éthiques que vous invoquez - ouverture, liberté d'expression, tolérance - ne perdent rien de leur pertinence dans l'analyse que je fais de l'affaire des créationnistes au Cégep. Cependant, il est politiquement naïf d'assument, comme vous semblez le faire, que les seules limites qu'on puisse opposer à ce genre de phénomène soient celles définies par les lois contre la propagande haineuse. Les institutions publiques ont droit et ont intérêt à se doter de politiques suffisamment fortes pour défendre la nature publique de leur mandat. En dépit des apparences, de telles politiques peuvent servir la cause de l'inclusion. Car comprendre les principes éthiques qui s'appliquent à une situation problématique, c'est aussi savoir reconnaître la manière dont ces principes sont instrumentalisés par des intérêts politiques étroits, comme ceux qui animent les «pauvres petits créationnistes».


    Très cordialement,


    Philippe Langlois
    Département de philosophie, Cégep de Sherbrooke

  • henri gabrysz
    Inscrit
    mardi 24 mars 2009 18h26
    à Monsieur Langlois
    sous le couvert de la tolérance et de l'acceptation, les groupes gays-lesbys viennent dans les polyvalentes donner des conférences qui ne sont rien d'autre que du prosélytisme , de la promotion de l'homosexualité,...alors, on peut en questionner la scientificité, la logique, la rigueur... mais à propos, la théorie de Darwin est éminemment intéressante et importante, car elle révèle en creux et en vrai qu'il y a un résultat sans cesse changeant et sans cesse croissant (aristocroissance) amélioration et soif de perfection

  • Chryst
    Abonné
    mercredi 25 mars 2009 18h08
    La liberté
    Elle comprend la liberté d'expression et de pensée.

    Considérant que le cerveau humain est très malléable avant l'âge adulte, il serait dangereux de le programmer en vue de la violence, de la haine ou de l'exclusion.

    Les décisions du conseil scolaire de Toronto ou de quelques professeurs du CEGEP de Sherbrooke laissent songeurs puisqu'elles semblent dénoter une certaine forme d'exclusion, de rejet.

    Faudrait au moins s'assurer qu'aucune de haine ou de violence n'y sont propagées surtout dans le jeune âge ou avant l'âge adulte.

    N'oublions jamais que la liberté des uns finie où commence celle des autres. Quoi qu'en pense monsieur Langlois ceux qui dirigent nos grandes corporations font ce qu'ils veulent de la science. Ils l'utilisent comme bon leurs semble, selon leurs valeurs. Leurs objectifs immédiats avant tout.

    La science et la foi finissent par se rejoindre; la première malgré ses avancées fulgurantes des dernières années, n'aura jamais réponse à toutes nos questions.

    La liberté est aussi le meilleur rempart contre toute forme d'oppression.

    Comme monsieur Carbonneau, nous trouvons le titre est dangereux en lui-même.

    Michel Thibault ing. f., retraité, m. sc. écologie et pédologie.

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