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Entretien avec Gérard Mordillat - Quinze ans à disséquer la Bible !

Christian Rioux   23 décembre 2008  Éthique et religion
Gérard Mordillat
Photo : Agence France-Presse
Gérard Mordillat
Paris — Chacun des 12 épisodes de la série dure une heure. Chaque émission s'ouvre de la même manière par un gros plan sur une vieille bible manuscrite. Puis, une voix off résume l'émission précédente. Une centaine d'experts venus des quatre coins du monde défilent les uns après les autres devant un fond noir. Certaines entrevues ont duré six heures. Pas d'infographie, pas la moindre musique, aucune animation. Le dépouillement est total. Rien que des théologiens, des historiens et des philosophes qui réfléchissent aux origines du christianisme!

On dira que Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, qui se disent par ailleurs non croyants, font de l'antitélévision loin des gadgets à la mode. Les deux hommes préfèrent dire qu'ils offrent simplement aux téléspectateurs une chose rarissime qui se nomme «le spectacle de l'intelligence».

Quinze ans après avoir réalisé la série Corpus Christi, un succès international d'ailleurs programmé par Télé-Québec en 1999, Prieur et Mordillat récidivent pour la troisième fois. Après L'Origine du christianisme, qui a battu tous les records d'audience en 2003, leur dernière réalisation s'intitule L'Apocalypse. La série, qui devrait faire le tour du monde, est présentée depuis peu sur la chaîne culturelle franco-allemande Arte où elle est déjà devenue un événement.

«Si on m'avait dit, il y a 15 ans, que j'allais passer tout ce temps à disséquer la Bible, je n'aurais jamais commencé, avoue Gérard Mordillat. D'abord, aucune télévision au monde ne s'engagerait sur un programme aussi sévère. Au départ, c'était déjà extraordinaire d'avoir pu convaincre nos coproducteurs d'Arte de consacrer 12 heures à six versets de l'Évangile selon Jean [Corpus Christi]. Imaginez la tête de n'importe quel président de chaîne à qui vous expliquez un tel projet. Vous n'avez pas fini votre phrase qu'il est déjà parti en courant.»

La troisième série s'intitule L'Apocalypse. Après la vie de Jésus et les premiers temps du christianisme, on y examine ces années au cours desquelles le christianisme est devenu la religion de l'Empire romain. Parmi la centaine d'experts interviewés, on trouve notamment deux spécialistes québécois des textes bibliques, Jean-Pierre Prévost et Anne Pasquier.

«L'étude de cette période permet une lecture politique stupéfiante, dit Mordillat. Tous les chercheurs font les liens entre les premiers temps du christianisme et les questions politiques d'aujourd'hui. Les martyrs de l'islam, par exemple, ne sont pas si loin des martyrs chrétiens. À la différence près que ces derniers ne faisaient de mal qu'à eux-mêmes. Mais leur idéologie est celle qui imprègne toute la tradition martyrologique à partir du judaïsme. Elle exprime cette idée fondamentale que la souffrance amènera Dieu à rétablir la justice.» Parmi les témoignages surprenants filmés par Prieur et Mordillat, on trouve celui de l'Italien Marco Rizzi qui rapproche les déclarations de Mohamed Atta, qui a lancé un avion sur le World Trade Center, de ce qu'écrit Polycarpe avant son martyre vers 155.

La fin du monde n'est pas venue

La période qui préoccupe cette fois Prieur et Mordillat voit la transformation du christianisme en religion d'État. Le sujet est évidemment très polémique, car, dit Mordillat, «il faut de bonnes lunettes pour trouver ça dans l'Évangile. On peut dogmatiquement le prétendre, mais on ne peut pas le défendre historiquement». Étrangement, tout commence par la fin du monde.

«Cette idée de l'attente de la fin des temps est fondamentale dans les premiers siècles du christianisme. L'Apocalypse se termine sur le retour du ressuscité pour juger les vivants et les morts. La fin des temps n'est pas sa destruction, c'est la mise en accord du monde avec Dieu. Dans les Évangiles, écrits après la mort de Jésus, on conserve ses paroles selon lesquelles les hommes de sa génération verront l'Apocalypse. L'affirmation sera démentie par l'histoire. Plus tard, dans les années 50-60, Paul attendait la même chose. À nouveau, il sera démenti par l'histoire.»

Chaque fois que l'histoire contredit la parole de Dieu, les Chrétiens devront s'adapter. Jusqu'à ce que les mouvements gnostiques modifient cette orientation. À un monde horizontal succédera une relation verticale avec Dieu. Le monde ne changera pas, tout se passera dorénavant dans les cieux. Mordillat reprend à son compte l'affirmation du théologien excommunié Alfred Loisy (1857-1940): «Jésus annonçait le royaume, et c'est l'Église qui est venue.»

Où situer l'an zéro?

Après avoir réalisé deux premières séries qui montraient comment le christianisme fut à l'origine un simple courant du judaïsme, Prieur et Mordillat devaient inévitablement se poser la question du moment où le christianisme prend véritablement son envol.

«À l'époque de Jésus, la Palestine est occupée depuis Pompée, et les Juifs se demandent comment il se fait que la terre sacrée est occupée par des impies. Le Temple fonctionne, on y fait des prières et des offrandes, mais cela ne donne rien. Des mouvements religieux et politiques feront tout pour que ça change. Jean le Baptiste appellera à une repentance générale. Jésus se manifestera au Temple en espérant que Dieu chassera les impies. D'autres se retireront dans le désert et s'infligeront des mortifications. Jusque-là, on pouvait être juif de bien des façons. De toute façon, le judaïsme se fédérait en un lieu, le Temple. Avec sa destruction, en 70, tous ces courants vont entrer en compétition. Les Pharisiens diront qu'il faut s'appuyer non plus sur un lieu destructible, mais sur un texte: la Torah. Les partisans de Jean le Baptiste diront qu'il faut se repentir. Ceux de Jésus diront qu'ils détiennent l'explication.»

C'est donc à partir de ce moment que le catholicisme se sépare du judaïsme, estiment Prieur et Mordillat. Les conséquences seront dramatiques et ressenties encore aujourd'hui. Les Pharisiens vont l'emporter en Palestine. Les Baptistes vont êtres accaparés par les mouvements chrétiens. Les chrétiens vont s'ouvrir aux païens au point de compter plus de non-Juifs que de Juifs.

«C'est là que l'histoire du christianisme commence, dit Mordillat. L'an zéro du christianisme pour nous, c'est la chute du Temple. C'est de là que ça part. Le christianisme s'éloigne alors du judaïsme. Au point que l'Évangile selon Jean fera dire à Dieu, à propos de celui-ci, "votre loi" comme si ce n'était pas la sienne. Or Jésus n'avait jamais pensé une autre religion que le judaïsme, et certainement pas une religion romaine, celle de ses bourreaux.»

Le véritable Israël

Selon les chercheurs qu'interviewent magistralement Prieur et Mordillat, c'est de là que date aussi le débat déchirant entre juifs et chrétiens. Ce débat est une constante dans les trois séries télévisées qu'il sera utile de revoir en rafale.

«Les chrétiens se trouvent donc croyants d'une religion dont la figure tutélaire n'a jamais été chrétienne, dit Mordillat. Et ceux qui appartenaient à la même religion que Jésus lui dénient ce titre. Il y a là une contradiction déchirante qui mènera à l'antijudaïsme dont on trouve la trace à l'intérieur même des textes chrétiens jusqu'à l'antisémitisme catholique et protestant. Luther était terriblement antisémite. On va conserver la figure du juif comme celle de la surdité, de l'aveuglement, du mal. Pour un certain nombre de chrétiens, il est encore insupportable d'entendre dire que Jésus était juif. Ça demeure la blessure de base.»

Pour la suite de l'histoire

La série s'achève juste avant saint Augustin, qui séparera la cité terrestre de la cité céleste. Jérôme Prieur et Gérard Mordillat n'ont pas le projet de se lancer dans une nouvelle aventure. Pour l'instant du moins. Avec l'auteur de La Cité de Dieu, le sujet serait tout trouvé. On leur a aussi proposé d'appliquer leur méthode à l'histoire de l'Égypte et à celle du marxisme. Ils se contentent pour l'instant de souhaiter que les chercheurs approfondissent l'analyse des questions qu'ils ont soulevées.

Selon Mordillat, un nouvel éclairage pourrait venir des études en cours parmi les chercheurs juifs qui sont en train de relire les mêmes textes à la lumière des connaissances historiques actuelles. «Depuis peu, un certain nombre d'historiens juifs se sont mis à travailler sur les textes chrétiens en y lisant la meilleure attestation du judaïsme du Ier siècle. Cette lecture ouvre de grandes perspectives et permet de se déprendre d'une compréhension forcément teintée par la lecture chrétienne.»

Mais si les trois séries de Prieur et Mordillat ont eu un tel succès, c'est peut-être aussi à cause de l'approche de leurs auteurs qui sont d'abord des littéraires. Avant de s'attaquer à la Bible, Mordillat avait en effet réalisé un film sur Antonin Artaud.

«La Bible a été écrite par des écrivains. On ne peut qu'admirer leur talent. Quand l'auteur de l'Évangile de Jean fait dire à Jésus "Mon Royaume n'est pas de ce monde", on a envie d'applaudir même si Jésus n'a jamais dit ça. Ce fut le génie du christianisme de conserver dans les Évangiles des textes qui se contredisent. Tout ça c'est de la littérature. On pense à Balzac qui prétendait être le meilleur historien du XIXe siècle. À mon avis, il avait raison...»

***

Correspondant du Devoir à Paris

***

Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Jésus sans Jésus, Seuil 2008






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Vos réactions

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  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 07h22
    De quel Christianisme... ?
    « Bon-Jour tout le Monde !

    Grands mercis pour ce Mot sur l'antitélivisioniste Gérard Mordillat qui... diffuse une Série sur les Origines du Christianisme et des liens possibles d'avec le Judaïsme d'alors, revisité.

    Du Souhait formulé par Mordillat, il est et demeure tout-aussi pertinent de LE re-layer auprès de la Recherche chrétienne de l'Événement-Jésus via, par exemple, le TANAKH, le Talmud... qui, soudainement, L'honorera de "sagesse"... ou-encore... de "folie" !

    De quel Christianisme s'agit-il, ici, de disséquer, de démystifier... ou... de renouveler, redynamiser... tant auprès de l'Opinion publique spécialisée, non-spcialisée que Celle de la Population... ?

    De ce qui précède, espérons quelques OUVERTURES et LUMIÈRES ! -23 décembre 2008 - »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 07h38
    Religion.
    « Ce sont les égyptiens qui commencèrent à faire de l'antimonothéisme et de l'antisémitisme non les chrétiens. de plus, ce ne sont ni les Grecs, ni les romains qui mirent brutalement fin à la culture millénaire des égyptiens mais les chrétien et les musulmans parce que ces derniers croyaient encore jusqu'à maintenant que leur religion est la seule vraie. Rien de tel à l'époque du "paganisme". L'intolérance vient des 3 monothéismes à la différence que le judaïsme a conservé une frontière entre eux et le monde tandis que les chrétiens comme musulman, plus universalistes, traversèrent ces dites frontières pour duprosélytisme sauvage et destructeur. L'intérêt est de voir que ce fut Akhenaton, le premier monothéisme repris par le judaïsme, qui opéra ce qu'on nomme "La distinction mosaïque", i.e. une distinction entre la vraie religion et la fausse religion. Une révolution qui a la offrir au monde lea dynamique des massacres à venir. Rien de tel à l'époque du paganisme. En gros,le résultat sémantique serait d'entendre et nous l'entendons fort bien: "si tu n'es pas musulman, tu es infidèle; si tu n'es pas démocrate, t'es un facho." Il est vrai aussi,la réponse à la bible écrite par des écrivains, est que le monothéisme n'a jamais pu s'établir autrement que sous la forme d'une tradition fixée par écrit. Déjà le tables de la loi, c'est un texte écrit. Il n'y avait pas d'équivalent avant comme corpus étatique non seulement religieux, rituel.. J'ai eu l'occasion de bavarder avec un des auteurs, on peut dire que cette réalisation est remarquable mais manque de mise en perspective historique plus affutée. La violence et l'intolérance viennent de l'éclosion du monothéisme. L'humanité n'a pas eu de chance. »

  • marcel vinet
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 08h20
    l avenir sera...
    « un monde ou la femme sera l égal de l homme et non pas un objet de soumission ou de sexe pour l homme...selon St.Paul,le Christ est le chef de l homme,l homme est le chef de la femme et Dieu est le chef du Christ...y a comme quelque chose la dedans qui n a jamais bien fonctionné,l homme n est pas plus le chef de la femme que la femme peut etre le chef de l homme...mais ca rationnalise tres bien l esclavage dont les humains commencent a peine a se sortir grace a la science...Marcel »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 08h31
    Vive la véritable authenticité!
    « En espérant la diffusion éventuelle de cette série sur nos ondes, il serait également intéressant de se référer à l'excellent reportage de Roch Côté, paru dans le dernier numéro de l'Actualité (janvier 2009), intitulé "La Bible, une histoire inventée?" qui déboulonne également bien des "légendes mythiques", heureusement, de moins en moins intouchables au profit d'une authenticité véritable! »

  • Cécilien Pelchat
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 09h18
    Que dire de tout ca ?.... C.Pelchat......tahcl@axion.ca
    « Première remarque.Il y a trois ans,quand Mel Gibson a voulu
    réaliser ``LA PASSION``,il n'a trouvé à Hollywood aucune grande compagnie cinématographique pour s'engager à appuyer son projet. Il s'est fait servir toutes sortes d'arguments
    pour le dissuader.Le cinéaste-acteur l'a donc produit à ses frais.Même au moment de sa distribution,on lui a mis toutes sortes de bâtons dans les roues,de sorte qu'il a fini par dénicher une compagnie de moindre envergure qui n'avait rien à perdre et qui a entrepris de peine et de misère la distribution du film que même des chaines de cinéma voulaient boycoter. Il a fallu le courage des cinémas évangélistes (pas catho)pour faire débloquer les projections et au producteur lui-même d'en assurer la publicité.
    Mais,quand il s'agit de faire la promotion de l'antichristianisme,quelle que soit la forme,il se trouve toujours une institution ``charitable``pour appuyer,même de ses deniers,n'importe quel film,pièce de théâtre,objet d'art,
    fausse pièce d'archéologie(comme on l'a vu il y a deux ans avec le tombeau du frère de Jésus).
    Depuis une vingtaine d'années,ces ``oeuvres``
    pullulent;il y en a des dizaines. Des gens s'intitulent archéologues,chercheurs,experts,théologiens et que sais-je,puis arrivent sur la scêne publique avec un film,un livre ou un faux manuscrit ancien et là la propagande commence.
    La cas ``da vinci code``est un classique. Histoire faussée,événements inventés,personnages imaginés,artéfacts fabriqués de toute pièce,tout est bon à qui veut confondre et
    mentir.Puis,la bonne foule bêlante désinformée,qui ne demande pas mieux que de se faire raconter des histoires à dormir debout,se garroche vers les produits à vendre,à lire ou à visionner.
    Je me rappelle d'une couple de série sur l'histoire du Christianisme présentées à Radio-Québec,à Radio-Canada ou Historia et dans lequel les experts sur des questions dogmatiques du catholicisme étaient des théologiens
    que l'Église avaient interdit d'enseigner dans diverses universités européennes ou américaines. Et ca ne gêne pas ces auteurs et producteurs de série de présenter comme véridiques des gens qui sont dans le champ...
    Pourtant,L'HISTOIRE,la vraie,est là dans de vieux
    textes de près de 2000 ans,dans les grandes bibliothèques du monde,dans les archives du Vatican où tous les vrais chercheurs peuvent fouiller. Tous nous disent que JÉSUS,est
    un homme réel qui a vécu en Galilée,qui a prêché,fait des miracles inouis,fondé une Église,puis est mort crucifié entre deux voleurs et que depuis,les portes de l'Enfer n'ont pas prévalu sur Son Église fondé sur Pierre et ses successeurs. Tous les textes disent aussi que dès les premiers instants de la nouvelle Église,tous ses adeptes,bien que provenant en grande partie au début du judaisme,se distinguaient tellement nettement des juifs d'origine que des disputes sérieuses durent être résolues
    par les chefs,quant à ce qui pouvait et ne pouvait pas être
    admis pour les nouveaux chrétiens en provenance du judaisme,et que d'autres que d'ex-juifs pouvaient être admis comme chrétiens.
    Quant à moi,ces novateurs ignares et pas toujours bien intentionnés,peuvent continuer à essayer de bourrer le monde ordinaire,mais leurs oeuvres iront bientôt rejoindre
    la masse immense des faussaires de tout acabit qui gangrènent
    le monde intellectuel qui cherche LA VÉRITÉ.
    Jésus est toujours vivant et vrai.
    C.Pelchat
    Lac-Mégantic »

  • Jean-Victor Côté
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 09h51
    Cela donne le goût de regarder la télévision...
    « ...mais je trouve dommage que l'athéisme soit considéré comme un gage d'objectivité journalistique concernant la religion. Cependant, il faut bien admettre que les religions embrigadent en général leurs adeptes. »

  • Jeanne du Lys
    Inscrite
    mardi 23 décembre 2008 10h11
    L'histoire c'est passionant !
    « Article très intéressant, c'est passionant l'histoire. Merci à vous et n'oubliez pas de nous informer lorsque leur dernière réalisation qui s'intitule L'Apocalypse sera accessible aux Québécois.

    Si on connaissait enfin notre vraie histoire il nous serait alors plus facile de s'orienter pour le futur.

    Personnellement, ayant moi aussi subi dans mon enfance le lavage de cerveau catholique, je me suis toujours demandée le comment et le pourquoi au fait que je pouvais aimé si profondément Dieu et détesté si profondément l'Église Catholique...

    Sylvie R. Tremblay
    Jeanne du Lys »

  • Richard Gauthier
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 10h45
    2008 ans d'histoires rocambolesques
    « Oui, Jésus a existé. Il souffrait probablement selon un psychiatre bien connu,de schizophrénie paranoïde. Opinion que je partarge également. Rien de plus rassurant qu'un Gourou pour nous protéger des peurs de la soi-disante fin du monde. Alors, c'est le principe de la saucisse, plus on a peur plus les peureux se rassemblent. Il y a un libre penseur Paul C. Bruno qui nous présente la religion catholique comme une pure invention (Débaptizez-moi pour l'amour de Dieux) et nous fait ressortir les contradictions dans la bible. Par contre son libre est de l'épaisseur d'une bible. Alors joyeux congés, c'est le bon côté des religions. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 10h50
    Ça c'est un vrai message de Noël. Bravo !
    « Le catholicisme sera toujours une Église de l'Empire. C'est pourquoi elle s'est mise aussitôt du côté de l'occupant Anglais et que les Québécois l'ont finalement rejettée.

    Aujourd'hui encore, les évêques du Québec se positionnent contre les catholiques qui se mobilisent pour le retour de leur droit de liberté de conscience retiré par l'État (ECR). Et ce, même pendant que le Pape lui-même, à Rome, se soulève contre ce relativisme d'État !

    Le pouvoir terrestre avant-tout. »

  • Paul-Émile Racine
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 11h32
    séries télévisées de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur
    « J'ai apprécié l'article de Christian Rioux sur le sujet (Devoir mardi le 23 décembre 2008)
    au point que j'aimerais pousuivre ma réflexion personnelle.
    Existe-t-il un moyen d'avoir accès à ces 3 séries télévisées ? »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 11h44
    @Cécilien Pelchat
    « L'universalisme (impérialisme) de l'église catholique est sa faiblesse et c'est notre malheur.

    C'est pourquoi ce sont les Juifs qui dominent Hollywood ainsi que les grands médias et non pas les catholiques, car le judaïsme est la religion exclusive du Juif, sa culture propre et donc forte, qui s'impose à l'Empire plutôt que de s'y soumettre. Tandisque le catholicisme censure, freine les expressions créatives nationales afin de conserver son emprise universelle.

    La religion juive reste donc exclusive et par cette force loyale d'un peuple envers lui-même fait de sa culture son instrument de conquête universelle (culture américaine) impérialiste.

    Si les autres peuples en faisaient autant, il n'y aurait plus que des guerres culturelles. Une compétition de créativité.

    Au lieu de çà, on cherche à déjudaïser Jésus et en faire un non-juif pour se l'approprier. Pour y arriver on rejette ses propres origines dans des élans d'inclusion universelle. Nous perdons toute saveur, identité et culture propre, car plus aucune loyauté autre qu'à l'église ou l'État.

    Au lieu de se reconnaître comme peuple, nous cherchons à éliminer celui auquel nous avons subtilisé notre dieu. Plus de Juifs, alors plus personne pour nous rappeller que Jésus en était. »

  • Pascal Barrette
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 12h07
    Le Christ païen
    « J'ai bien hâte de voir cette série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur sur nos écrans. Dans une entrevue sur «L'Apocalypse», Jérôme Prieur disait: «En fait, à travers ces portraits, nous avons voulu donner une sorte d'état des lieux de la recherche dans le monde à la charnière du XXe et du XXIe siècle, sur des questions toujours très sensibles, très vivantes.»

    (http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/L-Apocalypse/2285208.html).

    J'ai hâte de voir si les chercheurs et historiens interviewés par Mordillat et Prieur soulèvent le problème suivant: les textes «fondateurs» sur lesquels ont planché les exégètes ne sont-ils pas ceux que l'Église et le judaïsme officiel, notamment sous la botte de Constantin pour le christianisme, ont bien voulu retenir? Qu'en est-il des textes que l'Église, pour des raisons apologétiques, a elle-même brûlés ou rejetés?

    Je suis en train de lire le livre fascinant du chercheur religieux canadien Tom Harpur, intitulé «The Pagan Christ». Au chapitre quatre, Harpur résume toutes les destructions de bibliothèques, dont celle d'Alexandrie contenant les écrits anciens des cultures grecques et égyptiennes, incendies commandés au IV ième siècle par les évêques qui sous Rome s'étaient donné comme mission de détruire les reliquats de toutes les croyances et cultes «païens» pour que ne trône que la seule histoire «vraie», celle du Juif Jésus. On sait que la Bible est elle-même le résultat d'une sélection de textes appelée le canon qui s'est produite pour le Nouveau Testament aux premiers siècles de notre ère. Certains évangiles, dont celui de Marie-Madeleine, ont été déclarés «apocryphes» et brûlés. Seuls quelques fragments ont survécu à ce «bibliocide», dont l'Évangile selon Thomas.

    Au chapitre V, Harpur va plus loin. Il fait état de la recherche qui existe depuis un bon nombre d'années sur les origines du christianisme qui en fait proviendrait de mythes «païens». Il cite un chercheur égyptologue, Gerard Massey, qui a découvert sur les bas-reliefs du temple égyptien Luxor la naissance virginale du dieu Horus, annoncée par un ange et saluée par trois sages venus d'Orient. Massey établit plus de 180 parallèles entre les mythes de Osiris, Horus et Ra connus plus de mille ans avant l'ère Jésus, dont les suivants: Horus a été baptisé par Anup le Baptiste qui plus tard sera décapité; Horus marchait sur l'eau, chassait les démons et guérissait les malades; il a été transfiguré sur une montagne; Horus était «le bon pasteur, l'agneau de Dieu, le pain de vie, le fils de l'homme»; il a été crucifié entre deux voleurs, enterré dans une tombe et ressuscité; il a proclamé un «sermon sur la montagne» (Tom Harpur, The Pagan Christ, p. 84).

    En faisant du christianisme la seule religion d'État sous Constantin, Harpur démontre le changement de paradigme du «mystère du Christ». Ce qui au départ était la représentation symbolique de la condition de tout homme, notamment par le symbole de la croix, une verticale croisant une horizontale représentant le transcendant traversant notre dimension terrestre, soit Dieu dans la chair, est devenu «l'histoire réelle» d'une seul homme, Dieu devenu homme. Les autorités du 4ème siècle ont tout fait pour détruire toute trace de ce qui aurait vraiment donné naissance au christianisme, à savoir des mythes venus de l'Orient. Ou, dit autrement, l'Église de Constantin a tout fait pour détruire ce qui n'était pas conforme à ce qu'elle voulut qu'elle fût, l'histoire d'un seul homme-dieu. Selon Harpur, la survie du christianisme serait aujourd'hui, non pas dans sa démythification, mais dans sa «remythification», c'est à dire dans son rétablissement, non pas comme une histoire littérale ayant vraiment eu lieu, mais comme un mythe, une allégorie, un symbole de Dieu fait homme en chacun de nous. D'ailleurs, ici c'est moi qui pose la question, combien de prédicateurs chrétiens croient vraiment que le corps de Jésus soit littéralement monté au ciel?

    «L'état des lieux» dont parle Jérôme Prieur, comme on peut le deviner, est loin d'être terminé. C'est ce qui rendent les recherches de Mordillat, Prieur et Harpur, dérangeantes certes, mais si fascinantes. Merci Christian Rioux d'oser en faire état.

    Pascal Barrette
    Ottawa »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 23 décembre 2008 12h21
    À quand la série à Radio-Canada?
    « Ca nous changerait de la 14e reprise de La p'tite vie!

    Parlant p'tite vie. Hier matin sur RC
    9 à 12h : Buringo
    12 à 13h: Nikolof
    13 à 15h: Femhiu

    Sans parle de Céline qui prend le gros trône!

    EXIT L'HOMME QUÉBÉCOIS À RC. »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 15h07
    Un lavage de cerveaux très réussi
    « Il faudra des siècles avant que des esprits critiques puissent remettre en question les croyances et morales que le judaïsme, le christianisme et l'islam ont enracinées dans la tête de l'Homme. Des voleuses d'âmes, que sont les religions monothéistes !
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontaario »

  • Pierre-Paul Roy
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 16h43
    De Paul Valéry
    « « Le mot amour ne s'est trouvé associé au nom de Dieu que depuis le Christ.» Voilà. »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 23h34
    alliance cinéaste et journaliste
    « Les journalistes (cinéastes aussi) de la trempe de Mordillat ou Prieur ont flairé depuis longtemps ce que peut rapporter financièrement l'industrie de la déconstruction du Christianisme. Je me demande pourquoi ils ne s'attaquent pas avec la même ardeur à l'Islam dont jadis Hanna Zaharias (Gabriel Théry) a démontré qu'il n'était qu'une mauvaise version du Judaïsme. Je me demande pourquoi ils ne s'attaquent pas à déconstruire la Bible et le Talmud; mais j'ai des doutes sur les accointances de Prieur ou de Mordillat avec le judaîsme et donc, je comprends son silence à cet égard. Leurs argumentations odorent le type d'argumentation que j'ai rencontré dans mes discussions avec des groupes juifs sur Internet.
    Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'ai pris connaissances des systèmes sentationnalistes à la Mordillat-Prieur. Car Mordillat-Prieur sont des bâtisseurs de systèmes analytiques biaisés. Tout autant que le fameux Tom Harpur. Ils ne sont pas les premiers à vouloir défigurer les Évangiles, les livres sacrés du Catholicisme. Ce sont des rationalistes. Pas étonnant que Mordillat cite Loisy: il a la même tournure d'esprit, mais il est loin d'en avoir la science. Bâtisseur de système, il laisse de côté ce qui n'entre pas dans son système d'analyse préfabriquée. Tout cela sous des apparences de scientifique qu'il n'est pas. D'exégète qu'il n'est pas davantage. Et dire qu'il y a de beaux esprits dans notre société comme au temps de Voltaire et de l'Encyclopédie, pour boire les paroles empoisonnés de ces faux prophètes de notre temps. Cécilien Pelchat écrit ici une réflexion juste. Mais quel cas les beaux esprits feront-ils des éclairages de Pelchat! Les beaux esprits ce sont des infatués. Dieu seul peut triompher de leur persiflage, le persiflage des Michel Onfray, des Tom Harpur, des Comte-Sponville... auxquels quelques dadais font l'honneur de croire à leurs propos. "Un temps viendra, disait Paul de Tarse, où les hommes fermeront l'oreille à la vérité pour l'ouvrir à des fables". Cette prédiction apocalyptique s'est tout à fait réalisée; et elle continue de se réaliser. Tandis que les beaux esprits traitent de fables les enseignements des témoins de la résurrection du Christ, ce sont eux qui nous racontent des fables post-modernes, des fables post-chrétienté. Et les commentateurs que je lis ici, excepté quelques-uns de bonne foi, me font infiniment pitié. Quelle est donc la qualité de leur recherche alors qu'ils n'ont même pas approfondi la vérité et les vérités de foi de leur Église, et qu'ils se jettent à corps perdu dans les faussetés concoctées par les Mordillat-Prieur, ces faiseurs de fric sur le dos du Catholicisme. Tout comme Dan Brown et ses semblables.
    Dans les plus bas instincts de l'être humain, il y a une barbarie qui ne se rassassie pas de voir démolir ce qui est saint, ce qui est noble, ce qui vient de Dieu. Satan règne à ce niveau. Je retrouve sa bave dans plusieurs lignes des commentaires présents ici à la suite de l'entreprise déicide des Mordillat-Prieur sous le couvert d'une pseudo recherche du vrai. »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mardi 23 décembre 2008 23h50
    avec un des auteurs
    « Bernard Brun affirme, et nous le croyons, comme on peut croire les affirmations des témoins de nos Évangiles:
    "J'ai eu l'occasion de bavarder avec un des auteurs, on peut dire que cette réalisation est remarquable mais manque de mise en perspective historique plus affutée."
    Les mises en perspective manquent souvent en effet.

    Brun ajoute avec la plus troublante réduction de pensée: " La violence et l'intolérance viennent de l'éclosion du monothéisme. L'humanité n'a pas eu de chance. "
    Comment des esprits supposément éclairés peuvent-ils laisser dans l'ombre tout ce que le monothéìsme catholique a pu répandre de charité, d'entraide, de libération, de culture, de littéraure, d'architecture, d'art, (à côté des quelques erreurs démesurément grossies par une haine viscérale contre les chrétiens), comment ignorer tout le bien produit dans l'humanité, parce qu'on veut accabler l'Église de tout le venin que distillent certains esprits ? »

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 24 décembre 2008 08h13
    @Pascal Barrette.
    « Lisez aussi Jan Assmann son "Le Prix du monothéisme" chez Aubier et Peter Sloterdijk, La folie de Dieu, chez Maren Sell, 2008. Très éclairant et allant dans le sens de votre intervention. Merci. »

  • Hélène Béland
    Inscrite
    samedi 3 janvier 2009 10h16
    À quand la dissection du coran?
    « Il serait grandement temps de se pencher sur cet oeuvre littéraire de plus de 5000 mots que les enfants des écoles coraniques sont vivement valorisés à apprendre par coeur. Mais bon...une telle initiative par des impies serait certes à haut risque. »

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