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Des valeurs revues et corrigées

Alexandre Shields   16 septembre 2008  Éthique et religion
Annick Papineau
Photo : Jacques Nadeau
Annick Papineau
La question revient sporadiquement, surtout lorsqu'il est question des incivilités commises par certains jeunes: en se détachant de l'influence de la religion catholique au cours des dernières décennies, les Québécois ont-ils jeté aux orties toute une série de valeurs auxquelles on l'associait, que ce soit la bonté, l'honnêteté, la générosité ou l'amour de son prochain? Une majorité semble le croire, selon ce que montrent les résultats d'un sondage Léger Marketing-Le Devoir. Or, cette impression voulant que c'était bien mieux «dans le bon vieux temps» est rejetée en bloc par les experts consultés. Mieux, les jeunes générations seraient animées de valeurs aussi fortes que leurs aïeuls. Elles les vivraient simplement de façon différente.

Annick Papineau aurait bien pu opter pour un emploi plus tranquille, mais elle tenait à faire ce qu'elle pouvait pour aider les adolescents du quartier à apprendre les rudiments de la vie communautaire, le respect des différences et l'écoute d'autrui. Cette jeune diplômée de l'Université du Québec à Montréal est aujourd'hui coordonatrice de la maison de jeunes Opération jeunesse Ville Émard-Côte-Saint-Paul.

«Il faut les aider à devenir des citoyens critiques, actifs et responsables», résume-t-elle. Une missionnaire des temps modernes, Annick Papineau? La jeune femme dans la mi-vingtaine ne s'est jamais vue ainsi. «Mais je tiens à les amener à prendre conscience de l'importance des valeurs de coopération et de partage, en plus de m'attaquer aux préjugés qu'on peut avoir contre eux.» Bref, elle est un exemple concret de la force des valeurs morales et sociales qui habitent les jeunes Québécois d'aujourd'hui, qui ont grandi loin de l'influence de l'Église.

Les 1005 personnes qui ont répondu aux questions du sondage Léger Marketing-Le Devoir n'en sont pas moins sceptiques. Pas moins de 60 % d'entre elles considèrent en effet que «les valeurs religieuses d'antan» n'ont pas été «remplacées par d'autres valeurs équivalentes», alors qu'à peine 33 % estiment que c'est le cas. Et alors que près de la moitié (47 %) des personnes âgées de 18 à 24 ans croient que ces valeurs ont trouvé leur équivalent aujourd'hui, seulement 23 % des personnes de 65 ans et plus sont de cet avis. Il y a donc là un clivage important entre les différentes générations.

Le sondage ne précisait cependant pas quelles étaient ces valeurs catholiques, d'où un nécessaire retour au petit catéchisme. Elles s'articulaient essentiellement autour du don de soi au service du bien commun; de la constance et de la fidélité dans l'engagement personnel et social; du sens de sa responsabilité personnelle à l'égard des autres et à l'égard du monde; de la confiance dans l'idée que, par son engagement, on peut changer le monde, le conduire à plus de justice; de la confiance aussi dans le fait que si la justice ne triomphe pas en ce monde, elle triomphe au moins dans l'autre.

La perte du sens

Partant de cette définition, les résultats obtenus n'étonnent pas l'historienne Lucia Ferretti, qui abonde en partie dans le même sens que la majorité des répondants. «Je ne pense pas que ces valeurs ont été remplacées si l'on en juge par la perte du sens du lien social, par l'individualisme qui nous fait à l'occasion penser à nous-mêmes avant de penser à nos propres enfants ou de penser à prendre soin de nos propres parents âgés, par le cynisme à l'égard de l'engagement social et politique, par la désespérance qui conduit tant de gens au suicide.»

Elle réfute néanmoins en partie cette vision d'un Québec aujourd'hui dépourvu de valeurs, et dans lequel les individus — et à plus forte raison les jeunes — seraient essentiellement égoïstes et irresponsables. «Il ne faut pas noircir exagérément la situation. Il y a encore beaucoup d'engagement, de bénévolat, de construction du lien social dans la société. Bien sûr, plusieurs individus engagés sur une base personnelle ou actifs dans les mouvements communautaires sont des croyants, mais il y a aussi beaucoup de non-croyants parmi eux. Des gens qui ont sécularisé les valeurs de partage, de compassion, de don de soi.»

Nombre de groupes sociaux et d'individus militent en outre pour des causes relevant du bien commun, poursuit-elle: lutte contre la privatisation de l'eau ou des soins de santé, lutte pour l'égalité des chances de tous les enfants, lutte pour l'assainissement des moeurs politiques, lutte pour la fin de l'exploitation des populations du tiers monde, etc. «Toutes ces personnes ou ces groupes peuvent être inspirés par des valeurs religieuses, mais aussi tout simplement par des valeurs humanistes, le sens de la dignité humaine, et le sens du scandale devant tout ce qui la ravale», explique Mme Ferretti.

Valeurs retraduites

Le sociologue Jacques Beauchemin va plus loin. Selon lui, les jeunes adultes québécois, qui ont entre 18 et 35 ans et ont grandi hors du cadre strict de la religion, sont animés de valeurs morales aussi fortes que le sont leurs parents et leurs grands-parents. Ce qui a changé, c'est la façon dont ces citoyens, qui vivent dans un monde radicalement différent de celui de leurs aînés, les expriment au quotidien. Les notions de sacrifice personnel et d'oubli de soi, très présentes dans le discours religieux d'avant la Révolution tranquille, ont disparu de l'imaginaire moral des plus jeunes, observe-t-il. Difficile de faire avaler un tel concept aujourd'hui, d'autant plus qu'«il y avait quelque chose de foncièrement répressif dans ce discours. On forçait les individus à réprimer leurs élans hédonistes ou émancipateurs».

Les «valeurs religieuses d'antan» n'ont donc pas disparu, insiste-t-il, elles ont simplement été «retraduites». «Par exemple, l'idée de responsabilité, qui était et qui demeure très forte dans l'arrière-plan judéo-chrétien, s'est traduite aujourd'hui dans un nouveau type de responsabilité, par exemple envers l'environnement. Et on voit bien que la solidarité, qui est une idée très forte chez les baby-boomers, qui ont grandi avec l'État providence, tend à se retraduire dans la solidarité intergénérationnelle. L'idée de ne pas laisser de dette, de laisser des infrastructures qui ont du bon sens, une planète en santé, etc.»

Ce n'est toutefois pas nécessairement l'avis des générations les plus âgées. «Il est intéressant de voir comment les plus jeunes ne se représentent pas comme étant complètement délestés de valeurs sociales, alors que les plus vieux ont tendance à penser que les jeunes n'en ont plus», analyse M. Beauchemin, à la lumière des résultats du sondage. Un réflexe vieux comme le monde, estime Normand Baillargeon, qui enseigne à la Faculté des sciences de l'éducation à l'Université du Québec à Montréal. Ce dernier rappelle d'ailleurs que les gens plus âgés, qui ont 60 ans et plus aujourd'hui, ont été formés dans une atmosphère très religieuse. «Aujourd'hui, ils vont parfois regretter que ce soit moins présent. Et ils ont tendance à attribuer les troubles de la société actuelle au fait que ce soit moins présent. C'est l'illusion que sans religion, il est impossible d'avoir des valeurs, ce qui est globalement faux.»

Implication sociale

Il en veut pour preuve que des éléments centraux comme le partage, la générosité et le souci d'autrui, notamment des plus pauvres, s'incarnent dans la vie de beaucoup de jeunes. «Ils militent. Ils s'impliquent. Et à mon avis, ils défendent des valeurs sociales qui sont plus belles et plus fortes que celles que la religion nous avait laissées. Elles sont incarnées de façon beaucoup plus saines parce que rationnelles. Elles sont libérées de leur caractère dogmatique», lance celui qui se définit clairement comme athée. Il prépare d'ailleurs un livre sur le sujet, à paraître d'ici janvier.

Pour le politologue Francis Dupuis-Déri, les exemples concrets de la présence de valeurs humanistes chez les jeunes Québécois sont nombreux. On ne compte plus les organismes — Équiterre et Cie — qui défendent des valeurs sociales campées dans leur époque, le tout à l'intérieur d'une structure de fonctionnement très efficace. Bref, il ne s'agit pas de regroupements éphémères mais qui se développent et tentent de gagner en notoriété dans l'espace public.

Les mouvements peuvent aussi se former le temps d'une lutte ponctuelle. Il cite en exemple la grève étudiante du printemps 2005, la plus importante de l'histoire du Québec, qui a été organisée, entre autres choses, contre la réduction des sommes attribuées au programme de prêts et bourses, «une question de solidarité avec les étudiants les plus démunis». Même chose pour la tenue, en 2007, du premier Forum social provincial, qui s'inscrivait dans la foulée de ceux qui ont été organisés dans le monde au cours des dernières années.

La liste comprend aussi le mouvement contre la guerre en Afghanistan et en Irak, qui regroupe, il faut le dire, des gens de différentes générations. Certains de ces cas sont d'ailleurs analysés dans le l'ouvrage Québec en mouvements, Idées et pratiques militantes contemporaines, que Francis Dupuis-Déri a dirigé et qui vient de paraître chez Lux éditeur.

Cette évolution de la société fait dire à Jacques Beauchemin que, oui, il est normal de croire à une perte de repères, impression accentuée par la vitesse à laquelle le monde change. Toutefois, «il y a une approche sociologique qui nous invite à constater la permanence d'une volonté de placer la pratique sociale sous des valeurs et une morale». Constat rassurant, selon lui.






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  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 04h34
    Monopole perdu
    « Il n'y a pas si longtemps, Bernard Descôteaux nous annonçait que l'Église avait perdu son combat pour maintenir l'enseignement de la religion (catholique, bien sûr) dans les écoles publiques du Québec. Nouveau coup dur pour cette même Église : elle n'a plus le monopole des belles valeurs. Les païens peuvent aussi être généreux. À peu près tout le monde le savait, sauf Marc Ouellet et Jean-Claude Turcotte.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 07h38
    Pensons communauté
    « Le rassemblement à l'église supporte le sentiment d'appartenance à une communauté. C'est ce sentiment d'appartenance à la communauté humaine Plus grande que la communauté locale qu'il faut promouvoir. Le reste en découle. Pas besoin de mythes et d'endoctrinement.
    Daniel Beaudry »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 09h58
    Faux jetons.
    « Des valeurs fondées sur la raison n'auront jamais la force des valeurs évangéliques ancrées sur l'amour du Christ qui s'est livré pour les humains et qui a passé sur terre en faisant le bien. Jésus est une inspiration surnaturelle; Mère Teresa l'a suivi; Jean Vanier l'a suivi; des millions d'autres le suivent. On peut tenter de trouver un ersatz à ce moteur de générosité sans pareil; on restera toujours en dessous d'un cran au moins. Certains groupes font des pieds et des mains pour détruire l'influence de la foi catholique: ceux-là prétendront toujours que l'humanisme peut produire des fruits égaux à ceux produits par la foi authentique. Le philanthrope n'est pas à condamner, mais s'il hausse ses motivations à celles qu'inspire l'amour de Dieu, son action en prendra plus de prix. Pour certains Dieu est encombrant; tous leurs efforts tendent à l'occulter. Voyez comment la foi a transformé un bandit comme Jacques Fesch, un intellectuel comme Frédéric Ozanam, un athée comme Paul Claudel. On parle de mouvements comme Equiterre comme inspiration humaniste, mais souvent de tels mouvements apparemment profanes ont pour fondateurs des croyants, des "affamés de justice" mus par des enseignements du Christ.
    Quand 65% des personnes sondées répondent que les valeurs chrétiennes n'ont pas été remplacées chez les jeunes, pourquoi s'acharner à prétendre démontrer le contraire ? A quoi sert-il de faire un sondage si l'on ne veut pas tenir compte des résultats ? La question serait de savoir si on peut trouver mieux que les valeurs catholiques et chrétiennes pour former une société de fraternité, de paix, de justice. Le vol, le saccage, le vandalisme, la polissonnerie, les viols, naissent de quelle inspiration ? Sûrement pas la catholique. Pas besoin d'un grand sondage pour savoir cela. Rendez la jeunesse plus catholique et vous rendrez la société plus fraternelle, plus généreuse, plus digne dans ses comportements. Sauf si vous avez affaire à de faux jetons ! »

  • David Rand
    Inscrit
    mardi 16 septembre 2008 10h06
    Les valeurs morales et sociales n'ont rien à voir avec la religion
    « On voit que les gens plus âgés sont encore attachés au vieux mythe selon lequel la morale et l'éthique seraient intimement liées à la religion, voire impossibles sans celle-ci. Or, c'est complètement faux. Les valeurs sociales n'ont aucunement besoin de religion. Comme Normand Baillargeon le constate justement, sans la religion ces valeurs "sont incarnées de façon beaucoup plus saines parce que rationnelles." D'ailleurs, Le Devoir devrait changer le titre de sa rubrique "Éthique et religion" car une telle formule reproduit et propage ce mythe.
    David Rand (rand arobase videotron point ca) »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 10h13
    combat perdu ou abandonné ?
    « Dire avec Bernard Descôteaux et le fumeux Roland Berger que l'Église a perdu son combat pour l'enseignement de la religion dans les écoles, c'est oublier que l'Église n'a pas soutenu un tel combat dans Montréal en tous cas. Elle est allée au-devant des concessions. Elle a simplement baissé les bras; elle n'a pas livré de combat. Roland Berger lit très peu l'Évangile; le Christ invite ses disciples à faire plus que les paiens. Que les paiens aient des élans de générosité, cela ne surprend pas: il ont la loi naturelle inscrite dans leur coeur comme tout humain. Mais le Christ invite les paiens même à aller plus loin que cela, s'ils sont capables de s'ouvrir à la voix du Sauveur. Roland Berger manifeste assez régulièrement plus de rancoeur et d'amertume à l'égard des croyants et de l'Église, que de bonnes dispositions de paien; serait-il lui-même jusqu'à présent un sous-paien ? À Dieu ne plaise ! Mais l'être humain est perfectible; il ne faut pas perdre espoir. »

  • A/s Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 10h31
    pas besoin de mythes
    « Voilà bien le petit sermon laïc ressassé ad nauseam parmi certains intellectuels: "pas besoin de mythes ou d'endoctrinement". Voilà les mots réductionnistes par excellence. On place l'étiquette d'endoctrinement sur ce qui n'en est pas. en quoi tout enseignement serait-il forcment endoctrinement ? Nos athées, de type Daniel Baril, au Québec, Richard Dawkins aux USA, quelques philosophes ou pseudo-philosophes français font de l'endoctrinement à grands renforts de slogans. On ne le leur reproche pas assez.
    Chez les catholiques, un auteur comme Hans Küng, un théologien comme Bernard Sesbouë, un journaliste comme Jacques Guillebaud épluchent la foi catholique de façon qu'il est totalement inapproprié de parler d'endoctrinement. Il n'y a peut-être pas de religion où l'esprit critique soit plus à l'oeuvre que dans l'Église catholique et de petits scribouillards viennent la taxer d'endoctrinement. On se récrie contre les dogmes; on n'en sait souvent même pas le premier mot. Tout ce qu'on sait c'est le mot: dogme. Et l'on tonne contre ce qu'on ignore! Endoctrinement ! Quant aux mythes; c'est aussi une formule qui est commode pour ameuter les badauds. Un mythe n'est pas un épouvantail; c'est une inspiration. Un mythe n'est pas un fantôme, c'est une inspiration. Et il faut savoir distinguer quand on emploie ce mot de mythe. Il y a des mythes mythologiques, si je peux dire: ils sont des icônes d'une certaine conception de la vie. Les autochtones ont des mythes. Daniel Baudry veut-il s'attaquer aux mythes des autochtones ? Je ne pense pas.
    Le Christ mort sur la croix, n'est pas un mythe: c'est une réalité historique. Alors partir en guerre avec des formules réductionnistes, cela ne fait pas honneur à l'intelligence de celui qui les utilise. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    mardi 16 septembre 2008 10h34
    La charte des droits responsable
    « Dans la charte des droits de Trudeau qui a fêté son 25 ème anniversaire en pleine commission Bouchard-Taylor, on reconnauit des droits et des privilèges sans les limiter et sans qu'aucun principe de responsabilité et de droit commun soit inscrit.

    Ainsi on a laissé aux tribunaux le loisir de dire ce qui est bien et ce qui est mal tout comme les curés dmanatan. Les juges sont devenus nos chefs spirituels au grand dam de la collectivité québécoise et canadienne.

    Ainsi faut tolérer des situations de crainte de poursuites devant les tribunaux. Les policiers ne sont que des brutes qu'il faut poursuivre et les criminels soint des citoyens qui ont des droits qu'il faut respecter même derrière les barreaux au ban de la société.

    Il faut démoniser les catholiques et tolérer les lieusx de prière des autres religions mpême dans nos écoles où on a sorti nos crucifix pour symboliser la laïcité de celles-ci.

    La cour suprême a même reconnu le droit à un shik de porter son poignard (kirpan) à la ceinture sous de phallatieux prétexe que c'était sa religion avec le résulktat qu'on connait récemment. On s'en ait servi comme moyen de défense et d'intimidation.

    Les hindous ont droit de porter leur turbans même dans la GRC pourtab<nt le costume légendaire de ce corps policier est recoinnu mondialement.

    Récemment, les émeutes de Montréal ont soudain éveillé les qué.bécois sur un malaise plus profond et nopus porte à se questionner sur nos valeurs collectives de base. Oui, on a jeté le bébéavec leur du bain dans la révolution tranquille. On a eu des droits denchassés dans une charte mais quand aux limites de ces droits malgré des abus flagrants on n'a jamais voulu les baliser.

    Je croyais qu'à la faveur de la commission Bouchard-=Taylor et du 25ènme anniversaire de la charte des droits qui régit nos comportements en société, on en profiterait pour dépouss`érer cette charte et la baliser ces droits souvent exagérés par les jugements et qu'on y ajouterait des resonsabilités collectives et un certain respect de l'ordre établi. La liberté s'arrête quand elle brime celle de son voisin. Ca s,appelle le gros bon sens perdu au nom d'une justice aveugle...

    Viol »

  • Rousseau Suzanne
    Inscrite
    mardi 16 septembre 2008 10h54
    Plus ça change, plus c'est pareil!
    « Dans les années 70 alors que j'étais enseignante au secondaire, "LA CRISE DES VALEURS" faisait l'objet d'une panique auprès de la population adulte. Les jeunes n'ont plus de valeurs, criait-on haut et fort!
    Pourtant la société, désormais dirigée en grande partie par ces adolescents d'hier n'a pas connu la "débandade" prévue.
    Des yeux pour voir au-delà de ses propres schèmes est nécessaire pour saisir les sources de vie et les valeurs toujours présentes et actives chez ceux qui les expriment autrement mais sûrement.
    Il serait heureux que ces adolescents de l'époque se rappellent des accusations dont ils étaient l'objet pour ne pas servir la même sauce aux jeunes d'aujourd'hui
    S. Rousseau, Trois-Rivières »

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    mardi 16 septembre 2008 11h02
    Ça commence à la maison ?
    « Je crois qu'il y a une transmission des valeurs qui passe toujours quel que soit le bagage religieux et que la "génération montante" met en application ce qu'elle a reçu de ses parents ou de ses pairs et fait abstraction des petites querelles politiques et religieuses pour s'engager socialement avec moins de préjugés. L'ouverture au monde est beaucoup plus vaste et évidemment beaucoup plus informée.
    Les jeunes sont moins hypocrites et plus francs dans leur façon de s'exprimer.
    Le respect semble bousculé mais mieux vaut la franche vérité que les silences enfouis.
    L'autorité est bonne dans la mesure où le respect est réellement mutuel et non imposé.
    Les relations sont plus saines ainsi. Et la reconnaissance de l'autre s'en porte mieux aussi.
    Malgré les manques de repères, il y a certainement une volonté d'affronter les bouleversements planétaires avec les yeux ouverts et lucides.

    Marie-Claude Leclerc »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    mardi 16 septembre 2008 12h30
    Les valeurs ont changé..
    « Les valeurs ont changé et les croyances aussi. La maniêre dont on aborde la mort et l'attitude face à cette réalité nous prouve que le respect qui est de mise en toute circonstance n'est pas toujours observé.Le rythme de la vie est très rapide, nous vivons dans une société du jetable et le temps nous manque pour un arrêt obligatoire.
    Nos personnes décédées disparaissent assez vite de la circulation surtout quand l'incinération se produit tout de suite après le décès.On se retrouve devant une petite boîte entourée de quelques fleurs quand on veut bien prendre une pause pour recevoir les condoléances des parents et amis.Dans bien des cas il ne se passe plus grand chose dans ces salons funéraires ou autrefois on honorait la personne décédée en restant auprès d'elle et en récitant des prières. Aujourd'hui on est presque gêné de réciter une prière,de lire un texte ou de demander un instant de recueillement et de silence.Les salons funéraires sont-ils devenus uniquement des lieux de retrouvailles, des cafés-rencontre? Quel respect portons-nous à nos êtres chers,de qui nous souvenons-nous?Face à la mort nos valeurs ont changé.On suit le courant et notre tendance à vouloir aller trop vite révèle un certain malaise.Les personnes a&#285;ées s'inquiètent devant cette empressement à faire les choses si rapidement.Comment seront-elles traitées après leur mort? On ne sait trop plus comment se comporter et quelle convenance adopter? Il conviendrait je pense d'amorcer une réflexion sur la manière dont on aborde la mort et surtout sur la façon dont on vit cette réalité. Le sujet est loin peut-être de nos préoccupations alors qu'il est question de réussir sa vie, mais la mort fait aussi partie de la vie qu'on le veuille ou non.La naissance et la mort sont les deux grands événements de notre vie. Il vaut la peine qu'on s'y arrête quelques instants et qu'on s'interroge sur le bien-vivre de ces deux réalités.Est-ce que les valeurs revues et corrigées pour un mieux-être nous guideront sur la voie de la sagesse et de la
    compréhension humaine? Je l'espère de tout coeur!
    R Robitaille »

  • J.A. Michel BORNAIS
    Inscrit
    mardi 16 septembre 2008 23h20
    Surtout ne pas confonre
    « Québec, le 16 septembre 2008

    Selon Dostoïevski, il y a deux mots indissociables qu'il ne faudrait jamais commettre la bêtise de confondre l'un pour l'autre: instruction et éducation; le premier étant l'acquisition du savoir, l'autre, l'acquisition du savoir-vivre.

    C'est ce qui aurait totalement échappé à l'attention des Grands Penseurs quand le gouvernement a remplacé le Département de l'instruction publique par le Ministère de l'éducation. Le savoir pur a pris le dessus et le savoir-vivre a pris le bord. Et ce ne sont pas que les jeunes qui sont affectés par les séquelles de cette transition idiote, chronologiquement, ça inclut un bon nombre d'adultes qui ont déjà "élevé" leur progéniture. Elvis Graton fait une synthèse éloquente de tout ça --- sauf pour la progéniture, heureusement --- mais dans ce cas, on peut toujours référer aux Bougon.

    Les sondages aussi peuvent être un miroir déformant où l'on ne reconnaîtrait que les travers des autres.

    J.A. Michel Bornais
    Québec »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mardi 16 septembre 2008 23h38
    à lire: réaction de Fernand Trudel : " la Carte des droits"
    « Ce commentaire résume très bien la situation.

    Qu'un parent ou un professeur et même un policier corrige un jeune ou le réprimande et la réponse qui vient est :
    " J'ai des droits..." ou " Je vais porter plainte à la DPJ..."

    Les devoirs du citoyen, où sont-ils dans cette charte?

    Réveillez-vous quelqu'un ! »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    mercredi 17 septembre 2008 09h13
    en réponse à M Trudel et Beaudet
    « Messieurs,
    Vous avez bien raison, nous sommes passé d'une société de devoirs à une société de droits qui favorise d'abord l'individu ce qui n'est pas mauvais en soi. Cependant les droits n'étant pas en quelque sorte limités et harmonisés avec les devoirs font qu'on vit dans une société tiraillée.On préfère s'en remettre aux juges pour trancher les litiges et obtenir tous les droits au détriment souvent de nos lois votées par les représentants du peuple.On a remplacé la Bible par la charte des droits et libertés de la personne, de l'individu. Ma qualité de vie, mes droits, mes valeurs... mes responsabilités et mes devoirs , un langage disparu? Les valeurs de service, de compassion, d'amour enseignées par le Maître Jésus ne valent-elles pas celles traduites par la Charte des droits...je dirais qu'elles sont plutôt contraires et axées sur l'amour, le respect et l'ouverture aux autres.Ça tranche avec le besoin de toujours revenir aux droits individuels.Tout ce qui vient de la religion aujourd'hui dérange et pourtant j'ai l'impression parfois qu'on cherche le Dieu qu'on a rejeté, cet encombrant personnage qui jette une Lumière trop aveuglante sur nos vies....Valeurs humaines ou chrétiennes, cessons de nous tirailler la-dessus.... R Robitaille »

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