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Les limites du pardon

Le Congrès eucharistique bat son plein à Québec, à travers lequel l'Église catholique espère réveiller la foi des citoyens. Encore rébarbative à s'ouvrir aux nombreux exclus qu'elle refoule à sa porte, cette Église affiche un conservatisme entêté lorsqu'elle refuse de nommer ses pires fautes, parmi lesquelles d'innommables souffrances infligées à des enfants autochtones.
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  • Hubert Larocque
    Abonné
    jeudi 19 juin 2008 01h00
    L'Église catholique entre réalité et préjugé.
    L'Église catholique a le dos large. On l'accuse d'exclure, ce qui est un abus de terme. Insensible aux effets de mode, elle se refuse à tromper les hommes en flattant leurs penchants et en cédant à une facilité à courte vue. Elle ne condamne pas les homos pratiquants, les femmes qui ont choisi l'avortement, les divorcés "reconstitués", etc. Elle leur dit la vérité sur leur conduite, et leur indique comment ils peuvent retrouver la dignité humaine et la grâce de Dieu. La promesse du Christ d'être avec elle jusqu'à la fin des temps assure à l'Église un charisme de vérité, c'est-à-dire que l'Église, par l'Esprit de Dieu qui est en elle, voit et enseigne tout ce qui est nécessaire pour que l'homme vive pleinement sa vie humaine et sa vocation éternelle, l'une et l'autre en étroite et nécessaire liaison.
    Il se peut que l'Église ait des réticences à se "repentir" parce qu'il y a un piège dans cette mode de confessions tous azimuts. On veut qu'elle se "repente" , même de ce qu'elle n'a pas commis, afin de la mépriser, de se donner un prétexte pour ne pas l'écouter et déconsidérer son message. Dans un contexte de pseudo-laïcité revancharde, haineuse , on voudrait éclabousser l'Église au point que la faute de quelques-uns de ses membres la fasse passer tout entière pour une entreprise d'obscurantisme et de perversion sexuelle. L'Église n'a jamais nié qu'il y ait eu dans son sein des abuseurs et elle n'excuse pas leur conduite. Elle a sans doute appris un peu tardivement à gérer leur cas, mais on peut noter le même cheminement dans la société civile. La judiciarisation de la vie privée est un fait fort récent et plusieurs aspects de cette évolution comportent de sérieux inconvénients. L'histoire nous enseigne qu'il y a d'autres approches que celle des tribunaux et de l'exposition médiatique.
    Les orphelinats de Duplessis et les pensionnats autochtones sont en voie de tourner au mythe. Aux abus réels s'ajoute une sublimation du malheur d'être abandonné ou acculturé de force. L'ensemble de la société aura la forte tentation de désigner l'Église catholique comme le bouc émissaire d'un passé douloureux. Cette Commission sur la vérité et la réconciliation pourra devenir une fable de souvenirs reconstruits où la projection du malheur des origines obscurcira largement la vérité.
    Bref, on ne devrait pas céder trop facilement aux préjugés et, tout en nommant un chat un chat, garder le sens des nuances, de la mesure et de la vérité. Le rôle fondateur et identitaire de l'Église catholique, au Québec, a une telle importance qu'on ne saurait le minimiser et le salir sans que le peuple du Québec lui-même en soit atteint, gauchi et diminué.
    Hubert Larocque, Gatineau.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    jeudi 19 juin 2008 01h53
    Un silence encore pire ailleurs
    Chez nous au moins les écrivains, surtout les romanciers, peuvent dire l'indicible. Ils sont laissés tranquilles et peuvent même, comme Réjean Ducharme, voir complètement respecté leur droit à demeurer invisibles. Il n'en est aucunement de même en pays musulman, nous confiait hier soir l'écrivain marocain Tarar Ben Jelloun. Même au Maroc, pays plus ouvert que d'autres, l'écrivain doit constamment défendre son droit à écrire ce qui se fait, mais que tout le monde garde caché. « Il ne faut pas écrire ces choses!» Voilà comment il se fait constamment apostropher dans son pays. Et voilà ce qu'il nous confiait à La grande bibliothèque de Montréal : « Si quelqu'un peut révéler ce que tous évitent de dire, c'est bien le romancier. »

    La blessure commencerait possiblement à guérir chez ces adultes autochtones qui ont été dépossédés de leur culture et abusés quand ils étaient enfants, si au moins certains écrivains arrivaient à révéler leurs souffrances grâce à la fiction qui permet tout. Demander pardon officiellement ne suffit pas. Il faut que des choses très précises soient nommées, pour que commence le processus de guérison. L'Église officielle est mal placée pour ce premier déblayage du terrain, si je peux utiliser un tel langage paysager pour qualifier ce qui s'est passé dans ces coeurs meurtris par les adultes Blancs qui les ont dépossédés de leur identité et même de leur virginité d'enfants. Le mal est déjà fait certes, mais le dire dans ses détails les plus insupportables constitue un premier pas essentiel. Il devrait bien se trouver quelqu'un pour le faire, ce premier pas essentiel à la guérison.

  • Justice pour tous
    Abonné
    jeudi 19 juin 2008 05h42
    www.victimesdepretres.org
    Mgr Ouellet,
    On dirait que la confession c'est seulement bon pour les clients...Un nouveau site existe por dénoncer des abus semblables www.victimesdepretres.org

  • Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    jeudi 19 juin 2008 21h28
    peur du beau et sado-masochisme
    Merci à Hubert Larocque pour sa réflexion que j'apprécie parfaitement. Certains s'activeront pour tâcher de la dénigrer ou la détruire. Ils auront recours au mensonge s'il est besoin, à la déformation des faits. Il y a un besoin maladif chez certains humains de pratiquer une forme de sadisme qui rend heureux de détruire le beau, de défigurer ce qui garde encore une image de grandeur. Il y a eu des blessés ou ceux qu'on nous présente comme tels chez les autochtones, et on se plaît à en accuser l'Église avec un goût maladif de la déchirer. On ne fait pas un effort égal pour faire connaître ce que l'Église catholique a produit de bons dans l'éducation, dans la société. On ne se plaît qu'à
    déchirer le visage de l'Église ( on parle peu des autres qui ont tenu des pensionnats autochtones).Les propos Marie-André Chouinard sont excessifs lorsqu'elle attribue aux religieux une fausse mission de déposséder les pensionnaires de leur statut d'indiens. Mais quand on a la haine dans le coeur, on se retient difficilement de déblatérer comme le fait M.A Chouinard. Les premières personnes qui ont doté les indiens de dictionnaires de leur idiomes ce sont des missionnaires, ne l'oublions pas.

  • Chryst
    Abonné
    vendredi 20 juin 2008 20h52
    Faut distinguer église de Rome et la religion
    Nous comprenons pourquoi les églises se sont vidées. Quand on entend certains discours sur la foi. Celle-ci est appréciée par des gestes concrets.

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