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Dérapage

Le sociologue Gérard Bouchard agite ses baguettes pour rappeler certains membres de sa «famille» à l'ordre et au calme. On s'interroge: qui donc ici joue le rôle de fauteur de troubles?
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  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 01h44
    M. Bouchard n'a pas eu la sagesse des journalistes du Devoir
    On parle des coprésidents de la Commission Bouchard-Taylor comme de sages ou d'éminents intellectuels. Et il est vrai qu'ils le sont dans l'ensemble. Mais ce «dérapage» de M. Bouchard dont parle Marie-Andrée Chouinard n'en est pas le meilleur témoignage. M. Bouchard eût été bien avisé en effet d'imiter les journalistes éditorialistes ou chroniqueurs du Devoir qui ont choisi de ne pas répliquer aux réactions qu'ils suscitent dans leur journal électronique. Ce n'est sûrement pas la tentation qui leur manque devant certaines critiques des lecteurs, critiques que l'on peut parfois difficilement qualifier de constructives. Ils font bien de se taire. Leur aura en sort grandie à la longue. Ils ont écrit ce qu'ils pensaient devoir écrire. Ce que les lecteurs en tirent ne leur appartient plus. Je rends hommage à leur retenue.

    Le devoir de retenue des commissaires n'est pas explicitement exigé, ni de la population ni du gouvernement qui les a mandatés. Mais M. Bouchard ne s'est pas rendu service en répliquant aux détracteurs de la Commission, même si sa réplique a été sage et empreinte de respect. Sa tâche était terminée et il avait tout loisir de se retirer en ses terres pour laisser ses conclusions librement continuer leur chemin. C'est ce que fait un écrivain quand il quitte son oeuvre pour la livrer au public. Elle ne lui appartient plus et il est sage de sa part de laisser le lecteur la faire sienne. C'est à cette condition qu'une oeuvre demeure vivante, justement parce que les lecteurs continuent de la faire évoluer. Cela devient encore plus évident quand l'on a affaire au fruit d'une consultation publique présidée par des gens qui ont au départ la réputation de se situer au-dessus de la mêlée : des intellectuels reconnus comme Messieurs Bouchard et Taylor. Ce dernier s'est montré à la hauteur de sa réputation. Le premier a, semble-t-il, eu la démangeaison trop forte. C'est dommage.

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 08h25
    Le dérapage unanime
    Si cela peut être un bénéfice du rapport Bouchard-Taylor, c'est de montrer la réaction de l'ensemble de la famille québécoise, quelles que soient les allégeances. Cela montre qu'il y a effectivement une identité québécoise commune alimentée par le territoire et la mémoire.

    On parle de malaise identitaire. J'en esquisse quelles raisons. La plus évidente est la place de la minorité francophone en Amérique du Nord. La seconde est liée à la problématique du territoire: qu'est-ce que le territoire d'un québécois? La vallée du Saint-Laurent? La province de Québec? Le Canada? L'Amérique du Nord? La troisième est liée à notre partage du territoire avec les anglophones. Comment partager une mémoire collective sur l'histoire du Canada? Comment un arrivant anglophone récent peut se sentir impliqué par les actions commises par l'armée britannique en 1759 ou 1837?

    Finalement, la crise des accomodements raisonnables est la suite d'une discussion non finie sur la constitution de 1982. La mémoire de Trudeau vit le prix du rejet du Québec. Cependant, à ce stade-ci, des débats constitutionnels seraient stériles. La mémoire de l'identité québécoise suggère que de retourner labourer son champ est la meilleure chose à faire.

  • Roland Berger
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 09h29
    C'est quoi déjà ?
    L'expression «Québécois d'ascendance canadienne française» n'a aucun sens. Les Québécois dits de souche ne peuvent pas être d'ascendance canadienne puisqu'à l'origine, le Canada n'existait pas. Je suggère plutôt : Québécois d'ascendance française vivant dans la province du Canada appelé Québec. Une telle expression est aussi « confusionnante » que pourraient le souhaiter les plus grands intellectuels du Québec.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Albert Descôteaux
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 09h45
    Bouchard et Talyor n'ont pas le monopole de la Vérité
    Messieurs Taylor et Bouchard sont deux Québécois ayant leur propre point de vue sur la société québécoise. Ce point de vue n'est pas meilleur ou pire que le mien ou que celui de mon voisin. Chacun a droit d'exprimer ses divergences d'opinion, peu importe leur niveau d'éducation ou leur profession. J'en ai marre de lire qu'untel est un Grand Intellectuel, et par conséquent son point de vue est celui qui doit prédominer. Ce n'est pas ça la démocratie, à ce que je sache. On en a terminé du temps des curés et autres cardinal Ouellette qui autrefois avaient La Vérité: idem pour nos curés des temps modernes (Bouchard, Taylor et les autres du même acabit).

  • Bernard Gervais
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 12h59
    M. Bouchard aimerait qu'on parle aussi de son rapport !
    Comme personnalité publique, Gérard Bouchard devait s'attendre un peu à ce que son rapport ne fasse pas l'unanimité et, par conséquent, soit critiqué par certaines personnes.

    Cependant, en accusant, par une lettre aux journaux, certains nationalistes d'avoir déformé le sens de certaines recommandations qu'il propose (en passant, il aurait pu également s'en prendre à The Gazette d'avoir fait la même chose !) j'ai comme l'impression que M. Bouchard cherche à susciter à nouveau de l'intérêt pour son rapport que bien des gens ont déjà oublié !

  • Jean-Pierre Brodeur
    Abonné
    mercredi 11 juin 2008 13h13
    Le rapport «pas rapport»
    Pas surprenant que le rapport de messieurs Bouchard et Taylor n'ait «pas rapport». Il est aussi décroché de la réalité que ses auteurs qui ont beaucoup plus parlé qu'écouté les gens du peuple qu'ils ne se gênaient guère de rabrouer s'ils n'étaient pas d'accord...

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