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    L'eau de Pâques à quatre heures du matin

    Une tradition ancienne toujours vivante dans les Cantons de l'Est

    Un à un, environ 150 personnes sont venues dimanche puiser l’eau de Pâques à Saint-Venant-de-Paquette.
    Photo: Un à un, environ 150 personnes sont venues dimanche puiser l’eau de Pâques à Saint-Venant-de-Paquette.
    Saint-Venant-de-Paquette — Au milieu de la nuit noire, environ 150 personnes se sont rassemblées à Saint-Venant-de-Paquette, dimanche, pour aller puiser de l'eau de Pâques. Il y a quinze ans, cette superstition ancienne a été ravivée dans cette municipalité des Cantons de l'Est à l'initiative du curé Donald Thompson. Depuis, on vient d'un peu partout au Québec pour assister à cet événement.

    Cette année, le froid mordant, la neige abondante et des conditions routières hasardeuses ont découragé plusieurs visiteurs habituels, estime Donald Thompson. «Pour la première fois, nous allons puiser l'eau de Pâques en plein hiver!»

    Sur le coup de quatre heures, c'est une longue procession au flambeau qui a conduit en silence le groupe de croyants à un petit ruisseau des environs. Un à un, on y a puisé l'eau à contre-courant, comme le veut la croyance.

    L'abbé Thomson soutient que l'eau bénite marque le pouvoir du prêtre, mais que l'eau de Pâques constitue celui du peuple. «Le Canada français a depuis longtemps cette tradition. L'eau de Pâques est une eau fraîche, une eau thérapeutique, une eau qui ne se corrompt pas. On peut la boire et elle peut nous aider.» Quelques marcheurs ont cependant noté une discrète odeur de purin dans les environs du ruisseau.

    Mélissa Fontaine, journaliste de Radio-Canada, est venue cette année à titre personnel. «L'an passé, c'est moi qui étais reporter pour l'événement. J'ai décidé cette année que j'allais participer à la tradition. Pour moi, c'est la paix, le côté mystique de la chose qui m'intéresse. Je suis croyante, mais pas pratiquante.»

    André Ricard, de Sherbrooke, affirme pour sa part prendre la route depuis quinze ans à 2h30 du matin pour venir assister à l'événement.

    Plusieurs jeunes étaient aussi là cette année. Pour Rémi Tremblay, de Saint-Malo, 21 ans, «c'est la plus belle messe de l'année et le curé Thompson donne un bon show».

    La messe qui a suivi la puise de l'eau a été marquée par le long discours de Michel Leblanc, invité spécial du curé Thompson. Ancien Témoin de Jéhovah désormais attaché à la cathédrale de Sherbrooke, Leblanc a soutenu que ce sont les hommes qui se voient confier des postes de responsabilité dans l'Église catholique parce que des femmes y seraient trop parfaites. Il a aussi insisté pour dire, devant un auditoire silencieux bercé par la chaleur ronde du chauffage au bois, que la chute d'intérêt pour la religion au Québec est due à l'influence néfaste des médias et à la promotion de livres malheureux, tels le Le Secret et le Da Vinci Code. En fin de cérémonie, alors que le soleil se levait, l'abbé Thompson a béni l'eau recueillie par les croyants.
     
     
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