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La controverse s'amplifie - Les Raéliens disent attendre la naissance de trois autres clones humains en janvier

Londres — La société Clonaid, qui a revendiqué la naissance du premier clone humain sans en apporter la preuve, a annoncé hier que trois autres bébés clones devraient naître fin janvier ou début février, sans préciser dans quels pays ces naissances auraient lieu.

«Nous avons produit plusieurs centaines d'embryons [clonés] rien que pour l'expérimentation, des tests génétiques, etc. Nous avons fait dix implantations [dans l'utérus], cinq ont réussi. Deux sont nés maintenant. Nous attendons les trois autres d'ici la fin janvier, début février», a déclaré Brigitte Boisselier, présidente de Clonaid, interrogée sur la BBC télévision.

La secte a revendiqué les naissances de deux bébés clones, l'un le 26 décembre, chez une couple américain, l'autre le 3 janvier, chez un couple de lesbiennes néerlandaises, sans en apporter de preuve scientifique, ce qui suscite le plus grand scepticisme.

La société de clonage humain Clonaid, dont les bureaux se trouvent à Las Vegas (Nevada), a été fondée par les Raéliens, une secte installée au Canada et qui professe que des extraterrestres ont créé l'espèce humaine par clonage il y a 25 000 ans.

Brigitte Boisselier a expliqué que les parents du premier clone, «Ève», né fin décembre, ne se soumettraient aux tests ADN que «quand ils seront prêts».

«Au début ils voulaient profiter du bébé tous seuls. Une fois rentrés à la maison, ils ont découvert par la presse qu'il y avait beaucoup de problèmes légaux derrière tout ça et ils ne voulaient pas y être confrontés», a-t-elle expliqué.

«Il est vrai que si un expert indépendant se rend chez eux, ou même dans un endroit secret, cet expert saura qui ils sont. Et si un magistrat lui demande ensuite de révéler qui ils sont, il devra le faire», a-t-elle poursuivi.

Mme Boisselier a donc indiqué, que même si elle a «un contrat légal» disant que la maman du clone doit accepter des tests, elle préfère attendre qu'elle soit «prête» à le faire.

Elle s'est dite convaincue que «dans cinq ans» personne ne sera plus choqué par le clonage reproductif. «Lorsqu'une nouvelle technologie apparaît, elle suscite au début des réactions de dégoût, puis de peur, puis des doutes et après il faut lentement l'accepter», a-t-elle affirmé.

Le gourou de la secte des Raéliens, Claude Vorilhon, qui se fait appeler «Raël», a pour sa part expliqué qu'il voulait que Brigitte Boisselier travaille maintenant sur la «croissance accélérée» des cellules pour «parvenir à la vie éternelle» qui est selon lui l'objectif ultime du clonage.

«Ce que j'appelle la première étape du clonage humain, c'est seulement d'aider des personnes stériles à avoir des enfants. C'est bien, mais ce n'est pas grand-chose. Cet enfant aura une éducation différente, un environnement différent et sera peut-être une personne très différente de vous», a déclaré «Raël».

Journaliste avide

Par ailleurs, on a appris hier que l'ancien rédacteur en chef du service sciences de la rédaction d'ABC, qui a promis de vérifier l'annonce de la naissance du premier bébé cloné, avait tenté de négocier avec les principales chaînes américaines l'exclusivité pour des reportages sur le clonage humain.

Selon le New York Times d'hier, le journaliste indépendant Michael Guillen a sollicité les chaînes CNN, ABC, NBC, CBS, HBO et Fox pour leur proposer de couvrir les essais de clonage, avant même la naissance de la petite fille, que la société Clonaid soutenue par la secte des Raéliens présente comme le premier bébé cloné.

Le responsable d'une chaîne dont le Times ne révèle pas l'identité affirme que le journaliste lui aurait proposé un documentaire exclusif sur le clonage pour 100 000 dollars américains. Ce responsable estime que le projet laissait trop peu de contrôle éditorial à la chaîne.

M. Guillen, qui a enseigné la physique à l'université de Harvard avant de devenir journaliste, a également proposé un article au New York Times en mai. Dans une lettre au journal, il assurait être le seul journaliste autorisé à suivre un couple qui tentait d'avoir un bébé par la méthode du clonage. Son offre a été refusée par le quotidien.

Michael Guillen a annoncé la semaine dernière qu'il superviserait les tests indépendants destinés à vérifier la véracité du clonage annoncé par Clonaid.
 
 
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